Jurisprudence du Tribunal Cantonal
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N° dossier:
TA.2006.42
Autorité:
TA
Date décision:
28.06.2006
Publié le:
01.07.2008
Revue juridique:
Titre:
Rémunération de l'avocat d'office. Tarif horaire.
Résumé:
Il résulte d'une délibération du Tribunal administratif qu'au regard de la jurisprudence fédérale, c'est sans raison suffisante que le RELAPCA n'a pas fixé à 180 frs le tarif horaire pour la rémunération de l'avocat d'office indépendant.
Articles de loi:
Art. 31 al. 1 LAPCA
Art. 31 al. 2 LAPCA
Art. 61 litt. f LPGA
Art. 11 litt. a RELAPCA
Réf. : TA.2006.42-AI/yr
ORDONNANCE
DU 6 decembre 2007
Président : M.
Robert Schaer
_____________
C O N S I D E R A N T
que
l'avocat d'office a droit à une indemnité fixée selon le tarif horaire arrêté
par le Conseil d'Etat, ainsi qu'au remboursement de ses débours (art.31 al.1 et
2 LAPCA),
que,
selon ce tarif, cette indemnité se monte à 170 francs de l'heure pour
l'activité d'un avocat indépendant, TVA non comprise (art.11 litt.a RELAPCA),
que
la rémunération de l'avocat d'office est fixée par l'autorité saisie dans une
décision sommairement motivée (art.34 al.1 LAPCA), et qu'elle est limitée à l'activité
nécessaire à la défense des intérêts confiés, en tenant compte de la nature, de
l'importance et de la difficulté de la cause ainsi que de la responsabilité que
le mandataire a été appelé à assumer (art.10 RELAPCA),
qu'à
la fin de l'instance, l'autorité saisie requiert de l'avocat tous renseignements
complémentaires utiles à la fixation de sa rémunération, portant notamment sur
les opérations donnant lieu à rémunération, avec l'indication du temps qui leur
a été consacré ainsi que sur les débours dont le remboursement est réclamé, et
l'informe qu'à défaut, il statuera au vu du dossier de la cause (art.32 al.1 et
2 LAPCA),
que
l'autorité qui fixe la rémunération de l'avocat d'office dispose d'une marge
d'appréciation, en particulier pour déterminer l'ampleur et l'utilité du
travail effectué (RJN
2003, p.263 cons.2a, 1995, p.154 cons.3b, 1994, p.129 cons.4, 1980-1981,
p.149),
qu'en
ce qui concerne le critère de l'utilité, l'autorité qui statue peut être amenée
à considérer qu'un avocat diligent consacrerait à la défense d'un client un
nombre d'heures inférieur à celui allégué par le mandataire d'office et à
réduire en conséquence l'indemnité à laquelle il prétend (RJN
2003, p.263 cons.2a, 1995, p.154 cons.3b, 1994, p.129 cons.4),
que Me X. prétend être indemnisée pour ses
vacations depuis le 8 juillet 2004, alors qu'elle assistait J. devant l'OAI,
qu'en l'espèce, l'assistance judiciaire n'a pas
été accordée avec effet rétroactif, de sorte qu'elle a pris effet le jour où
elle a été requise, soit au début de la procédure de recours devant le Tribunal
administratif (art.12 LAJA; 19 LAPCA),
qu'en pareilles circonstances, la pratique admet
de prendre en compte les vacations de l'avocat d'office nécessaires à
l'établissement du recours et de la requête d'assistance judiciaire,
qu'ainsi seules les vacations postérieures à la
décision attaquée (du 22.12.2005), peuvent entrer en ligne de compte,
qu'il s'agit de la rédaction de trois lettres et
d'un recours, ainsi que d'une conférence avec J.,
qu'au moment où ses prestations
ont été fournies, l'avocate d'office avait déjà une bonne connaissance du
dossier,
qu'en effet, dans son recours, elle reprend pour
l'essentiel, en la développant, la motivation de l'opposition qu'elle avait
déposée devant l'OAI le 5 avril 2005,
que l'affaire ne soulevait pas de questions
juridiques particulières, le recours mettant en cause seulement la valeur
probante d'une expertise médicale,
que le temps consacré à l'ensemble des opérations
qui peuvent entrer en ligne de compte doit être estimé à 4 heures au maximum,
que l'avocate d'office demande à être indemnisée
au tarif de 180 francs de l'heure, alors que le RELAPCA prévoit 170 francs,
que le Tribunal fédéral a estimé que, pour la
rémunération de l'avocat d'office, un tarif horaire de 150 francs apparaissait
arbitrairement insuffisant dans les cantons d'Argovie et de Glaris et que ce
tarif devait s'établir en moyenne suisse à 180 francs de l'heure, sans la TVA (ATF 132 I 201,
ATF non publié du 27.06.2006
[2P.76/2005]),
que la Haute Cour en a jugé de même en examinant
un tarif du canton de Vaud prévoyant une rémunération de 160 francs de l'heure
(ATF non publié du 04.12.2006
[1P.650/2006]),
que, dans deux affaires qui concernaient le
canton de Fribourg, le Tribunal fédéral a également pris comme référence une
rémunération horaire de 180 francs (ATF non publié du 17.01.2007
[5P.438/2006] et du 10.07.2007
[2P.326/2006]),
que, dans le dernier des arrêts précités, la
Haute Cour a jugé que c'était sans raison suffisante, donc arbitrairement, que
le Conseil d'Etat du canton de Fribourg avait tiré le tarif vers le bas en
fixant à 170 francs la rémunération horaire de l'avocat d'office,
que le service de la justice fait valoir, dans la
présente cause, que les salaires dans le canton de Neuchâtel étaient en 2004 de
7,5 % inférieurs à ceux pratiqués dans le canton d'Argovie, et qu'en ce qui
concerne les loyers, la différence était encore plus importante,
que la jurisprudence précitée du Tribunal fédéral
se fonde sur des études qui constatent que les charges horaires moyennes des
avocats étaient d'environ 130 francs en 2003 (ATF 132 I 201;
ATF non publié 5P.438/2006
cons.4.1),
que ces études prennent en compte non seulement
les salaires et les loyers, qui peuvent varier d'un canton à l'autre, mais
aussi la prévoyance professionnelle, les assurances sociales, les autres frais
de locaux, les frais de télécommunications, de port, de déplacement, d'informatique
et de formation continue (v. Pellegrini, Umfrage bei den Schweizer Anwältinnen und Anwälten zu den Praxiskosten,
in Revue de l'avocat 8/2005, p.314),
que nombre des frais qui viennent d'être cités
sont d'égale importance quel que soit le lieu en Suisse où se déploie
l'activité de l'avocat,
qu'au regard de la jurisprudence fédérale, il
faut considérer que c'est sans raison suffisante que le RELAPCA n'a pas fixé un tarif horaire
de 180 francs pour l'activité d'un avocat indépendant,
que, par conséquent, calculé au tarif horaire de
180 francs, le montant de l'indemnité à allouer à Me X. en l'occurrence
s'élèvera à 720 francs, sans débours puisque l'intéressée n'en fait pas valoir
(art.13 RELAPCA a contrario), montant auquel il convient
d'ajouter la TVA (7,6 %) par 54.70 francs,
qu'ainsi, l'indemnité en question sera fixée à
774, 70 francs,
qu'il est statué sans frais (art.35 al.1 LAPCA),
**Par ces motifs,
LE PRESIDENT DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF**
1. Fixe l’indemnité due par l'Etat à Me X., avocate d'office
de J., à 774.70 francs, TVA comprise.
2. Statue sans frais.
Neuchâtel,
le 6 décembre 2007
Le président du
Tribunal administratif