Standing and merits in appeal against prosecutorial dismissal

P3 14 215Tribunal Cantonal22 de mai. de 2015Dismissed

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Resumo Omnilex

X_________ appealed the Valais public prosecutor’s dismissal of her complaint accusing Y_________ of false statements made during a 2009 hearing in divorce-related protective-measures proceedings. The criminal chamber held that she had not shown direct harm to a legally protected interest: the alleged false statements were not demonstrated to have influenced the later divorce judgment, which in any event rejected the maintenance claim as late and the matrimonial-property claim for lack of proof and because the parties were under separation of property. The court therefore upheld the dismissal, rejected the appeal insofar as admissible, and ordered X_________ to pay the appeal costs and Y_________’s legal expenses.

Sumário Omnilex

Art. 393 al. 1 let. a, 382 al. 1, 115 and 105 CPP; art. 306 CP; appeal against dismissal for false statements in judicial proceedings: standing of the complainant requires direct infringement of a legally protected interest. Where the offence primarily protects the administration of justice, the private party must show that the impugned statements directly caused a personal prejudice, notably by influencing the outcome of the underlying civil case. It is insufficient to assert a merely indirect or hypothetical impact. If the alleged false declaration is not shown to concern a fact relevant to the civil judgment, the prosecutor may dismiss the case; under the in dubio pro duriore standard, indictment is required only when conviction appears more likely than acquittal or at least equally plausible (consid. 2-4).

Texto completo

P3 14 215

ORDONNANCE DU 22 MAI 2015

Tribunal cantonal du Valais

Chambre pénale

Jacques Berthouzoz, juge ; Frédéric Carron, greffier

en la cause entre

X_________ , recourante, représentée par Maître M_________

et

Y_________ , intimé, représenté par Maître N_________

et

MINISTÈRE PUBLIC , autorité attaquée

(Classement ; art. 319 al. 1 CPP)

recours contre l'ordonnance du ministère public du 9 octobre 2014


  • 2 -

Vu

l’interrogatoire de Y_________ par le juge II du Tribunal de district de A_________, le

3 mars 2009, dans le cadre de la procédure de mesures protectrices de l’union

conjugale pendante entre lui et son épouse, X_________, au cours duquel

Y_________ a notamment déclaré n’avoir alors aucun revenu et ne pas disposer de

fortune, si ce n’est un montant maximum de 6000 fr. ;

la dénonciation pénale, assortie d’une demande de réserve de ses droits, déposée par

X_________ contre Y_________, le 10 novembre 2011, pour fausse déclaration d’une

partie en justice (art. 306 CP) ;

le jugement du 25 mai 2012 par lequel le juge des districts de A_________ a prononcé

le divorce des époux X_________ et Y_________ ;

l’ordonnance de classement du ministère public du Valais du 9 octobre 2014 ;

le recours devant la chambre pénale formé par X_________ contre cette ordonnance,

le 21 octobre 2014 ;

la détermination du ministère public du 28 octobre 2014, accompagnée de son dossier

P1 12 216 ainsi que d’un classeur de pièces ;

l’écriture du 6 novembre 2014 par laquelle Y_________ a conclu au rejet du recours

sous suite de frais et dépens ;

Considérant

que les ordonnances de non-entrée en matière et de classement peuvent faire l’objet

d’un recours en vertu de l’art. 393 al. 1 let. a CPP de la part de « toute partie qui a un

intérêt juridiquement protégé à (leur) annulation ou à (leur) modification » (art. 382 al. 1

CPP) ; que la notion de partie visée à cette disposition doit être comprise au sens des

art. 104 et 105 CPP ; que l’art. 104 al. 1 let. b CPP reconnaît notamment cette qualité à

la partie plaignante soit, selon l’art. 118 al. 1 CPP, au « lésé qui déclare expressément

vouloir participer à la procédure pénale comme demandeur au pénal ou au civil » ; que,

conformément à l’art. 115 al. 1 CPP, est considéré comme lésé « toute personne dont


  • 3 -

les droits ont été touchés directement par une infraction » ; que l’art. 115 al. 2 CPP

ajoute que sont toujours considérées comme tels les personnes qui ont qualité pour

déposer plainte pénale ; que l’art. 105 CPP reconnaît également la qualité de partie

aux autres participants à la procédure, tels que le lésé (al. 1 let. a) ou la personne qui

dénonce les infractions (al. 1 let. b), lorsqu’ils sont directement touchés dans leurs

droits et dans la mesure nécessaire à la sauvegarde de leurs intérêts (al. 2) ; que la

qualité pour recourir de la partie plaignante, du lésé ou du dénonciateur contre une

ordonnance de classement ou de non-entrée en matière est ainsi subordonnée à la

condition qu’ils soient directement touchés par l’infraction et puissent faire valoir un

intérêt juridiquement protégé à l’annulation de la décision ; qu’en règle générale seul

peut se prévaloir d’une atteinte directe le titulaire du bien juridique protégé par la

disposition pénale qui a été enfreinte ; que les droits touchés sont les biens juridiques

individuels tels que la vie et l’intégrité corporelle, la propriété, l’honneur, etc. ; qu’en

revanche, lorsque l’infraction protège en première ligne l’intérêt collectif, les particuliers

ne sont considérés comme lésés que si leurs intérêts privés ont été effectivement

touchés par les actes en cause, de sorte que leur dommage apparaît comme la

conséquence directe de l’acte dénoncé (arrêt 1B_489/2011 du 24 janvier 2012 consid.

2.1 et les références) ;

que, si l’art. 306 CP protège indirectement les intérêts privés des autres parties au

litige, il tend en premier lieu à sauvegarder la justice dans la recherche de la vérité ;

que, par conséquent, vu les dispositions et la jurisprudence précitées, la partie qui se

prétend lésée doit exposer en quoi ses intérêts privés ont été effectivement touchés

par les actes en cause, de sorte que son dommage apparaisse comme la

conséquence directe des actes dénoncés ; qu’à cet égard, il s’agit de démontrer

l’existence d’un préjudice résidant dans l’influence sur le procès civil des prétendues

fausses déclarations du dénoncé ; qu’au surplus, la fausse déclaration doit porter sur

un fait de la cause pertinent pour l'issue du litige (ATC P3 07 178 du 26 novembre

2007 consid. 3a/bb ; Delnon/Rüdy, Commentaire bâlois, Strafgesetzbuch II, 2013, n.

24 ad art. 306 CP) ;

que, par ailleurs, s’agissant de classement au sens de l’art. 319 al. 1 CPP, en

application de l'adage « in dubio pro duriore », une mise en accusation ne doit être

opérée que lorsqu’une condamnation paraît plus vraisemblable qu’un acquittement ou

lorsque les probabilités d’acquittement et de condamnation apparaissent équivalentes,

en particulier en présence d’une infraction grave (ATF 138 IV 86 consid. 4.1.1 ; 137 IV

219 consid. 7.1 ; RVJ 2014 p. 200 consid. 2.1 et p. 321 consid. 7.1) ;


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qu’en l’occurrence, bien que le litige civil à l’origine de la dénonciation pénale se soit

terminé par le jugement de divorce rendu le 25 mai 2012 par le juge de district de

A_________, X_________ n’a fourni aucun élément précis mettant en lumière dans

quelle mesure les prétendues fausses déclarations en justice ont eu ou non une

quelconque influence sur ce jugement ; qu’en effet, si la dénonciation pénale du

10 novembre 2011 était fondée sur le fait que l’absence de revenus et de fortune (à

6000 fr. près) alléguée par Y_________ en séance du 3 mars 2009 avait pour but de le

faire échapper au paiement de toute pension et de tout montant en capital à titre de

liquidation du régime matrimonial (dénonciation p. 3 ch. II), il ressort d’abord du

jugement de divorce du 25 mai 2012 que la conclusion en paiement d’une contribution

d’entretien a été déclaré irrecevable pour cause formelle de tardiveté au regard de

l’art. 145bis CPP/VS (consid. 3) ; qu’ensuite, s’agissant de liquidation de régime

matrimonial, ce jugement fait aussi ressortir qu’en raison du régime de la séparation de

biens adopté en 1996 par les parties, il ne pouvait être question d’une telle liquidation

et que l’unique prétention en liquidation des rapports juridiques entre époux, portant

sur la restitution d’un reliquat de 200’000 fr. lié à la vente en 2002 de leur villa de

B_________, a dû être rejetée, faute de preuve que ce montant ait été confié au

défendeur (consid. 1.8 et 5.2) ; qu’il n’y a donc pas de lien de causalité directe entre

lesdites déclarations prétendument inexactes de l’intéressé et le préjudice allégué par

la recourante en lien avec la procédure de divorce ; qu’il s’ensuit que l’éventuelle

infraction en cause n’a pu la léser directement dans un intérêt personnel et

juridiquement protégé et que, de surcroît, à défaut de fausse déclaration portant sur un

fait pertinent pour l'issue du divorce, les conditions de l’art. 306 CP n’étaient clairement

pas réalisées à cet égard, de sorte qu’une condamnation ne paraît pas plus ou aussi

vraisemblable qu’un acquittement ; que le fait que la fausse déclaration d’une partie en

justice soit une infraction de mise en danger abstraite n’y change rien (cf. arrêt

1B_489/2011 du 24 janvier 2012 consid. 2.2 et les références ; ATC P3 12 17 du

23 février 2012) ; que cela rend superflues de plus amples investigations en

C_________ au sujet des opérations bancaires que Y_________ a pu exécuter,

notamment en 2008, ou encore des recherches concernant son train de vie depuis son

établissement à D_________ ;

que le recours doit donc être rejeté pour autant qu’il soit recevable ;

que, comme X_________ succombe entièrement dans ses conclusions, les frais de la

procédure de recours seront mis à sa charge (art. 416, 421 al. 2 let. c et 428 al. 1

CPP ; arrêt 6B_428/2013 du 18 juillet 2013 consid. 2.4) ; que l’émolument, qui doit


  • 5 -

respecter les principes de la couverture des frais et de l’équivalence des prestations,

est fixé en fonction notamment de l’ampleur et de la difficulté de la cause ainsi que de

la situation financière des parties (art. 424 al. 1 CPP et 1 al. 1, 13 al. 1 et 2 LTar) ; qu’il

varie entre 90 et 2400 fr. (art. 22 let. g LTar) ; qu’en l’espèce, eu égard à la complexité

de l’affaire proche de la moyenne mais aussi de la situation économique peu favorable

de la recourante, il est arrêté forfaitairement à 800 fr. (art. 424 al. 2 CPP et 11 LTar) ;

que l’intimé obtenant gain de cause, X_________ lui doit une juste indemnité pour les

dépenses occasionnées par la procédure de recours (art. 432 al. 1 et 436 al. 1 CPP ;

ATF 139 IV 45 consid. 1.2) ; que les honoraires de son avocat, variant entre 300 et

2200 fr., sont fixés notamment d’après la nature et l’importance de la cause, ses

difficultés, l’ampleur du travail et le temps utilement consacré par le conseil juridique

(art. 27 al. 1 et 3 et 36 LTar ; arrêt 6B_767/2010 du 24 février 2011 consid. 3.3 et 3.4

s’agissant de la rémunération pour une détermination et non pour un recours) ; qu’en

l’espèce, compte tenu du degré de complexité de l’affaire et des prestations utiles de

Me N_________, auteur d’une brève détermination, ils sont arrêtés à 200 francs ;

Prononce

Le recours est rejeté, dans la mesure où il est recevable.

Les frais de la procédure de recours, par 800 francs, sont mis à la charge de

X_________.

X_________ versera à Y_________ une indemnité de 200 francs pour ses

dépenses occasionnées par la procédure de recours.

La présente ordonnance est communiquée aux parties.

Sion, le 22 mai 2015

Palavras-chave

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Extraído pela Omnilex

Questão jurídica principal

Whether the complainant had standing to appeal the dismissal under direct-harm requirements for a false-statement offence

Decisão extraída

She was not directly affected in a legally protected interest because she did not show that the alleged false statements directly influenced the divorce judgment.

Fundamentação extraída

The offence primarily protects the administration of justice, not private interests. For standing, the appellant had to show a direct causal link between the false statements and a personal prejudice in the divorce case, which she failed to do.

Questão jurídica principal

Whether the prosecutor was entitled to dismiss the complaint rather than indict under the in dubio pro duriore standard

Decisão extraída

Yes. A conviction was not more likely than an acquittal, and the elements of the offence were not clearly met because the alleged false statements were not shown to be relevant to the outcome of the divorce proceedings.

Fundamentação extraída

The divorce judgment rejected the maintenance claim as time-barred and the matrimonial-property claim because separation of property applied and proof was lacking. Further investigations into bank operations or lifestyle were unnecessary.

Questão jurídica principal

Costs and compensation for the appeal proceedings

Decisão extraída

The appellant must bear the appeal costs and pay the respondent compensation for necessary expenses.

Fundamentação extraída

She failed entirely in the appeal; the court fixed the fee considering the case’s complexity and her financial situation, and awarded a modest counsel fee to the respondent.

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