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TRIBUNAL CANTONAL
101
PE12.003270-SGW
L A P R E S I D E N T E
D E L A C O U R D ’ A P P E L P E N A L E
A.________, prévenu, représenté par Me Roberto Izzo, avocat de choix à
Lausanne, appelant,
et
Ministère public, représenté par le Procureur du Ministère public central,
division affaires spéciales, contrôle et mineurs, intimé.
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usagers qui suivaient, après avoir annoncé tardivement un changement de
direction et sans s’être mis en ordre de présélection.
A.________, qui s’est opposé le 8 février 2012 à cette
ordonnance, a été renvoyé devant l’autorité de première instance. Il a fait
appel à un avocat de choix qui a conclu à sa libération et à l’octroi d’une
indemnité équitable pour ses frais de défense (jgt., p. 5). A l’appui de ses
conclusions, il a produit une liste de ses opérations (P. 14).
Compte tenu du doute qui existait sur les circonstances
exactes du déroulement de l’accident, le Tribunal de police de la Broye et
du Nord vaudois a considéré qu’aucune violation des règles de la
circulation routière ne pouvait être retenue à l’endroit de l’appelant et en
particulier, aucune inattention ni aucune violation de ses devoirs avant
d’entreprendre un dépassement (jgt., p. 9).
E n d r o i t :
1.Selon l’art. 399 al. 1 CPP, l’appel doit être annoncé dans les dix
jours qui suivent la communication du jugement, soit la remise ou la
notification du dispositif écrit (Kistler Vianin, in : Commentaire romand,
Code de procédure pénale suisse, Bâle 2011, n. 3 ad art. 399 CPP). La
déclaration d’appel doit, quant à elle, être déposée dans les vingt jours à
compter de la notification du jugement motivé (art. 399 al. 3 CPP).
En l’occurrence, interjeté dans les formes et le délai légal
contre un jugement d’un tribunal de première instance ayant clos la
procédure (art. 398 al. 1 CPP), l'appel est recevable. Il y a donc lieu
d'entrer en matière sur le fond.
2.Conformément à l'art. 406 al. 1 let. d CPP, l'appel est traité en
procédure écrite, seule la question de l’indemnité fondée sur l’art. 429 CPP
étant litigieuse en l'espèce.
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Par ailleurs, dans la mesure où seule une contravention a fait
l’objet de la procédure de première instance, un membre de la Cour
d'appel pénale statue comme juge unique, conformément à l'art. 14 al. 3
LVCPP (Loi d'introduction du Code de procédure pénale suisse du 19 mai
2009, RSV 312.01).
3.L’appelant fait valoir que même s’il s’agissait d’une
contravention et que la condamnation était modeste, la présente affaire
présentait une certaine complexité nécessitant le recours à un avocat. A
l’appui de son grief, il a indiqué que l’accident impliquait un blessé et que
dans ces circonstances, il n’était pas simple de défendre seul sa cause,
d’autant plus que la police estimait qu’une infraction avait été commise.
Par ailleurs, d’origine étrangère et n’étant pas de langue maternelle
française, il soutient qu’il n’était pas en mesure de plaider seul sa cause.
Enfin, il invoque le fait que l’issue pénale de l’affaire était de nature à
déployer des effets sur le plan administratif, par un retrait de son permis
de conduire, et sur le plan civil, en risquant de devoir indemniser le
motard blessé.
3.1Aux termes de l’art. 429 al. 1 let. a CPP, si le prévenu est
acquitté totalement ou en partie ou s’il bénéficie d’une ordonnance de
classement, il a droit à une indemnité pour les dépenses occasionnées par
l’exercice raisonnable de ses droits de procédure. Cette indemnité
concerne les dépenses du prévenu pour un avocat de choix (ATF 138 IV
205). L’autorité pénale examine d’office les prétentions du prévenu. Elle
peut enjoindre à celui-ci de les chiffrer et de les justifier (al. 2).
La base légale fondant un droit à des dommages et intérêts et
à une réparation du tort moral a été créée dans le sens d’une
responsabilité causale. L’Etat doit réparer la totalité du dommage qui
présente un lien de causalité avec la procédure pénale au sens du droit de
la responsabilité civile (Message du Conseil fédéral relatif à l’unification du
droit de la procédure pénale du 21 décembre 2005, FF 2006 pp. 1057 ss,
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spéc. p. 1313). Les dépenses à rembourser au sens de l’art. 429 al. 1 let. a
CPP sont essentiellement les frais de défense. Cette disposition transpose
la jurisprudence selon laquelle l’Etat ne prend en charge ces frais que si
l’assistance était nécessaire compte tenu de la complexité de l’affaire en
fait ou en droit et que le volume de travail et donc les honoraires de
l’avocat étaient ainsi justifiés (ibidem).
Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, l’allocation d’une
indemnité pour les frais de défense selon l’art. 429 al. 1 let. a CPP n’est
pas limitée aux cas de défense obligatoire visés par l’art. 130 CPP. Elle
peut être accordée dans les cas où le recours à un avocat apparaît tout
simplement raisonnable. Il faut garder à l’esprit que le droit pénal matériel
et le droit de procédure sont complexes et représentent, pour des
personnes qui ne sont pas habituées à procéder, une source de difficultés.
Celui qui se défend seul est susceptible d’être moins bien loti. Cela ne
dépend pas forcément de la gravité de l’infraction en cause. On ne peut
pas partir du principe qu’en matière de contravention, le prévenu doit
supporter en général seul ses frais de défense. Autrement dit, dans le
cadre de l’examen du caractère raisonnable du recours à un avocat, il doit
être tenu compte, outre de la gravité de l’infraction et de la complexité de
l’affaire en fait ou en droit, de la durée de la procédure et de son impact
sur la vie personnelle et professionnelle du prévenu (cf. ATF 138 IV 197
c. 2.3.5). S’agissant d’une contravention à la LCR, dans le cadre d’une
affaire qui ne présentait aucune difficulté ni en fait ni en droit et dont
l’impact était limité dès lors que le recourant ne risquait plus un retrait de
permis, le Tribunal fédéral a considéré que l’indemnisation d’un avocat au
sens de l’art. 429 al. 1 let. a CPP ne se justifiait pas (TF 6B_563/2012 du
1
er
novembre 2012; voir dans le même sens CAPE
16 mai 2012/132).
3.2En l’espèce, le grief d’A.________ appelle les constatations
suivantes :
S’il est exact que l’appelant n’est pas de langue maternelle
française, il sied de constater que ce dernier s’est exprimé devant le
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Préfet et devant le Tribunal de police sans avoir recours à un interprète,
de sorte qu’on ne saurait retenir qu’il n’était pas capable de comprendre
et de participer seul à la procédure.
Par ailleurs, l’opposition n’a pas à être motivée, si bien que le
recours à un mandataire professionnel ne se justifie pas. Seuls les faits
étaient contestés et en particulier, la question de savoir si A.________ avait
suffisamment prêté attention au trafic. Les arguments qui ont abouti à
l’acquittement étaient donc de pur fait, et même une personne non-juriste
pouvait les maîtriser sans une assistance juridique. En outre, l’affaire ne
présentait aucune difficulté en droit. Le conducteur du motocycle a certes
été légèrement blessé. Néanmoins, l’appelant n’a pas été renvoyé pour
lésions corporelles simples par négligence, mais uniquement pour
contravention à la LCR, de sorte que l’enjeu pénal se limitait au prononcé
d’une amende, modeste, de 150 francs.
Enfin, même si le Service des automobiles et de la navigation a
suspendu sa procédure dans l’attente de l’issue pénale, rien n’indique, au
vu de l’absence d’antécédents administratifs de l’intéressé, qu’il pouvait
être l’objet d’un retrait du permis de conduire significatif, étant précisé
que ce dernier ne fait valoir aucun besoin professionnel. Enfin, comme le
relève le Tribunal fédéral (cf. 6B_563/2012 c. 1.4 précité), il est ordinaire
qu’une personne soit confrontée au moins une fois dans sa vie à une
procédure pénale pour un cas de peu de gravité en matière de LCR,
comme en l’espèce.
Ainsi, l’assistance d’un avocat ne se justifiait pas dans la
présente affaire.
4.En définitive, l'appel doit être rejeté et le jugement du 30
octobre 2012 confirmé.
Vu l'issue de la cause, les frais de la procédure d'appel,
comprenant l'émolument du présent jugement, par 720 fr. (art. 21 al. 1
TFJP [Tarif des frais judiciaires pénaux du 28 septembre 2010; RSV
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312.03.1]), doivent être mis à la charge de l’appelant qui succombe (art.
428 al. 1 CPP).
Par ces motifs,
la Présidente de la Cour d’appel pénale,
en application des articles
398 ss, 406 al. 1 let. d, 429 al. 1 let. a CPP et 14 al. 3 LVCPP,
prononce :
I. L'appel est rejeté.
II. Le jugement rendu le 30 octobre 2012 par le Tribunal de police
de l'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois est
confirmé selon le dispositif suivant :
"I. Admet l’opposition formée par A.________ à l’encontre de
l’ordonnance pénale préfectorale (BRV/01/11/0001346/vcn)
rendue le 26 janvier 2012 par le Préfet de la Broye-Vully et
libère A.________ du chef de prévention de violation simple des
règles de la circulation routière;
II. Laisse les frais de la cause à la charge de l’Etat;
III. Rejette la prétention A.________ tendant à l’octroi d’une
indemnité fondée sur l’art. 429 CPP.
III. Les frais de la procédure d'appel, par 720 fr. (sept cent vingt
francs), sont mis à la charge d’A.________.
IV. Le présent jugement est exécutoire.
La présidente : La greffière :
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9 -
Du
Le jugement qui précède, dont la rédaction a été approuvée à
huis clos, est notifiée, par l'envoi d'une copie complète, à :
-Me Roberto Izzo, avocat (pour A.________),
-Ministère public central,
et communiquée à :
-Mme la Présidente du Tribunal de police de l’arrondissement de la
Broye et du Nord vaudois,
-M. le Procureur du Ministère public central, division affaires spéciales,
contrôle et mineurs,
-M. le Préfet de la Préfecture de la Broye-Vully,
-Service de la population, secteur E ( [...]),
-Service des automobiles et de la navigation,
par l'envoi de photocopies.
La présente décision peut faire l'objet d'un recours en matière
pénale devant le Tribunal fédéral au sens des art. 78 ss LTF (loi du 17 juin
2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours
constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Ces recours doivent
être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la
notification de l'expédition complète (art. 100 al. 1