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N° affaire:
FI.2006.0010
Autorité:, Date décision:
TF, 23.08.2007
Juge:
Greffier:
Publication (revue juridique):
Â
Ref. TF:
2P.4/2007, 2A.10/2007/AJP Â
Nom des parties contenant:
X........./Administration cantonale des impĂŽts + TA
PRESCRIPTION DROIT DE GARDER LE SILENCE DROIT D'ĂTRE ENTENDU
AIFD-128AIFD-134aLI-133-1aLI-98aCEDH-6-1Cst-29-2
Résumé contenant:
Pas de violation du droit d'ĂȘtre entendu par le TA qui n'a pas donnĂ© suite Ă une rĂ©quisition du recourant Ă inviter l'autoritĂ© intimĂ©e Ă produire la preuve de la notification d'un courrier lorsqu'il ressort des piĂšces du dossier que ce courrier a bien Ă©tĂ© reçu, notamment parce que le mandataire du recourant l'invoque dans des courriers subsĂ©quents. Le recourant se plaint Ă©galement du fait que le TA a statuĂ© dans un seul arrĂȘt sur les questions de prescription concernant le rappel d'impĂŽt et la contravention. Pas de violation du principe "nemo tenetur" car il n'a pas Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que le recourant a Ă©tĂ© contraint de contribuer Ă sa propre incrimination. Par ailleurs, seule la question de la prescription a Ă©tĂ© tranchĂ©e et le TA ne s'est pas penchĂ© sur la quotitĂ© des amendes. Recours rejetĂ©.
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2P.4/2007
2A.10/2007 /svc
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ArrĂȘt du 23 aoĂ»t 2007
IIe Cour de droit public
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MM. et Mme les Juges Merkli, Président,
HungerbĂŒhler, MĂŒller, Yersin et Karlen.
Greffier: M. Dubey.
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X. ........,
recourant, représenté par Cabinet fiduciaire et fiscal J.D. Monribot S.A.,
Â
contre
Â
Administration cantonale des impĂŽts du canton de Vaud, route de Berne 46,
1014 Lausanne,
Tribunal administratif du canton de Vaud, avenue EugĂšne-Rambert 15, 1014
Lausanne.
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Rappels d'impĂŽts et prononcĂ©s d'amendes (pĂ©riodes fiscales 1993-1994 Ă
1999-2000),
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recours de droit administratif 2A.10/2007 et recours de droit public
2P.4/2007 contre l'arrĂȘt du Tribunal administratif du canton de Vaud du 24
novembre 2006.
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Faits :
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A.
X. ........ est actionnaire et administrateur unique de la société Y.........
SA (ci-aprÚs: la Société), dont le but est l'exploitation d'un établissement
mĂ©dico-social. La SociĂ©tĂ© loue l'immeuble dont l'intĂ©ressĂ© est propriĂ©taire Ă
C..........
Par décisions de taxation du 16 décembre 1993 pour la période fiscale
1993/1994, la Commission d'impÎt de B......... a imposé l'intéressé sur un
revenu moyen de 276'700 fr. pour l'impÎt fédéral direct et de 253'637 fr.
pour l'impÎt cantonal et communal. Ces décisions n'ont pas fait l'objet de
réclamation.
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Par décisions de taxation du 17 janvier 1996 pour la période fiscale
1995/1996, la Commission d'impĂŽt de B......... a arrĂȘtĂ© un revenu moyen de
235'800 fr. pour l'impÎt fédéral direct et de 227'173 fr. pour l'impÎt
cantonal et communal. Ces décisions n'ont pas fait l'objet de réclamation.
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Par décisions de taxation provisoire pour la période fiscale 1997/1998, la
Commission d'impĂŽt de B......... a arrĂȘtĂ© un revenu moyen de 273'600 fr. pour
l'impÎt fédéral direct et de 254'934 fr. pour l'impÎt cantonal et communal.
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Par décisions de taxation provisoires pour la période fiscale 1999/2000, la
Commission d'impĂŽt de B......... a arrĂȘtĂ© un revenu moyen de 181'150 fr. pour
l'impÎt fédéral direct et de 197'577 fr. pour l'impÎt cantonal et communal.
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B.
Le 9 dĂ©cembre 1998, l'Administration cantonale des impĂŽts a notifiĂ© Ă
X......... un avis d'ouverture de procédure pour soustraction fiscale
concernant les pĂ©riodes fiscales 1993/1994, 1995/1996 et 1997/1998. Le mĂȘme
jour, un courrier identique a été adressé à la société. Le 29 septembre 1998,
l'Administration cantonale des impÎts a requis de la Société la production de
piĂšces comptables, qui permettraient notamment d'examiner l'existence
d'éventuelles distributions dissimulées de bénéfice à l'avantage de
X.......... Ayant refusé de fournir les piÚces en cause malgré une sommation
du 16 décembre 1998, la Société a été condamnée à payer deux amendes de 500
et 200 fr.; ces derniĂšres ont Ă©tĂ© confirmĂ©es par arrĂȘt du Tribunal
administratif du canton de Vaud du 26 août 1999. Un nouveau délai a été fixé
au 22 février 2000.
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Le 24 août 2000, l'Administration cantonale des impÎts a demandé à X.........
des informations sur son logement.
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Par courrier du 12 juin 2001 annonçant la clÎture prochaine de la procédure,
l'Administration cantonale des impÎts a invité X......... à déposer des
observations sur les éléments de rappel d'impÎt et sur les éléments
soustraits pour les périodes fiscales 1993/1994 à 1999/2000. Il s'agissait de
la valeur locative de l'appartement de l'intéressé, d'allocations familiales
qui ne figuraient pas sur le certificat de salaire mais bien dans les comptes
de la Société et de diverses prestations de la Société au recourant. La
procédure de rappel d'impÎt portait en outre sur les frais d'entretien de
l'immeuble loué à des fins commerciales, les pensions alimentaires pour des
enfants majeurs et les frais pour l'administration propre de la fortune.
L'intéressé était invité à présenter sa situation personnelle en vue de la
fixation des amendes fiscales.
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Le 21 juin 2001, l'intéressé a soulevé l'exception de prescription de droit
cantonal, que l'Administration cantonale des impÎts a rejetée le 10 août
Â
C.
Le 23 septembre 2002, l'Administration cantonale des impĂŽts a notifiĂ© Ă
X......... deux décisions ? de rappel d'impÎts, de taxation définitive et de
prononcé d'amende pour soustraction fiscale ? l'une en matiÚre d'impÎt
fédéral direct, l'autre en matiÚre d'impÎt cantonal.
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S'agissant de l'impÎt fédéral direct, pour la période fiscale 1993/1994, elle
a fixé le revenu imposable à 290'700 fr. (au lieu de 276'700 fr.), l'impÎt
soustrait à 3'696 fr. et l'amende à 2'400 fr. Pour la période fiscale
1995/1996, elle a fixé le revenu imposable à 262'700 fr. (au lieu de 235'800
fr.), l'impĂŽt soustrait Ă 7'101 fr. 60 et l'amende Ă 4'700 fr. Pour la
période fiscale 1997/1998, elle a fixé le revenu imposable à 302'400 fr. (au
lieu de 273'600 fr.), l'impĂŽt soustrait Ă 7'603 fr. 20 et l'amende Ă 1'900
fr. Pour la pĂ©riode fiscale 1999/2000, elle a fixĂ© le revenu imposable Ă
246'600 fr. (au lieu de 197'500 fr.), l'impĂŽt soustrait Ă 12'962 fr. 40 et
l'amende Ă 1'700 fr.
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S'agissant de l'impÎt cantonal et communal, pour la période fiscale
1993/1994, elle a fixé le revenu imposable à 267'600 fr. (au lieu de 253'600
fr.), l'impĂŽt cantonal soustrait Ă 5'056 fr. 80, l'impĂŽt communal soustrait Ă
3'135 fr. 90 ainsi que l'amende de droit cantonal Ă 3'300 fr. et celle de
droit communal à 2'100 fr. Pour la période fiscale 1995/1996, elle a fixé le
revenu imposable Ă 252'600 fr. (au lieu de 227'100 fr.), l'impĂŽt cantonal
soustrait Ă 9'210 fr. 60, l'impĂŽt communal soustrait Ă 5'714 fr. ainsi que
l'amende de droit cantonal Ă 6'100 fr. et celle de droit communal Ă 3'800 fr.
Pour la période fiscale 1997/1998, elle a fixé le revenu imposable à 283'600
fr. (au lieu de 254'900 fr.), l'impĂŽt cantonal soustrait Ă 10'366 fr. 40,
l'impĂŽt communal soustrait Ă 6'466 fr. 30 comprenant une majoration de 10%
des éléments dont la soustraction a été tentée. Pour la période fiscale
1999/2000, elle a fixé le revenu imposable à 235'300 fr. (au lieu de 181'100
fr.) l'impĂŽt cantonal soustrait Ă 12'799 fr., l'impĂŽt communal soustrait Ă
7'937 fr. 30 comprenant une majoration de 10% des éléments dont la
soustraction a été tentée.
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Le 23 octobre 2002, X......... a interjeté deux réclamations, l'une en
matiÚre d'impÎt fédéral direct et l'autre en matiÚre d'impÎts cantonal et
communal.
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Par décision unique du 4 janvier 2006, l'Administration cantonale des impÎts
a rejeté les réclamations pour les motifs suivants: La prescription de droit
cantonal n'était pas acquise du moment que des mesures d'instruction avaient
été effectuées en temps utile contre la Société, dont l'intéressé avait
dûment eu connaissance au titre d'actionnaire et d'administrateur unique.
Ayant déposé ses papiers dans la commune de C......... depuis le 10 mars 1991
oĂč il avait en outre payĂ© ses impĂŽts communaux sans rĂ©serve, l'intĂ©ressĂ©
devait ĂȘtre imposĂ© sur la valeur locative de l'appartement qu'il avait occupĂ©
dans son immeuble. L'achat d'une pendule neuchĂąteloise et d'une chaĂźne Hi-fi
ainsi que le financement d'une assurance par la Société constituaient des
prestations Ă l'actionnaire, imposables dans le chapitre de celui-ci. Les
frais d'entretien forfaitaires n'Ă©taient pas admis pour un immeuble louĂ© Ă
des fins commerciales. Seuls les frais effectifs pouvaient ĂȘtre dĂ©duits, mais
n'avaient pas été documentés par l'intéressé. Enfin, les contributions
d'entretien en faveur d'un enfant majeur ne pouvaient pas ĂȘtre dĂ©duites.
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X. ........ a interjeté recours contre la décision sur réclamation, invoquant
la prescription des créances et des amendes fiscales et l'illégalité des
reprises effectuées par l'Administration cantonale des impÎts.
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D.
Par arrĂȘt du 24 novembre 2006, le Tribunal administratif du canton de Vaud a
partiellement admis le recours de X......... contre la décision sur
réclamation du 4 janvier 2006 et renvoyé la cause à l'Administration
cantonale des impÎts pour nouvelle décision dans le sens des considérants. Il
a jugé que, pour la période fiscale la plus ancienne (1993/1994), la
prescription de 4 ans du droit cantonal avait été correctement interrompue et
n'était pas acquise. La prescription de 5 ans du droit fédéral pour la
période 1993/1994 et la prescription de 10 ans de droit fédéral pour les
périodes 1995/1996, 1997/1998 et 1999/2000 n'étaient pas non plus acquises.
Les reprises sur la valeur locative n'étaient pas justifiées. Les primes
d'assurance payées par la Société pour les années 1992 à 1995 concernant une
assurance en faveur de l'intéressé, les honoraires de la fiduciaire payés par
la Société concernant des travaux en relation avec le divorce de l'intéressé,
un montant débité des comptes de la Société concernant une facture de meubles
déjà payée ainsi que les allocations familiales non mentionnées sur les
certificats de salaire de l'intéressé avaient été repris à bon droit. Tel
n'était pas le cas, en revanche, du prix d'achat de la pendule neuchùteloise
et de la chaßne Hi-fi. Les déductions forfaitaires pour frais d'entretien de
l'immeuble loué à la Société, la déduction des pensions alimentaires pour le
fils majeur de l'intéressé et des frais d'administration de la fortune
mobiliÚre (frais d'assemblée générale de la Société) n'étaient pas admises.
Â
E.
Par la voie du recours de droit public 2P.17/2007 pour ce qui concerne les
impÎts cantonaux et communaux, X......... demande au Tribunal fédéral, sous
suite de frais et dĂ©pens, d'annuler l'arrĂȘt rendu le 24 novembre 2006 par le
Tribunal administratif ainsi que les décisions de rappel d'impÎt et d'amendes
de l'Administration cantonale des impĂŽts du 3 janvier 2006. A l'appui de son
recours de droit public, il se plaint de violations de l'art. 6 de la
Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés
fondamentales du 4Â novembre 1950 (CEDH; RS 0.101), des art. 5 al. 1, 9 et 32
Cst., de son droit d'ĂȘtre entendu ainsi que de la violation du droit fĂ©dĂ©ral
en matiĂšre de preuves et de prescription.
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Par la voie du recours de droit administratif 2A.10/2007 pour ce qui concerne
l'impĂŽt fĂ©dĂ©ral direct, il demande au Tribunal fĂ©dĂ©ral d'annuler l'arrĂȘt
rendu le 24 novembre 2006 par le Tribunal administratif ainsi que les
décisions de rappel d'impÎt et d'amendes de l'Administration cantonale des
impĂŽts du 3 janvier 2006, subsidiairement de renvoyer la cause pour examen de
la notification du 9 dĂ©cembre 1998. Il fait valoir les mĂȘmes griefs que dans
son recours de droit public auxquels il renvoie.
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Le Tribunal administratif a renoncé à déposer une réponse. L'Administration
cantonale des impÎts et l'Administration fédérale des contributions concluent
au rejet des recours.
Â
F.
Par ordonnances du 29 janvier 2007, le Président de la IIe Cour de droit
public du Tribunal fĂ©dĂ©ral a rejetĂ© les requĂȘtes d'effet suspensif formulĂ©es
dans le recours de droit administratif et le recours de droit public.
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Le Tribunal fédéral considÚre en droit:
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1.1 L'arrĂȘt attaquĂ© a Ă©tĂ© rendu avant l'entrĂ©e en vigueur, le 1er janvier
2007, de la nouvelle loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS
173.110). Le prĂ©sent recours doit dĂšs lors ĂȘtre examinĂ© au regard des
dispositions de la loi fédérale d'organisation judiciaire du 16 décembre 1943
(OJ; art. 132 al. 1 LTF).
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1.2 Dans une mĂȘme Ă©criture, comme l'admet la jurisprudence (ATF 129 I 337
consid. 1.1 p. 339), le recourant a déposé simultanément deux recours, l'un
de droit administratif, l'autre de droit public, contre le mĂȘme arrĂȘt. Par
économie de procédure, il convient dÚs lors de prononcer la jonction des
causes et de statuer sur les mĂ©rites des deux recours dans un seul et mĂȘme
arrĂȘt (art. 24 PCF et 40 OJ; ATFÂ 127 V 29 consid. 1 p. 33, 156 consid. 1 p.
157).
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I. ImpÎt fédéral direct (2A.10/2007)
Â
2.1 Déposé en temps utile contre une décision rendue par une autorité
judiciaire statuant en derniÚre instance cantonale et fondée sur le droit
public fédéral, le présent recours de droit administratif (2A.10/2007) est en
principe recevable en vertu des art. 97 ss OJ, ainsi que de la rĂšgle
particuliĂšre des art. 112 de l'arrĂȘtĂ© sur l'impĂŽt fĂ©dĂ©ral direct (AIFD) et de
l'art. 146 de la loi fédérale du 14 décembre 1990 sur l'impÎt fédéral direct
(ci-aprÚs: LIFD ou la loi sur l'impÎt fédéral direct; RS 642.11).
Il est irrecevable dans la mesure oĂč il conclut Ă l'annulation les dĂ©cisions
rendues le 4 janvier 2006 par l'Administration cantonale des impĂŽts (en
particulier au motif que la procédure le concernant et celle de la Société
auraient été confondues), étant donné l'effet dévolutif du recours déposé
auprĂšs du Tribunal administratif.
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2.2 Le Tribunal fédéral revoit d'office l'application du droit fédéral qui
englobe notamment les droits constitutionnels du citoyen (ATF 130 IIIÂ 707
consid. 3.1 p. 709; 130 I 312 consid. 1.2 p. 318; 129 II 183 consid. 3.4 p.
188; 128 II 56 consid. 2b p. 60; 126 V 252 consid. 1a p. 254). Comme il n'est
pas lié par les motifs que les parties invoquent, il peut admettre le recours
pour d'autres raisons que celles avancées par le recourant ou, au contraire,
confirmer la décision attaquée pour d'autres motifs que ceux retenus par
l'autorité intimée (art. 114 al. 1 in fine OJ; ATF 132 II 257 consid. 2.5 p.
262, 47 consid. 1.3 p. 50; 131 II 361 consid. 2 p. 366 et les arrĂȘts citĂ©s).
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En revanche, lorsque le recours est dirigé, comme en l'occurrence, contre la
décision d'une autorité judiciaire, le Tribunal fédéral est lié par les faits
constatés dans la décision, sauf s'ils sont manifestement inexacts ou
incomplets ou s'ils ont été établis au mépris de rÚgles essentielles de
procédure (art. 104 lettre b et 105 al. 2 OJ; 132 II 21 consid. 2 p. 24;
définition des faits manifestement inexacts : ATF 132 I 42 consid. 3.1 p.
44). En outre, le Tribunal fédéral ne peut pas revoir l'opportunité de la
décision entreprise, le droit fédéral ne prévoyant pas un tel examen en la
matiĂšre (art. 104 lettre c ch. 3 OJ; ATF 131 IIÂ 361 consid. 2 p. 366, 470
consid. 2 p. 475; 131 III 182 consid. 1 p. 184).
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Le recourant soutient que le refus du Tribunal administratif d'ordonner la
production de la preuve de la notification postale du courrier d'ouverture
d'enquĂȘte du 9 dĂ©cembre 1998 Ă©quivaut Ă une violation de son droit d'ĂȘtre
entendu.
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3.1 Le droit d'ĂȘtre entendu, tel qu'il est garanti par l'art. 29 al. 2 Cst.,
comprend notamment le droit pour l'intéressé de prendre connaissance du
dossier (ATF 126 I 7 consid. 2b p. 10), de s'exprimer sur les éléments
pertinents avant qu'une décision ne soit prise touchant sa situation
juridique, de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donné
suite Ă ses offres de preuves pertinentes, de participer Ă l'administration
des preuves essentielles ou à tout le moins de s'exprimer sur son résultat,
lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 127 III
576 consid. 2c p. 578 s.; 127 V 431 consid. 3a p. 436; 124 II 132 consid. 2b
p. 137 et la jurisprudence citée).
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D'aprĂšs l'art. 115 LIFD, les offres de preuves du contribuable doivent ĂȘtre
acceptées, à condition qu'elles soient propres à établir des faits pertinents
pour la taxation (cf. à cet égard, Peter Locher, System des Steuerrechts, 6e
Ă©dition, Zurich 2002, p. 401). Il est ainsi possible de renoncer Ă
l'administration de certaines preuves offertes lorsque le fait à établir est
sans importance pour la taxation, qu'il résulte déjà de constatations
ressortant du dossier ou lorsque le moyen de preuve avancĂ© est impropre Ă
fournir les éclaircissements nécessaires.
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3.2 Dans son mémoire de recours adressé au Tribunal administratif, le
recourant a mis en doute l'envoi du courrier daté du 9 décembre 1998,
affirmant qu'il ne l'aurait pas reçu; il a formellement requis la production
de la preuve de la notification postale (courrier du 28 mars 2006, ch. 2).
Dans la partie des faits de l'arrĂȘt attaquĂ©, le Tribunal administratif a
retenu que, ? par courrier recommandé du 9 décembre 1998, l'Administration
cantonale des impÎts avait informé la Société de l'ouverture d'une procédure
pour soustraction fiscale [...] ? et qu' ? un courrier identique avait été
adressĂ© Ă cette mĂȘme date au recourant personnellement ? (arrĂȘt attaquĂ©,
lettre C, p. 2).
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De l'avis du recourant, le Tribunal administratif ne pouvait pas se borner Ă
constater que le courrier du 9 décembre 1998 lui avait été adressé, mais
aurait dĂ» exiger la production de la preuve de la notification postale de cet
avis. Le Tribunal administratif n'a pas ordonné la production de cette preuve
et n'expose pas pour quel motif il s'est abstenu. Il ressort toutefois de
divers courriers adressés par le recourant à l'Administration cantonale des
impĂŽts qu'il avait bien reçu l'avis d'ouverture d'enquĂȘte du 9 dĂ©cembre 1998.
Ainsi, dans un courrier du 28 février 2001, sous la plume de son mandataire,
il écrivait vouloir invoquer la prescription du moment que rien n'avait été
fait depuis le 9 décembre 1998. En faisant référence à cette date, le
recourant démontre indirectement avoir reçu le courrier en cause. En outre,
le double du courrier du 9 décembre 1998 figure parmi les piÚces du dossier
fiscal, dont il ressort d'ailleurs qu'il a été adressé simultanément au
recourant et Ă son mandataire pour le compte de celui-lĂ . Dans ces
conditions, le Tribunal administratif pouvait tenir l'envoi de ce courrier
pour établi et renoncer à ordonner la production de la preuve de la
notification sans violer le droit d'ĂȘtre entendu du recourant, celui-ci
n'ayant aucun droit à prouver un fait établi.
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Invoquant l'art. 6 CEDH, le recourant soutient nouvellement devant le
Tribunal fédéral que le Tribunal administratif ne pouvait pas statuer dans la
mĂȘme composition sur le volet pĂ©nal et le volet fiscal de la procĂ©dure.
Â
4.1 Les moyens liés au déroulement de la procédure, en particulier ceux ayant
trait Ă la composition rĂ©guliĂšre du tribunal ne peuvent plus ĂȘtre soulevĂ©s
devant le Tribunal fĂ©dĂ©ral s'ils pouvaient l'ĂȘtre devant la derniĂšre instance
cantonale, afin d'éviter les manoeuvres dilatoires (ATF 117 Ia 522 consid. 3a
p. 525 s.). En l'espĂšce, le recourant pouvait s'attendre de bonne foi Ă ce
que le Tribunal administratif statue sur son recours dans deux compositions
différentes conformément à sa jurisprudence (cf. ATA/VD FI.2005.0003 du 21
juin 2005 publié sur le site internet du Tribunal administratif:
www.ta.vd.ch). Il ne pouvait par conséquent pas soulever ce moyen avant de
recevoir l'arrĂȘt attaquĂ©. Son grief est par consĂ©quent recevable.
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4.2 D'aprĂšs l'art. 6 par. 1 CEDH, toute personne a droit Ă ce que sa cause
soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par
un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera en
particulier du bien-fondé de toute accusation en matiÚre pénale dirigée
contre elle.
Â
De jurisprudence constante, l'art. 6 CEDH ne trouve pas d'application dans
les procédures fiscales, qui n'ont pas un caractÚre pénal (ATF 132 I 140
consid. 2.1 p. 146 et les références citées). Les procédures en rappel
d'impĂŽt n'y sont donc pas soumises (RF 61/2006 p. 372 ss, consid. 2.2 et les
références citées).
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MĂȘme si l'art. 6 CEDH ne le mentionne pas expressĂ©ment, le droit de garder le
silence et de ne pas contribuer Ă sa propre incrimination (principe dit "nemo
tenetur" se ipsum accusare) est une norme généralement reconnue qui est au
coeur de la notion de procÚs équitable consacrée par l'art. 6 par. 1 CEDH. En
particulier, le droit de ne pas contribuer Ă sa propre incrimination
présuppose que les autorités recherchent à fonder leur argumentation sans
recourir à des éléments de preuve obtenus par la contrainte ou les pressions,
au mépris de la volonté de l'accusé. En mettant celui-ci à l'abri d'une
coercition abusive des autorités, ces immunités concourent à éviter des
erreurs judiciaires et à garantir le résultat voulu par l'art. 6 CEDH (voir
l'arrĂȘt J. B. c. Suisse du 3 mai 2001, Recueil 2001-III, p. 457 ss § 64 et
les références citées). Par conséquent, l'art. 6 CEDH protÚge le contribuable
contre l'utilisation dans la procédure pénale de renseignements obtenus dans
le cadre de la procĂ©dure ordinaire de taxation et de rappel d'impĂŽt oĂč il a
l'obligation de collaborer à l'établissement de ses éléments imposables
(arrĂȘt 2A.67/2004 du 17 fĂ©vier 2005, consid. 4.2).
4.3 Dans l'arrĂȘt attaquĂ©, le Tribunal administratif a statuĂ© dans la mĂȘme
composition sur les griefs du recourant concernant la prescription des
rappels d'impÎts fédéral, cantonal et communal des périodes fiscales
1993/1994 Ă 1999/2000 et sur ceux concernant la prescription de la
contravention en droit cantonal pour les mĂȘmes pĂ©riodes et les a rejetĂ©s. En
revanche, le recourant n'ayant soulevé aucun grief de fond concernant la
commission des soustractions fiscales de droit fédéral, cantonal et communal,
le Tribunal administratif n'en a pas examiné le bien-fondé. Sur le fond
enfin, le Tribunal administratif a annulé une partie des reprises effectuées
par l'Administration cantonale des impĂŽts, ce qui l'a conduit Ă admettre
partiellement le recours, annuler la décision sur réclamation du 4 janvier
2006 et renvoyer la cause à l'autorité intimée pour qu'elle rende une
nouvelle décision au sens des considérants concernant les rappels d'impÎts
communaux, cantonaux et fédéraux et qu'elle prononce de nouvelles peines
d'amendes.
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Le recourant soutient en vain que le Tribunal administratif a violé l'art. 6
CEDH. Il est vrai qu'en pratique, eu égard au principe "nemo tenetur",
certains cantons (BE: arrĂȘt 2A.480/2005 du 23 fĂ©vrier 2006 in StR 61/2006 p.
372 ss; VD: ATA/VD FI.2005.0003 du 21 juin 2005) scindent les procédures de
rappel d'impÎt et celle de soustraction fiscale, afin d'éviter d'emblée le
reproche de violation des garanties de procédure ancrées à l'art. 6 CEDH.
Toutefois, contrairement Ă ce qu'affirme le recourant, le seul fait que les
procédures ne soient pas menées séparément ne conduit pas déjà à la violation
de l'art. 6 CEDH. En effet, pour que la violation du principe "nemo tenetur"
soit constatée, il appartenait au recourant de démontrer que le Tribunal
administratif l'avait contraint de contribuer Ă sa propre incrimination, ce
qu'il n'a pas fait. Force est d'ailleurs de constater que, dans la partie de
son arrĂȘt concernant les amendes pour soustraction fiscale, le Tribunal
administratif ne s'est prononcé que sur la question de la prescription, qui
n'implique qu'un examen juridique sous l'angle du déroulement dans le temps
des actes de procédure effectués par le fisc, sans se prononcer sur la
quotité des amendes pénales infligées au recourant. Le grief de violation de
l'art. 6 CEDH est par conséquent rejeté.
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4.4 A cet égard, le recourant se plaint encore de ce que le Tribunal
administratif a renoncé à séparer les procédures de rappels d'impÎts et de
soustraction fiscale sans en expliquer la raison. Il se plaint de la
violation de son droit d'ĂȘtre entendu et de l'irrĂ©gularitĂ© de la procĂ©dure.
Le droit d'ĂȘtre entendu, tel qu'il est garanti par l'art. 29 al. 2 Cst.,
implique notamment pour l'autorité l'obligation de motiver sa décision. La
motivation d'une décision est suffisante lorsque l'autorité mentionne, au
moins briÚvement, les motifs qui l'ont guidée et sur lesquels elle a fondé sa
décision, de maniÚre à ce que l'intéressé puisse se rendre compte de la
portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause (ATF 130 II 473
consid. 4.1 p. 477, 530 consid. 4.3 p. 540 et les arrĂȘts citĂ©s).
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L'absence de motivation sur ce point n'a cependant pas empĂȘchĂ© le recourant
de comprendre la portĂ©e de l'arrĂȘt attaquĂ© et de se plaindre de cette maniĂšre
de procĂ©der, de sorte que son droit d'ĂȘtre entendu n'a pas Ă©tĂ© violĂ©.
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Au surplus, la séparation des procédures en cause ne repose sur aucune
disposition légale qui l'imposerait au Tribunal administratif. Il s'agit
d'une simple pratique instaurĂ©e pour les cas oĂč l'on ne pourrait Ă©viter que
le contribuable ne doive s'incriminer si les aspects fiscaux et pénaux de sa
situation Ă©taient jugĂ©s simultanĂ©ment. Tel n'Ă©tait pas le cas en l'espĂšce oĂč
le recourant ne contestait pas l'existence d'une soustraction et oĂč le
Tribunal administratif s'est borné à examiner la question de la prescription
des procédures qui est sans relation avec d'éventuels agissements du
recourant. Le grief est donc mal fondé.
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Le recourant se plaint de la violation de l'art. 128 de l'arrĂȘtĂ© du 9
dĂ©cembre 1940 concernant l'impĂŽt fĂ©dĂ©ral direct (AIFD; arrĂȘtĂ© sur l'impĂŽt
fédéral direct). Il est d'avis que la prescription était acquise pour 1993 et
1994, du moment que l'Administration fiscale a attendu le 24 août 2000 pour
s'adresser Ă lui.
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5.1 La prescription des créances d'impÎts des périodes fiscales 1993-1994
est rĂ©gie par l'arrĂȘtĂ© sur l'impĂŽt fĂ©dĂ©ral direct car - bien qu'elle figure Ă
la cinquiÚme partie, relative à la procédure, de la loi sur l'impÎt fédéral
direct
directement l'existence de la créance fiscale (ATF 126 II 1 consid. 2a p. 2/3
et les arrĂȘts citĂ©s). Les dispositions relatives Ă la prescription de la loi
sur l'impÎt fédéral direct sont applicables aux créances de la période
fiscale 1995.
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5.2 D'aprÚs l'art. 134 AIFD, le droit d'engager la procédure prévue aux art.
132 (procédure en cas de soustraction) et 133 (autres infractions) s'éteint
cinq ans aprÚs la clÎture de la période de taxation (art. 7 al. 1 AIFD) en
question. Il s'agit d'un délai de péremption. Le contribuable doit avoir pris
connaissance de l'ouverture de la procédure dans le délai de péremption
(KÀnzig/Behnisch, Die direkte Bundessteur (Wehrsteuer), 2 éd., IIIe partie,
Bùle 1992, n° 4 et 5 ad art. 134 AIFD et la jurisprudence citée). Pour la
période fiscale 1993/1994, le délai commençait à courir le 1er janvier 1995
et échéait le 31 décembre 1999 (cf. KÀnzig/Behnisch, op. cit., n° 2 ad art.
134 AIFD).
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En l'espÚce, le Tribunal administratif a constaté à bon droit (cf. consid. 3
ci-dessus) qu'un avis d'ouverture d'une procédure pour soustraction fiscale a
été adressé au recourant le 9 décembre 1998. L'ouverture de la procédure de
soustraction fiscale a par conséquent été portée à la connaissance du
recourant dans le délai de cinq ans dÚs le 1er janvier 1995. Le Tribunal
administratif n'a par conséquent pas violé l'art. 134 AIFD.
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5.3 D'aprĂšs l'art. 128 AIFD, les crĂ©ances rĂ©sultant de l'assujettissement Ă
l'impÎt se prescrivent par cinq ans. La prescription court dÚs l'échéance de
la créance. Elle est interrompue par tout acte tendant au recouvrement de
celle-ci. Elle est suspendue tant que le contribuable ne peut ĂȘtre poursuivi
en Suisse. L'arrĂȘtĂ© sur l'impĂŽt fĂ©dĂ©ral direct prĂ©voit uniquement une
prescription relative du droit de recouvrer l'impĂŽt (Ernst KĂ€nzig/Urs
Behnisch, op.cit., n° 2 ad art. 128) qui englobe aussi bien le droit de taxer
que celui de percevoir l'impÎt. Ce délai commence à courir en principe dÚs
l'échéance générale de l'impÎt annuel fixée par le Département fédéral des
finances; il est à cet égard sans importance qu'une taxation ait ou non été
notifiée au contribuable avant cette date (ATF 112 Ib 88 consid. 2a p. 92).
D'aprĂšs l'art. 114 al. 1 AIFD et l'art. 1er de l'ordonnance du 19 mars 1993
sur l'Ă©chĂ©ance et les intĂ©rĂȘts en matiĂšre d'impĂŽt fĂ©dĂ©ral direct, pĂ©riode de
taxation 1993/94 (RO 1993, p. 1264), l'échéance était fixée au 1er mars 1994
pour l'impĂŽt de l'annĂ©e 1993 et au 1er mars 1995 pour celui de 1994. L'arrĂȘtĂ©
sur l'impÎt fédéral direct ne prévoit en revanche pas de prescription absolue
des créances fiscales. Dans une jurisprudence constante, le Tribunal fédéral
a jugé que l'absence de disposition concernant la prescription absolue dans
cet arrĂȘtĂ© ne constituait pas une lacune mais un silence qualifiĂ© qu'il n'y
avait pas lieu de combler. Pour autant que la prescription relative soit
interrompue réguliÚrement, les créances d'impÎts ne se prescrivaient donc pas
(ATF 126 II 1 consid. 3 p. 5).
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L'art. 128 AIFD ne précise pas la notion d' ?acte tendant au recouvrement? de
la créance fiscale entraßnant l'interruption du délai de prescription. Selon
la jurisprudence, il s'agit de toutes les mesures des autorités fiscales
portées à la connaissance du contribuable et tendant à déterminer cette
créance, notamment celles qui sont prises au cours de la procédure de
rĂ©clamation ou de recours. Il en va de mĂȘme de simples lettres ou
d'injonctions qui visent la poursuite de la procédure de taxation (ATF 126 II
1 consid. 2c p. 5; 112 Ib 88 consid. 2b p. 93; Archives 59 p. 250 consid. 4d
p. 256 et la jurisprudence citée; KÀnzig/Behnisch, op. cit., n° 8 à 10 ad
art. 128 AIFD). En font partie, par exemple, l'envoi de la déclaration, la
sommation de déposer la déclaration, l'annonce d'un contrÎle et les contrÎles
des livres, la notification d'une taxation fiscale définitive ou provisoire,
l'invitation ou la sommation au paiement etc. (cf. les exemples tirés de la
jurisprudence dans KÀnzig/Behnisch, op. cit., n° 10 ad art. 128 AIFD). La
remise d'un bordereau provisoire sur la base de la déclaration d'impÎt
constitue aussi un tel acte tendant au recouvrement (ATF 75 I 174, consid. 3,
p. 17818).
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Un avis d'ouverture d'une procédure pour soustraction fiscale a été adressé
au recourant le 9 décembre 1998. Ce courrier valait interruption de la
prescription au sens de l'art. 128 AIFD et est intervenu dans le délai de 5
ans dÚs le 1er mars 1994. Dans ces conditions, un nouveau délai de cinq ans a
commencĂ© Ă courir dĂšs le 9 dĂ©cembre 1998. Ce dernier a lui-mĂȘme Ă©tĂ©
interrompu par le courrier de l'administration cantonale des impÎts adressé
au recourant le 14 août 2000 destiné à éclaircir une imposition éventuelle de
la valeur locative, puis notamment par l'avis de prochaine clĂŽture de la
procédure en soustraction du 12 juin 2001, la décision de rappel d'impÎt et
d'amendes du 23 décembre 2002 et la décision sur réclamation du 4 janvier
Comme l'a jugé à bon droit le Tribunal administratif, le droit de
rappeler l'impÎt fédéral direct pour les années 1993 et 1994 n'était par
conséquent pas prescrit.
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5.4 La prescription du droit de rappeler l'impÎt fédéral direct au sens de
l'art. 120 LIFD pour les périodes fiscales ultérieures (1995/1996 et
suivantes) n'est pas non plus acquise, ce que le recourant ne conteste
d'ailleurs pas.
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5.5 Par conséquent, en jugeant que les rappels d'impÎt fédéral direct
n'étaient pas prescrits, le Tribunal administratif n'a pas violé le droit
fédéral.
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II. ImpĂŽt cantonal (2P.4/2007)
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6.1 Le prononcé par lequel une juridiction cantonale annule la décision et
renvoie une affaire pour nouvelle décision à une autorité de premiÚre
instance est une décision incidente, qui n'entraßne en principe aucun dommage
irréparable pour l'intéressé et ne saurait en tant que tel faire l'objet d'un
recours de droit public (art. 87 OJ). Toutefois, lorsque l'arrĂȘt de renvoi ne
laisse aucune latitude de jugement à l'autorité inférieure, il peut alors
faire directement l'objet d'un recours de droit public, car un tel arrĂȘt
constitue pour les parties une décision qui met fin à la procédure (ATF 129 I
313 consid. 3.2 p. 317; 122 I 39; 117 Ia 396 consid. 1 p. 398 s. et les
arrĂȘts citĂ©s). Tel est bien le cas de l'arrĂȘt attaquĂ© en tant qu'il tranche
définitivement le sort de la prescription des rappels d'impÎt et des amendes
ainsi que de la légalité des rappels d'impÎt cantonal et communal.
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6.2 Déposé en temps utile contre une décision finale prise en derniÚre
instance cantonale, qui ne peut ĂȘtre attaquĂ©e que par la voie du recours de
droit public et qui touche le recourant dans ses intĂ©rĂȘts juridiquement
protégés, le présent recours de droit public n° 2P.4/2007 est en principe
recevable au regard des art. 84 ss OJ.
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Sous réserve d'exceptions non réalisées en l'espÚce, le recours de droit
public ne peut tendre qu'à l'annulation de la décision attaquée (ATF 132 I 68
consid. 1.5 p. 71 et la jurisprudence citĂ©e). Dans la mesure oĂč le recourant
demande l'annulation des décisions de rappel d'impÎt et d'amendes de
l'Administration cantonale des impĂŽts du 4Â janvier 2006, ses conclusions sont
irrecevables. En particulier, le grief du recourant selon lequel la procédure
le concernant et celle de la Société auraient été confondues par
l'Administration cantonale des impÎts dans sa décision du 4 janvier 2006 est
irrecevable.
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6.3 En vertu de l'art. 90 al. 1 lettre b OJ, l'acte de recours doit, Ă peine
d'irrecevabilité, contenir un exposé succinct des droits constitutionnels ou
des principes juridiques violés et préciser en quoi consiste la violation.
Lorsqu'il est saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral n'a
donc pas Ă vĂ©rifier de lui-mĂȘme si l'arrĂȘt entrepris est en tous points
conforme au droit et à l'équité. Il n'examine que les griefs d'ordre
constitutionnel invoqués et suffisamment motivés dans l'acte de recours. Le
recourant ne saurait se contenter de soulever de vagues griefs ou de renvoyer
aux actes cantonaux (ATF 130 I 258 consid. 1.3 p. 261). En outre, dans un
recours pour arbitraire fondé sur l'art. 9 Cst. (cf. art. 4 aCst.),
l'intĂ©ressĂ© ne peut se contenter de critiquer l'arrĂȘt attaquĂ© comme il le
ferait dans une procĂ©dure d'appel oĂč l'autoritĂ© de recours peut revoir
librement l'application du droit. Il doit prĂ©ciser en quoi cet arrĂȘt serait
arbitraire, ne reposerait sur aucun motif sérieux et objectif, apparaßtrait
insoutenable ou heurterait gravement le sens de la justice (ATF 128 I 295
consid. 7a p. 312 et la jurisprudence citée).
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Le recourant rĂ©itĂšre les griefs de violation du droit d'ĂȘtre entendu et de
violation de l'art. 6 CEDH qu'il a formulés dans son recours de droit
administratif. Ces griefs doivent ĂȘtre rejetĂ©s pour les mĂȘmes motifs que ceux
qui ont été exposés ci-dessus (consid. 3 et 4), auxquels il suffit de
renvoyer.
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Le recourant se plaint aussi de plusieurs violations de l'interdiction de
l'arbitraire dans l'application du droit cantonal.
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8.1 Une décision est arbitraire lorsqu'elle contredit clairement la situation
de fait, lorsqu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair
et indiscuté, ou lorsqu'elle heurte d'une maniÚre choquante le sentiment de
la justice et de l'équité (ATF 132 III 209 consid. 2.1 p. 211). A cet égard,
le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité
cantonale de derniĂšre instance que si elle apparaĂźt insoutenable, en
contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motifs
objectifs ou en violation d'un droit certain. De plus, il ne suffit pas que
les motifs de l'arrĂȘt attaquĂ© soient insoutenables, encore faut-il que ce
dernier soit arbitraire dans son résultat. Il n'y a en outre pas arbitraire
du seul fait qu'une autre solution que celle de l'autorité intimée paraßt
concevable, voire préférable (ATF 132 III 209 consid. 2.1 p. 211; 132 I 13
consid. 5.1 p. 17).
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8.2 En droit cantonal vaudois, d'aprĂšs l'art. 133 al. 1 de l'ancienne loi du
26 novembre 1956 sur les impĂŽts directs cantonaux (aLI; R. 1956, 359; en
vigueur jusqu'au 31 décembre 2000), la contravention est prescrite quatre ans
aprÚs la fin de la période de taxation. La prescription est interrompue par
tout avis de l'Administration cantonale des impÎts ou du Département des
finances aux intĂ©ressĂ©s les informant qu'une enquĂȘte est en cours (al. 1).
Cet avis est considéré comme non avenu si aucune suite ne lui est donnée dans
le délai d'une année (art. 133 al. 2 aLI).
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8.3 Dans l'arrĂȘt attaquĂ©, le Tribunal administratif a constatĂ© que, le
9 décembre 1998, un avis d'ouverture de procédure pour soustraction fiscale
concernant les périodes fiscales 1993/1994 à 1997/1998 avait été notifié au
recourant et que le mĂȘme jour, un courrier identique avait Ă©tĂ© adressĂ© Ă la
Société. Il a également constaté que, le 16 décembre 1998, l'Administration
cantonale des impÎts avait adressé un courrier recommandé à la Société, la
sommant de produire des piÚces comptables réclamées par courrier du 29
septembre 1998. Il ressort en outre du dossier que le recourant n'a
personnellement reçu aucun courrier ayant trait à la procédure de
soustraction ouverte à son encontre avant le 24 août 2000, date à laquelle
l'Administration cantonale des impÎts lui a demandé des informations sur son
logement. Considérant que le recourant était actionnaire et administrateur de
la Société, qu'il détenait un pouvoir de gestion effectif sur les affaires
sociales, que les mesures d'instruction effectuées à l'encontre de la Société
concernaient des reprises qui pouvaient le concerner simultanément et qu'il
en avait eu connaissance en tant qu'organe, le Tribunal administratif a jugé
que la sommation du 16 décembre 1998 validait non seulement l'avis
d'ouverture d'enquĂȘte adressĂ© Ă la SociĂ©tĂ© le 9 dĂ©cembre 1998 mais Ă©galement
celui qui avait Ă©tĂ© adressĂ© le mĂȘme jour Ă l'actionnaire. Le recourant
soutient que le raisonnement du Tribunal administratif conduit à un résultat
arbitraire en confondant deux sujets de droit, lorsque, comme en l'espĂšce,
cette confusion est favorable au fisc et en les distinguant lorsqu'il s'agit
d'imposer d'une part la société et d'autre part l'actionnaire comme le
prévoit le droit fiscal suisse.
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Quoi qu'en pense le recourant, qui ne nie pas avoir eu connaissance du
contenu des courriers des 16 décembre 1998 et 29 septembre 1998, ce
raisonnement ne conduit pas à un résultat arbitraire. En adoptant la rÚgle
prévue par l'art. 133 al. 2 aLI, le législateur vaudois entendait "éviter
qu'aprĂšs deux ou trois ans, l'Etat n'ait rien fait, et adresse au
contribuable un nouvel avis [d'ouverture d'enquĂȘte]". En rĂ©sumĂ©, comme
l'indique la lettre claire de l'art. 133 al. 2 aLI, il importait au
législateur que "la procédure suive son cours" (Bulletin des séances du Grand
Conseil du canton de Vaud, automne 1947, p. 364). Ni les travaux du Grand
Conseil ni la lettre de l'art. 133 al. 2 aLI ne précisent en revanche sous
quelle forme une suite doit ĂȘtre donnĂ©e, de sorte qu'il n'est pas
insoutenable de considérer, à l'instar du Tribunal administratif, que tel est
le cas dĂ©jĂ lorsque le contribuable comprend, mĂȘme de maniĂšre informelle, que
la procédure intentée contre lui se poursuivait.
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En l'espĂšce, il ressort du dossier que le courrier de sommation du
16 décembre 1998, notifié à la Société par son mandataire, a en outre été
adressé en copie "A la direction de Y......... SA, M. X........." par
l'Administration cantonale des contributions, ce dernier étant également
client Ă titre privĂ© de ce mĂȘme mandataire. Du moment que les mesures
d'instruction du courrier du 29 septembre 1998 concernaient des postes de
charges dans les comptes de la Société, dont l'intitulé laissait penser qu'il
s'agissait de distributions dissimulées de bénéfice à l'avantage du
recourant, celui-ci pouvait et devait comprendre, vu la nature des
renseignements requis de la Société, que cet acte d'instruction aurait
également des conséquences dans son propre chapitre fiscal et que la
procédure en soustraction ouverte contre lui suivait son cours. Dans ces
conditions, le Tribunal administratif pouvait juger sans arbitraire que
l'avis d'ouverture de procédure en soustraction adressé au recourant le 9
décembre 1998 avait été validé par la sommation du 16 décembre 1998. Le grief
doit ĂȘtre rejetĂ©.
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8.4 Le recourant soutient enfin le Tribunal administratif est tombé dans
l'arbitraire en jugeant que les créances de rappel d'impÎt cantonal et
communal n'étaient pas prescrites conformément à l'art. 98a aLI. (mémoire de
recours, ch. II, 4, p. 14).
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L'art. 98a aLI prévoit que le droit de procéder à une taxation définitive se
prescrit quatre ans aprÚs la fin de la période de taxation et est acquise
dans tous les cas douze ans aprÚs la fin de la période de taxation. Cet
article fixe aussi Ă quelles conditions la prescription est suspendue ou
interrompue.
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Le recourant n'expose aucun motif Ă l'appui de son allĂ©gation. Il se borne Ă
affirmer que la prescription est acquise sans préciser en quoi le Tribunal
administratif aurait, le cas échéant, appliqué de maniÚre arbitraire l'art.
98a aLI. Ne répondant pas aux exigences de motivation de l'art. 90 OJ, ce
grief est irrecevable.
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Les considérants qui précÚdent conduisent au rejet du recours de droit
administratif 2A.10/2007 et du recours de droit public 2P.4/2007, dans la
mesure oĂč ils sont recevables.
Succombant, le recourant doit supporter les frais judiciaires (art. 156 al.
1, 153 et 153a OJ). Il n'a pas droit à des dépens (art. 159 al. 1 OJ).
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Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:
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Les recours n° 2A.10/2007 et n° 2P.4/2007 sont joints.
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Le recours de droit administratif 2A.10/2007 est rejetĂ© dans la mesure oĂč il
est recevable.
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Le recours de droit public 2P.4/2007 est rejetĂ© dans la mesure oĂč il est
recevable.
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Un émolument judiciaire de 4'000 fr. est mis à la charge du recourant.
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Le prĂ©sent arrĂȘt est communiquĂ© en copie au recourant, Ă l'Administration
cantonale des impĂŽts du canton de Vaud et au Tribunal administratif du canton
de Vaud ainsi qu'à l'Administration fédérale des contributions, Division
juridique impÎt fédéral direct.
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Lausanne, le 23 août 2007
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Au nom de la IIe Cour de droit public
du Tribunal fédéral suisse
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Le président: Le greffier: