Présidence de M. H A C K , vice-président
Juges:M.Bosshard et Mme Byrde
Greffière:MmeTchamkerten
Cause pendante entre :
S.________
(Me Eric Kaltenrieder)
et
X.________SA(Me François Roux)
II.Les frais de justice sont arrêtés à 22'246 fr. 40 (vingt-deux
mille deux cent quarante-six francs et quarante centimes) pour le
Le recours dirigé contre le jugement de la Cour civile est partiellement
admis et le jugement attaqué est annulé.
3.
Il est dit que X.SA versera, sous déduction des sommes de
10'000 fr. (valeur au 30 janvier 1997), de 20'000 fr. (valeur au
16 février 1998) et de 30'000 fr. (valeur au 11 avril 2002), à S.
Les frais judiciaires, arrêtés à 7'000 fr., sont mis par moitié à la charge
des parties.
5.
Les dépens sont compensés.
6.
La cause est retournée à la Cour civile pour nouvelle décision sur les
frais et dépens de l'instance cantonale.
7.
Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Chambre des
recours du Tribunal cantonal du canton de Vaud.",
vu le renvoi de la cause à la cour de céans pour nouvelle
décision sur les frais et dépens de l'instance cantonale (ch. 6 du dispositif
de cet arrêt),
vu l'avis du 5 mars 2011, par lequel le vice-président de la
cour de céans a invité les parties à se déterminer sur la question des frais
et dépens de l'instance cantonale dans un délai au 26 mars 2012 et les a
informées que, faute d'objections émises dans le même délai, la Cour
civile statuerait sans tenir d'audience,
vu les déterminations du 26 mars 2011, par lesquelles le
demandeur a conclu à l'allocation en sa faveur de dépens très légèrement
réduits, à l'instar de ce qu'avait retenu le premier jugement,
vu les déterminations du 26 mars 2011, par lesquelles la
défenderesse a conclu à ce que les dépens de première instance soient
compensés,
vu les autres pièces du dossier;
attendu que l'art. 67 LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal
fédéral ; RS 173.110) prévoit que, si le Tribunal fédéral modifie la décision
attaquée, il peut répartir autrement les frais de la procédure antérieure,
-
5 -
qu'aux termes de l'art. 68 al. 5 LTF, lorsque le Tribunal fédéral
confirme, annule ou modifie, selon le sort de la cause, la décision de
l'autorité précédente sur les dépens, il peut les fixer lui-même d'après le
tarif fédéral ou cantonal applicable ou laisser à l'autorité précédente le
soin de les fixer,
que, selon l'art. 107 al. 2 LTF, si le Tribunal fédéral admet le
recours, il statue lui-même sur le fond ou renvoie l'affaire à l'autorité
précédente pour qu'elle prenne une nouvelle décision,
qu'il peut également renvoyer l'affaire à l'autorité qui a statué
en première instance (art. 107 al. 2 in fine LTF),
qu'en l'espèce, saisie d'un renvoi du Tribunal fédéral, la cour
de céans doit statuer sur les frais et dépens de la procédure qui a eu lieu
devant la Cour civile uniquement, et non sur les frais engendrés par la
procédure qui s'est déroulée devant la Chambre des recours,
qu'en effet, dès lors qu'il a rejeté le recours exercé par la
défenderesse contre l'arrêt de la Chambre des recours, le Tribunal fédéral
ne peut ni répartir autrement les frais de la procédure antérieure, ni
renvoyer cette question aux autorités cantonales;
attendu que, selon l'art. 404 al. 1 CPC (Code de procédure
civile suisse du 19 décembre 2008 ; RS 272), les procédures en cours à
l'entrée en vigueur de la présente loi sont régies par l'ancien droit de
procédure jusqu'à la clôture de l'instance,
que l'ancien droit est ainsi applicable, lorsqu'une décision est
annulée après le 1
er
janvier 2011 et la cause renvoyée à l'autorité
inférieure pour reprendre l'instruction et statuer dans une affaire pendante
devant elle avant le 31 décembre 2010 (Tappy, CPC commenté, Bâle
2011, n. 20 ad art. 404 CPC, p. 1528),
-
6 -
qu'en l'espèce, ce sont par conséquent les art. 91 ss CPC-VD
(Code de procédure civile vaudois du 14 décembre 1966 dans sa teneur
en vigueur jusqu'au 31 décembre 2010 ; RSV 270.11) et le tarif des frais
judiciaires en matière civile du 4 décembre 1984 (aTFJC, abrogé par
l'entrée en vigueur, le 1
er
janvier 2011, du tarif des frais judiciaires en
matière civile du 28 septembre 2010 [TFJC ; RSV 270.11.5]) qui sont
applicables;
attendu que, selon l'art. 15 al. 1 aTFJC, il n'est pas perçu de
nouvel émolument pour le jugement d'une cause renvoyée ensuite
d'annulation par un arrêt du Tribunal fédéral,
qu'en revanche, s'agissant des frais arrêtés dans le jugement
de la Cour civile du 27 janvier 2010, il convient d'ajouter 100 fr. au coupon
de justice de la défenderesse, dans la mesure où l'art. 177 aTFJC prévoit
qu'il est perçu cette somme pour le dépôt d'un recours au Tribunal fédéral
et les opérations que cette démarche impose à l'autorité cantonale,
que, par conséquent, il y a lieu d'arrêter les frais de justice du
demandeur à 22'246 fr. 40 et ceux de la défenderesse à 27'832 fr. 65;
attendu qu'aux termes de l'art. 92 al. 1 CPC-VD, les dépens
sont alloués à la partie qui a obtenu l'adjudication de ses conclusions,
que le juge peut réduire les dépens ou les compenser lorsque
aucune des parties n'obtient entièrement gain de cause (art. 92 al. 2 CPC-
VD),
que les dépens comprennent principalement les frais et les
émoluments de l'office mis à la charge de la partie requérante, les
honoraires et les déboursés de son avocat (art. 91 let. a et c CPC-VD),
-
7 -
que, selon la doctrine et la jurisprudence, le juge doit
rechercher lequel des plaideurs gagne le procès sur le principe et non pas
répartir les dépens proportionnellement aux montants alloués
(Poudret/Haldy/Tappy, Procédure civile vaudoise, 3e éd., Lausanne 2002,
n. 3 ad art. 92 CPC-VD, p. 175 ; CREC I 30 mars 2010/165 ; CREC I 27 mai
2009/272 et les références citées),
qu'en matière de responsabilité civile, la question du principe
de l'action regroupe souvent plusieurs questions,
qu'il ne se justifierait pas d'allouer des dépens, même réduits,
au défendeur qui nierait sa responsabilité, et à qui il serait entièrement
donné tort sur cette question,
que, dans l'hypothèse où le demandeur obtiendrait gain de
cause sur le principe de la responsabilité du défendeur, alors que le
défendeur obtiendrait lui gain de cause sur la question de l'existence d'un
dommage, celui-ci n'étant pas démontré, il conviendrait de compenser les
dépens,
que, cela étant, lorsque le demandeur obtient gain de cause
sur le principe de la responsabilité et partiellement sur l'existence du
dommage, il a droit à des dépens réduits,
que le dommage se divise généralement en plusieurs
prétentions, chaque partie pouvant obtenir gain de cause sur l'une ou
l'autre d'entre elles,
qu'il faut donc tenir compte des prétentions soulevées par
chaque partie afin de déterminer si et dans quelle mesure l'une d'elle
obtient gain de cause sur le principe, lequel peut être divisé en deux
aspects, savoir la responsabilité de la défenderesse et le dommage
invoqué par le demandeur (CCIV 3 janvier 2012/2),
-
8 -
qu'en l'espèce, le demandeur a pris des conclusions au fond à
concurrence d'un montant de 653'213 fr. 80, plus intérêts, décomposé
comme il suit : 274'700 fr. 40 à titre de perte de salaire passé, 306'432 fr.
30 à titre de perte de gain future, 59'081 fr. 10 à titre de dommage de
rente, 50'000 fr. à titre d'indemnité pour tort moral et 23'000 fr. en
remboursement de ses frais d'avocat,
que, dans le premier jugement, le demandeur s'est vu allouer
par la Cour civile les montants suivants, avec intérêts : 396'461 fr. 50 à
titre de perte de salaire passé, 86'993 fr. 30 à titre de perte gain future,
10'280 fr. à titre d'indemnité pour tort moral, 18'000 fr. en
remboursement de ses frais d'avocat, le dommage de rente n'ayant quant
à lui pas été considéré comme prouvé,
que la Cour civile a estimé que le demandeur avait ainsi
obtenu gain de cause sur l'essentiel de ses conclusions, de sorte qu'elle lui
a alloué des dépens réduits d'un dixième seulement,
que le Tribunal fédéral a confirmé le principe de la
responsabilité de la défenderesse et le fait que le demandeur ne subissait
aucun dommage de rente,
qu'il a en revanche estimé que la preuve du dommage relatif
aux frais d'avocat n'avait pas été apportée, de sorte qu'il n'a alloué au
demandeur aucun montant pour ce poste,
que, s'agissant des autres postes du dommage, le Tribunal
fédéral a modifié la base de calcul du dommage retenue en première
instance pour tenir compte d'une prédisposition constitutionnelle du
demandeur,
qu'en définitive, par rapport à ses conclusions au fond, le
demandeur s'est vu allouer des indemnités réduites de plus de la moitié,
-
9 -
que compte tenu de ces éléments, le demandeur a droit à des
dépens réduits d'un tiers, à la charge de la défenderesse,
que, pour tenir compte de l'activité du conseil du demandeur
après le renvoi du Tribunal fédéral devant la cour de céans, on doit se
fonder sur un montant total, avant réduction, de 36'000 fr., plutôt que
35'000 fr., à titre de participation aux honoraires,
qu'il convient ainsi d'arrêter les dépens du demandeur à
40'030 fr. 95, savoir :
a
)
24'00
0
fr
.
à titre de participation aux honoraires de
son conseil;
b
)
1'200 fr
.
pour les débours de celui-ci;
c)14'83
0
fr
.
95en remboursement des deux tiers de son
coupon de justice;
attendu que le présent jugement est rendu sans frais (art. 15
al. 1 aTFJC).
Par ces motifs,
la Cour civile,
statuant à huis clos
en application de l'art. 318a CPC,
vu le chiffre 6 de l’arrêt rendu par
le Tribunal fédéral le 20 décembre 2011,
p r o n o n c e :
I. Les frais de justice sont arrêtés à 22'246 fr. 40 (vingt-deux
mille deux cent quarante-six francs et quarante centimes) pour
le demandeur et à 27'832 fr. 65 (vingt-sept mille huit cent
-
10 -
trente-deux francs et soixante-cinq centimes) pour la
défenderesse.
II. La défenderesse X.SA versera au demandeur
S. le montant de 40'030 fr. 95 (quarante mille trente
francs et nonante-cinq centimes) à titre de dépens.
III. La présente décision est rendue sans frais.
Le vice-président :La greffière :
P. HackS. Tchamkerten
Du
Le jugement qui précède, lu et approuvé à huis clos, est
notifié, par l'envoi de photocopies, aux conseils des parties.
Les parties peuvent faire appel auprès de la Cour d'appel civile
du Tribunal cantonal dans les trente jours dès la notification du présent
jugement en déposant auprès de l'instance d'appel un appel écrit et
motivé (art. 311 CPC), en deux exemplaires. La décision qui fait l'objet de
l'appel doit être jointe au dossier.
La greffière :
S. Tchamkerten