109
TRIBUNAL CANTONAL
KC15.021944-151582
333
C O U R D E S P O U R S U I T E S E T F A I L L I T E S
Composition : Mme R O U L E A U , présidente
Mme Byrde et M. Maillard, juges
Greffier :M. Elsig
Art. 29 al. 2 Cst. ; 144 al. 2 CPC
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,
statuant à huis clos en sa qualité d'autorité de recours en matière
sommaire de poursuites, s'occupe du recours exercé par A.S., à
[...], contre le prononcé rendu le 7 juillet 2015, à la suite de l’interpellation
du poursuivi, par le Juge de paix du district de Morges, dans la cause qui
oppose le recourant d’avec B.S., à [...].
Vu les pièces au dossier, la cour considère :
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E n f a i t :
1.Le 20 mai 2015, à la réquisition de B.S., représentée
par l’Office cantonal de recouvrement et d’avances des pensions
alimentaires du canton du Valais, l'Office des poursuites du district de
Morges a notifié à A.S., dans la poursuite n° 7'469’651, un
commandement de payer le montant de 40'382 francs 20, sans intérêt,
indiquant comme titre de la créance ou cause de l'obligation :
"Reprise des ADB
n° 6837093 de Fr. 25’135.90 du 13.01.2014, délivré par l’Office des poursuites
de Morges.
n° 400199748 de Fr. 7’958.75 du 04.07.2005, délivré par l’Office des poursuites
de Morges.
n° 5450638 de Fr. 27’279.55 du 06.08.2010, délivré par l’Office des poursuites
du district de Morges sous déduction de 4 versements de Fr. 4800) soit Fr.
16’800 et de Fr. 456.00 x 7 = Fr. 3’192 (mai à novembre 2008) soit montant
total acte de défaut de biens Fr. 7287.55".
Le poursuivi a formé opposition totale.
2.a) Le 27 mai 2015, la poursuivante, agissant par
l’intermédiaire de l’Office cantonal de recouvrement et d’avances des
pensions alimentaires du canton du Valais, a saisi le Juge de paix du
district de Morges d'une requête concluant à la mainlevée provisoire de
l'opposition et à l’allocation d’une indemnité équitable, le poursuivi étant
condamné aux frais.
A l'appui de sa requête, elle a produit, outre l'original du
commandement de payer précité, les documents suivants :
– une copie d’un procès-verbal de saisie valant acte de défaut de biens
délivré le 1
er
juillet 2010 à la poursuivante par l’Office des poursuites du
district de Morges dans la poursuite n° 5'450’638 exercée à l’encontre
d’A.S.________, pour le montant de 27'279 fr. 55 ;
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– une copie d’un procès-verbal de saisie valant acte de défaut de biens
délivré le 12 décembre 2013 à la poursuivante par l’Office des poursuites
du district de Morges dans la poursuite n° 6'837’093 exercée à l’encontre
d’A.S., pour le montant de 25'135 fr. 90 ;
– une copie d’un acte de défaut de biens après saisie délivré le 4 juillet
2005 à la poursuivante par l’Office des poursuites et faillite de Cossonay,
dans la poursuite n° 199’748 exercée à l’encontre d’A.S., pour le
montant de 7'958 fr. 75 ;
– une copie d’une procuration délivrée le 30 mars 2001 par B.S.________ à
l’Office cantonal de recouvrement et d’avances des pensions alimentaires
aux fins de recouvrer la créance de pension alimentaire due par
A.S.________ ;
– une copie d’un «Décompte de la créance de retard due par M.
A.S.», établi le 12 mai 2015 par le Bureau de recouvrement et
d’avances des pensions alimentaires, laissant apparaître un solde dû au
12 mai 2015 de Fr. 40’382.20.
b) La cause a été ouverte sous la référence « Canton du Valais
c/ A.S. ». Le 1er juin 2015, le Juge de paix du district de Morges a
envoyé, sous pli recommandé, la requête de mainlevée du 27 mai 2015 au
poursuivi, lui a fixé un délai au 3 juillet 2015 pour déposer des
déterminations et toutes pièces utiles, et a informé les parties qu’il serait
statué sans audience à l’échéance de ce délai.
c) Par courrier daté du 3 juillet 2015, Pascal Stouder, agent
d’affaires breveté, a informé le Juge de paix du district de Morges qu’il
venait d’être consulté et constitué mandataire par le poursuivi. Invoquant
le fait qu’il n’avait pas encore pu examiner le dossier avec son client, il a
requis une prolongation au 3 août 2015 du délai imparti pour déposer des
déterminations et produire toutes pièces utiles. L’enveloppe qui contenait
ce courrier a été affranchie, en courrier prioritaire, le 3 juillet 2015. Ce
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courrier porte en outre un sceau humide attestant qu’il a été reçu par la
justice de paix le 8 juillet 2015.
3.Par prononcé du 7 juillet 2015, dont le dispositif, adressé aux
parties le même jour, a été notifié au poursuivi le 9 juillet 2015, le Juge de
paix du district de Morges a prononcé la mainlevée définitive de
l’opposition (I), arrêté à fr. 360 les frais judiciaires, compensés avec
l’avance de frais de la poursuivante (II), les a mis à la charge du poursuivi
(III) et dit qu’en conséquence la partie poursuivie remboursera à la partie
poursuivante son avance de frais à concurrence de Fr. 360 sans allocation
de dépens pour le surplus (IV).
Par courrier adressé le 9 juillet 2015 au mandataire du
poursuivi, le juge de paix a accusé réception de son envoi du 3 juillet
2015, lui a confirmé que la décision avait été adressée à son client le 7
juillet 2015 et rejeté sa demande orale de restitution de délai. Il a par
ailleurs précisé qu’il lui était loisible de requérir la motivation de ladite
décision.
Par requête du 10 juillet 2015, le poursuivi, par son
représentant, a requis la restitution du délai qui lui avait été imparti pour
se déterminer et l’annulation du prononcé de mainlevée du 7 juillet 2015.
Par courrier adressé le 13 juin 2015 au conseil du poursuivi, le juge de
paix a indiqué qu’il n’entendait pas entrer en matière sur une demande de
restitution tout en rappelant qu’il lui était loisible de requérir la motivation
du prononcé.
Par lettre du 15 juillet 2015, le poursuivant a requis la
motivation du prononcé du 7 juillet.
Les motifs ont été adressés le 10 septembre 2015 pour
notification aux parties. Le poursuivi les a reçus le lendemain.
Par acte du 5 novembre 2015, le Bureau de recouvrement et
d’avances de pension alimentaire du canton du Valais, agissant en tant
que représentant de B.S.________, a conclu au rejet du recours. Il a produit
une pièce nouvelle.
E n d r o i t :
I.Déposé dans les formes requises, par acte écrit et motivé (art.
321 al. 1 CPC [Code de procédure civile ; RS 272]), et en temps utile, dans
le délai de dix jours suivant la notification du prononcé attaqué (art. 321
al. 2 CPC) - l'échéance de ce délai, qui tombait le 21 septembre 2015, soit
le lundi du Jeûne Fédéral, étant reportée au premier jour ouvrable suivant
(art. 142 al. 3 CPC) -, le recours est recevable.
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La réponse déposée le 5 novembre 2015 l'est également (art.
322 al. 2 CPC). La pièce nouvelle produite par l’intimée est en revanche
irrecevable (art. 326 al. 1 CPC).
II.Le recourant se plaint notamment d’une violation de son droit
d’être entendu. Ce grief, dont l’admission est susceptible d’entraîner
l’annulation du prononcé attaqué, doit être examiné en premier lieu.
a) Depuis l'entrée en vigueur du CPC, le 1er janvier 2011, la
procédure de mainlevée est régie par la procédure sommaire des art. 248
ss CPC (art. 251 let. a CPC ; Staehelin, in Staehelin/Bauer/Staehelin (éd.),
Basler Kommentar, Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs, vol.
I, 2e éd. 2010, n. 2a ad art. 84 SchKG [LP : loi fédérale sur la poursuite
pour dettes et la faillite ; RS 281.1]).
En application de l'art. 253 CPC, lorsque la requête ne paraît
pas manifestement irrecevable ou infondée, le tribunal donne à la partie
adverse l'occasion de se déterminer oralement ou par écrit. L'art. 84 al. 2
in initio LP prévoit également que le juge du for de la poursuite donne au
débiteur, dès réception de la requête, l'occasion de répondre verbalement
ou par écrit, avant qu'il ne notifie sa décision. Ces dispositions
concrétisent le droit d'être entendu du défendeur ou intimé,
respectivement du poursuivi, garanti par l'art. 53 CPC ainsi que par les art.
29 al. 2 Cst. [Constitution fédérale de la Confédération suisse ; RS 101] et
6 § 1 CEDH [Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme
et des libertés fondamentales ; RS 0.101] (Haldy, in Bohnet et al. [éd.],
Code de procédure civile commenté, nn. 1 à 5 ad art. 53 CPC ; Bohnet, in
Bohnet et al. [éd.], Code de procédure civile commenté, n. 2 ad art. 253
CPC ; Chevallier, ZPO Kommentar, n. 1 ad art. 253 CPC).
En l’espèce, un délai au 3 juillet 2015 a été accordé le 1er juin
2015 au recourant pour se déterminer sur la requête de mainlevée et
produire toutes pièces utiles.
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b) Selon l'art. 144 al. 2 CPC, applicable en procédure
sommaire, faute de disposition contraire, les délais fixés judiciairement
peuvent être prolongés pour des motifs suffisants. Cette disposition laisse
une grande marge d'appréciation au juge. Le message cite comme
exemple diverses sortes d’empêchements, plus ou moins graves, comme
la maladie, l’hospitalisation, le décès d’un proche, le service militaire,
l’emprisonnement, l’absence, la surcharge de travail, l’éloignement ou le
séjour à l’étranger. Ils peuvent toucher aussi bien la partie elle-même que
son mandataire, et n’ont pas besoin d’être indépendant de la volonté du
requérant. Ainsi une prolongation peut être accordée à un avocat qui vient
d’être mandaté, même lorsque son client aurait pu le contacter plus tôt.
Peuvent aussi constituer des justes motifs de prolongation des raisons
inhérentes à l’acte à accomplir. On peut penser à des difficultés pour
réunir les éléments nécessaires à la rédaction d’une écriture, à la
nécessité de traduire des documents, au besoin de davantage de temps
pour trouver les liquidités exigées pour le paiement d’avance, etc. (Tappy,
in Bohnet et al. [éd.], Code de procédure civile commenté, n. 8 ad art. 144
CPC). La prolongation de délai n'est pas un droit. Cela signifie que le
requérant doit rendre vraisemblable l'existence de " justes motifs ", dont il
appartient au juge de vérifier s'il s'agit de circonstances qui, selon
l'expérience générale de la vie, sont de nature à empêcher l'observation
du délai ou du moins à contrarier l'exécution en temps voulu de l'acte de
procédure (TF 5D_174/2013 du 15 janvier 2014 et les réf. citées). La cour
de céans a jugé que le requérant pouvait, à certaines conditions,
s'attendre à obtenir une prolongation, soit s'il faisait valoir des motifs
suffisants, si l'avis de fixation du délai de détermination n'indiquait pas
qu'il s'agissait d'un délai "non prolongeable" et s'il s'agissait d'une
première prolongation (CPF, 1
er
février 2012/98).
L’art. 144 al. 2 CPC exige en outre que la demande de
prolongation soit faite avant l’expiration du délai. A cet égard, il suffit
qu'une demande de prolongation formée par courrier postal soit expédiée
le dernier jour du délai, même si le juge la recevra seulement le lendemain
ou le surlendemain (Tappy, op. cit., n. 12 ad art. 144 CPC).
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En l’espèce, le dossier renferme une demande de prolongation
de délai datée du 3 juillet 2015. L’enveloppe qui contenait cette demande
a été affranchie le même jour, en courrier A, sur la timbreuse automatique
de l’étude du mandataire du recourant. Elle ne porte pas de sceau postal
attestant qu’elle n’aurait été prise en charge par la poste
qu’ultérieurement. On peut donc admettre que la demande de
prolongation a bien été remise à un bureau de poste le 3 juillet 2015, soit
le dernier jour du délai imparti. Le motif invoqué à l’appui de la demande
de prolongation, à savoir la consultation récente d’un mandataire et la
nécessité d’examiner avec lui le dossier, constitue un motif de
prolongation suffisant au sens de l’art. 144 al. 2 CPC. Il s’agissait par
ailleurs d’une première demande et l’avis du 1
er
juin 2015 ne stipulait pas
que le délai imparti n’était pas prolongeable. En d’autres termes, le
recourant pouvait légitimement s’attendre à ce qu’une prolongation de
délai lui soit octroyée pour lui permettre de se déterminer et produire
d’éventuelles pièces complémentaires. En statuant alors qu’une demande
de prolongation fondée lui avait été adressée en temps utile, le premier
juge a donc privé le recourant de la possibilité d’exercer son droit d’être
entendu. Le fait que le premier juge n’ait reçu cette demande de
prolongation qu’après la notification de la décision exclut sans doute une
faute de sa part mais pas la violation du droit d’être entendu.
c) Le droit d’être entendu est une garantie constitutionnelle de
nature formelle, dont la violation entraîne l’annulation de la décision
attaquée sans égard aux chances de succès du recours sur le fond (TF
2C_156/2011 du 14 avril 2011 c. 2.1). Une violation du droit d’être
entendu peut, exceptionnellement, être réparée devant l’autorité de
seconde instance pour autant qu’il ne s’agisse pas d’une violation
particulièrement grave et que l’autorité supérieure dispose du même
pouvoir d’examen, en fait et en droit, que celle de première instance
(Sutter-Somm/ Chevalier, in Sutter-Somm/Hasenböhler/Leuenberger (éd.),
Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung., n. 27 ad 53 CPC et
les références citées ; Gehri in Basler Kommentar Schweizerische
Zivilprozess-ordnung, Spühler/ Tenchio/Infanger (éd.), 2010, n. 34 ad. 53
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CPC et les références citées), ce qui n’est pas le cas de l’autorité de
recours (art 320 CPC ; Schenker, in Baker/McKensie (éd.) Schweizerische
Zivilprozessordnung (ZPO), 2010, n. 23 ad 53 CPC ; CPF, 10 juin
2014/214).
En l’espèce, il convient donc d’annuler le prononcé entrepris.
III.En définitive, le recours doit être admis, le prononcé annulé et
la cause renvoyée au premier juge afin qu’il impartisse un nouveau délai
au recourant pour se déterminer et produire toutes pièces utiles, puis
rende une nouvelle décision.
Les frais judiciaires qui ne sont pas imputables aux parties
peuvent être mis à la charge du canton si l'équité l'exige (art. 107 al. 2
CPC). Tel est le cas en l'espèce. Les frais de deuxième instance, arrêtés à
630 fr., pourront ainsi être laissés à la charge de l'Etat, l'avance de frais de
ce montant effectuée par le recourant lui étant restituée.
Le recourant obtient gain de cause et a donc droit à des
dépens. Selon l’art. 106 al. 1 CPC, les dépens sont mis à la charge de la
partie qui succombe. Ils ne peuvent jamais être mis à la charge de l’Etat,
sauf lorsqu’il revêt lui-même la qualité de partie (Tappy, op. cit., n. 34 ad
art. 107 CPC).
En l’espèce, le Bureau de recouvrement et d’avances de
pension alimentaire du canton du Valais a conclu au rejet du recours.
Contrairement à ce qu’a considéré le premier juge, ce bureau n’a jamais
agi en qualité de représentant du canton du Valais mais bien en qualité de
représentant de B.S.________. C’est donc bien cette dernière qui, en
définitive, succombe. Elle devra par conséquent verser au recourant des
dépens de deuxième instance, fixés à 750 fr. (art. 13 TDC [tarif des
dépens en matière civile ; RSV 270.11.6]).
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Par ces motifs,
la Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,
statuant à huis clos en sa qualité d'autorité
de recours en matière sommaire de poursuites,
p r o n o n c e :
I. Le recours est admis.
II. Le prononcé du 7 juillet 2015 est annulé et la cause renvoyée
au Juge de paix du district de Morges afin qu’il impartisse un
nouveau délai à A.S.________ pour se déterminer sur la requête
de mainlevée déposée le 27 mai 2015 et produire toutes
pièces utiles, puis rende une nouvelle décision.
III. Les frais judiciaires de deuxième instance sont laissés à la
charge de l’Etat.
IV. L’avance de frais, par 630 fr. (six cent trente francs), effectuée
par le recourant, lui est restituée.
V. L’intimée B.S.________ doit verser au recourant A.S.________ la
somme de 750 fr. (sept cent cinquante francs) à titre de
dépens de deuxième instance.
VI. L'arrêt est exécutoire.
La présidente : Le greffier :
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11 -
Du
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :
-M. Pascal Stouder, agent d’affaires breveté (pour A.S.),
-Bureau de recouvrement et d’avances des pensions alimentaires du
canton du Valais (pour B.S.).
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur
litigieuse est de 40’382 fr. 20.
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière
civile devant le Tribunal fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin
2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours
constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Dans les affaires
pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de
droit du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins
que la contestation ne soulève une question juridique de principe (art. 74
LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).
Cet arrêt est communiqué à :
-M. le Juge de paix du district de Morges.
Le greffier :