Late appeal against eviction order

CACI jl16-055503-122/2017Cantonal Court / Civil Appeals ChamberMar 23, 2017Inadmissible

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Omnilex summary

W.________ appealed an eviction order issued by the peace judge of the Ouest lausannois district, seeking an extension of the deadline to leave the apartment. The Civil Appeal Court held that the appeal was manifestly late because the ten-day deadline had expired on 27 February 2017, while the appeal was mailed only on 8 March 2017. The appeal was therefore declared inadmissible without inviting the respondent to comment. Because the suspensive effect had caused the original vacating date to lapse, the matter was sent back to the first judge to set a new deadline if needed. No court fees or costs were awarded.

Omnilex headnote

Art. 257, 308 al. 1 let. a et al. 2, 312 al. 1, 314 al. 1, 315 al. 1 CPC; timeliness of an appeal against an eviction order in summary proceedings. When a first-instance decision in a case-clear eviction procedure is subject to the ten-day appeal period, tardiness is manifest if the postal dispatch date is beyond the deadline; in such a case the appeal may be declared inadmissible without prior interpellation of the appellant. If the suspensive effect of the appeal causes the vacating deadline to expire, the appellate court may remit the matter to the first judge for fixation of a new deadline to vacate the premises.

Full text

1112 TRIBUNAL CANTONAL JL16.055503-170439

122 C O U R D ’ A P P E L C I V I L E


Arrêt du 23 mars 2017


Composition : M. A B R E C H T , président M.Stoudmann et Mme Giroud Walther, juges Greffier :M. Steinmann


Art. 312 al. 1 et 314 al. 1 CPC Statuant sur l’appel interjeté par W., à Crissier, contre l’ordonnance d’expulsion rendue le 15 février 2017 par la Juge de paix du district de l’Ouest lausannois dans la cause divisant l’appelante d’avec K., à Mex, la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal considère :

  • 2 - E n f a i t : A.Par ordonnance d’expulsion du 15 février 2017, la Juge de paix du district de l’Ouest lausannois a ordonné à W.________ de quitter et rendre libres pour le vendredi 17 mars 2017 à midi les locaux occupés dans l’immeuble sis [...], à [...] Renens (appartement n° [...] de 4 pièces au rez-de-chaussée + cave) (I), a dit qu’à défaut pour la partie locataire de quitter volontairement ces locaux, l’huissier de paix était chargé sous la responsabilité du juge de paix de procéder à l’exécution forcée de la décision sur requête de la partie bailleresse, avec au besoin l’ouverture forcée des locaux (II), a ordonné aux agents de la force publique de concourir à l’exécution forcée de la décision, s’ils en étaient requis par l’huissier de paix (III), a arrêté à 280 fr. les frais judiciaires, qui étaient compensés avec l’avance de frais de la partie bailleresse (IV), a mis les frais à la charge de la partie locataire (V), a dit qu’en conséquence, W.________ rembourserait à K.________ son avance de frais à concurrence de 280 fr. et lui verserait la somme de 750 fr. à titre de défraiement de son représentant professionnel (VI) et a dit que toutes autres ou plus amples conclusions étaient rejetées (VII). Cette ordonnance a été notifiée à W.________ le 17 février 2017. B.Par courrier daté du 8 mars 2017, remis à la poste le même jour, W.________ a interjeté appel contre l’ordonnance précitée, en concluant, en substance, à ce qu’un ultime délai au 31 mars 2017 lui soit imparti pour libérer les locaux susmentionnés. Ce courrier, adressé à la Juge de paix du district de l’Ouest lausannois, a été transmis à la Cour de céans comme objet de sa compétence. L’intimée n’a pas été invitée à se déterminer.

  • 3 - E n d r o i t :

1.1L'appel est ouvert contre les décisions finales de première instance pour autant que la valeur litigieuse, au dernier état des conclusions devant l'autorité inférieure, soit de 10'000 fr. au moins (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC). Aux termes de l’art. 314 al. 1 CPC, si la décision a été rendue en procédure sommaire, le délai pour l’introduction de l’appel et le dépôt de la réponse est de dix jours à compter de la notification de la décision. Les citations, les ordonnances et les décisions sont notifiées par envoi recommandé ou d’une autre manière contre accusé de réception (art. 138 al. 1 CPC). L’acte est réputé notifié lorsqu’il a été remis au destinataire, à un de ses employés ou à une personne de seize ans au moins vivant dans le même ménage (art. 138 al. 2 CPC). 1.2En l’espèce, le litige porte sur une ordonnance d'expulsion rendue dans le cadre d’une procédure de protection pour les cas clairs, soumise à la procédure sommaire (art. 257 CPC). Par conséquent, l’ordonnance du 15 février 2017 pouvait faire l’objet d’un appel dans un délai de dix jours à compter du lendemain de sa notification (art. 248 let. b et 314 al. 1 CPC). Compte tenu de la notification intervenue le 17 février 2017, le délai d’appel de dix jours est arrivé à échéance le lundi 27 février 2017. Dès lors que le timbre apposé par la poste sur le pli recommandé établit sans doute possible que l’appel a été posté le 8 mars 2017 à 16 h 09, sa tardiveté est manifeste, de sorte qu’il peut être déclaré irrecevable sans que l’appelante doive être interpellée (TF 5A_28/2015 du

  • 4 - 22 mai 2015 consid. 3.1.1, RSPC 2015 p. 398 ; TF 1C_85/2007 du 6 septembre 2007 consid. 3.2).

2.1Compte tenu de ce qui précède, l’appel, manifestement tardif, doit être déclaré irrecevable selon le mode procédural de l’art. 312 al. 1 CPC. Le délai de libération des locaux étant échu du fait de l’effet suspensif de l’appel (art. 315 al. 1 CPC), il convient de renvoyer la cause au premier juge pour qu’il fixe, le cas échéant, à l’appelante un nouveau délai pour libérer les locaux litigieux. 2.2Le présent arrêt peut être rendu sans frais judiciaires (art. 11 TFJC [tarif du 28 septembre 2010 des frais judiciaires civils ; RSV 270.11.5]). Il n’y a pas lieu d’allouer des dépens, l’intimée n’ayant pas été invitée à se déterminer. Par ces motifs, la Cour d’appel civile p r o n o n c e : I. L’appel est irrecevable. II. La cause est renvoyée au Juge de paix du district de l’Ouest lausannois pour qu’il fixe à W.________ un nouveau délai pour libérer les locaux qu’elle occupe dans l’immeuble sis [...], 1023 Crissier (appartement n° [...] de 4 pièces au rez-de-chaussée + cave). III. L’arrêt est rendu sans frais judiciaires de deuxième instance.

  • 5 - IV. L’arrêt est exécutoire. Le président : Le greffier : Du Le présent arrêt, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est notifié à : -Mme W.________ -M. P.-Y. Zurcher (pour K.________) et communiqué, par l'envoi de photocopies, à : -Mme la Juge de paix du district de l’Ouest lausannois La Cour d’appel civile considère que la valeur litigieuse est supérieure à 15'000 francs. Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), le cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

  • 6 - Le greffier :

Keywords

evictionappeal deadlinesummary proceedingslatenessinadmissibilitysuspensive effectremandcourt costs

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Key legal question

Whether the appeal against the eviction order was filed within the statutory time limit.

Extracted holding

The appeal was filed after the ten-day deadline and was therefore inadmissible without hearing the appellant.

Extracted reasoning

The eviction order was subject to summary proceedings under the case-clear procedure; the appeal deadline was ten days from notification. Notification occurred on 2017-02-17 and the deadline expired on 2017-02-27. The postal stamp showed the appeal was sent on 2017-03-08, so tardiness was manifest.

Key legal question

Whether the case should be sent back for fixation of a new deadline to vacate the premises.

Extracted holding

Yes. Because the appeal had suspensive effect, the original vacating deadline had elapsed; the case had to be remitted so the first judge could set a new deadline if appropriate.

Extracted reasoning

The appeal's suspensive effect caused the original release date to lapse, making a new deadline necessary after dismissal of the late appeal.

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