A. ST" ATSRECHTUCUE ENTSeUElDHVGEN,
ARREIS DE 'DIlOiT prElle.
Erster Abschnitt. -Premiere seetion.
Bundesverfassung. -COllslituliOtl federale.
- Glaubens-und Ge"l.vissensfreiheit. Steuern
zu Cultusz"I.'V'ecken
Liberte de conscience et de croyance. Irnpöts dont
le produit est affecte aux frais du culte.
74.' Arn1t du 30 septembre 1876 dans la cause Rerat
et consorts.
Par decision du 31 mäi '1875, l'assemblee comrnunale de
Bienne a, en ratification d'un accord conclu entre Ia com-
mnne municipale et
la paroisse catholique de cette ville, ac-
cepte la cession raite par la paroisse catholique a la com-
mune municipale
de son eglise, sous les conditions suivantes:
'1
Cette demiere s'engage a iJayer toutes les sommes qui
restent dues sur les bätiments
de la dite eglise.
Cette meme eglise sera mise a la disposition de la pa-
roisse catholique aussi longtemps que celle-ci restera sou-
mise aux lois constitotionneHes et qlle ses efforts tendront a
maintenir la paix religieuse; le tout sous reserve de la rati-
fication des autorites communales.
Rerat et consorts ayant faH opposition acette decision, Ie
':H juin '1875, le prefet du district de Bienne ecarta cette
opposition par jugernent
du 9 septembre suivant.
- Ahsclulltt. Bundesverfassung.
La paroisse catholiqne officielle ele Bienn ayan , le 3
tollr81875, ratifie a son tour la vente, solt ceSSlOn de 1 e-
gline en qllestion, Berat et co?sort re?oururent de nouveau
leW du dit mois, au Consell exeeutl! du antnn de Bern
coutre cet acte, qu'ils estimaient passe en. vIOlatIOn de leur::;
droits sm cet Mifice religieux; ce pourvOl conelut:
"1" A l' ammlation de la decision prefectorale du 9 septem-
bre
- ..' h r d
20 A ce que l'autorisation d'achene ' I'eghse ?at ° Ique e
Bienne soit refusee 11 !a paroisse vleIlle-cathohqlle de cette
localile. . .
" Sl1bsidiairement, i:t ce que la dite eghse. onse.rve sa
. destination primitive de temple destine a la celebratlOn du
cuHe calholiqne-romain. . .,.
Par decision dn 2' decembre1875, le ConSeIl executIf a
d6boute les recourant.s de leurs conclusions. ,
C'est
contre ces decisions que Rerat et consorts O?t de-
po;e, en date des H(15 mars, une demamle en ams d.u
Trihunal federal; la dite demandeporte les concluslOns SUl-
vautes:
Plaise
an Tribunal federal: .
I. Dire que 1a vente de l'eglise catnolique de BI.enne, c.on-:
sentie par la paroisse officielle es Vleux -cathnhques J a .l
commune municipale de cette vIUe, est. e?tachee. c1.e nulhte
et
d'illegalite, comme portant sm un enIfi.ce ,spec13.1ement
consaere an culte catholique, et qui est aIllSI detourne de sa
destination legale. . .'
H. Dire que cette vente de I'eglise cathohque de BIenne
avant He consentie ponr le prix de '15,000.francs, les ven-
dnnrs (soit les legitimes propriHaires de l'lmneuble): s.ont
leses oe plus des sept douziemes dans le prIX du dlt Iffi-
meuble. .. d 1 t
m. Prononcer , en consequence, 13 reSClnlOn e a v
an profit des catholiques de Bienne, l qU ,stlOn de propnete
de l'eglise demeurant formeUement reservee. ,. .
IV. Dire et reconnaitre qu'en tout cas la vente de I eghse
I. Glau)Jens-und Gewissensfreiheit. No 74.
catholique de Bienne constitue une violation de l'art. 49 de
la Constitution fBrlerale, eu ce que la comml1ne municipale de
Bienne, acquereuse, ne pouvant payer le prix de vente qu'au
moyen rl'irripositions communales a percevoir sur les con-
tribuables,
les habitants de Bienne professant la religion ca-
thohque-romaine
8eront astreints au paiement de taxes et
contributions communales, destinees
a I'aequisition d'un edi-
fiee devant servil' an culte d'une autre religion.
V. Prononcer en consequence, en lant qne de besoin, la
nullite des deliberations ele l'assemblee communale de Bienne,
en date du 31 mai 1875, et de l'assemblee paroissiale des
vieux-catholiques de Bienne, en date du 3 octobre 1875,
po ur autant qll'elles concernent 'alienation de l'eglise catho-
lique ; -ele meme que de la decision du Conseil executif
du canton de Berne, en date du 21 elecembre 1875, homo-
loguant la vente ele cet immeuble.
VI. Condamner toute partie eontestante aux frais.
Les recourants ajoutent que la question de propriete de
l'eglise formera l'objet d'une demande, soit action speciale
en justice.
Le .r uge fecleral delegue a l'instruction de celte cause ayant,
le 'l7 mars '1876, reudn Rerat 8t consorts attentifs au fait
que leurs trois preminres conclusions presentent le caractere
d'une demande civile beaucoup plns que celui d'un reeours
en matiinre de droit public, et les ayant invites a modifiel'
Ieur pourvoi de manit'lfe a ce qu'aucun cloute sur sa nature ne
puisse subsister, les recourants, par lettre du 2:t du clit mois,
ont
declare vouloir s'en tenir l1niquement aux chefs des con-
clusions sous
N° IV, V et VI ci-haut transcrites, se reservant
de
reproduire les autres chefs sous une autre forffie Oll dans
une autre demande.
Dans leur reponse au recours, datee du 6 mai deroier, le
Conseil executif de Berne, I'assemblee communale de Bienne
et la paroisse catholique de cette ville estiment que les re-
ccourants n'ont aucun droit de conlester la validite de l'achat
cde l'eglise catholique de Bienne par I'assemblee communale,
- Abschnitt. Bundesverfassung.
par la raison: 1) que meme pour le eas ou l'art. 49 de la
Constitution fMerale seralt applicable a l'impöt deerete pal
la commune de Bienne, les reeourants ne pourraient reela-
mer autre chose que leur liberation personnelle du paiement'
de cet impöt ; 2) parce que, abstraction faite de eela, l'im-
pot commun31 de Bienne ne rentre pas dans la eategorie des;
impöls specialement affectes aux frais proprement dits du
cnlte, mentionnes
a l'alinea 6 du dit article 49. Les reeou--
rants ne pourraient done pas meme se refuser au paiement
de eet impot.
La reponse condut an rejet des chefs IV, V et VI du re--
cours.
Statuant sur
ces faits et eonsiderant en droit :
10 Les reeourants demandent l'annulation de la decision-
du Conseil executif de Berne ratifiant l'aehat d'eglise coneln
par l'assemblee communale
de Bienne; Hs appuient eette
conelusion
sm le senl fait que le prix d'aehat doit etre pro-
eure an moyen d'une contribution 'levee sur tous les habi-
tants
de la commune, allquel cas les catholiques-romains se-
tronveront tenns, en violation de la disp03ition preeise de
1'art. 49, alinea 6 preeite, de payer des impöts dont le pro-
dult est speeiaiement affeete aux frais proprement dits d'nne-
eommunaute il la quelle Hs n'appartiennent pas.
20 11 Y a lieu de bien distinguer, en l'espece, entre l'achat
et
le mode de paiement du prix COl1venu : il se peut, en
effet, fort bien
que ce dernier implique une violation de la
Constitution, sans que I'achat lui-meme presente rien cl'incons-
titutionilel.
01' le present recours est dirige, a teneUf de ler
conclusion IV ci-haut transcrite, eontre l'achat de l'eglise de'
Bienne, non en soi, mais comme pouvant conduire la com--
mune de Bienne a s'en pro eurer le prix par des moyens qne'
1a Constitntion fMerale reprouve.
30 II est evident qu'une obligation valablement contractee
ne saurait etre invalidee par la seule raison que sa realisation
pourrait entrainer, cas eeheant, la violation d'une garantie
constitutionneUe. C'est lorsqu'une semblable atteinte s'est
I. Glaubens-und Gewissensfreiheit, No 74.
-reellement produlte, et senlement alors, qn'il y a lieu de s'e-
llever eontre l'aete qui 1'a determinee, acte dont l'annulation
posterieure n'aurait point pour effet, d'ailleurs, d'invalider
le
contrat de vente ui-me,me.
40 Ce contra!, dont les reconrants demandent l'invalida-
'tion, ne saurait donc etre annnie par 13 seule raison qne cer-
tains
details futurs ,de sa mise a execution pourraient se
trouver un jour en collision avec une disposition constitu-
tionnelle ; l'impöt
special, dont Rerat et consorts redontent
l'in.trodnction, n'a
en effet point ete perl/lI jusqu'a ee jour,
et
II ne resulte pas des pieces de la cause que sa perception
ait
meme Me resolne.
50 Il n'y a ainsi pas lien de rechercher aclueHement si et
jl1squ'a quel point
un pareil impöt, qui n'a pas encore passe
dans le domaine des faits, entrainerait une violation de l'ar-
tide 49 precite.
60 La faculte de s'adresser de nouveau an Tribunal fede-
ral, pour le cas ou la perception de cet impot anrall lieu
reellement, demeure en revanche expressement reservee aux
reeollrants, s'ils persistent a voir, alors encore, dans cette
.contribution,
la lesion cl'nne garantie constitutionnelle.
Par ces motifs,
Le Tribunal federal
prononce:
Le reconrs introduit par A. Reral et consorts est ecarte
. omme mal fonde.