Jugement incident dans la cause divisant C., à [...] (GE), et
V., à [...] (GE), d'avec X., à [...] (GE), N., à [...]
(GE), L., à [...] (GE) et A.J. et B.J.________, à [...].
Présidence de M. HACK, juge instructeur
Greffier :Mme Bron
Statuant à huis clos, le juge instructeur considère :
E n f a i t e t e n d r o i t :
Vu le procès ouvert par les demanderesses C.________ et
V.________ à l'encontre des défendeurs X., N., L.,
A.J. et B.J., selon demande du 9 novembre 2009, dont les
conclusions, prises avec suite de frais et dépens, sont les suivantes:
"Principalement:
IL., N., X., B.J.________ et
A.J.________ sont reconnus les débiteurs, solidairement
et conjointement entre eux, d'C.________ et V.________ et
-
2 -
leur doivent immédiat paiement de la somme de
Frs 800'000.- (huit cent mille francs) avec intérêt à 5%
l'an dès le 17 octobre 2008.
Subsidiairement:
IIL.________ est reconnu le débiteur, solidairement et
conjointement avec X., N., B.J.________
et A.J., d'C. et V.________ et leur doit
immédiat paiement de la somme de Frs 200'000.- (deux
cent mille francs) avec intérêt à 5% l'an dès le 17
octobre 2008 (parcelle n° [...])
IIIX.________ est reconnu le débiteur, solidairement et
conjointement avec L., N., B.J.________
et A.J., d'C. et V.________ et leur doit
immédiat paiement de la somme de
Frs 200'000.- (deux cent mille francs) avec intérêt à 5%
l'an dès le 17 octobre 2008 (parcelle n° [...])
IVN.________ est reconnu le débiteur, solidairement et
conjointement avec X., L., B.J.________ et
A.J., d'C. et V.________ et leur doit
immédiat paiement de la somme de
Frs 200'000.- avec intérêt à 5% l'an dès le 17 octobre
2008 (parcelle n° 139)
VX., N., L.________ sont reconnus
solidairement entre eux, ainsi que solidairement et
conjointement avec B.J.________ et A.J., les
débiteurs d'C. et V., et leur doivent
immédiat paiement de la somme de Frs 200'000.- (deux
cent mille francs) avec intérêt à 5% l'an dès le 17
octobre 2008 (parcelle n° 137).",
vu l'avis du 30 novembre 2009, par lequel le juge instructeur a
notifié ladite demande aux défendeurs, un délai, prolongé au 22 janvier
2010, leur étant imparti pour procéder sur cette écriture,
vu le courrier du 22 janvier 2010, par lequel les défendeurs et
requérants X., N.________ et L.________ ont déposé une requête
incidente en déclinatoire à l'encontre des demanderesses et intimées
C.________ et V., ainsi qu'à l'encontre des défendeurs et intimés
B.J. et A.J.________, et dont les conclusions sont les suivantes:
-
3 -
"-Déclarer recevable la présente requête.
-Prononcer le déclinatoire et éconduire les
demanderesses/citées incidentes d'instance, la Demande de
celles-ci du 9 novembre 2009 étant irrecevable.
-Condamner les demanderesses/citées incidentes en tous les
dépens, lesquels comprendront une équitable indemnité à
titre de participation aux frais et honoraires d'avocat des
défendeurs/requérants incidents.
-Débouter les cités incidents de toutes autres contraires
conclusions.
-Subsidiairement, acheminer les défendeurs/requérants
incidents à prouver par toutes voies de droit utiles les faits
allégués.
-Plus subsidiairement, fixer un délai aux défendeurs/requérants
incidents pour répondre sur le fond de la Demande.",
vu l'avis du juge instructeur du 25 janvier 2010 notifiant cette
requête aux intimés et leur fixant un délai au 9 février 2010 pour faire la
déclaration prévue par l'art. 148 CPC (Code de procédure civile du 14
décembre 1966; RSV 270.11) ou indiquer les mesures d'instruction
demandées, dit avis étant également communiqué aux requérants et
valant interpellation au sens de l'art. 149 al. 4 CPC pour toutes les parties,
vu la correspondance du 9 février 2010, par laquelle les
intimées C.________ et V.________ ont déclaré s'opposer à la requête
incidente en déclinatoire, ont considéré qu'une audience n'était pas
nécessaire et qu'un échange de mémoires suffisait,
vu l'avis du juge instructeur du 12 février 2010 impartissant
aux parties requérantes un délai au 1
er
mars 2010 et aux parties intimées
un délai au 15 mars 2010 pour produire un mémoire incident, et les
avisant qu'à l'échéance de ce dernier délai, il serait statué sans plus ample
instruction en application de l'art. 149 al. 4 CPC,
-
4 -
vu le courrier du 1
er
mars 2010, par lequel les requérants ont
confirmé les conclusions de leur requête incidente du 22 janvier 2010 et
ont déclaré n'avoir aucun élément à ajouter à cette écriture,
vu le mémoire incident du 15 mars 2010, par lequel les
intimées C.________ et V.________ ont pris, avec suite de frais et dépens, les
conclusions suivantes:
" I.La requête en déclinatoire déposée le 22 janvier 2010 par
X., N. et L.________ est rejetée.",
vu les autres pièces du dossier,
vu les art. 19, 56 et suivants, ainsi que 146 et suivants CPC;
attendu que le déclinatoire doit être soulevé, dans le délai de
réponse, avant toute défense au fond et préalablement à toute exception
de procédure (art. 58 al. 1 et 2 CPC),
que la partie qui oppose le déclinatoire procède en la forme
incidente (art. 59 al. 1 CPC),
que le juge compétent en matière incidente est le juge
instructeur (art. 146 al. 1 CPC),
qu'en l'espèce, les requérants ont procédé en temps utile,
dans le délai de réponse, avant toute défense au fond et préalablement à
toute exception de procédure, par le dépôt d'une requête incidente,
que cette requête a cependant été adressée à la Cour civile en
lieu et place du juge instructeur de ladite cour,
-
5 -
que les conclusions de la requête incidente ont également été
requises de la Cour civile en lieu et place du juge instructeur de ladite
cour,
qu'il a déjà été jugé qu'une requête incidente adressée au
président de la Cour civile au lieu du juge instructeur n'avait pas à être
écartée pour ce motif (JICC, G. et C. c. I.-W., 30 juin 2005/101; voir
également Crec, B. L. c. L. B., 2 juillet 2008/315/I),
qu'en l'espèce, la requête ayant de toute manière été
transmise d'office au juge instructeur de la Cour civile, ce serait faire
preuve de formalisme excessif que de ne pas en admettre la recevabilité
pour ce motif,
que la requête est ainsi recevable en la forme;
attendu qu'aux termes de l'art. 56 CPC, le déclinatoire a lieu
lorsque la cause est portée devant un juge incompétent pour en connaître
d'après les règles qui déterminent le for et les attributions des autorités
judiciaires,
qu'en l'espèce, dans la procédure au fond, C.________ et
V.________ ont ouvert action à l'encontre de X., N.,
L., A.J. et B.J.________ afin d'obtenir l'exécution d'une
convention signée le 15 mai 1989 entre le défunt père des intimées, d'une
part, X., N. et L., d'autre part,
que selon cette convention, X., N.________ et L.________,
en acquérant les parcelles [...] et [...] à [...] de la Commune de [...], se
seraient engagés, solidairement entre eux, de même que pour leurs
héritiers et/ou leurs successeurs dans la propriété des terrains, à verser au
vendeur un montant de 200'000 fr. par parcelle pour laquelle un permis de
construire serait obtenu,
-
6 -
que les parcelles nos [...] à [...] ont été vendues aux intimés
A.J.________ et B.J.,
que les parcelles [...] à [...] de la Commune de [...] ont été
classées en zone à bâtir et un permis de construire a été délivré pour
celles-ci le 17 octobre 2008,
que, sur la base de la convention précitée, les intimées,
demanderesses au fond, réclament un montant de 800'000 fr. aux
requérants, défendeurs au fond, X., N., L., ainsi
qu'aux intimés, défendeurs au fond, A.J.________ et B.J.,
solidairement entre eux,
que les requérants X., N.________ et L.________ sont
domiciliés dans le Canton de Genève,
que les intimés A.J.________ et B.J.________ sont domiciliés dans
le Canton de Vaud,
que, selon les intimées, l'action au fond peut être valablement
intentée devant les tribunaux vaudois conformément aux art. 19 al. 1 let.
c, 3 al. 1 let. a et
7 al. 1 LFors (loi fédérale du 24 mars 2000 sur les fors en matière civile;
RS 272), dès lors que les parcelles dont il est question sont situées dans le
Canton de Vaud et que les défendeurs A.J.________ et B.J.________ sont
domiciliés dans ce même canton;
attendu qu'en vertu de l'art. 19 al. 1 LFors, le tribunal du lieu
où est situé le Registre foncier dans lequel un immeuble est immatriculé
ou devrait l’être est compétent pour connaître des actions réelles (let. a)
et des autres actions en rapport avec l’immeuble telle que l’action visant
au transfert de la propriété foncière ou à la constitution de droits réels
limités sur les immeubles, ces actions pouvant également être portées
devant le tribunal du domicile ou du siège du défendeur (let. c),
-
7 -
que selon la jurisprudence, pour savoir si l'on est en présence
d'une action réelle ou personnelle, il faut se baser sur la nature juridique
de la prétention litigieuse, nature qui résulte du contenu de la demande,
des conclusions prises et des motifs qui les justifient (TF 5A_200/2007 du
19 décembre 2007 c. 2.1),
qu'en outre, d'après le Tribunal fédéral, les actions fondées sur
un contrat - qu'il s'agisse d'actions en exécution, d'actions en dommages-
intérêts pour inexécution ou d'actions en annulation - sont de nature
personnelle, même si le contrat concerne un immeuble, telle la vente
immobilière (TF 5A_200/2007 du
19 décembre 2007 c. 2.1),
que la doctrine en déduit que dans le cadre d'une action
fondée sur un contrat, les prétentions litigieuses doivent avoir un lien réel
avec l'immeuble pour fonder un for au lieu de la chose, lequel for n'est pas
donné dans le cas d'actions purement obligationnelles sans lien réel
quelconque avec l'immeuble (AJP/PJA 2008, p. 1522),
que la doctrine considère également que, pour des prétentions
purement contractuelles, qui n'ont aucun aspect réel et qui ne peuvent en
particulier pas conduire à une modification de l'extrait du Registre foncier,
le for au lieu de l'immeuble n'est pas offert même quand des prestations,
en rapport avec l'immeuble, sont litigieuses (AJP/PJA 2008, p. 1522),
qu'en l'espèce, l'action au fond repose sur l'exécution de la
convention signée le 15 mai 1986,
que, fondée sur un contrat, cette action est de nature
personnelle,
que les prétentions purement contractuelles des
demanderesses en paiement, qui ne revêtent aucun aspect réel, ne
-
8 -
peuvent pas être portées devant le tribunal du lieu où est situé le Registre
foncier dans lequel l'immeuble est immatriculé,
que l'art. 19 al. 1 let. c LFors n'est dès lors pas applicable en
l'espèce;
attendu qu'en vertu de l'art. 3 al. 1 let. a LFors, sauf
disposition contraire de cette loi, le for est, pour les actions dirigées contre
une personne physique, celui de son domicile,
qu'en vertu de l'art. 7 al. 1 LFors, lorsque l’action est intentée
contre plusieurs consorts, le tribunal compétent à l’égard d’un défendeur
l’est à l’égard de tous les autres,
que cette disposition traite du cumul subjectif en cas de
consorité passive, qu'elle soit nécessaire ou simple (Poudret/Haldy/Tappy,
Procédure civile vaudoise, Code annoté, 3
ème
éd., n. 1 ad art. 7 LFors),
qu'en matière internationale, en cas de consorité passive
simple, la partie qui n'est pas recherchée à son for ordinaire selon l'art. 6
CL (convention du
16 septembre 1988 concernant la compétence judiciaire et l'exécution des
décisions en matière civile et commerciale; RS 0.275.11) peut contester la
compétence du tribunal saisi également en invoquant des circonstances
démontrant l'absence de fondement de l'action à l'égard du consort, pour
autant qu'il s'agisse de faits qui ne sont pas doublement pertinents au
regard des prétentions qui sont dirigées contre ladite partie (ATF 134 III 27
c. 6),
que cette possibilité doit s'appliquer par analogie lorsqu'une
partie n'est pas recherchée à son for ordinaire selon l'art. 7 LFors (cf. ATF
129 III 80 c. 2.2,
JT 2003 I 636),
-
9 -
que selon la doctrine, l'art. 7 al. 1 LFors ne saurait être utilisé
de manière abusive, en dépit de l'absence de précision en ce sens dans le
texte (Donzallaz, Commentaire de la Loi fédérale sur les fors en matière
civile, n. 22 ad art. 7, p. 240),
que le principe de la bonne foi fait interdiction à un plaideur de
se donner deux adversaires dans le but de distraire l'un d'eux de son juge
ordinaire (Donzallaz, Commentaire de la Loi fédérale sur les fors en
matière civile, n. 22 ad art. 7, p. 240),
qu'ainsi, le tribunal devient incompétent lorsque, dans le seul
but de profiter du for de la consorité passive, le demandeur a mis
abusivement en cause un défendeur à l'encontre duquel il s'est par la
suite désisté (Donzallaz, Commentaire de la Loi fédérale sur les fors en
matière civile, n. 22 ad art. 7, p. 240),
qu'il ne suffit donc pas d'ouvrir action contre n'importe quel
tiers pour fixer un for conformément à l'art. 7 al. 1 LFors,
qu'il n'est en effet pas possible d'attraire une partie sur la base
de l'art. 7 al. 1 LFors en se prévalant du for applicable à une personne
contre laquelle il n'existe manifestement pas de prétentions (ATF 134 III
27),
qu'il s'agit en l'espèce de déterminer si les requérants
X., N. et L.________ peuvent être attraits devant la Cour
civile en application de l'art. 7 al. 1 LFors,
que la question est donc de savoir si les demanderesses
disposent d'une action contre A.J.________ et B.J.________, qui sont, eux,
domiciliés dans le Canton de Vaud;
attendu que pour trancher un déclinatoire, le juge doit se
fonder sur les faits allégués en relation avec les conclusions prises, sans
-
10 -
examiner le bien-fondé de la demande (Poudret/Haldy/Tappy, op. cit., n. 3
ad art. 56 CPC et les références citées),
que les faits à prendre en considération seront, en principe,
ceux résultant du contenu de la demande, des conclusions et des motifs
qui les justifient, alors que les exceptions et objections de la partie
adverse n'ont, à ce stade, pas à être prises en compte (ATF 131 III 153 c.
5),
qu'en application de la théorie des faits de double pertinence,
l'existence des faits justifiant à la fois la compétence et les prétentions au
fond, s'ils sont contestés, seront présumés réalisés pour l'examen de la
compétence (ATF 131 III 153 c. 5),
qu'ils ne devront être prouvés qu'au moment où le juge
statuera sur le fond de la demande (ATF 131 III 153 c. 5; ATF 129 III 80 c.
2.2, JT 2003 I 636),
que le véritable objectif, en matière contractuelle, de la théorie
de la double pertinence consiste à éviter que l'examen de la compétence
anticipe celui du litige au fond (Bucher, L'examen de la compétence
internationale par le juge suisse, in SJ 2007 II 153 ss, spéc. p. 157),
qu'il importe ainsi peu que la partie soit en droit d'ouvrir action
ou que ses prétentions soient établies, voire qu'elles aient des chances de
l'être, puisqu'il s'agit de questions de fond que le juge ne doit pas
examiner à ce stade (Bonard, Les sanctions des règles de compétence,
thèse Lausanne 1985, pp. 152 ss),
que selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, les faits
doublement pertinents doivent être allégués avec une certaine
vraisemblance, conduisant à un examen prima facie de leur pertinence
déjà au stade de l'examen de la compétence (ATF 131 III 153 c. 5.1);
-
11 -
qu'en l'espèce, les demanderesses ont également pris des
conclusions contre A.J.________ et B.J.,
qu'il n'y a pas, à ce stade, à examiner la question de savoir si
les faits allégués, s'agissant des conclusions prises contre A.J. et
B.J., sont établis ou non,
qu'il convient de déterminer, en revanche, – en présumant que
ces allégués sont exacts – si ceux-ci sont de nature à justifier les
conclusions prises,
qu'en l'occurrence, prima facie, l'action ouverte par les
demanderesses à l'encontre de A.J. et B.J., est uniquement
fondée sur l'allégué 14 de la demande qui reprend la convention du 15
mai 1986,
que selon cet allégué, feu [...] d'une part et X.,
N.________ et L.________ d'autre part, ont convenu ce qu suit:
" (...)
1/ Les acquéreurs s'engagent, pour eux, leurs héritiers et/ou leurs
successeurs dans la propriété des terrains, conjointement et
solidairement, à verser à M. [...] une somme de fr. 200.000.- (deux
cent mille francs) pour chaque autorisation de construire qu'ils
obtiendront pour l'une ou l'autre des parcelles, avec un maximum
absolu de paiement de fr. 800.000.- (huit cent mille) correspondant
à quatre autorisations de construire, ce que M. [...] accepte
expressément.
(...)
3/ Les acquéreurs s'engagent à aviser de cette obligation de
paiement tout nouveau propriétaire de tout ou partie des parcelles
concernées et à lui faire reprendre l'obligation en cause.
(...). "
qu'il est manifeste que cette convention ne lie pas A.J.________
et B.J.________, acquéreurs ultérieurs des parcelles nos [...] à [...] de la
Commune de [...],
-
12 -
que les défendeurs A.J.________ et B.J.________ ne sont pas
partie à cette convention,
que les demanderesses font valoir que, si les requérants ont
tenu leurs engagements, ils auront fait reprendre à A.J.________ et
B.J.________ l'engagement en question, de sorte que ceux-ci en seraient
dès lors solidairement tenus,
que, selon elles, c'est l'instruction au fond qui permettra de
déterminer dans quelle mesure cet engagement solidaire a été accepté
par A.J.________ et B.J.,
que les demanderesses n'ont toutefois pas allégué dans leur
demande que A.J. et B.J.________ auraient repris ou accepté cet
engagement,
qu'il est nécessaire que les faits dont l'instruction au fond doit
établir l'existence, soient à tout le moins allégués,
que les demanderesses n'ont donc pas allégué les faits
justifiant à la fois la compétence et les prétentions au fond,
que même en admettant, par hypothèse, que tous les allégués
de la demande sont exacts, on ne pourrait manifestement, sur cette base,
retenir un engagement quelconque de A.J.________ et B.J.________,
que les demanderesses ne peuvent donc pas se fonder sur
l'art. 7 al. 1 LFors pour attraire les requérants,
que, si les demanderesses n'avaient actionné que les
requérants, la procédure aurait dû être ouverte dans le Canton de Genève,
puisque ces derniers y sont tous domiciliés,
que les requérants sont donc fondés à contester la
compétence de la cour de céans,
-
13 -
qu'en définitive, la requête incidente en déclinatoire doit être
admise en tant qu'elle concerne les requérants X., N. et
L.________;
attendu qu'en vertu de l'art. 61 al. 1 CPC, si le déclinatoire est
prononcé parce que la cause ne relève pas d'une autorité judiciaire du
canton ou en raison d'une violation de la LFors, le demandeur est éconduit
d'instance,
qu'en l'espèce, pour les motifs qui précèdent, les
demanderesses, intimées à l'incident, sont éconduites de l'instance
qu'elles ont introduite le
9 novembre 2009 contre les défendeurs, requérants à l'incident;
attendu que les frais de la procédure incidente doivent être
mis à la charge des requérants, solidairement entre eux, à concurrence de
900 francs (art. 170a al. 1 et 171 du tarif du 4 décembre 1984 des frais
judiciaires en matière civile; RSV 270.11.5);
attendu qu'en matière incidente, le juge statue sur les dépens
comme en matière de jugement de fond (art. 150 al. 2 CPC),
que selon l'art. 92 al. 1 CPC, des dépens sont alloués à la
partie qui obtient gain de cause,
que ceux-ci comprennent principalement les frais de justice
payés par la partie, les honoraires et les débours de son avocat (art. 91
let. a et c CPC),
que les honoraires d'avocat sont fixés selon le tarif du 17 juin
1986 des honoraires d'avocat dus à titre de dépens (RSV 177.11.3),
-
14 -
que les requérants, qui obtiennent gain de cause, ont droit au
remboursement de leur coupon de justice,
qu'ils ont donc droit à des dépens, solidairement entre eux,
arrêtés à 2'400 fr., à charge des intimées, solidairement entre elles,
que, A.J.________ et B.J.________ n'ayant pas procédé, il ne leur
est pas octroyé de dépens.
Par ces motifs,
le juge instructeur,
statuant à huis clos
et par voie incidente,
p r o n o n c e :
I. La requête en déclinatoire déposée le 22 janvier 2010 par les
requérants X., N. et L.________ est admise.
II. Les intimées et demanderesses au fond C.________ et
V.________ sont éconduites de l'instance qu'elles ont introduite
le
9 novembre 2009 contre les requérants et défendeurs au fond
X., N. et L.________.
III. Les frais de la procédure incidente, à la charge des requérants,
solidairement entre eux, sont arrêtés à 900 fr. (neuf cents
francs).
-
15 -
IV.Les intimées C.________ et V., solidairement entre
elles, verseront aux requérants X., N.________ et
L., solidairement entre eux, le montant de
2'400 fr. (deux mille quatre cents francs) à titre de dépens de
l'incident.
Le juge instructeur :La greffière :
P. HackM. Bron
Du
Le jugement qui précède, dont le dispositif a été expédié pour
notification le 13 avril 2010, lu et approuvé à huis clos, est notifié, par
l'envoi de photocopies, aux conseils des parties et aux intimés A.J.
et B.J.________ personnellement.
Les parties peuvent recourir auprès du Tribunal cantonal dans
les dix jours dès la notification du présent jugement en déposant au greffe
de la Cour civile un acte de recours en deux exemplaires désignant le
jugement attaqué et contenant leurs conclusions en réforme,
éventuellement en nullité, ou à défaut, indiquant sur quels points le
jugement est attaqué et quelle est la modification demandée.
La greffière :
M. Bron