B. Entsoheidungen des Bundesgeriohts als einziger
Zivilgeriohtsinstanz.
Arrets rendus par 1e Tribunal federal oomme
instanoe unique en
matiere oivile.
Zivilstreitigkeiten zu deren Beurteilung
das Bundesgericht von beiden Parteien angerufen
worden ist. -Differends de droit civil
portes devant le Tribunal federal par convention
des parties.
50. Arret du 5 juin 1909, dans la eause Gindra.ux,
dem. el ree.) eontre : La. Preserva.trice der. el int.
Competence du Trib. federal stablie par convention des
parties: Art 52 chiffre 1 OJF. -Assurance contra les
accidents. Accident dans le sens de la police: cas de legi-
time defense. (Mutilation (lausee par un engin ayant la
forme d'une bouteille et faisant explosion pendant que le blesse
le sortait, en gare de Sion, d'un wagon de chemin de fer ou il
l'avait decouvert sous une banquette). Changement da profes--
sion de l'assure comme cause prevue d'exoneration de la Co rn-
pagnie 1 Suites de l'inobservation d'une clause de police qui
oblige l'assurs de donner avis a la Compagnie d'une nouvelle
assurance pour le mllme risque, contractee par lui avec une
autre compagnie, et qui reserve a la Compagnie le droit, soit de
continuer, soit de resilier le
contrat. -Determination du
montant de l'indemnite due a l'assure conformement aux
dispositions de la police.
Le Tribunal federal eonstate
en fait:
A.-Par demande du 7 oetobre 1908, Auguste Gindraux:
a
eonelu eomme suit:
Zivilstreitigkeiten vor Bundesgericht als forum prorogatum. NI) 50. 383
c Plaise au Tribunal federal eondamner la Preservatriee,
., eompagnie d'assuranees, a payer au demandeur une somme
de 40000 fr. et les interets voulus, sous suite de tous
frais et depens.
Dans sa reponse du 30 octobre 1908, la defenderesse
-formuIe les eonelusions suivantes:
Prineipalement:
- Deelarer la demande de Auguste Gindraux mal
fondee.
Subsidillirement et reeontlentionnellement:
- Condamner Auguste Gindranx, pere, a payer a 1a.
, Preservatriee la somme de quarante mille francs (40 000
francs) ou toute autre qui Iui serait allouee a titre d'in-
demnite et ce avee internt legal.
- Operer compensation entre parties.
) Dans l' un ou l' aulre eas :
- Condamner le demandeur aux frais et depens.
Dans sa repliqne du 10 decembre 1908, le demandeur
a coneln a liberation des conclnsions subsidiaires et recon-
-ventionnelles de
Ia reponse.
Ces conclusions sont basees sur l'etat de fait suivant, tel
u'il resulte des pieces versees an dossier.
Les parties ont admis l'authentieite des documents produits.
Aueun autre moyen de preuve que la preuve
par titre n'a et6
offert ou requis.
B. -Suivant police du 20 septembre 1905,le demandeur
a eontracte aupres de la Preservatriee une assuranee contre
les accidents au capital de
50000 fr. en eas de deces et de
Ia
meme sornme en eas d'infirmite rentrant dans la premiere
des categories
specifiees a l'art. 3 des conditions generales
de la police. Aux termes de l'art. 2 des memes conditions
generales, les indemnites ne sont dues que lorsque la mort,
l'infirmite
ou l'incapaeite temporaire de travail ont pour
seule
et directe eause un aceident traumatique oecasionne
par le feu, les jets de vapeur, les chutes dans l'eau et par
tous ehocs violents avee un eorps eompael .... L'art.8 dispose
que la
Compagnie ne repond pas du dommage resultant:
384 B. Entscheidungen des Bundesgerichts als einziger Zivilgerichtsinstanz.
3
D'attentats et agressions queiconqnes, de rixes, deo
luttes sauf le cas constate de legitime defense.
Suivant l'art. 3, l'infirmite est divisee en six categories.
CeUes qui entrent en ligne de compte en l'espece sont no-
tamment les categories 3 et 4, soit:
cat. 3, Ia perte complete de l'usage ou l'amputation d'un
membra superieur, ... d'une main, et
cat. 4, ... fracture non consoJidee du bras, amputation Oll
perte complete de l'usage de quatre doigts, d'une main ... Oll
toutes autres infirmites equivalentes.
La 56 categorie prevoit l'amputation ou Ia perte complet
de l'usage du pouce ou de trois autres doigts d'une main, et
Ia 6
e
categorie se rapporte a l'amputation ou Ia perte d
l'usage d'un ou de deux doigts d'une main.
Aux termes des conditions particulieres de Ia police, l'in-
demnite de
50000 fr.-est reduite aux quinze-vingtiemes pour
les infirmites de
Ia 2
caMgorie, aux dix-vingtiemes po ur celles
de la 3
e
categorie, aux six-vingtiemes pour celles de la 4°,
aux trois-vingtiemes pour ceUes de Ia 56, a un vingtieme pour
ceUes de Ia 6
e
et, pour Ies infirmites moins graves, a un
indemnite proportionnelle, dans tous les cas inferieure a cell
afferente aux infirmites de Ia 6
e
categorie.
Lorsqu'il resulte d'un meme accident plusieurs des infir--
mites prevues a l'art. 3 des conditions generales, Ies indem-
nites
attribuees ä. chacune d'elles par Ia police se cumulent
sans que,
neanmoins, le total de ces indemnites puisse da-
passer le chiffre de I'indemnite correspondant a la categorie
qni precMe immediatement la categorie de Ia plus grave in-
firmite dont l'assure est atteint (art. 4).
A taneur de l'art.
20, au cas Oll, pendant Ie cours de l'as-
surance, une nouvelle assurance serait souscrite
a une autre
compagnie, sur
Ia tete de l'assure, en vue des classes d'ac-
eidents pour Iesquelles il est dejä. stipuIe une indemnite, avis,
par lettre recommandee, devra en etre donne a Ia Preserva-
trice. La Compagnie a alors Ie droit, soit de continuer, soit
de resilier
1a police. Toutefois, pour Ies assurances limite es
a Ia duree d'un voyage en chemin de fer, ras sure n'est pas
tenu ä. cette formalite.
Zivi/streitigkeiten vor Bundesgericht als forum prorogatum. N° 50. 381).,
G.-Le 8 octobre 1907, ä. Ia gare de Sion, Ie demandeur
a ete blesse grievement par I'explosion d'un engin ayant Ia
forme d'une bouteille.
Le demandeur se rendait ce jour-Iä. a
Brigue par Ie train qui s'arrete a Sion ä. 2 h. 23 m. du soir.
U se trouvait dans un compartiment de troisieme classe,.
lorsque, apres
l'arret du train, il aperQut sous une banquette
une petite bouteille enveloppee de papier
ou de serpilliere,
de laquelle s'echappait un mince filet de fumee comme d'une
cigarette qui brnlerait mal. Cette fumee gris-jaune repandait
une odeur particuliere et desagreable. Le demandeur saisit
alors cet objet
et sortit du wagon, du co te oppose a celui de
10. gare, au moment du depart d'un train de marchandises
sur
10. voie voisine. Montrant Ia bouteille, qu'il tellait un pell.
de cote et eloignee de Iui, au serre-frein Gallet, il Iui dit
J' ai trouve ceci dans 10. voiture, Oll faut-il que je Ie mette?
Gallet repondit: Je ne sais pas, lancez-Ie. Gindraux fut
alors interpelle par le conducteur Stoudmann,
et au meme
moment l'engin qu'il tenait encore fit explosion. L'employe.
de Ia gare Michot accourut pour secourir Gindraux, qui Iui.
dit qu'il avait voulu prevenir un malheur et que maintenant.
c'etait
lui la victime. L'explosion a eu des consequences graves
pour le demandeur.
Sa main gauche a ete arracMe, de nom-
breux
eclats de verre ont penetre dans sa main droite et il
- subi des contusions a la face, au thorax et a l'abdomen.
- -A la, suite de ces evenements, il fut procede a un -
enquete penale qui dut etre c10turee sans que Ia lumiere fnt
faite sur 10. provenance et Ie but de l'explosif. TI ressort ce-
pendant de I'expertise technique, ordonnee par le juge ins-
tructeur qu'il s'agit
d'una demi-bouteille ou quart de bou-,
taille, semblables a ceUes que l'on emploie pour les vins du.
Rhin et certains vins du Valais. Elle contenait, ä tout 1
moins, un detonateur ordinaire du genre de ceux dont Olle
fait Dsage pour amorcer Ies charges des mines. Cinq gramme
de cet explosif suffisent pour produire l'effet constate in casu.
L'explosion a eM occasionnee par le feu d'une me ehe, qui
brnlait dejä. Iorsque Ie demandeur a saisi Ia bouteille.
E. -La defenderesse s'etant refusee au paiement de 1 .
Bomme reclamee par le demandeur, les parties ont convenll.
:386 B. Entscheidungen des Bundesgerichts als einziger Zivilgerichtsinstanz.
le 24 septembre 1908 de soumettre Ie litige directement au
Tribunal
federal. Par demande du 8 octobre 1908 Gindraux
-a formule les conclusions citees plus haut, en reclamant les
interets moratoires au 5 % des Ia date de l'accident, du
8 octobre
1907, eveutuellement des Ie second rapport du me-
decin Germanier, du 29 novembre 1907, ou des Ia date du
refus de Ia defenderesse de payer Ia somme reclamee.
A
l'appui de son action, le demandeur fait valoir qu'il
s'agit d'un accident couvert
par Ia police, et non d'un at-
tentat contre une personne.
Pour prouver l'etendue du dommage, le demandeur
in-
voque le fait, non conteste par Ia defenderesse, que jusqu'a
l'epoque de l'accident il s'est occupe du commerce et du
posage de glaces de montres, qu'll travaillait manuellement
dans son atelier
a Bienne et qu'il est interesse dans une en-
treprise d'hötel a Zermatt.
En ce qui concerne
Ie degre et Ia nature de I'invalidite du
emandeur, les parties s'en referent toutes les deux aux rap-
ports du professeur Niehans a Berne et du medecin Germa-
ni
er de l'höpital de Sion.
Ce dernier constata d'abord l'arrachement de Ia main
gauche
a l'articulation du poignet, de nombreuses plaies de Ia
face
et du bras droit, Ia contusion de l'abdomen.
Le professeur Niehans constata outre la
perte de la main
cgauche Ia presence de nombreux corps etrangers de petit
volume, dans la main droite. Il estime que Ia diminution de
Ia capacite de travail dn chef de l'arrachement de Ia main
gauche
est de 50 %. A plusieurs reprises des corps etrangers
ont
ete extraits de la main droite. Cependant il en subsiste
encore dans les tissus,
et les mouvements de la main et des
doigts en sont
genes. L'expert estime qu'en prtisence de
eette situation et du fait, que le demandeur est atteint de
neurasthenie ensuite du shock cause par l'accident, il ne
sera pas possible de se prononcer, avec quelque certitude,
sur l'incapacite provenant de Ia lesion de Ia main droite,
avant qu'une
annee ne se soit ecoulee depuis la date da
l'exp1osion.
Zivilstreitigkeiten vor Bundesgericht als forum prorogatum. N° 50. 7
Toutefois, si ron veut liquider l'affaire plus tot, il faut ad-
mettre une aggravation de 10 a 15 % de l'invalidite, etant
donne
que 1e demandeur est incapab1e d'exercer 1a profes-
sion de poseur de glaces et qu'a son age de 61 ans illui sera
difficile de trouver une nouvelle occupation, surtout si sa ner-
vosite
demeure aussi accentuee.
Dans un
rapport compIementaire, du 14 juillet 1908, le
docteur Niehans estime a 15 % l'invalidite resultant de la
presence de corps etrangers dans la main droite et de la
nervosite du demandeur. Plus tard, il porte ce pour cent
a. 25 % en disant que le chiffre de 15 % n'avait ete fixe si
bas que dans l'idee que les C.F.F. paieraient une indemnite
au demandeur. Or les chemins de fer on refuse de payer
quoi que ce soit.
Base sur ces rapports, Ie demandeur pretend que la perte
de Ia main gauche constitue une infirmite da la 3
e
categorie
et que Ia lesion de la main droite rentre dans la 4
cate-
gorie de l'art. 3 des conditions generales de la police. TI
evalue l'indemnit6 due aux f(),'20 ou 25000 fr. pour la 3" ca-
tegorie et aux 6/!O ou 15000 pour Ia 4
e
Eventuellement il
reclame l'indemnite afferente a la 5
e
ou a la 6
categorie.
F. -Par reponse du 31 octobre 1908, la defenderesse a
formule
les conclusions rappeIees en tete du present arrnt.
La defenderesse ne conteste pas la realite des faits allegues
par le demandeur. Elle nie senlement qu'il ait ete la victime
d'un
accident au sens des conditions generales de la police.
En ce qui concerne l'invalidite du demandeur, la defenderesse
avait d'abord requis une nouvelle expertise en raison du fait
que
le docteur Niehans etait le medecin traitant de Gindraux.
Lors du
debat prealable cependant, elle y a renonce et a de-
clara
s'en reterer aux rapports produits.
Par contre, la defenderesse conteste son obligation de
payer une indemnite parce qu'il s'agirait d'un attentat, d'une
.. entreprise violente et criminelle contre quelqu'un ou quel-
que chose .... (cf. Grand Larousse I H, p. 559), soit contre
le demandenr ou contre des tiers
soit contre les Chemins de
Ier federaux. Le transport de bombes serait interdit par les
AS 35 II -1909
S88 B. Entscheidungen des Bundesgerichts als einziger Zivilgerichtsinstanz.
lois et les reglements. La defenderesse invoque e ore. Ie
fait que le de,mandeur ne lui a pas
annonce 1 Pnr:ltCntntion
a une entreprise hOteliere a Zermatt bIen qu I n elt I:l I:l as-
sure qu'en qualite de chef de comptoir pour Ia vente de glaces
de montres en gros.
Pour le cas
on son obligation de payer une indemnite serait
admise
Ia defenderesse fait valoir a sa decharge Ia circons-
tance
ue Ie demandeur Iui devrait d domnages-int?rnts
equivalents a cette indemnite parce qu 11 a omis de IUl an-
noncer sa nouvelle assurance, conformement a l'art. 20 de Ia
police. Le 22 avril 1907, le demandeur s'est effectivement
assure contre les aceidents, pour une
annee, aupres de la
Baloise sans en donner connaissance a la defenderesse. La
Preser;atrice soutient qu'elle n'a appris ce fait posterieure-
ment a l'accident du 8 octobre 1907 et que si elle avait eta
informee atemps, elle aurait usa de son .droit de,.resilier la
police. La defenderesse convient, toutefols, que Imobserva ..
tion par le demandeur de I'obligation decouIan,t de .r
art
. 20
de la police n'entraine pas sa dech.aanc . A l,appUl de so
dire la Preservatrice invoque le falt qu elle s est refusae a
contracter une police sur la base d'un capital de
100000 fr.
et d'une indemnite journaliere de 20 fr., comme le demandeur
l'avait propose. .'
La Compagnie defenderesse argue enftn du falt que Ie
demandeur avait
contracte a l'epoque de l'accident de nom-
breuses assurances. Ainsi il s'est assure sur la vie aupres
de la New-York pour 100000 fr., quelques mois avant de
conclure avec
111. Preservatrice. Auparavant il avait deja
souscrit des contrats d'assurance sur Ia vie moins impor-
tants aupres d'autres compagnies. En outre, Gindraux 'est
assure contre les accidents aupres de Ia Zurich et 11 11.
encore eontracte l'assurance a la Bä.loise au capital de
50000 fr., plus 25 fr. d'indemniM journaliere.
Ces nombreuses assurances ne seraient pas en rapport
avec
la fortune et les ressources de Gindraux.
G. -TI y 11. lieu de retenir de 111. repliqlle, du 10 decem-
bre 1908, le fait que le demandeur nie que l'on soit en pre-
Zivilstreitigkeiten vor Bundesgericht als forum prorogatnm. N° 50. 389
sence d'un attentat et non d'un accident. Mnme dans ce
cas, le demandeur n'en serait pas moins personnellement
la
victime d'un accident, puisqu'il est le sujet passif et non le
sujet actif du soi-disant attentat.
Le fait d'avoir voulu sor-
tir du wagon l'engin suspect etait une mesure de prudence
commandee
par les circonstances. Le demandeur 11. fait
preuve d'un courage et d'une presence d'esprit peu ordi-
naires. Le demandeur explique son omission d'annoncer a
la Preservatrice son assurance aupres de 111. Baloise par un
oubli.
Ni la Zurich, ni la B3.loise n'exigeraient l'observation
d'une teIle formalite.
La fortune et les ressources du de-
mandeur lui permettent de contracter de fortes assuranees.
L'inobservation
par le demandeur de Ia formalite prevue a
l'art. 20 de la police n'est pas essentielle. La defenderesse
n'a pas prouve qu'elle aurait resilie le contrat si elle avait
eu connaissance a temps de l'assurance contractee aupres de
la Baloise. Admettre Ia. demande reconventionneIle ce serait
donner
a l'article vise la portee d'une clause de decheance,
ce que les parties n'ont pas voulu.
H. -Il ressort de la dllpliqlle de Ia defenderesse qu'elle
excipe encore du
fait que le demandeur aurait change de
profession. L'assurance ne couvrirait que les risques en-
courus par le demandeur en sa qualite de poseur de glaces.
Or, le voyage de Zermatt aurait ete fait par le demandeur
dans
l'interet de son entreprise Mteliere. Et la defenderesse
invoque l'art. 14 de la police, aux termes duquel elle n'est
pas tenue an paiement de l'indemnite dans le cas Oll le
changement de Ia profession, qui
n'a pas 13M annonce a Ia
Compagnie, a aggrave les risques,
comme en l'espece. La
prime d'une assurance donnee est plus forte pour un Mte-
lier que pour un horlog er.
Statuant sur ces faits 7 et cOflsiderant en droit :
- -La competence du Tribunal federal resulte de l'ap-
plication de l'art. 52 ch.
1° OJF. La cause doit etre jugee
exclusivement d'apres le droit federal, aucune disposition
speciale du droit cantonal bernois, qui pourrait entrer en
ligne de compte en l'espece, n'existant en matiere
d'assu-
rance.
390 B. Entscheidungen des Bundesgerichts als einziger Zivilgerichlsinstanz.
La defenderesse oppose, en premier lieu, a Ia reclamatioli
du demandeur le fait qu'on
ne serait pas en presence d'un
accident, mais d'un attentat.
Oette assertion apparait
comme erronee. Aux termes de la police, sont consideres
comme accidents traumatiques entrainant le paiement
d'une indemnite, ceux qui sont occasionnes par
le feu ",
les jets de vapeur , les chutes dans l'eau ", et par tous
chocs
violents avec un corps compact.,. Or en l'espece il
est indeniable que les lesions du demandeur resultent du
ehoc violent avec les parties solides de l'engin qui a fait
explosion.
La defenderesse ne peut donc pas denier absolument au
sinistre le
caractere d'un accident. La seule question qui
puisse se poser est celle
de savoir si l'exception prevue a
l'art. 8, eh. 3, de Ia police, est rtnalisee in casa. La preuve
qu'il
en est ainsi incombe naturellement a la defenderesse,
qui affirme l'existence de cette cause d'exoneration.
La disposition de Ia police que la Compagnie invoque a
evidemment en vue les cas les plus importants on l'accident
est
amene par la faute propre de Ia victime. Ce sens de
l'article resulte deja du fait que l'assure n'est pas dechu de
son droit si dans le cas d'attentats
et agressions quelcon-
ques, de rixes et
de luttes, il s'est trouve en etat de legi-
time defense. La defenderesse estime a tort que gramatica-
lement les termes
de legitime defense,. ne peuvent se
rapporter qu'aux mots rixes,. et luttes . Logiquement
Ia
legitime defense ne saurait entrer en ligne de compte
que dans les cas d'attentats et d'agressions, puisqu'elle est
exclue, par la nature
meme des choses, pour les rixes, qui
supposent un echange
de voies de fait entre deux ou plu-
sieurs personnes, toutes considerees comme auteurs, de meme
que pour les luttes, joutes pacifiques, Oll il n'y a pas lieu
de repousser une attaque criminelle dirigee contre notre in-
tegrite corporelle.
Le fait
que la police prevoit l'excuse de Ia legitime de-
fense pour tous ces cas d'atteinte a l'integrite corporelle
montre qu'il ne faut pas entendre ici
ces termes dans le
Zivilstreitigkeiten vor Bundesgericht als forum prorogatum. N° SO. 391
:sens que leur donne le droit penal; Ia police a voulu reser-
ver par la les cas Oll la victime de la lesion a eu une atti-
tude passive et exempte de faute. Or, le demandeur n'a pas
pris une
part active a l'attentat, si vraiment un attentat
,etait complote; il a voulu en empecher Ia realisation. Par
la il s'est trouve dans la position purement defensive que
Ia police qualifie de
legitime defense. D'ailleurs il est ge-
neralement admis en droit d'assurance et dans la doctrine
,que les consequences d'un accident amene par Ia faute de
l'assure ne
se produisent pas lorsque cet assure a accompli
un devoir d'humanite (cf.
EHRENBERG, I, p. 401, art. 15 de
Ia loi
federale sur le contrat d'assurance). Cette hypothese
-est realisee en l'espece.
2. -La cause d'exoneration tiree de l'art. 14 de la po-
lice, qui a trait au changement de profession de l'assure,
ne saurait davantage
etre prise en consideration. D'une
part, la
defenderesse n'a pas invoque en reponse un tel
changement; elle n'a fait valoir que Ia circonstance que 1e
demandeur etait interesse dans l'industrie höteliere, si bien
u'elle etait a tard dans Ia duplique pour exciper de l'ar-
ticle 14 de la police.
D'autre part, la
defenderesse n'a pas rapporte la preuve
,d'un changement de profession. Elle ne conteste pas que
I'hOtel dont le demandeur est proprietaire a Zermatt soit
..exploite par d'autres personnes que Iui et elle ne demontre
par aucun fait que le demandeur ait embrasse la profession
d'hOtelier. La seule circonstance que l'on est interesse fi-
nancierement dang une industrie, ou que l'on est Ie proprie-
taire d'un
hotel est sans influence sur Ie risque encouru par
Ia Compagnie d'assurance. De plus, l'assertion de la defen-
deresse que le demandeur n'a eta assure que contre les ris-
ques
inMrents a sa profession de poseur de glaces de mon.
tres, se heurte au contrat conclu entre parties, qui concerne
tous les accidents qu'ils soient
ou non en rapport avec Ia
profession de l'assure. Les voyages, notamment, rentrent
,dans le cadre de l'assurance, s'ils restent dans les limites
'fixees pas l'art. 7 de la police. Peu importe d'ailleurs le but
dans lequelle voyage a ete entrepris.
392 B. Entscheidungen des Bundesgerichts als einziger Zivilgerichtsinstan .
3. -Les conclusions subsidiaires et reconvention-
nelles
de la defenderesse sont basees sur l'art. 20 de la
police que Je demandeur n'a pas observe. C'est a tort que,
la defenderesse a fait valoir ce moyen par la voie d'une-
demande reconventionnelle alors qu'elle aurait du, tout en
reconnaissant son obligation de payer !'indemnite, opposer-
a Ia reclamation du demandeur une exception de compen-
sation fondee sur sa pretention ades dommages-interets
equivalents
a l'indemnite due.
nest incontestable que l'obligation d'annoncer une nou-
velle assurance existe de par le contrat. Il en resulte que
l'inobservation de cette prescription
de la police entraine-
l'application des art. 110 et suiv. CO. Bien que l'assureur'
n'attaehe pas a l'accomplissement de cette obligation Ia de-
cMance du droit a la somme assuree, le devoir de l'indem--
niser du dommage resulte pour lui de ce chef n'en subsiste-
pas moins.
La defenderesse soutient qu'en l'espece le dommage est
constitue par sa responsabilite contractuelle
elle-meme;:
mais cette pretention de la defenderesse la met en eontra.-
dietion avec
elle-meme. En effet, d'un cöte, elle admet que-
l'inobservation de l'art. 20 n'entraine pas la deeManee de
l'assure, et de l'autre, elle aboutit au
meme resultat que-
celui de Ia decMance en soutenant que sa responsabilite se
couvre avec le dommage qu'elle subit. Le demandeur a fait
observer avee raison que c'est
la une fa ;on detournee d'ar-
river a Ia nullite de l'assurance, sanction que les parties
n'ont
precisement pas attacMe a la violation de l'art. 20 ..
Il est inadmissible de soutenir, d'une part, que l'avis prevu
a
l'art. 20 confere a Ja Compagnie le choix entre le main-
tien ou la resiliation de I'assurance, et d'affirmer, d'autre-
part, que Ia resiliation est Ia eonsequence certai'ne de-
l'avis. Et si la defenderesse pretend que dans le cas parti-
culier elle n'aurait certainement pas
use de la faculte da
continuer le contrat, elle est dans l'impossibilite de rappor-
tel'
la preuve de l'exactitude de son affirmation. Les indices
qu'elle invoque
a l'appui de cette assertion ne sont pas-
Zivilstreitigkeiten vor Bundesgericht als forum prorogatum. N0 50. 393
con.cluants. S:il est vrai qu'elle s'est refusee a delivrer une
polIce garantlssant au demandeur une indemniM de 100 000
francs
au maximum, e'est uniquement en raison du fait
-qu'elle ?' pu s reassurer pour une teIle somme. D'ailleurs
1 . quOnIt ,de Imdemnite stipulee pour le cas de mort ou
d mvahdIte est sans importance. L'assurance peut porter
sur une
somme quelconque, au gre des parties contrac-
tante , sans qu'il y . ait lieu de rechercher si le capital
'a:ssur est en harmome avec la fortune et les ressources du
tItuirure de Ia police.
4. -n faut donc admettre que Ia defenderesse doit
payer
un.e indemnite au demandeur et qu'elle a echoue
-da.ns l preuve que des dommages-interets lui sont dus. Par
sUlte, 11 reste a etablir Ie montant de Ia somme a laquelle
le demandeur a
ffi'oit. La perte de la main et de l'avant-
bras gauches se caracterise comme une infirmite de la
e
categorie, a laquelle correspond une indemnite de 25 000
francs, representant les fO/
du montant maximum assure.
A cette
somme il faut ajouter, conformement a l'art. 4 de
1 olice, l'indemnite afferente a l'invalidite resultant de Ia
lesion
de I main droite et de la nevrose traumatique.
)ependant, a teneur de cette meme disposition le montant
total
de l'indemnite allouee ne doit pas depass'er le chiffre
, orrnsnondant a l'invalidite de Ia 2
e
categorie, qui precMe
Immediatement la categorie de la plus grave infirmite dont
Je. demandeur a 13M atteint. En effet, au dire de l'expert
Nlnhans, c'est l'amputation de la main gauche qui a provo-
que
la plus grave infirmite, estimee a 50 %. On ne peut
donc admettre au plus que 25 % pour l'invalidite resultant
des autres
lesions, puisque le pour cent afferent a la
e
categorie est fixe par la police a 75 0/ soit aux 1;;/ du
.,. 0' 20
maXImum de Imdemnite. Le montant total de l'indemnite
due au demandeur
ne peut donc depasser le chiffre de
37.500 francs,
et c'est a cette somme qu'il y a lieu de re-
dUlre les 40000 francs reclames. D'ailleurs, du moment
que les parties
se referent, quant a la gravite des lesions
:subies par le demandenr, exclusivement a l'expertise du
394 B. Entscheidungen des Bundesgerichts als einziger ZivilgerIChtsinstanz.
professeur Niehans, il n'y a aucun moti our adnettre une-
invalidite uperieure a celle de 75 % fixee par 1 expert.
Par cesmotifs,
Le Tribunal
fedtkal
prononce:
Les conclusions du demandeur sont admises dans
ce sens
que
la defenderesse est condamnee a lui payer .la s?mme de
37 500 francs avec interet au 5 % des le 13 Janvler 1908
---1----
ZIVILRECHTS PFLEGE
ADMINISTRATION DE LA JUSTICE CIVILE
., I
A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster
Zivilgerichtsinstanz.
Arrets rendus par le Tribunal
federal comme
instance
de recours en matiere civile.
(Art. 55, 56 ff.,86 ff., 89 ff., 95 11". OG.)
:1. Zivilstand und Ehe. -Etat eivil et mariage.
51. Arret du 15 septembre 1909, dans la cause
Veggia.-IIumbert, dem. et rec., contre Veggia., der. et int.
Convention internationale, conclue a la Raye le 12 juin 1902,
en matiere de divorce et de separation de corps, art. 5
et2. La demande en divorce de ressortissants floanQais peut
tre formee en Suisse d'apres l'art. 5 chiff. 2. La Tribunal fe-
deral est competent de connattre aussi du droit national des
epoux etrangers, applicable, conformement a rart. 2, en combi-
naison avec le droit federaI. -Causes de divorce des art. 46
lit. b (injures graves) ou 47 LP sur le mariage et de l'art.231
CO floanQais? Constatations de fait Hant le Tribunal federal:
art. 810JF.
Joseph-Leon Veggia, de Taninges (Haute-Savoie), ne le
20 avril 1875, ferblantier, et Clotilde-Louise Humbert, des
Eaux-Vives,
nee le 7 mai 1881, tous deux a Geneve,ont ete
unis
par le mariage aux Eaux-Vives, Je 30 septembre 1905.
AS 35 I! -1909