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TRIBUNAL CANTONAL
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PE15.011895-LCT
C H A M B R E D E S R E C O U R S P E N A L E
Arrêt du 4 novembre 2015
Composition : M. A B R E C H T , président
MM. Krieger et Maillard, juges
Greffière:MmeCattin
Art. 318 al. 1 CPP
Statuant sur le recours interjeté le 24 août 2015 par
M.________ contre l’ordonnance de classement rendue le 7 août 2015 par
le Ministère public de l’arrondissement de Lausanne dans la cause
n° PE15.011895-LCT, la Chambre des recours pénale considère :
E n f a i t :
A.Le 17 juin 2015, M.________ a déposé plainte à l’encontre
d’A.________ pour injure et menaces.
En substance, après avoir reçu un commandement de payer
de la part du plaignant, son ancien bailleur, A.________ lui a adressé, le 18
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mars 2015, les messages SMS suivants : « salut je sais pas si tu sais qui je
suis mais vu que tu joue a se jeu malonnette et arnaque et un niveau sale
et bas je vais te faire connaître qui je suis A.________ » (sic) et « tu a
l’audace de m’envoyer une poursuite de 29200 ta vraiment peter les plon
je te promet un franc de moi tu va pas voir je suis pas un abruti pour que
tu te foute de moi » (sic).
Le 21 juillet 2015, le Procureur a adressé aux parties un avis
de prochaine clôture, leur impartissant un délai au 6 août 2015 pour
déposer d’éventuelles réquisitions de preuve.
Par courrier du 6 août 2015, M.________ a sollicité une
prolongation de délai de deux semaines pour formuler ses réquisitions de
preuves.
B.Par ordonnance du 7 août 2015, le Ministère public de
l’arrondissement de Lausanne a ordonné le classement de la procédure
pénale dirigée contre A.________ pour injure et menaces (I) et a mis les
frais de procédure, par 450 fr., à la charge de ce dernier (II).
Le 12 août 2015, le Ministère public a informé M.________ que
l’ordonnance de classement avait été notifiée par erreur avant la fin du
délai de prochaine clôture, lui a imparti un délai au 24 août 2015 pour qu’il
adresse ses éventuelles observations et a indiqué que selon les
observations ou réquisitions formulées, une ordonnance corrective ou
ultérieure indépendante serait alors rendue.
C.Par acte du 24 août 2015, M.________ a recouru auprès de la
Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal contre cette ordonnance
en concluant, avec suite de frais et dépens, principalement à son
annulation et au renvoi de la cause au Ministère public pour complément
d’instruction dans le sens des considérants à intervenir. Subsidiairement, il
a conclu à l’annulation de l’ordonnance attaquée et au renvoi de la cause
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au Ministère public pour qu’il procède à son audition et à la mise en
accusation d’A.________, notamment pour menaces et injure.
Par déterminations du 23 octobre 2015, le Ministère public a
conclu au rejet du recours, se référant entièrement aux considérants de
l’ordonnance attaquée.
E n d r o i t :
1.Les parties peuvent attaquer une ordonnance de classement
rendue par le ministère public en application des art. 319 ss CPP (Code de
procédure pénale suisse du 5 octobre 2007; RS 312.0) dans les dix jours
devant l’autorité de recours (art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP; cf. art. 20 al. 1
let. b CPP), qui est, dans le Canton de Vaud, la Chambre des recours
pénale du Tribunal cantonal (art. 13 LVCPP [loi vaudoise d’introduction du
Code de procédure pénale suisse; RSV 312.01]; art. 80 LOJV [loi vaudoise
d’organisation judiciaire; RSV 173.01]).
Interjeté dans le délai légal auprès de l’autorité compétente
par la partie plaignante qui a qualité pour recourir (art. 382 al. 1 CPP), le
recours est recevable.
2.1A teneur de l'art. 318 CPP, lorsqu'il estime que l'instruction est
complète, le Ministère public rend une ordonnance pénale ou informe par
écrit les parties dont le domicile est connu de la clôture prochaine de
l'instruction et leur indique s'il entend rendre une ordonnance de mise en
accusation ou une ordonnance de classement. En même temps, il fixe aux
parties un délai pour présenter leurs réquisitions de preuves. Ce délai
n’étant pas un délai fixé par la loi, il peut être prolongé sur demande (art.
89 al. 1 a contrario CPP; Cornu, in: Kuhn/Jeanneret [éd.], Commentaire
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romand, Code de procédure pénale suisse, Bâle 2011, n. 8 ad art. 318
CPP).
Si le procureur n'a pas respecté les formes prévues à l'art. 318
al. 1 CPP pour la clôture, la décision qu'il rend ensuite (classement, renvoi)
est annulable (Cornu, in: Kuhn/Jeanneret [éd.], op. cit., n. 23 ad art. 318
CPP; TF 1B_59/2012 du 31 mai 2012 consid. 2.1.1).
2.2En l’espèce, le Ministère public a adressé le 21 juillet 2015 un
avis de prochaine clôture aux parties et leur a fixé un délai au 6 août 2015
pour qu’elles formulent leurs éventuelles réquisitions de preuves. Il a
toutefois notifié son ordonnance de classement le 7 août 2015, alors
même que le recourant avait requis, en temps utile, une prolongation de
délai. Le Procureur a du reste admis, dans un courrier du 12 août 2015,
que son ordonnance n’aurait pas dû être notifiée. Le recourant n'ayant pas
eu l'occasion de présenter ses moyens de preuve, force est donc de
constater que les formes prévues à l’art. 318 al. 1 CPP n’ont pas été
respectées, de sorte qu’il y a une violation de son droit d'être entendu
(CREP 18 août 2014/567; CREP 6 février 2014/101). Une telle violation ne
pouvait être réparée dans le cadre d’un nouveau délai imparti après la
notification de l’ordonnance de classement.
L'ordonnance querellée doit par conséquent être annulée pour
ce motif formel et le dossier renvoyé au Ministère public pour qu’il fixe à
M.________ un nouveau délai pour déposer d’éventuelles réquisitions de
preuve. Au vu de ce qui précède, il n’y a pas lieu d’examiner les moyens
de fond contenus dans le recours.
3.Il résulte de ce qui précède que le recours doit être admis et
l’ordonnance attaquée annulée, le dossier de la cause étant renvoyé au
procureur pour qu’il procède dans le sens des considérants.
Les frais de la procédure de recours, constitués en l'espèce du
seul émolument d'arrêt, par 550 fr. (art. 20 al. 1 TFIP [Tarif des frais de
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procédure et indemnités en matière pénale du 28 septembre 2010; RSV
312.03.1]), seront laissés à la charge de l'Etat (art. 423 al. 1 CPP).
S’agissant des dépens réclamés par le recourant, il
appartiendra le cas échéant à ce dernier d’adresser à la fin de la
procédure – pour autant que les conditions d’une indemnité selon
l’art. 433 al. 1 CPP soient alors remplies – ses prétentions à l’autorité
pénale compétente selon l’art. 433 al. 2 CPP (CREP 16 avril 2013/279 c. 4
et les références citées).
Par ces motifs,
la Chambre des recours pénale
prononce :
I. Le recours est admis.
II. L’ordonnance du 7 août 2015 est annulée et le dossier est
renvoyé au Ministère public de l’arrondissement de Lausanne
pour qu’il procède dans le sens des considérants.
III. Les frais d’arrêt, par 550 fr. (cinq cent cinquante francs), sont
laissés à la charge de l’Etat.
IV. Le présent arrêt est exécutoire.
Le président : La greffière :
Du
Le présent arrêt, dont la rédaction a été approuvée à huis clos,
est notifié, par l'envoi d'une copie complète, à :
-M. Alain Dubuis, avocat (pour M.),
-M. A.,
-Ministère public central,
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et communiqué à :
-
M. le Procureur de l’arrondissement de Lausanne,
par l’envoi de photocopies.
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière
pénale devant le Tribunal fédéral au sens des art. 78 ss LTF (loi du 17 juin
2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110). Ce recours doit être déposé
devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la notification
de l'expédition complète (art. 100 al. 1
LTF).
La greffière :