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TRIBUNAL CANTONAL
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C H A M B R E D E S T U T E L L E S
Arrêt du 27 août 2009
Présidence de M. D E N Y S , président
Juges:MM. Giroud et Colombini
Greffier :MmeFauquex-Gerber
Art. 379 ss et 388 CC
La Chambre des Tutelles du Tribunal cantonal prend séance
pour s’occuper de l'opposition formée par B., à Ecublens, nommé
curateur de Q. par décision du 18 février 2009 de la Justice de
paix du district de l'Ouest lausannois.
Délibérant à huis clos, la cour voit :
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E n f a i t :
A.Par décision du 18 février 2009, communiquée le 19 mai 2009,
la Justice de paix du district de l'Ouest lausannois a institué une mesure de
curatelle volontaire, à forme de l'art. 394 CC (Code civil suisse du 10
décembre 1907, RS 210) en faveur de Q., née le 11 juillet 1962 et
domiciliée à Lausanne (I) et a désigné B. en qualité de curateur de
cette dernière (II).
Par acte du 10 juin 2009, B.________ s'est opposé à sa
désignation.
Après avoir été interpellé par la Justice de paix du district de
Lausanne, B.________ a invoqué, dans une lettre datée du 22 juin 2009, des
motifs d'ordre personnel et professionnel. Il fait ainsi valoir son emploi du
temps chargé, ses déplacements professionnels à l'étranger, ses
obligations familiales ainsi que le soutien administratif qu'il apporte à ses
parents.
B. Par décision 8 juillet 2009, communiquée le 31 juillet 2009, la
Justice de paix du district de Lausanne a maintenu la nomination de
B.________ en qualité de curateur de Q.________ et a transmis le dossier à
la Chambre des tutelles.
B.________ n'a pas retiré le pli de la cour de céans lui
impartissant un délai pour produire un mémoire ampliatif et des pièces.
E n d r o i t :
1.a) L'autorité tutélaire du domicile du pupille est compétente pour
procéder à la nomination du tuteur (art. 376 al. 1 et 379 al. 1 CC, Code
civil suisse du 10 décembre 1907, RS 210). Cette nomination n'est
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toutefois pas d'emblée définitive. La personne désignée peut refuser sa
désignation dans les dix jours qui suivent la communication, en faisant
valoir une des causes de dispense, principalement celles prévues à l'art.
383 CC (art. 388 al. 1 CC); en outre, tout intéressé peut s'opposer à la
nomination, dans les dix jours qui suivent le moment où il a eu
connaissance de celle-ci, en invoquant son illégalité (art. 388 al. 2 CC;
Deschenaux/ Steinauer, Personnes physiques et tutelle, 4
ème
éd., Berne
2001, nn. 945 et 946a, p.364; Schnyder/Murer, Berner Kommentar, n. 21
ad art. 388 CC, p. 827; Breitschmid, Basler Kommentar, 3
ème
éd. 2006, nn.
2 et 3 ad art. 388-391 CC,
p. 1890). Si l'autorité tutélaire maintient la nomination, elle transmet
l'affaire, avec son rapport, à l'autorité de surveillance, qui prononcera (art.
388 al. 3 CC). Cette procédure est applicable par analogie à la désignation
du curateur (art. 367 al. 3 et 397 al. 1 CC; Deschenaux/ Steinauer, op. cit.,
n. 1132, p. 423).
b) En l'espèce, B.________ s'est opposé en temps utile à sa
désignation en qualité de curateur de Q.________ en invoquant des
circonstances tenant à sa personne qui ne constituent pas des causes de
dispense (art. 383 CC). Il invoque dès lors implicitement son inaptitude
relative au sens de l'art. 379 CC et soutient que sa nomination est illégale
en tant qu'elle viole cette disposition. Déposée en temps utile, l'opposition
est recevable formellement.
2.L'opposition régie par l'art. 388 CC, semblable au recours
général de l'art. 420 al. 2 CC, est soumise aux règles de la procédure du
recours non contentieux prévues aux art. 489 ss CPC (art. 109 al. 3 LVCC,
loi d'introduction dans le canton de Vaud du Code civil suisse du 30
novembre 1910,
RSV 211.01). Il appartient donc à la Chambre des tutelles, qui revoit
librement la cause en fait et en droit (JT 2003 III 35; JT 2001 III 121),
d'examiner si l'une des causes de dispense prévues par la loi est réalisée,
même si l'opposant ne s'en prévaut pas expressément.
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L'art. 383 CC énumère les principaux cas dans lesquels une
personne peut se prévaloir d'une cause de dispense
(Deschenaux/Steinauer, op. cit. n. 937, pp. 362-363; Schnyder/Murer, op.
cit., nn. 24 ss, pp. 741 ss). Peut ainsi être dispensé du devoir civique que
constitue la tutelle ou curatelle privée notamment celui qui est âgé de
soixante ans révolus (ch. 1), celui qui a l'autorité parentale sur plus de
quatre enfants (ch. 3) ou celui qui est chargé de deux tutelles ou d'une
tutelle particulièrement importante (ch. 4). Les personnes qui se trouvent
dans les cas mentionnés à l'art. 97 LVCC ne sont également pas tenues
d'accepter une tutelle
(art. 383 ch. 6 CC).
En l'espèce, la situation de l'opposant ne réalise aucune des
causes de dispense prévues par la loi.
3.a) L'opposition doit être fondée sur l'illégalité de la nomination;
cette condition est notamment réalisée en cas de violation d'une
disposition légale claire ou de choix arbitraire ou inopportun
(Schnyder/Murer, op. cit., nn. 46 à 49 ad art. 388 CC, pp. 831 ss).
L'autorité tutélaire doit nommer tuteur une personne majeure
apte à remplir ces fonctions (art. 379 al. 1 CC). Les parents de l'interdit,
son conjoint, ainsi que toute autre personne habitant l'arrondissement
tutélaire sont tenus d'accepter les fonctions de tuteur (art. 382 al. 1
CC).
Selon l'art. 384 CC, ne peuvent être tuteurs les personnes qui
sont elles-mêmes sous tutelle (ch. 1), privées de leurs droits civiques ou
qui se sont déshonorées par leur inconduite (ch. 2); celles qui ont de
sérieux conflits d'intérêts avec l'incapable ou qui vivent en état d'inimitié
personnelle avec lui (ch. 3), ainsi que les membres des autorités
tutélaires, s'il existe d'autres personnes capables de remplir la fonction de
tuteur (ch. 4).
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La jurisprudence a encore précisé que celui qui s'oppose à sa
nomination peut se prévaloir de son inaptitude relative, au sens de l'art.
379
al. 1 CC, lorsque l'assistance personnelle du pupille requiert des
qualifications particulières de sa part. En revanche, des circonstances
personnelles telles que des occupations professionnelles très absorbantes
ne sauraient être invoquées
(RDT 1972, p. 108, n° 20). Ce dernier principe ne doit toutefois pas être
appliqué de façon trop rigide lorsqu'on se trouve face à des situations
exceptionnelles.
Certaines circonstances particulières telle une absence régulière et
durable du domicile pour des raisons professionnelles ou l'état de santé
physique ou psychique de la personne désignée, attestés médicalement,
peuvent être considérées comme préjudiciables au pupille et, par
conséquent, être retenues. Dans le cadre de cette inaptitude générale, la
loi ne prévoit pas de dispenser celui qui est suroccupé, fût-ce par des
activités tout à fait honorables ou des responsabilités familiales ne sortant
pas de l'ordinaire (Schnyder/Murer, op. cit, nn. 57 ss ad art. 379 CC, pp.
702 ss).
b) En l'espèce, l'opposant invoque son emploi du temps chargé,
ses déplacements professionnels à l'étranger, ses obligations familiales
ainsi que le soutien administratif qu'il apporte à ses parents.
Les circonstances invoquées par l'opposant ne sont pas de
nature à constituer un cas d'inaptitude relative, au sens des principes
dégagés par la doctrine et la jurisprudence. L'on peut certes lui donner
acte que son travail est prenant et que ses obligations personnelles
occupent une grande partie du temps libre qui lui reste mais sa situation
ne se distingue pas de manière exceptionnelle de celle de bon nombre de
citoyens qui exercent une activité lucrative astreignante, élèvent une
famille, assument des mandats ou rendent régulièrement des services de
nature sociale ou humanitaire; elle ne saurait être appréhendée comme
constitutive d'une indisponibilité telle qu'elle puisse mettre en péril les
intérêts du pupille (Ch. tut., 26 août 2006/230 et 19 janvier 2007/42). En
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particulier, le recourant allègue de fréquents déplacements professionnels
à l'étranger sans toutefois les établir. De toute manière, il n'allègue pas
que ces voyages impliquent des absences de longues durées de son
domicile qui seraient incompatibles avec sa fonction de curateur. Le
législateur a prévu l'accomplissement du mandat de curateur privé
comme un devoir civique. Il n'est en aucune façon réservé aux personnes
sans activité lucrative, dénuées de vie privée ou d'obligations familiales. Il
n'est ainsi pas possible de relativiser les exigences posées par la doctrine
et la jurisprudence pour l'admission d'une opposition, puisque ces règles
tirent leur légitimité du système légal tel qu'il a été aménagé et plus
particulièrement dans le canton de Vaud où une prise en charge
professionnelle et généralisée du pupille n'est en l'état pas prévue.
Enfin, on constate que le mandat de curatelle volontaire a été
institué en raison des difficultés de la pupille, atteinte dans sa santé, à
gérer ses affaires administratives et financières. Le mandat tutélaire
devrait par conséquent principalement consister à gérer le budget de la
pupille dont le seul revenu est une rente de l'assurance-invalidité et ne
requiert donc pas une importante disponibilité ni des qualifications
particulières.
Partant, aucun élément invoqué par l'opposant ne permet
d'admettre que les intérêts de la pupille sont compromis par sa
nomination.
4.Au vu des considérations qui précèdent, l'opposition de
B.________ doit être rejetée et la décision entreprise confirmée.
Le présent arrêt est rendu sans frais (art. 236 al. 2 TFJC, tarif
du 4 décembre 1984 des frais judiciaires en matière civile, RSV 270.11.5).
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Par ces motifs,
la Chambre des tutelles du Tribunal cantonal,
statuant à huis clos,
p r o n o n c e :
I.L'opposition est rejetée.
II.La décision est confirmée.
III.L'arrêt est rendu sans frais.
IV.L'arrêt motivé est exécutoire.
Le président :La greffière :
Du 27 août 2009
Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué par écrit
aux intéressés.
La greffière :
Du
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L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :
-M. B.________
et communiqué à :
-Justice de paix du district de Lausanne,
par l'envoi de photocopies.
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière
civile devant le Tribunal fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin
2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours
constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Ces recours doivent
être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la
présente notification (art. 100 al. 1 LTF).
La greffière :