C. Civilrechtspflege.
meno nessun caso contrario, quantunque fatti di simile natura
si siano presentati pin volte in seguito aIle frequenti riforme
eostituzionali di quest' ultimi anni. E il motivo si e, che se-
condo l' opinione generale si presume ehe Ie cariche pubbliehe
vengano conferite colla riserva sottintesa, che esse non
ab-
biano a durare per tutto i1 tempo st3 bilito dalle leggi, che
qualora durante questo periodo
di tempo non avvenga una
riorganizzazione delle autorita dello
Stato mediante riforma
costituzionale.
Ora, dato questo principio, un diritto al paga-
mento dell' onorario per il tempo che rimarrebbe ancora a
deeorrere dopo cessata la carica, non esisterebbere neppure
se
il rapporto fra 10 Stato ed i suoi funzionari fosse da ri
guardarsi
come di diritto privato.
2. Non vi e dubbio ehe nel caso concreto si tratti di pub-
blid
funzionari. Le funzioni aIle quali attendevano gli attori
erano
funzioni giudiziarie, e come tali form anti parte dei po-
teri pubblici dello Stato. E cio che del resto non hanno con-
testato neppure gli attori. Invece essi hanno sostenuto nella
101'0 esposizione di causa che illoro licenziamento e stato ref-
fetto della legge 2 dicembre 1892. Pero a torto. L'art. 1 delle
disposizioni transitorie della riforma costituzionale 2 luglio
1892 prescrive :
Le funzioni dei membri del Consiglio di
Stato, del Tribunale di appelIo, della Camera di accusa e
dei TrilmnaJi di prima istanza, eletti 0 da eleggersi in con-
formita delle disposizioni costituzionali e legislative vigenti
prima dell' entrata in vigore della presente riforma costitu-
zionale, continuano sino alla rinnovazione integrale delle
autorita suddette, da farsi a norma delle disposizioni degli
art. 15, 18, 19, 21 e 22, la quale dovra avvenire nell' epoea
prevista delY art. 32, tosto che saranno state definitivamente
accettate Ie relative Ieggi di esecuzione. La Legge deterrni-
nera il termine da cui deve decorreTe it periodo di scadenza
delle auto rita elette in conformita delle disposizioni della
presente riforma. La legge 2 dicembre 1892 non ha fatto
altro dunque
che di stabilire il termine suddetto; il principio
invece che la rinnovazione delle autorita esistenti e
l' entrata
in carica
deBe nuove dovesse avvenire prima del 1895, ppoca
in cui sarebbero spirate Ie funzioni degli attori, e contenuto
X. Civilstreitigkeiten zwischen Kantonen und Privaten, etc. N° 107. 695
implicitamente gia nella riforma costituzionale. Gli attori stessi
non hanno
pin insistito su quanto essi avevano affermato nella
lorn esposizione, dopo che furono contradetti dallo Stato nel
suo allegato di risposta.
3. I considerandi di cui sopra trovano pertanto la lofO
piena applicazione nel caso presente. II rapporto esistito fra
gli attori e 10 Stato del cantone Tieino e un rapporto di diritto
pubblico, e la rimozione degli attori dall' impiego ha avuto la
sua causa in un decreto di riforma costituzionale. La questione
di sapere, se la rimozione da un impiego mediante legge so-
lamente obblighi 0 non obblighi 10 Stato a risarcimento, non
fa dunque bisogno di essere risolta.
Tuttavia
iI giudice partendo da ragioni d' equita, crede giu-
stificato di non mettere a carico degli attori Ie spese ripetibili.
Per questi motivi
It Tribunale federale pronuncia :
L' azione d' indennizzo inoltrata dai signori Dre in legge
Gerolamo Riva e avvocato Giuseppe Albrizzi
e respinta.
108. Arret du 5 Juillet 1894 dans la cause
Zimmermann contre Vattd.
Le mouvement anarchiste d'Avril 1892 s'est egalement
manifeste
a Lausanne, on l'on avait signaIe la presence de
plusieurs anarchistes etrangers ; des ecrits seditieux y furent
decouverts,
et notamment Ie prefet de ce district reQut une
lettre,
datee du 12 Avril 1892, signee Antoine Zimmermann,
bottier, Halle
33, et mon camarade Neeser, bottier, Petit-
SainWean.
:I Cette lettre est de la teneur suivante :
N ous avons decide de vous faire passer a la dynamite
pour Ie 1 er mai, pour vous apprendre a expulser des com-
pagnons commp, Germani. Attention a vous et a votre com-
mandant de gendarmes.
Le 27 Avril, Ie me me fonctionnaire reQut une nouvelle
lettre, sans signature, portant uniquement en grosses lettres
C. Civilrechtspllege.
ce mot Demain. Les rapports de la police paraissaient
etablir que Zimmermann
etait anarchiste.
Ces faits furent communiques, entre autres par office du
28 du meme mois, au Conseil federal, en sa qualite de surveil-
lant superieur de la police des etrangers sur Ie territoire de
la
Confederation. (Constitution federaIe, art. 102, chiffres go
et 10
.)
Par teIegramme du 29 Avril, Ie procureur-general de la
Confederation intima au departement de Justice et Police du
canton de Vaud l'ordre
d'arreter Mari et Cazenave, ainsi
que to us autres individus suspects de menees anarchistes
dangereuses, de proceder a des perquisitions dans leur
domicile, de saisir leurs correspondances it la poste, en ge-
neral de faire une enquete, dont vous voudrez bien nous
communiqueI' les resultats sans retard.
Le juge d'instruction cantonal avait cm toutefois devoir se
declarer incompetent
pour executer les mesures requises.
Par teIegramme du meme jour, Ie procureur-general de la
Confederation repondit qu' il ne s'agit pas pour Ie moment
d'une enquete judiciaire; que les rapports du departement
de Justice et Police du canton de Vaud etablissant des
soupgons suffisamment motives contre les anarchistes etran-
gel's, il incombe a Ia police de se procurer les preuves ne-
cessaires pour procedercontre eux par voie administrative
ou judiciaire. L'arrestation devra done et1'e executee et
l'enquete provisoire faite par les autorites de police.
Par lettre adressee sous la meme date au prefet du district
de Lausanne, Ie departement vaudois de Justice
et Police in-
vite ce fonctionnaire it lui faire connaitre kt nationalite, la
filiation
et la profession du nomme Zimmermann, Antoine,
mentionne dans son rapport
du 26 Avril 1892.
Par office du 29 Avril, Ie departement vaudois, en trans-
mettant au prefet les deux teIegrammes du procureur general
susmentionnes, Ie charge de pourvoir, sans delai, au necessaire
et de lui adresser un prompt rapport sur l' execution.
Le lendemain, 30 Avril, Zimmermann fut arrete a 6 heures
du matin
it son domicile, rue de l'Halle, conduit d'abord au
bureau de police, puis
transfere aux prisons de l'Eveche.
X. Civilstreiligkeiten zwischen Kantonen und Privaten, etc. N° 108. 697
Une perquisition domiciliaire fut faite dans Ie courant de
l'apres-midi dans l'appartement de
Zimmermann par Ie juge
d'instruction.
Peu apres l'inculpe fut interroge par Ie prefet
et il en resulta que les soupgons formes contre lui n'etaient
pas fondes.
Le
30 Avril, a 7 1/2 heures du soil', Zimmermann fut mis en
liberte.
Zimmermann,
age aujourd'hui de 29 ans environ, est origi-
naire de Miltenberg, royaume de Baviere ; il est cordonuier
de son etat et son etablissement a Lausanne date de 1889 ; il
s'y est marie avec une Bernoise et deux enfants sont issus de
cette union.
Par exploit du 11 Mai 1892, Zimmermann a cite l'Etat de
Vaud en conciliation, sur l'action qu'il lui intente pour faire
prononcer
it ses depens que Ie dit Etat est son debiteur et
doit lui faire paiement de la somme de 3001 francs avec in-
terMs
au 5 % des la dite date, a titre de dommages-interets.
A l'audience du juge de paix du 20 Mai, l'Etat de Vaud a
declare
ce qui suit:
Les autorites vaudoises de police n' ont agi que sur direc-
tions des
autorites federales competentes. Elles n'ont commis
aucune faute dans l'execution des ordres
regus et aucun dom-
mage n'a ete cause a Zimmermann, dont les agissements jus-
tifient amplement une arrestation preventive. Toutefois,
et
dans Ie but unique d'eviter un proces, l'Etat de Vaud offre a
Zimmermann 10 francs et les frais faits a ce jour, pour la
journee de detention qu'il a subie. Si cette offre n'est pas
acceptee
au cours de la presente audience, elle est d'ores et
deja retiree.
20 Si Ie proces doit suivre son cours, l'Etat de Vaud, invo-
quant l'art. 27 4
de la loi du 27 Juin 1874 sur l'organisa-
tion judiciaire federale, requiert que Ie Tribunal federal soit
nanti de la cause
a l'exc1usion des tribunaux vaudois.
Le demandeur a repousse l'oft're de
l'Etat de Vaud.
Sous date du 7 Avril 1893, Zimmermann a depose au Tri-
bunal federal une demande concluant a ce qu'il soit prononce
avec
depens que l'Etat de Vaud est son debiteur et doit lui
faire prompt paiement
de la somme de 3000 francs, avec in-
C. Civilrechtspilege.
terets au 5 % des Ie 13 Mai 1892. En meme temps Ie deman-
deur requiert d'
etre mis au benefice du pauvre.
Cette demande se fonde, en fait et en resume, sur Ies alIe-
gues ci-apres
:
Le samedi
30 Avril 1892, a 6 heures du matin, alors que
Zimmermann etait encore au lit, deux agents de police sont
venus frapper
a sa porte; iIs Ie sommerent de les suivre chez
Ie pretet de Lausanne, mais au lieu de l'y conduire ils l'em-
menerent
anx prisons de I'EvecM. II n'a ete signifie a Zim-
mermann aucun mandat d'amener, de depot ou autre, et aucun
mandat pareil ne lui a ete remis (C. p. p. vaudois, art. 31-
37). A cet
egaI'd Ie demandeur fait etat de Fart. 4 de la cons-
titution cantonale,
aUK termes duquel nul ne peut etre pour-
suivi ou arrete que dans les cas determines par la Ioi et selon
les formes qu'elle prescrit, et des dispositions
du C. p. p.,
obligeant les agents de la force publique,
a part les cas de
flagrant delit, a etre porteurs d'un maudat et a I'emettre ce
mandat
a la personne qu'ils arretent. Le demandeur invoque,
en outre, les art. 34, 35, 44 et suivants, entre autres 47, 66
et suivants,
116 et suivants, 166 a 202, plus specialement les
art. 189
et suivants et 198 du C. p. p. precite. L'arrestation
de Zimmermann est iIIegale; il a ete conduit a l'Eveche entre
deux agents de police et
il a traverse ainsi plusieurs rues et
places,
un jour de marche. Ce n'est que dans Ie courant de
1'apres-midi que Ie juge informateur est venu v:isiter Ie de-
mandenr et lui a fait connaitre qu'il etait arrete comme anar-
chiste. La lettre adressee au pretet de Lausanne, et signee
Zimmermann et N eeser, est l' ffiuvre d'nn faussaire. Le deman-
deur n'a jamais
ete anarchiste ; au contraire iI a fait pendant
longtemps partie
du Katholischer Gesellenverein. Son ar-
restation lui a cause un grave prejudice, moral et pecuniaire ;
elle a fait l'objet d'interpellations et
de debats au Grand Con-
seil du canton de Vaud et aux Chambres federales. Le chef
du departement de Justice et Police de Vaud a reconnu lui-
meme qu'aucun mandat d'arret n'a ete notifie a Zimmermann;
que
Ie personnel charge de l'arrestation n'avait pas l'habitude
de teIles operations
et que bien que chacun des agents fut
X. Civilstreitigkeiten zwischen Kantonen und Privaten, etc. N 108. 699
porteur d'un mandat d'arret, cette piece n'a pas ete commu-
niquee au demandeur.
Ell droit, la demande fait
vaIoir que Ie sieur Zimmermann
a
ete victime d'une arrestation arbitraire, operee dans des
formes autres
que celles prescrites par Ia Ioi. Comme etran-
ger, au benefice de traites qui Ie mettent sur Ie meme pied
que nos nationaux, il a Ie droit d'exiger que les memes for-
malites soient observees a son egard. Cette arrestation revet
son caractere de gravite ensuite de sa pro pre cause; signale
et traite
a tort comme anarchiste, ses chances de gain sont
diminuees, sa clientele a soufIert, par la faute
du preiet de
Lausanne,
qui emploie des subaIternes mal eduques, et par la
faute des agents qui ont
provo que l'arrestation du demandeur
en negligeant les
formalites les plus eIementaires. Ces fautes
engagent la responsabilite de l'Etat de Vaud.
L'Etat
defendeur a cru devoir, tout d'abord, denoncer l'in-
stance
it. la Confederation, qui, par office du 25 Mai 1893, a
toutefois
declare expressement se refuser a prendre part au
proces.
Dans les faits de sa reponse, l'Etat de Vaud conteste
ex
pressement I'illegalite de l'arrestation et il allegue que Zim-
mermann aurait ete signale au pretet comme anarchiste; il
insiste, en outre, sur Ie mouvement anarchiste a Lausanne en
1892, sur les Iettres de menaces susmentionnees et sur. Ies
faits que,
Ie 12 Avril 1892, deux individus suspects s'etalent
presentes a Ia prefecture so us pretexte de demander des ren-
seignements et que Ie 27 du meme mois un anarchiste connu
declarait dans un
cafe de Lausanne que Ie pretet etait menace
de sauter. La reponse mentionne en suite la correspondance
echangee entre Ie procm'eur general de Ia Confederation et Ie
departement de ;Justice et Police vaudois, ainsi que Ia circons-
tance que, dans Ia nuit du 29 au 30 Avril 1892, une explosion
se produisit
a Prilly sous la fenetre de Ia chambre habitee
par la
mere du prMet de Lausanne.
Apres Ie narre de l'arrestation, qui coIncide dans ses lignes
principales avec les
allegues de Ia demande, la reponse ajoute
que
Ie prefet avait procede, alors, immediatement a l'audition
C. Civilrechtspflege.
de Zimmermann, ainsi qu'a cene des temoins; que l'enquete
a reveIe que Ie demandeur avait bien fait partie du groupe
anarchiste, mais qu'il s'en
etait retire pour entrer dans l'eglise
methodiste allemande;
que Zimmermann fut relache Ie jour
meme de son arrestation et que, sur Ie vu de l'enquete, Ie
Conseil federal decida de n'y pas donner suite, ni administra-
tivement, ni par voie judiciaire. L'Etat de Vaud declare enfin
que Ie dossier de l' enquete de police se trouve entre les mains
du procureur-general et que celui-ci n'en autorise pas la pro-
duction.
En droit, Ia reponse de I'Etat de Vaud presente, en subs-
tance, les considerations suivantes:
Le droit applicable est
Ie droit cantonal; par denombreux
arrets Ie Tribunal
fedel'al a prononce que la responsabilite de
l'Etat pour Ie dommage cause par les actes de ses employes,
-en tant que ces actes ne se rattachent pas a l'exercice
d'une industrie,
-est regIee par Ie droit cantonal. L'art. 3
de la
loi vaudoise du 25 Novembre 1863 place l'adion en
responsabilite contre I'Etat sous l'application des art.
et suivants du C. C. vaudois, lesquels ont ete abroges par la
Ioi vaudoise du 31 Aout 1882 et remplaces par les art. 50
et suivants C. O. C'est donc Ie C. O. qui fait regIe dans l'es-
pece,
sinon comme loi federale, tout au moins comme loi can-
tonale. Pour qu'il y ait responsabilite, il faut qu'il y ait une
faute
et un dommage. En premier lieu Zimmermann reproche
it l'Etat de s'etre rendu coupable vis-a.-vis de lui d'une arres-
tation arbitraire et, en second lieu, que les formes dans les-
queUes cette arrestation a ete faite sont illegales. Sur Ie pre-
mier point, ce n'est pas l'Etat de Vaud, ni ses agents qui ont
ordonne l'arrestation de Zimmermann et la visite domiciliaire ;
l'ordre a
ete donne au defeudeur par les autorites federales
competentes. A teneur de la Constitution federale, la police
des
etrangers est placee dans la competence des autorites
federales (art. 70 C. F.) et notamment du Conseil federal
(art. 102, chiffres 9 et 10 ibidem). Le procureur-general de
la
Confederation, institue par La loi du 28 Juin 1889 sur Ie
Ministere public federal, est charge tout specialement de la
police des etrangers ;
c'est ce magistrat qui, dans sa compe-
X. Civilstreitigkeiten zwischen Kantonell lIml Privaten, etc. N°t08. 701
tenee, a ordonne l'arrestation de Zimmermann et la visite
domieiliaire qui a eu lieu chez lui. Le departement de Justice
et Police vaudois ne saurait, des 10rs, encourir aucune res-
ponsabilite, puisqu'il n'a fait qu'exeeuter les ordres de .J'auto-
rite federale.
Si done l'arrestation de Zimmermann etait illi-
cite, -ce qni est eonteste, -Ie demandeur peut attaquer
les
autorites federales, conformement a Ia loi federale du 9
Decembre 1850. La question de savoir si l'arrestation de
Zimmermann
etait arbitraire et non justifiee eoncerne les auto-
rites federaies et, en particulier, Ie procureur-general de Ia
Confederation. Le demandeur ne parait pas d'ailleurs avoir ete
arrete
sans motifs; il frequentait a. Lausanne des anarchistes
et passait pour tel; d'apres Ie dire d'un de ses coreligion-
naires politiques, Zimmermann faisait partie
du groupe anar-
chiste.
Une leUre adressee au prefet de Lausanne Ie 12 Avril
1892, sous la signature de
NeeseI' et Zimmermann, mena(jait
de faire sauter la prefecture. Tous ces faits indiquent que de
justes
soup(jons pesaient sur la conduite de Zimmermann.
Quant
a la question de savoir si Ie departement de Justice et
Police de Vaud et ses subalternes ont commis des fautes dans
l'execution des ordres
donnas par Ie procureur-general de la.
Confederation et se sout rendus coupables d'actes illegau.' , il
faut d'abord preciser les regles de droit qui regissent la ma-
tiere. II s'agit, dans l'espece, (l'un cas renb'ant dans la police
des etrangers telle qu'elle est
prevue a. l'art. 70 de la Consti-
tution federale ; Zimmermann, en effet, est etranger. II s'agit
donc d'un acte de police politique qui
n'a rien affaire avec les
codes penaux
et les codes de procedure penale fedeI'au.' ou
cantonaux. La police des etrangers, pnrement politique, n'a
pas pour but la recherche et la repression d'nn delit; elle ne
vise pas necessairement des actes delietueux au point de vue
de la
loi penale, mais seulement des actes de nature politique,
pouvant compromettre la
surete interieure ou exterieure de la.
Suisse. L'expulsion prevue a. l'art. 70 de la Constitution fede-
rale n'est pas une peine, mais bien une me sure de simple
police politique.
Pour autoriser cette expulsion, il n'est pas.
necessaire que l'etranger se soit rendu coupable d'un delit;
iI s'ensuit que toute cette matiere fait partie de la police ad-
C. Civiirechtspfiege.
ministrative ou politique. L'art. 70 pre cite donne a la Confe-
deration un droit d'expulsion, lequel en implique d'autres,
eomme Ie droit d'enquete et, comme mayens, l'arrestation
provisoire de
l' etranger incrimine et la visite domiciliaire. Le
droit d'arrestation se justifie encore en
vue de s'assurer de la
personne de l'etranger dans
Ie but de son expulsion possible.
L'argnmentation de Zimmermann consistant
a dire que les
regles du Code de procedure penale vaudois n'ont pas ete
observees il'est done nullement justitiee en droit, puisque ce
Code n'est d'aucune application dans l'espece. En tout cas,
puisqu'il s'agit d'un acte de police
federale, Ie C. p. p. fede-
ral serait seul applicable; aux termes des art. 13 et 14 de ce
Code, meme dans Ie cae ou Ia poursuite contre Zimmermann
devrait
etre consideree comme une instruction judiciaire pro-
prement dite, Ie procureur-general de la Confederation avait
Ie droit de prendre des mesures provisoires pour rassembler
les preuves necessaires et pour s'assurer en cas de besoin
de la personne des coupables.
Enfin, en
ce qui touche Ie dommage cause, l' arrestation de
Zimmermann a
dure quelques heures seulement ; Ie dommage
materiel est donc de minime importance et Ie demandeur n'a
pas accepte les
ofi'res suffisantes que l'Etat de Vaud lui faisait
en vue de sa reparation. Le dommage moral est completement
nul.
Dans leur
replique et duplique,les parties reprennent, avec
uelquns nouveaux developpements, leurs conclusions respec-
tives.
Les 12 Mars
et 17 Avril 1894, il fut pro cede, par l'offtce du
Tribunal federal, a l'audition d'un certain nombre de temoins:
les principales de ces depositions sont
connues, en resume,
comme suit:
M. Ie conseiller d'Etat Virieux, chef du departement de
Justice
et Police du canton de Vaud, a declare que les rap-
ports relatifs
aux menees anarchistes etaient consideres par
lui
comme absolument confidentiels et destines uniquement
au procureur-general de la
Confederation. D'apres les rapports
-de police, Zimmermann etait compris dans les suspects. Con-
X. Civilstreitigkeiten zwischen Kantonen und Privaten, etc. :, 0 f08. 700
trairement a l'opinion du procureur-general de Ia Confedera-
tion, Ie temoin estime qu'en matiere de perquisitions a domi-
cile, de saisies de correspondances a la poste, etc., la Consti-
tution
et les lois canton ales doivent etre respectees et que
seul
un magistrat judiciaire a Ie droit de fouiller un domicile
et d'arretcr les Iettres a la poste. Cette divergence a eu pour
efi'et de prolonger quelque temps la detention de Zimmer-
mann. Le prefet de Lausanne, se conformant aUK instructions
du temoin, avait fait les mandats et les avait remis aux agents
charges de I'arrestation. Le
temoin a appris que Ie commis-
missaire de police n'avait pas montre a Zimmermann Ie man-
dat d'arrestation lorsqu'il
penetra chez ce dernier.
La deposition de
M. Ie prefet de Lausanne, A. Pingoud,
porte, en substance, ce qui suit:
Le
temoin avait charge Ie commissaire de police Chambaz
de pro ceder a l'arrestation de Zimmermann; a cet efi'et, Ie
prefet avait etabli Ie mandat SUI' un formulaire, en y ajoutant,
en
tete, la mention Par ordre du procureur-general de la
Confederation suisse. Le temoiu a appris depuis que Ie pre-
dit commissaire, au lieu de proceder a l'arrestation reguliere
de Zimmermann par signification du mandat, a remis cette
piece au geolier Musy, a l'Eveche, et pas a Zimmermann. Ce
dernier a ete mis en liberte dans Ia soiree, immediateE.1ent
apres avoir ete entendu. Le connnissaire Chambaz a cleclare
au temoin avoir dit a ,Zimmermann, pour proceder it son ar-
restation sans scandaIe, qu'on Ie demandait a Ia prefecture i
au lieu d'etre conduit vel'S Ie prefet, il fut incarcere, en rea-
lite,
dans les prisons de l'Eveche. Apres avoir renu la lettl'e
de menaces, signee
eeser et Zimmermann, Ie tell10in a donne
des ordres pour faire surveiller celui-ci et il resuite de rap-
ports d'agel1ts que les anarchistes consideraient Zimmermann
c
Oll1ll1e
etant des leurs. On Ie :filait tous les jours et on per-
dait regulierement sa trace au bas de la rue Cheneau-de-
Bourg; or un anarchiste, qui avait heberge en son temps pen-
dant quelques jours PadIewsky, l'assassin
du general russe
Seliverstofi',
et qui faisait d'ailleurs montre d'anarchisme, ha-
bitait dans ces parages; c'etait un cordonnier italien du nom
xx -1894
C. Giviirechtspflcg''''
de Nottaris, que Ie temoin a fait arreter par Ia meme occasion.
En presence de ces faits et les allures passablement sus
pectes du demandeur, Ie prefet n'a pas doute que Zimmermann
ne fltt anarchiste et peut-etre l'auteur de la lettre de menaces
sl1smentionnee.
Tous les jours, a cette epoque, les agents
charges de surveiller les anarchistes signalaient Ie depart ou
l'arrivee d'un certain nombre de personnes qui se reudaient
all domicile des individus connus comme anarchistes a Lau-
sanue ;
Ie pamphlet intitule Unione revoluzionaria interna-
zionale
a ete redige et compose pour I'impression a Lau-
sanne; ce pamphlet, ceuvre du sieur
Mari, etait d'une violence
extreme; il preconisait
Ie meurtre, l'assassinat, Ie pillage, etc.
Le sieur Nottaris a eftectivement tenu les propos
menattants
sllsmentionnes a
l'adresse du temoin. Le prefet ajoute qu'apres
avoir entendu Zimmermann, il l'a fait mettre en liberte, at-
tendu qu'il n'etait evidemment pour rien dans les faits objets
de
l'enquete. Le pasteur de l'Eglise methodiste allemande a
dit au
temoin que Zimmermann avait cesse toute relation avec
ses anciens amis politiques, mais qu'il avait precedemment
fait partie d'une association politique secrete; l'anarchiste
Cazenave a dit que Zimmermann avait
ete des leurs, mais qu'il
s'etait
retire, voyant qu'il n'y avait rien a gagner, et qu'il
avait fait ensuite des demarches pour se faire admettre
comme membre de l'Eglise
methodiste allemande; dans cette
situation, la lettre adressee au
prefet et signee Ant. Zimmer-
mann peut bien
avoil' ete une vengeance des anarchistes
contre ce dernier.
Le temoin termine sa deposition en ajou-
tant qu'il y a eu un moment ou Zimmermann etait un ana1'-
chiste dangereux et repute comme tel.
L'agent de police Dubosson accompagnait
Ie commissaire
Chambaz lors de I'arrestation de Zimmermann, Ie 30 Avril, a
6 heures du matin; les agents 1'0nt attendu dans Ie corridor
et ne sont pas meme entres dans l'appartement; ils 1'ont
somme
de venir au poste de Saint-Laurent et de la Ie temoin
l'a conduit a la prison de l'EvecM, en passant par Ill, rue
Neuve et la place de la Riponne;
arrive a l'Eveche, l'agent
a remis
Ie mandat d'arret au geMier Musy, a 6 1/l heures.
Pendant
ce transfert, il y avait peu de monde dans les rues.
X. l.:ivilstreHigkeiten zwischen Kantonen und Privaten, etc. N0 108. 705
Le temoin avait communique Ie mandat a Zimmermann, qui
l'a
Iu au poste de police.
Le commissaire
Chambaz confirme d'une maniere generale
la deposition qui precede, en ajoutant que Zimmermann n'a
fait aucune resistance; il lui avait
ete donne connaissance au
poste dn mandat d'arret.
II y avait fort pen de monde sur la
rue lors du transfert de Zimmermann a I 'EvecM ; les voisins
ne se sont
meme apergus de rien; Ies reponses et la tenue
dn demandeur ont ete tres con venables.
Le
tel110in Taillens, secretaire a Ill, prefecture, confirme la
deposition de son chef.
Les autres
temoins declarent n'avoir eu aucune connais-
sauce qne Zimmermann ait appartenu
a la secte des anar-
chistes; ils
Ie considerent comme jouissant, au contraire,
d'nne bonne reputation
et ils estiment que son arrestation a
du. nuire plus ou moins a son gain comme cordonnier.
Stalnant sur ces faits et considerant en droit:
1 ° La demande du sieur Zimmermann se caracterise comme
une reclamation civile d'un particulier
a l'adresse d'un canton
La somme reclamee atteint Ie chiffre de 3000 francs et la
competence du Tribunal
federal existe, des lors, aux termes
de I'art. 27 chiffre
40 de l'ancienne 10i sur l'organisation judi-
ciaire
federale.
II res sort aussi bien des ecritures des parties que des
plaidoyers de ce jour que
Ia demande se fonde a Ia fois sur
nne arrestation arbitraire quant au fond
et illegale quant ala
forme.
3° A l'un comme a l'autre de ces points de vue, il y a lieu
d'examiner avant tout l'exception de
defaut de qualite, soit
de legitimation passive de l'Etat defendenr, exception soule-
vee par ce dernier.
A cet
egard il faut constater que Ie role des autorites vau-
doises a
ete essentiellement passif en la cause. Alors que les
clites autorites, en se conformant a de precedentes instruc-
tions, se sont bornees
a denoncer les individus suspects, il est
etabli que l'ordre de proceder a l'arrestation et a l'incarcera-
tion
du demandeur est emane de l'office du procureur-general
de la Confederation. Cette circonstance resulte avec evidence
C. Civilrechtsptlege.
de Ia teneur du teIegramme adresse Ie 29 Avril 1892 par Ie
dit procureur-general au departement de Justice et Police du
canton de Vaud, teIegramme reproduit textuellement dans les
faits
du present arret.
L'intervention
officielle et autonome du Ministere public
federal s'est manifestee d'une maniere plus evidente encore, si
possible, dans Ie second teiegramme, de la me me date, dans
lequelle
procureur-general declare positivement qu'il ne a'a-
git pas pour Ie moment d'une enquete judiciaire, mais seule-
ment d'une enquete provisoire a instruire par les autorites cle
police. Les agents de police cantonaux, ainsi que leurs supe-
rieurs charges d'executer l'arrestation cle Zimmennann a la
requete du Ministere public de la Confederation apparaissp,nt,
des
lors, uniquelIlent comme les organes au moyen desquens
les ordres d'une autorite federale superieure ont ete transmlS
et executes.
11 est de toute evidence que, dans cette situation, 1'0n ne
saurait pretendre a bon droit que l'Etat defendeur puisse etre
declare
responsable des agents qui ont prOCel1e a l'arrestation
incriminee.
L'Etat de Vaud n'apparait, des 10rs, point comme Ie
veritable defendeur en la cause et il n'y a pas lieu d' entrer
plus amplement en matiere sur les
conclusinns cle la demand ,
ill sur les questions litigieuses qu'elles serment de nature a
faire surgir.
Par ces motifs,
Le Tribunal federal
prononce:
La demande
du sienr Zimmermann dirigee contre l'Etat de
Vand est repoussee comme mal fondee, dans Ie sens des con-
siderants qui precedent.
Lausanne. -Imp. C-eorges Bridel G'
A. STAATSRECHTLICHE ENTSCHElDUNGEN
ARRETS DE DROIT PUBLIC
Erster Abschnitt. -Premiere section.
Bundesverfassung. -Constitution federale.
I. Rechtsverweigerung. -Deni de justice.
109. UrteH bom 25. DUooer 1894 in SQel)en
roen '5ieg l.1Qrt.
A. iJCQel)bem nbe 1892 xQ )er Sieg l.1Qrt in ergi l.1t)( ge::
ftoroen l.1Qr, TQm e QnlCij3ficf) ber etrung be iJCQcf) Qife 3 l.1t::
fel)en ben roen 3u '5treitigfeiten, htbem einige berfefben unb in
erfter mnie Q. '2 egeffer 6enQunteten, ein anberer Weiter6e, not
'2 iegll.1Qrt, a6e fiel) uerfel)iebene tucte QU bem iJCael) affe ange::
eignet Cfiene bie oeafrgHcf)e Qunfundicf)e :varf eUung im 6unbe ::
gericf)tnel)en ntfdleib bom 16. entemoer 1893). !Uoi teg;
l.1Qrt er l.1irfte bQt'(tuf am 17. Weat 1893 oei ber 06ergericf)t ::
fommiffton be stanton i)eiilll.1alben ein 113robofationnbefretf burel)
l.1elel)e bie u6rigen rlien aufgeforbert l.1urben, inned oeftimmter
rif inre q3rcttenfion, al tte er au bem i)cael) Qffe be xQuer
ieg l.1art fel)on einen et( in mpfang genommen, gerid)tliel) gel::
tenb 3u mael)en, l.1ibrigeltfaU angenommen l.1erbe, "baj3 bte erren
xx -1894 46