Remission of unemployment benefit repayment denied for gross negligence

C 154/01Federal Supreme Court / Social Insurance Division INov 6, 2001Dismissed

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Omnilex summary

The Federal Insurance Court dismissed the insured person's administrative law appeal against the Vaud administrative court. The case concerned only the request to remit repayment of CHF 6,379.80 in unemployment-related specific daily benefits. The court held that remission under Art. 95(2) LACI requires good faith and special hardship. Because the insured had worked for pay during almost the entire benefit period, failed to report this activity, and knew it affected entitlement, the omission amounted to gross negligence. The financial hardship argument therefore did not need examination. Court costs of CHF 900 were imposed on the appellant.

Omnilex headnote

Art. 95 LACI; remission of restitution of unemployment insurance benefits; good faith and gross negligence. A remission request presupposes, cumulatively, the beneficiary's good faith and the existence of particular hardship. Good faith is excluded where the insured, without deceit, nevertheless commits gross negligence by failing to report a gainful activity whose relevance to entitlement is known or should clearly be known. The assessment of whether the person knew the unlawfulness is a question of fact subject only to limited review, whereas the standard of due care is reviewed freely (consid. 1). Where good faith is lacking, the hardship question need not be examined.

Full text

[AZA 7]
C 154/01 Tn

IVe Chambre

MM. et Mme les juges Borella, Président, Leuzinger et
Kernen. Greffier : M. Vallat

Arrêt du 6 novembre 2001

dans la cause
L.________, recourant,

contre
Caisse d'assurance-chômage de la Société des Jeunes Commerçants, rue du Grand-Pont 18, 1003 Lausanne, intimée,

et
Tribunal administratif du canton de Vaud, Lausanne

Considérant en fait et en droit :

que, par décision du 28 octobre 1998, la Caisse d'assurance-chômage de la Société des jeunes commerçants, à Lausanne (ci-après: la caisse), a demandé à L.________, la restitution de 6379 fr. 80 représentant les indemnités journalières spécifiques versées à ce dernier du 14 octobre au 23 décembre 1997 au titre de l'encouragement d'une activité indépendante durable;
que cette décision n'a fait l'objet d'aucun recours;
que, par décision du 6 décembre 2000, le Service de l'emploi du Département de l'économie de l'Etat de Vaud (ci-après: le service de l'emploi) a rejeté la demande de remise de cette obligation présentée par l'assuré le 26 novembre 1998;
que, par jugement du 23 avril 2001, le Tribunal administratif du canton de Vaud a rejeté le recours formé contre cette décision par l'assuré;
que ce dernier interjette recours de droit administratif contre ce jugement en concluant à son annulation;
que ni le service de l'emploi ni le Secrétariat d'état à l'économie (seco) ne se sont déterminés;
que, la décision de restitution de prestations du 28 octobre 1998 étant entrée en force faute de recours, la présente procédure a exclusivement pour objet la prétention du recourant à la remise de cette obligation;
qu'en ce qui concerne la remise de l'obligation de restituer, par opposition à l'obligation de restituer comme telle, le recours de droit administratif peut être formé uniquement pour violation du droit fédéral, y compris l'excès et l'abus du pouvoir d'appréciation (art. 104 let. a OJ; ATF 122 V 136 consid. 1);
que conformément à l'art. 95 LACI, la caisse est tenue d'exiger du bénéficiaire la restitution des prestations de l'assurance auxquelles il n'avait pas droit (al. 1 première phrase) à moins que le bénéficiaire des prestations fût de bonne foi en les acceptant et que leur restitution dût entraîner des rigueurs particulières, auquel cas on y renoncera, sur demande, en tout ou en partie (al. 2 première phrase);
que, selon une jurisprudence constante du Tribunal fédéral des assurances relative à l'art. 47 al. 1 LAVS, qui est également déterminante pour la réglementation analogue des conditions de remise prévues à l'art. 95 al. 2 LACI (ATF 126 V 50 consid. 1b), l'ignorance du vice juridique n'est pas suffisante pour admettre la bonne foi de l'intéressé mais il faut que celui-ci ne puisse se voir reprocher ni intention dolosive ni négligence grave (DTA 2001 160 consid. 3a et les références);
que savoir si une personne avait conscience ou non de l'illicéité de l'acte ou de l'omission est une question de fait sur laquelle le Tribunal fédéral des assurances n'exerce qu'un contrôle limité (art. 105 al. 2 OJ), alors que l'examen de l'attention raisonnablement exigible de cette personne est une question de droit, que le tribunal revoit librement (ATF 122 V 223 consid. 3; DTA 1998 no 14 p. 74 consid. 4c et no 41 p. 237 consid. 3)
qu'en l'espèce les premiers juges ont retenu de manière à lier la cour de céans, d'une part, qu'aux termes de chacun des mois d'octobre, novembre et décembre 1997 le recourant avait déclaré, sur le questionnaire qui lui avait été adressé par la caisse, n'avoir déployé aucune autre activité que celle pour laquelle des indemnités spécifiques lui avaient été allouées et, d'autre part, qu'il n'ignorait pas l'incidence de la reprise d'un emploi sur son droit aux indemnités spécifiques;
qu'il ressort, par ailleurs, des pièces du dossier, soit en particulier les bulletins de salaire et l'attestation établie le 21 août 1998 par X.________, que le recourant a assuré le service d'ordre d'un établissement public du 14 octobre 1997 au 4 juin 1998 soit durant la quasi totalité de son droit aux indemnités spécifiques et que les salaires dus à ce titre, correspondant à une rémunération de 59 fr. de l'heure, se sont notamment élevés à 8024 fr. en octobre, 14 160 fr. en novembre et 9440 fr.
en décembre 1997;
que, compte tenu de la durée et de l'intensité de cette activité, on ne saurait reprocher aux premiers juges d'avoir considéré que l'omission de l'annoncer à la caisse, conformément à l'art. 96 al. 2 LACI, procédait d'une négligence grave;
que le recourant n'allègue, par ailleurs, aucune circonstance pertinente permettant de justifier son omission;
que la condition de la bonne foi posée par l'art. 95 al. 2 LACI n'étant pas donnée en l'espèce, il n'est pas nécessaire d'examiner l'argumentation développée par le recourant en relation avec sa situation financière;
que le recours se révèle infondé;
que la présente procédure, qui n'a pas pour objet l'octroi ou le refus de prestations d'assurance mais la remise de l'obligation de restituer de telles prestations (cf. ATF 122 V 136 consid. 1 précité), n'est pas gratuite (art. 134 OJ a contrario),

par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances,

prononce :

I. Le recours est rejeté.

II. Les frais de justice, d'un montant de 900 fr., sont mis à la charge du recourant et sont couverts par l'avance de frais d'un même montant qu'il a versée.

III. Le présent arrêt sera communiqué aux parties, au Tribunal administratif du canton de Vaud, ainsi qu'au Service de l'emploi, Instance juridique chômage, et au

Secrétariat d'état à l'économie (seco).
Lucerne, le 6 novembre 2001

Au nom du
Tribunal fédéral des assurances
Le Président de la IVe Chambre :

Le Greffier :

Keywords

unemployment insurancerepaymentremissiongood faithgross negligenceundeclared workspecific daily benefitscourt costs

Extracted by Omnilex

Key legal question

Whether the repayment obligation for unemployment benefits should be remitted under Art. 95(2) LACI.

Extracted holding

Remission was denied because the insured was not in good faith.

Extracted reasoning

Good faith requires no deceit and no gross negligence. The insured continued an undisclosed paid activity for most of the benefit period and knew that resumed work affected entitlement; failing to report it to the fund constituted gross negligence.

Key legal question

Whether the insured's financial situation justified remission.

Extracted holding

This argument was not examined because the good-faith requirement was not met.

Extracted reasoning

Remission under Art. 95(2) LACI requires both good faith and special hardship; once good faith failed, financial hardship became irrelevant.

Key legal question

Allocation of court costs.

Extracted holding

Court costs were imposed on the appellant.

Extracted reasoning

The proceeding concerned remission of a repayment obligation, not entitlement to benefits, so it was not free of charge.

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