Civilreehtspflege.
37. UrteH l,)om 11. Ilnai 1898
in 6aef)en !Baumgartner !Bürfi gegen erfnaef).
ATI. 59 Org.-Ges.
Streitwert bei einer Nachklage CUtS dem FabrikhaftpfTichtgesetz.
?IDegen eine am 2. Illnril 1896 im :Dtenjte erlittenen UnoO
falle fragte ber aI a9rlneef)t bei :Droief)ten9aHer erfnetef) in
!Betf er etngeftelIte S)eiltttef) !Betumgetrttter !Bürfi gegen feinen :Dienft:
gerrn eine S)aft:pfUef)tenfef)iioigung l,)on 4800 1Jr. ein, bie i9m
laut reef)tßfriifttgem Urtei! l,)om 12. ,3anuar 1897 in einem !B
trage l,)on 2983 r. neoft ßinfen gutgefnroef)en lnurbe. em
stläger lnurbe ü'6erb1e baß 1Jteef)t ber aef)f age tür ein a9r
l,)orbe9a(ten. Illm 11. ,3anuar 1898 maef)te !Baumgartner einc
iJnaef)forberung l,)on 1800 U:r., nebff ßinß au 5 % fett bem agc
'Der stlage, gerief)tlief) geltenb. :ner !Beflagte anerfannte einen !Be:
trag l,)on 271 1Jr. a .!Baß (er il,)ilgerief)t unb auf Ill:pnellettion
beß stlägerß 9in auef) betß peffationßgerief)t lniefen bfe sttage
etO, fo ueit fie ben anerrannten !Betrag l,)on 271 1Jr. üBerftieg. egen
baß apnelIationngertef)tltef)e UrteH l,)om 25. Illpri! 1898 9at ber
stIliger bie .!Berufung an ba .!Bunbengerief)t erflärt mit ben rn:
trägen, e fei, in lllufl)e6ung benfeloen, unb unter !BeaugnCtl)me
auf baß Urteil )om 12. ,januar 1897, bem !Berufungi3Wiger bie
elngeffagte reftanöHef)e ntief)äbigungi3forberung l,)on 1800 1Jr-
3u3ufpreef)en; el,)entuelI, ei3 fei 19m auf3er ben anerootenen 271 r.
auef) eine angemeffene ntfef)Cibigung für bie buref) ba erfte Cir3t:
lief)e utacf)ten i)om 9. e3ember 1896 fonftatierte totale Illr
beiti3unfli9igfeit 3u3ufprecf)en, unter stojtcnfolge.
:nai3 .!Bunbei3gerief)t a1el)t i n r ln Ci gun 9 :
i3 l)anbert fief) tlorIiegenb um einen '1tni:pruef) für fo!ef)e ol:
gen be l,)om StIiiger erHttenen UnfalIei3, bie bei ber l!(ui3fälIung
bei3 UrteH über ben urfprungficl) er90lienen S)aftnf!tef)tanl:prucf)
noef) nief)t fejtgeftelIt werben fonnten, unb 3lnetr '.lirb berfeIbe
milterft oefonberer st(age in einem bejonbern merfal)ren gdtenb
gemacf)t. 'ffiol)! bHbet ba , wa l)eute geforbert wirb, materiell
einen 'tei! bel' ntjef)libigung, etuf bie ber stfiiger tnto ge be
I. Organisation der Bundesrechtspflege. N° 37.
UnfalIi3 '1tnfntuef) l)at; Qllein proaeffualifef) ftelIt ftef) bie U:o
rbe
"
tung bocl) a i3 ein fe16ftlinbiger nf:pruef) bar, beffen eltettb:
lltaef)ung nur infofern )on ber debigung bei3 frül)er erl)obenen
m:nf:pruef)i3 aBl)iingig tft, a(i3 bie aef)fIage tm UrteH über rentern
oroel)aHen fein mUß, anionft eine folef)e u6erl)aunt nief)t mel)r
trl)ooen lnerben fann. ,Jm übrigen ftelIt fief) ber neue nfprucl)
tl ein befottberer, felbftlinbiger bat, unb er ift namentncl) a
fo(ef)er au oel)anbefn l)infief)tlief) ber r03effuanief)en mot'(tu fenun:
gen unb ber u:orm oer eftenbmacf)ung, roie auef) l)infief)tltef) bel'
WCöglief)feit einer ?IDeiteraiel)ung bei3 barüber ergangenen Uden
an ba !Bunoei3gericl)t. :Danaef) tann benn bei ber llSriifung ber
rage, 00 ber öur !Begrunbung bel' stomtleten3 bei3 !Bunbei3gerid)t
erforberlicl)e 6treitlnert l,)orl)anben fei, ntef)t auf bai3 Urteil über
ben urfpriinflHcl)en nfpruef) 3urücfgegangen, fonbern e mUf3 auf
bai3 qsetttum ber aef)fIage nIi3 folef)er, bealn. auf bie in st(age
unb ntl1,)ort entl)altenen .!Begel)rcn aBgeftelIt lnerben. :Da nun
1)tenaef) ber 0treitlnert ben !Betrag )on 2000 r. uief)t meief)t,
fo ift ba !Bunbei3gerief)t aUt !Beurteilung be I!(njpruef)ei3 nief)t
fompetent (I!(rt. 59 D.: .).
:nelltnacf) 1)at ba !Bunbengertef)t
etfannt:
Illuf bie erufung bei3 stliigeri3 rotrb lnegen nfom:peten3 ntef)t
clngetreten.
38. Arn'lt du 18 mai 1898, dans la cause Jolissaint
contre .Vonnin.
Art. 67 al. 2 loi fed. org. jud.; forme du recours en reforme. -
Applicabilite des lois sur la responsabilite civile des fabri-
cants?
En septembre 1894, Oh. Jolissaint, menuisier a Porrentruy,
etait occupe avec d'autres ouvriers a reparer la roue hydrau-
lique de l'usine
que J.-B. Monnin, fabricant d'horlogerie a
POITentruy, exploite sous le nom de Scierie hydraulique et
a vapeur du Voyebceuf. Il pretend qu'a cette occasion il
Civilrechtspflege.
fut victime (l'un accident ensuite duqnel le medecin constata
des fractures de cötes et des contusions
au cöte gauche;
depuis lors Jolissaint serait
reste souffrant et ne pourrait
vaquer
ä ses occupations. C'est pourquoi, il a assigne J.-B.
Monnin devant le Tribunal de Porrentruy et conclu a ce que
celui-ci
fut condamne a lui payer:
a) une somme en capital de 10000 francs a titre d'indem-
nite pour le prejudice Tesultant de l'accident survenu le
27 septembre 1894;
b) les internts de cette somme au 5 % des la demande
en justice;
c) les frais de medecin et de pharmacien par 150 francs.
A teneur de la citation, l'action intentee
par Jolissaint etait
basee
sur les lois federales concernant Ia responsabilite des
fabricants, des
25 juin 1881 et 26 avril 1887, et eventueIle-
ment sur les art.
50 et suiv. CO. Le demandeur reclamait
en outre le
benefice des dispositions de Ia 10i bernoise du
6 juillet 1890, d'apres Iaquelle les contestations en maWnre
de responsabilite civile des fabricants doivent etre instruites
par la voie de la procedure sommaire, suivant les prescrip-
tions des art. 283
a 295 Cpc. bernois.
Apres Ia signification de sa citation, le demandeur a pro-
voque une decision du Conseil federal sur Ia question de
savoir
si l'usine du defendeur devait figurer sur la liste des
etablissements soumis
a la loi sur Ia responsabilite des fabri-
cants. Le
Conseil federal fit proceder a une enquete, a la
suite de laquelle il decida, le 29 mai 1896,
qu'a l'epoque de
l'accident la scierie de
Monnin n'etait pas soumise aux lois
federalfls sur les fabricants et Ia responsabilite civile.
Par decision du Tribunal du district de Porrentruy du
20 juin 1896, maintenue par la Cour d'appel et de cassation,
J olissaint a
etß renvoye a suivre les formes de la procedure
ordinaire pour sa reclamation eventuelle
basee sur les art.
50 et suiv. CO.
A l'audience du 9 mars 1897, le defendeur a conclu a la
non entree en matiere sur les concIusions de la demande teIles
qu'elles etaient
formuIees.
I. Organisation der Bundesrechtspflege. N° 38.
Dans son ordonnance sur les preuves, le Tribunal de Por-
rentruy a decide qu'un certain nombre de faits allegues par
1e demandeur ne seraient pas admis ä. la preuve.
Par jugement du 7 septembre 1897, le tribunal a ensuite
admis les concIusions du
defendeur en non entree en matiere
et repousse celles du demandeur en tant que basees sur les
lois
federales concernant la responsabilite civile des fabri-
cants ;
il a en outre condamne le demandeur aux frais.
Ensuite d'appel, la
Cour d'appel et de cassation, par arrnt
du 18 fevrier 1898, a admis la preuve du fait 20; rejete pour
le surplus les eonclusions du demandeur en modification
de
l' ordonnance sur preuves;
deboute Ie defendeur de ses conclusions en non entree en
matiere;
deboute Ch. Jolissaint des fins de sa demande et mis les
frais
a sa charge.
Cet arret est motive comme suit en ce qui eoneerne les
eonclusions en non entree en matiere et le fond:
La premiere eondition d'admissibilite de
Ia presente
demande est que le
defendeur soit soumis, comme chef de
l'Usine
du Voyebreuf, aux dispositions des 10is federales sur
Ia responsabilite civile des fabricants. Cette question touche
au fond meme du proees, soit ä. la legitimation passive de Ia
partie
defenderesse. Elle ne saurait done donner lieu ades
conclusions de non entree en matiere. Or les dispositions sur
la responsabilite civile ne sont applicables qu'aux
etablisse-
ments qui figurent sur la liste des fabriques ou qui, suivant
decision
du Conseil federal, auraient dlt etre portes sur cette
liste. Jolissaint a bien
allegue que l'usine de Voyebreuf figure
sur
Ia liste des fabriques et il a invoque pour le prouver un
pretendu extrait des archives du Departement
f,:deral du
commeree
et de I'agriculture; mais cet extrait n'a pas ete
produit. Bien plus, J.-B. Monnin a prouve que posterieure-
ment a l'introduction de Ia demande, soit le 29 mai 1896, le
Conseil federaI a decide que I'usine du Voyebreuf n'etait pas
soumise aux
lois federales sur Ia responsabilite des fabrieants.
Cette decision, qui tranche la question d'une maniere defini-
Clvilrechtspflege.
tive, n'a pas ete rapportee. Le dMendeur n'est donc pas legi-
time
passivement au present proces et la demande n' est, des
10rs,
pas justifiee.
Ch. Jolissaint a adresse a la Cour d'appel et de cassation
de Berne une decIaration de recours au Tribunal
federal
ainsi con (ue:
i. Le soussigne Ch. Jolissaint, menuisier a Porrentruy,
declare recourir au Tribunal federal contre le jugement rendu
par la Cour d'appel et de cassation du canton de Berne, le
18 fevrier 1898, dans la cause
liee entre le soussigne et
J.-B. Monnin, fabricant a Porrentruy, en signalant comme
attaques tous et chacun des points decides et notamment la
decision
par laquelle les faits invoques pour etablir que l'usine
du
Voyebreuf est et doit etre inscrite sur la liste des fabriques
et que M. Monnin est soumis ä. la responsabilite civile des
fabricants (lois
federales des 25 juin 1881 et 26 avril 1887)
n'ont pas
ete admis a la preuve. Le soussigne demande en
outre le
Mnefice du pauvre (art. 212 org. judo fed.).
Vu
ces faits et considerant en droit;
- -Aux termes de l'art. 67, al. 2 de l'organisation judi-
ciaire
federale, la declaration de recours en rMorme au Tri-
bunal
federal doit indiquer dans quelle mesure le jugement
cantonal
est attaque et quelles modifications sont demandees.
Or la declaration de recours adressee par Ch. Jolissaint a la
Cour d'appel
et de cassation de Berne signale bien comme
attaques tous
et chacun des points decides par le jugement
de la dite Cour; mais elle n'indique nullement quelles modi-
fications de ce jugement sont demandees.
On peut, il est vrai,
presumer que puisque le recourant
declare attaquer le dit
jugement sur tous les points, il entend aussi reprendre devant
le Tribunal
federal toutes les conclusions qu'il a formulees
devant les instances cantonales. Mais cela ne suffit pas. L'art.
67, al. 2 exige que les conclusions sur lesquelles le Tribunal
federal doit statuer soient indiquees d'une maniereprecise
dans la declaration de recours, de teIle sorte que ni le Tribunal,
ni la partie adverse,
a laquelle le recours doit etre commu-
nique (art. 68), ne puissent etre dans le doute au sujet des
L Organisation der Bundesrechtspllege. N° 38.
modifications du jugement qui sont demandees. (Voir arrets,
Rec. off. XX, page 394; XXI, page 423.) La declaration de
recours de
Ch. Jolissaint ne repond des 10rs pas aux condi-
tions exigees par l'art. 67, al. 2 precite et le recours est en
,consequence irrecevable.
- -D'ailleurs
il n'est pas douteux que si le Tribunal
federal pouvait entrer en matiere sur le fond, il devrait con-
firmer le jugement attaque. L'action sur laquelle il a ete sta-
tue par ce jugement est en effet uniquement basee sur les
dispositions des lois federales sur la re8ponsabilite civile des
fabricants.
01', ainsi que le dit la Cour d'appel de Berne, la
premiere condition d'admissibilite de cette action est que le
defendeur soit soumis, comme chef de l'usine du Voyebreuf,
aux dispositions des lois en question. Mais cette condition
fait
dMaut, puisque le Conseil fedeml a decide qu'a la date de
l'accident
alIegue par Jolissaint (27 septembre 1894), l'eta.
blissement du dMendeur n'etait pas soumis aux lois federales
sur les fabricants et la responsabilite civile. Le Conseil fede-
ral prononnant en cette matiere en dernier ressort, confor-
mement a ses competences legales (art. 1 er de la loi du 23
mars 1877 sur le travail dans les fabriques, art. 14 de la loi
de 1881 et art. 10 de celle de 1887 sur la responsabilite des
fabricants), sa decision fait
regle pour les tribunaux. C'est
donc avec raison que la
Cour d'appel de Berne a prononce
que le
defendeur n'est pas tenu de repondre a l'action diri-
gee contre lui en vertu des lois sur la responsabilite des fabri-
eants.
Par ces motifs,
le Tribunal
federal
prononce:
Il n'est pas
entre en matiere sur le recours pour cause
d'irrecevabilite.
XXIV, 2. -1898