204 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.
IV. Gerichtsstand des Wohnortes.
For du domicile.
37. Arret du 18 mai 1899,
dans
la cause Vannod contre Caillat.
Sequestre, art. 279 LP.; un recours de droit public peut etre
porte directement devant 1e Trib. fM. contre des ordonnances
de sequestre
pretendues contraires a rart.59 const. fed. -An-
tinomie entre rart. 271 LP. et rart. 59 const. fM. ?
Jules Vannod, pecheur a Buchillon (Vaud) devait a veuve
CailIat, boulangere
a Allaman (Vaud) 456 fr. 49 pour livraison
de pain;
Vannod a reconnu cette dette par acte du 9 fMrier
1899, et il a donne le meme jour a la creanciere en paiement
une
delegation, jusqu'a concurrence des 456 fr. 49 ci-dessus"
sur un sieur Zanetta, marchand de comestibles a Geneve, qui
etait lui-meme debiteur de Vannod pour prix de poisson
fourni par
ce dernier.
Le
10 fevrier, lorsque le frere de veuve Caillat se presenta
chez Zanetta, pour encaisser la
somme convenue, celui-ci se
refusa a payer, attendu qu'il avait rel.(u le meme jour de Van-
nod une depeche ainsi conl.(ue: Ne livrez pas argent a bil-
let
presente.
Outree de cette maniere de proceder de Vannod, veuve
Caillat requit du President du Tribunal de Geneve une or-
donnance de sequestre de la creanee de Vannod contre Za-
netta, et ce sequestre fut autorise le 11 fevrier, en vertu de
l'art. 271
chiffre 2 de la LP. Le sequestre fut notifie directe-
ment au debiteur Vannod a son domicile a Buchillon par l'of-
fice de Geneve.
Les 18 et 27 fevrier 1899, deux commandements de
payee
(N°s 56 315 et 57059) ont ete notifies au meme Vannod, ega-
lement par la poste, par l'office des poursuites de Geneve,
ensuite du sequestre ci-dessus.
IV. Gerichtsstand des Wohnortes. No 37.
Vannod a fait opposition, contestant soit le cas de se-
questre, soit le chiffre de la creance, opposant a cnlIe- i la
,compensation pour une
somme de 300 fr. 90 pour VlU livre
par lui, et estimant des lors ne devoir a la sequestrante que
155 fr. 59. Vannod ayant demande l'annulation du sequestre
le 21 fevrier 1899, veuve Caillat a, par exploit du 2 mars
suivant, fait assigner Vannod
a comparaitre le 20 dit devant
1e Tribunal de premiere instance du canton de Geneve, pour
entendre prononeer
Ja mainlevee de son opposition au com-
mandement de payer N° 56 315 et la eondamnation a payer a.
la requerante la somme de 300 fr. 90, partie contes tee du
compte litigieux.
Le 14 mars 1899, Vannod a interjete
au Tribunal de ceans
un reeours de droit public base sur l'art. 59 de la Constitu-
tion federale, et concluant a ce qu'il lui plaise prononcer la
nullite a) de l'ordonnance de sequestre du 11 fevrier 1899 ;
b) des deux commandements de payer; c) de la citation du
2 mars 1899.
A l'appui de son reeours, Vannod fait valoir, en substance,
les motifs ci-apres:
Le recourant est domicilie dans le canton
de Vaud, a Bu-
"Chillon, district de Morges, et il est solvable. TI se met au M-
nefice
de l'art. 59 de la Constitution federale, qui dispose que
1e debiteur solvable domieilie en Suisse, doit etre recherche,
pour reclamations p'ersonnelles, devant le juge de son domi-
'Cile et que ses biens ne peuvent etre saisis ou sequestres
'hors
de son canton. Or veuve Caillat a viole doublement ces
llispositions constitutionnelles: 1
En faisant poursuivre son
debiteur par l'office des poursuites
de Geneve et en lui ou-
vrant action devant un tribunal genevois ; 2° En sequestrant
-des biens qu'il possede hors de son canton, a savoir une va-
leur en mains d'un debiteur habitant Geneve. Le benefice de
;Ja garantie de l'art. 59 peut etre revendique contre toute or-
-donnanee de sequestre et en tout etat de cause, des qu'une
decision contraire d'une auto rite judiciaire cantonale est lll-
tervenue, et sans que le defendeur soit tenu d'epuiser tous
les degres de juridietion.
206 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.
Dans sa reponse, veuve Caillat conclut a ce qu'il plaise aa
Tribunal federal dire qu'il y a lieu de Iaisser trancher par 16"
Tribunal de Geneve Ia question du cas de sequestre, et da
declarer le recours de Vannod non recevable.
Statuant sur ces aits et considerant en droit :
En ce qui concerne la competence du Tribunal federal en
l'espece :
- -L'art. 59 de Ia Constitution federale dispose entre
autres que
pour reclamations personnelles, le debiteur sol-
vable ayant domicile en Suisse doit etre recherche devant le
juge de
son domicile, et que ses biens ne peuvent en conse-
quence etre saisis ou sequestres hors du canton ou il est do-
micilie, en vertu de reclamations personnelles.
Comme r on se trouve dans Ie cas actuel en presence d'une
reclamation personnelle,
et que le sieur Vannod est incontes--
tablement domicilie dans e canton de Vaud, le sequestre
pratique contre lui
a Geneve lierait nul aux termes de la dis-
position constitutionneHe plus haut reproduite a supposer
que Vannod soit en outre solvable dans le sens du meme ar-
ticle.
L'opposante
au recours excipe, de son cote, de la disposi-
tion de Fart. 271, 2° LP. statuant que le creancier peut re-
querir
le sequestre des biens du debiteur Iorsque ce dernier,
dans l'intention de se soustraire
a ses engagements, cele ses
biens, s'enfuit
ou prepare sa fuite. Elle estime d'ailleurs qu'un
recours au Tribunal
federal contre l'ordonnance de sequestre
rendue
a Geneve n'est pas possible en l'etat, en presence de
l'art.
279 al. 1 LP., lequel dispose d'une manie re generale
que l'ordonnance de sequestre n'est pas susceptible de re-
cours,
et que des 10rs le recours actuel est atout le moins
premature, jusqu'a ce que l'autorite genevoise competente ait
statue sur Ia validite du dit sequestre (meme art. al. 2).
Cette exception ne saurait toutefois etre accueillie, attendu
d'une part que I'art.
279 LP. precite ne vise pas et ne peut
pas viser
un recours de droit public exerce ensuite de viola ..
tion pretendue d'un droit constitutionneI, notamment de Ia
garantie contenue a l'art. 59 de Ia Constitution federale, et,.
IV. Gerichtsstand des Wohnortes. N° 37.
d'autre part, que le Tribunal de ceans a toujours recounu
qu'uU recours de droit public pouvait etre porte directement
devant
lui contre des ordonnances de sequestre pretendues
contraires
a l'art. 59 precite, tandis que les recours portant-
uniquement sur une pretendue violation des dispositions de
Ja LP. ont ete declares irrecevables par ce Tribunal. (Voir-
rapport de gestion du Tribunal federal pour l'annee 1892,
page 15 du texte original aIlemand.)
- -Au fond, on pourrait se demander si Ia disposition'
precitee -de l'art. 271 LP. ne se trouve pas en contradiction
avec l'art. 59 CF., lequel n'autorise le sequestre, dans un
autre canton que celui
du domicile du debiteur, qu'en cas
d'insolvabilite de
ce dernier, tandis que l'art. 271 LP. l'auto--
rise, entre autres, Iorsque 1e debiteur, dans l'intention de se
soustraire
a ses engagements, cele ses biens, s'enfuit ou pre-
pa re sa fuite. On ne saurait admettre toutefois que l'antino-
mie signalee entre ces deux articles existe en realite, puisqu'il
est evident
que Ie debiteur qui se trouve dans le cas vise par-
l'art. 271 chiffre 2 LP. ne peut pas pretendre au benefice de-
Ia garantie de l'art. 59 susvise.
- -TI n'est en tout cas pas soutenable que, dans l'espece
actuelle, le recourant Vannod se trouve dans la situation
in--
diquee au predit art. 271, 2°. TI est, en effet, incontestable-
ment domicilie dans le canton de
Vaud, ou il exerce une in-
dustrie;
Ia partie opposante au recours n'allegue pas .meme
qu'il cherche a se soustraire par la fuite a une poursmte, ou
a l'execution de ses obligations, et il n'est d'autre part nulle-
ment etabli
que le sieur Vannod ait aliene ou diminue ses
biens dans le
meme but. Au surplus la delegation, soit ces-
sion, consentie dans l'origine en faveur de veuve Caillat par
Vannod sur Ia somme due a ce dernier par Ie sieur Zanetta,
,
a ete contes tee en partie plus tard par le recourant, lequel a
invoque de ce chef la compensation. Il s'agissait done, en
bonne partie
au moins, de droUs litigieux entre les parties,
et dans une semblable situation, il ne pouvait etre valable--
mnnt procede aux poursuites en question contre ce debiteur-
a Geneve en faisant abstraction de son domicile dans le can--
,
208 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.
ton de Vaud, et de Ia garantie de Fart. 59 CF. Les conelu-
.sions du recours doivent des lors etre aecueillies.
Par ees motifs,
Le Tribunal federal
prononce:
Le recours est admis
et Ies aetes de poursuite diriges
-contre Jules Vannod dans le canton de Geneve, a savoir: a)
l'ordonnance de sequestre du 11 fevrier 1899; b) Ies comman-
dements de payer des 18
et 27 du meme mois, et c) Ia cita-
.tion du 2 mars suivant, sont declares nuls et de nul effet.
V. Staatsrechtliche Streitigkeiten
:zwischen Kantonen. -Differents de droit public
entre cantons.
38. Urteil bom 1. 3uni 1899 in ad en
Drtnürget'gemeinbe taffd6ad unb stanton m:argau
gegen
Drt 6ürgergemeinbe ratten.
Art. 11 und 13 Civilstandsgesetz, Beweiskraft dm' Auszuge
aus den Civilstandsregiste'rn eines fremden Staates, in casu
speziell F1'ankreichs. -Reglement (ur die schweizerischen
Konsularbeamten, vom 26. Mai 1875, Art. 27 ff.
A. ID?:i! stfageinga6e bOm ID?:ai 1898 ftelIten ber emeinberat
'Mn taffe16ad) il(:amen ber bortigeu Drt 6ürgergemeinl)e unb
ber !Regierungnt'(.tt be stantoui3 m:argau il(:amen be6 stanton6
'unter erufung auf m:rt. 49 be6 munbe6gefene üBer bie Drga
ntfation ber unbe6red t6Vflege bor bem unbe5gerid t ba6 e:::
genren: "SDie emeinbe ratten iften, stanton6 ?lliaffi6, fei
berllflid tet, bcu am 17. ID?:ai 1881 );lOIt ber stnerefta S)einaen
Mn atten iften au anne in 1"Yranfreid geoorenen stnaBen
stad ID?:ariu !Rubolf S)unaiter recte S)einacu aI6 in ratten
iften eimCttBerecf)tigt anauerfellnen./1 SDa megenren u urbe
v. Staatsrechtliche Streitigkeiten zwischen Kantonen. N° 38.
oIgenbermaflen Begrünbet: m:m 17. ID?:ai 1881 C be eine stnerefia
j)ein3en, aU6 mratten, stanton6 ?lliaffinf au anne6, 1"Yranfreid ,
incu Stnaoen geboren, ber al ber eneUd e 609n be6 haiel ft
wonnenben Jtutfd er6 !RlIbolf S)unaifer unh her erefia S)ein3cu
tuf ben il(:amen stad W(ariu6 :Jtubolf in ba bortige eburt6
regifter eingetragen worben fei. :ver aU6 taffeIBad gebürtige
!Ruholf S)un3iter aBe aoer im :3anre 1881 ht gefei1Hd er e
'mit her erft im :31lnre 1894 i,)erftorBenen ouife geb. lJ:orba3
bon ID?:ont bei 2aufanne gelebt. SDer bon ber stnmfta S)eilt3en
geborene stnaBe star! ID?:ariu6 !Rubolf fönne be6 aI6 nid t al
lleffen enefid e6 stint'! 6etrad tet werhen, (lUd) menu berfeIBe üBer
ijau:pt, ma6 6ef ritten merbe, bon inm abftamme, unb 3u ar u eber
!tad m:argauer, nod) nad ?lliaIrifer !Red)t. SDie eBurtneintragung
'bOn fanne6 fei bemnad eine irrige, ma6 burd rnebungen be
munbe6rate6 erftelIt fet. 6 l1mbe f:pe3ieU bermiefen auf einen
erid t be6 lJ:ibHftanb6amte 2ötfd en an ba6 eibgenöfftfd e :3ufti3
-unb on3eibe:partement mit eilagen, ben straufd)ein be !Rubolf
,S)un3ifer mit bel' 20uife orba3, ben stotenfd ein ber 20uife
,( ;orBao, hen stotenfd ein bcr un ,lerneiratet geBHe6enen stnmfia
S)einöen, ben ürgerfd ein be6 !Rubolf S)unaifer unb ben (irrigen)
eBurt6fcl ein be .!tar( ID?:llrht6 !Rubolf S)un3ifer (recte S)einöen).
' enterer fci banacf) ürger bon i(ttten unh al fold)er bon
er bortigen emeinbe an3uerfeunen unb in inr ür9megifter
inautragen.
B. SDic emeinbe (atten gaB in ber m:ntwort 3u, bau eine
:geltliffe stnerefta inaun ober S)eiu3cn bie ID?:utter be am 17. ID?:ai
1881 in anne6 geBorenen stnaBen stad ID?:arill !RlIbolf S)lIn;
alter fci unh baa biefer, ba bel' a )Bater eingetragene Dtuboff
.S)unaifer hamal i,)erneiratet u ar, bem ürgemd t ber ID?:utfer
folgen müHe. m:Uein e u erbe Beftritten, bafl bie stnerena in3uu
tler S)einaen bon Iatten fei. n ber Bemeinbe ratten unb
übernau:pt im 2ötfd entnar fomme bel' llCame in3un -ltlie e
auf !:lem Be6urt6jd ein be stad ID?:ariu6 !Rubolf eiue, -
tomie aud) bel' il(:ame S)ein3en, -u ie er auf bem m:u 3ug aU6
bem stotenregifter );lon fanne6 taute, -nicf)t ,lor. tn anuHd
:Wngenber l)1ante eifle immer nur S)euaen. SDie ergeue fid au
, u ei rflürungen be6 ii,)ilftanMamte StiV:Pd bOnt 24. 6ell:::
xxv, L -1899