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TRIBUNAL CANTONAL
AI 428/09 - 66/2012
ZD09.030890
C O U R D E S A S S U R A N C E S S O C I A L E S
Présidence de MmeR Ö T H E N B A C H E R
Juges:MM. Métral et Bidiville, assesseur
Greffière :Mme Donoso Moreta
Cause pendante entre :
I.________, à [...], recourant, représenté par Me Pierre Seidler, avocat à
Delémont
et
OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITÉ POUR LE CANTON DE VAUD, à
Vevey, intimé
Art. 6, 7, 8 al. 1 et 16 LPGA ; 4 al. 1 et 28 al. 1 LAI
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E n f a i t :
A.I.________ (ci-après : l’assuré ou le recourant), né en 1981,
ressortissant français au bénéfice d’un permis L, a travaillé depuis 2006
pour le compte de diverses entreprises de travail temporaire, sa dernière
mission ayant été accomplie pour le compte de A.________ SA du 11 au 15
juin 2007 en tant que contremaître à plein temps.
Le 27 juin 2007, l’assuré a subi un accident de la circulation,
lors duquel son véhicule, arrêté à l’entrée d’un giratoire, a été heurté à
l’arrière par un automobiliste roulant à environ 40 km/h. Après être dans
un premier temps rentré chez lui, l’assuré s’est ensuite rendu à F.________
le jour même, où il a été admis de 11 heures 30 à 16 heures. Un scanner a
été effectué, qui n’a pas révélé de lésion traumatique à l’étage cérébro-
cervico-thoraco-abdominal.
Lors d’une consultation ambulatoire au Service .de
neurochirurgie de F.________ le 9 juillet 2007, une IRM cervicale a été
pratiquée. Le rapport faisant suite à cet examen a conclu à un oedème du
ligament interlamaire et interépineux C2-C3 des deux côtés, compatible
avec un étirement. Une déchirure ne pouvait être exclue sur la base de cet
examen ; il existait une petite contusion des muscles au contact, mais pas
de lésion osseuse ni discale. Une incapacité de travail de huit semaines a
alors été prescrite, ainsi qu’un traitement à base d’anti-inflammatoires et
de myorelaxant.
L’assuré n’a toutefois pas repris le travail et a continué à se
plaindre de douleurs cervico-dorso-lombaires constantes, de vertiges et de
troubles de la mémoire et de la concentration. Dans un rapport du 19
septembre 2007, établi après avoir examiné l’assuré le 14 septembre
2007, le Dr V.________, spécialiste en neurologie, a posé les diagnostics de
status après distorsion cervicale simple intervenue le 27 juin 2007 et de
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syndrome post-distorsion cervicale compliqué par des facteurs de
majoration des symptômes. Trois mois après l’accident, ce médecin ne
retenait plus aucune incapacité de travail significative concernant les
seules conséquences somatiques de l’accident et indiquait notamment ce
qui suit :
« Monsieur I.________ est donc un patient âgé actuellement de 26
ans, responsable de chantiers, en bonne santé habituelle, si ce n’est
un accident ayant semble-t-il laissé comme séquelles une
hypermobilité des genoux, victime le 27.6.07 d’un accident de la
circulation au cours duquel son véhicule a été percuté de l’arrière
alors qu’il était à l’arrêt.
Lors de l’accident, Monsieur I.________ a apparemment tapé la tête
contre une partie du véhicule et a été victime de mouvements
forcés complexes de la colonne cervicale.
Dans les suites de cet accident, Monsieur I.________ a développé un
tableau comportant des rachialgies cervico-dorso-lombaires, des
troubles de l’équilibre ainsi que des troubles de la mémoire et de la
concentration. Il a semble-t-il été victime initialement de plusieurs
malaises et d’une perte de connaissance prolongée (après l’accident
lui-même).
La symptomatologie susmentionnée persiste encore actuellement,
en aggravation aux dires du patient plutôt qu’en amélioration,
malgré un traitement ayant comporté jusqu’ici repos à domicile,
AINS [anti-inflammatoire non stéroïdien], antalgiques et
physiothérapie.
Il semble que des investigations radiologiques complètes aient été
pratiquées mais on n’en connaît pas le résultat.
En résumé, l’examen clinique que j’ai pratiqué a été dominé par un
manque de collaboration, des éléments totalement atypiques et des
facteurs indubitables de majoration des symptômes.
En effet, tout d’abord l’appréciation de la mobilité du rachis cervico-
dorso-lombaire a été rendue impossible par une réaction antalgique
immédiate contrastant en fait avec l’absence de toute contracture
des muscles paravertébraux. En station debout et à la marche, j’ai
observé une instabilité importante, démonstrative. L’examen des
paires crâniennes a été sans anomalie significative. A l’examen des
membres, j’ai observé une chute freinée à l’épreuve des bras tendus
ddc [des deux côtés], une impossibilité d’effectuer l’épreuve des
jambes fléchies, un ralentissement majeur des mouvements rapides
et alternés, des phénomènes de lâchages étagés aux 4 extrémités
au testing de la force musculaire, les éléments précités contrastant
avec une bonne préservation de la trophicité et des réflexes
tendineux ainsi que d’une capacité de déambulation préservée sur
le plan moteur. Les épreuves de coordination ont été intestables aux
membres inférieurs en raison d’une apparente faiblesse. Quant à
l’examen de la sensibilité, ce dernier était également particulier
avec une hypoesthésie tactile et douloureuse globale du membre
inférieur gauche et des latences à l’examen de la sensibilité
posturale aux quatre extrémités.
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En bref, un examen clinique dominé par des éléments atypiques ne
permettant pas de mettre en évidence, compte tenu des conditions
de collaboration, une atteinte structurelle majeure du système
nerveux et locomoteur.
Compte tenu de l’ensemble des éléments à notre disposition et sans
avoir eu connaissance du résultat des examens radiologiques,
Monsieur I.________ a vraisemblablement présenté lors de
l’événement accidentel du 27.6.07, une distorsion cervicale ayant pu
comporter des mouvements à la fois latéraux et antéro-postérieurs
ainsi qu’un petit choc crânien pour lequel on ne peut pas parler d’un
franc TCC [traumatisme crânio-cérébral].
Dans les suites de l’accident, Monsieur I.________ parait avoir
développé un tableau de syndrome après distorsion cervicale
actuellement compliqué par des facteurs de majoration des
symptômes d’origine involontaire ou volontaire.
Dans une telle situation, au travers d’une seule consultation, il est
difficile de formuler des propositions de traitement. S’agissant de la
capacité de travail, à l’écoute du patient et sur la base du présent
bilan je n’objective pas d'éléments permettant de retenir avec
probabilité ou certitude l’existence d’une incapacité de travail en
relation avec les seules conséquences somatiques de l’événement
accidentel du 27.6.07. »
Le 24 septembre 2007, le Dr G., spécialiste en
neurologie, a établi un rapport à l’intention du Dr M., médecin
traitant, dans lequel il diagnostique un syndrome post-traumatique crânien
avec un probable état de stress post-traumatique, étant précisé qu’une
IRM cérébrale pratiquée le jour même était normale. Il a indiqué que
l’assuré se plaignait d’une céphalée continue constrictive, d’une vision
trouble par intermittence, de vertiges, d’une intolérance à la lumière, de
troubles de la mémorisation et de la concentration, de malaises avec des
chutes, de lombalgies, de troubles du sommeil avec cauchemars et d’un
épisode récent de précordialgies. L’examen neurologique montrait un
patient assez bien orienté, un peu ralenti, exécutant correctement les
ordres semi-complexes, avec un discret manque du mot, un léger trouble
mnésique et un calcul oral préservé et sans apraxie idéomotrice. Une prise
en charge psychologique était préconisée.
Le 29 octobre 2007, le Dr R.________, médecin conseil de la
CNA, l’assureur-accidents ayant pris en charge les conséquences de
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l’accident du 27 juin 2007, a examiné l’assuré et a établi un rapport qui
contient notamment ce qui suit :
« APPRECIATION DU CAS :
On se trouve, chez cet assuré né en 1981, à 4 mois d’un accident de
la circulation lors duquel son véhicule est touché à l’arrière alors
qu’il se trouve à l’arrêt. Pas de perte de connaissance selon les
déclarations inaugurales. Diverses investigations (CT, ex.
neurologique approfondi) permettront d’exclure une lésion
organique. Une évolution atypique va marquer le décours de
l’évènement et va notamment conduire à une prise en charge
psychiatrique.
L’examen de ce jour est marqué par une absence prononcée de
collaboration : les plaintes sont imprécises et gravitent
essentiellement autour d’allégations de troubles de la mémoire et de
la concentration. Alors qu’il avait été capable d’établir sans difficulté
un constat à l’amiable lors de l’accident et qu’il avait pu décrire avec
précision les circonstances de l’accident dans ses déclarations du
07.08.2007, il déclare aujourd’hui ne plus se souvenir de rien
alléguant des troubles qui auraient été en s’aggravant petit à petit. Il
est inquiet en raison de rougeurs sur la peau du cou lorsqu’il se
rase!
Il ne sait pas ce qu’il prend comme médicaments. Il doit réfléchir
avant de nous indiquer où habitent ses parents mais nous indique
qu’il téléphone pratiquement tous les jours à son frère "pour se
reconstruire”.
Hormis des atypies et des signes de non-organicité, l’examen
clinique ne révèle pas d’atteinte neurologique. La palpation de la
colonne cervicale ne déclenche aucune douleur et la raideur de
cette dernière est variable.
Hormis un trouble de la statique cervicale vraisemblablement pré-
existant, les radiographies de la colonne cervicale pratiquées ce jour
ne révèlent aucune lésion ostéo-ligamentaire. Nous rappellerons ici
qu’une imagerie rachidienne avait effectivement été effectuée à
F.________ et n’avait rien démontré.
On soulignera que l’imagerie pratiquée, aussi bien à F.________
qu’ultérieurement à la Clinique [...], n’a révélé aucune lésion
traumatique rachidienne ni crânio-cérébrale.
En résumé le tableau clinique est dominé par des atypies, des
incohérences et des phénomènes d’amplification dont il est difficile
d’établir s’ils sont volontaires ou s’ils sont liés à un substratum
psychiatrique majeur.
Hormis une prise en charge psychiatrique, nous ne voyons
actuellement pas quel traitement pourrait aider actuellement cet
assuré.
En l’état, nous ne pouvons que partager l’appréciation du Dr
V.________ qui, à l’issue de son examen approfondi, ne constate
aucune atteinte structurelle pouvant être imputée à l’accident et
conclut également à des phénomènes de majoration d’origine
volontaire ou involontaire.
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Nous partageons également l’avis du Dr V.________ concernant
l’absence de lésion somatique objectivable susceptible d’empêcher
cet assuré de mettre en valeur une pleine capacité de travail dans la
dernière activité exercée avant l’accident.
Nous ne nous prononçons pas ici sur les éléments non-organiques et
psychiatriques apparemment invalidants qui se sont greffés sur le
décours de l’évènement et qui dominent aujourd’hui largement le
tableau. Leur adéquation avec l’accident reste à démontrer : elle
pourra être soumise, le cas échéant, aux instances compétentes de
la Suva. »
Dans un courrier du 13 novembre 2007 à l’intention de la CNA,
C., spécialiste en psychothérapie FSP, après avoir décrit
l’ensemble des plaintes émises par l’assuré, a posé le diagnostic de
syndrome post-commotionnel, affirmant que l’état de l’assuré nécessitait
un soutien psychothérapeutique et qu’il n’était pas en mesure de
reprendre son travail. Elle a joint un rapport du 1
er
novembre 2007 de
E., spécialiste en neuropsychologie FSP, qui retient le diagnostic
de syndrome post-commotionnel chronique et préconise un soutien
psychologique, ainsi que la reconnaissance d’une incapacité de travail
complète dans le travail de chef d’équipe sur les chantiers et partielle
dans une autre occupation.
Le 16 novembre 2007, le Dr M.________ a établi un rapport à
l’intention de la CNA, dans lequel il a diagnostiqué une contusion cervico-
dorsale et un syndrome post-commotionnel et a retenu une totale
incapacité de travail. Il a indiqué que l’assuré se plaignait de céphalées et
de douleurs rachidiennes, de troubles de la mémoire et du sommeil avec
des cauchemars, d’angoisses et de diminution de la tolérance au stress,
ainsi que d’un état dépressif.
Le 19 novembre 2007, la Prof K., du Service de
neuropsychologie et neuroréhabilitation de F., a examiné l’assuré.
Dans son rapport, elle a constaté, au premier plan, des perturbations de la
mémoire rétrograde et antérograde auxquelles s’associaient un
ralentissement et des troubles attentionnels, symptomatologie
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d’interprétation difficile chez un patient qui paraissait collaborer
faiblement à l’examen et présentait des plaintes de type post-traumatique
abondantes. Un avis psychiatrique lui paraissait souhaitable.
Le 19 décembre 2007, le Dr W., spécialiste en
psychiatrie et psychothérapie, a établi un rapport à l’intention du Dr
M., dans lequel il indique que, de son point de vue, les troubles
allégués par l’assuré sont factices et sont dus à une pure simulation.
Dans un rapport du 7 janvier 2008, la Prof. K.________ a indiqué
que l’assuré souffrait d’un syndrome douloureux dorso-lombaire
important, qui aggravait probablement ses performances cognitives. Le
traitement des douleurs dorso-lombaires devait par conséquent être au
premier plan. Le 10 mars 2008, la Prof. K.________ a effectué un nouvel
examen neuropsychologique de l’assuré, dont les performances se sont
révélées globalement superposables à celles de l’examen du 19 novembre
Le 25 mars 2008, l’assuré s’est annoncé à l’Office de
l’assurance-invalidité pour le canton de Vaud (ci-après : l’OAI ou l’intimé)
dans le cadre d’une détection précoce. Le 21 avril 2008, il a déposé une
demande de prestations en vue de l’obtention d’une rente et de mesures
de réadaptation professionnelle, à cause d’un syndrome post-traumatique,
amnésique, suite à un traumatisme crânio-cérébral.
Dans un rapport du 19 mai 2008, la Dresse P.,
spécialiste en rhumatologie, a posé le diagnostic de syndrome post-
traumatique crânien, avec troubles mnésiques, attentionnels et
ralentissement suite à un traumatisme crânio-cérébral survenu le 27 juin
2007. Elle a attesté une totale incapacité de travail et a réservé le
pronostic, la situation n’étant pas stabilisée. Le cas n’étant pas de son
ressort, la Dresse P. a préconisé une neuro-réhabilitation.
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le fait qu’il puisse utiliser un natel à la recherche du nom de son
médecin traitant, de décrire avec précision certains accidents de
chantier survenus par le passé, de donner une anamnèse précise de
son accident au Docteur X.________ et à peine ébauchée une heure
plus tard. Lorsque nous lui indiquons l’adresse de Mme O., il
nous dit qu’il se dirigera grâce à son GPS. L’utilisation de cet
appareil ne semble pas poser de problème particulier malgré la
complexité des procédures pouvant exister dans son utilisation. En
conséquence, ces éléments anamnestiques, cliniques et constatés
durant mon évaluation nous font suspecter l’existence d’une
majoration importante. Le reste de l’examen neurologique est non
contributif puisque normal. Nous relevons toutefois une boiterie non
systématisée, changeante en fonction des circonstances, puisqu’elle
disparaît s’il marche dans des situations où il n’est pas observé.
Nous relevons en particulier l’absence d’atteinte de l’olfaction,
d’élément évocateur d’une lésion cérébrale focalisée ou de troubles
neurologiques s’intégrant dans le cadre d’une atteinte radiculaire
cervico-dorso-lombaire, cérébrale ou médullaire post-traumatique.
Ces constatations sont aussi relevées dans le cadre de son
évaluation neuropsychologique faite dans le cadre de celle
expertise.
En examinant les documents à disposition, notamment son rapport
d’admission aux urgences de F. le 27.06.2007, 16 heures, je
note qu’il y est resté de 11 h 30 à 16 heures. Ils rapportaient un
accident à vitesse lente, qu’il portait la ceinture. Il présentait des
céphalées avec cervicalgies et des fourmillements prédominant au
niveau du pouce droit. Il est décrit comme somnolent. Il est relevé
dans le rapport d’observation des infirmières l’absence de
dermabrasions ou de plaies au niveau de la tête, l’état de
conscience est décrit comme fluctuant.
Sa situation s’est rapidement améliorée. Il quitte le service avec le
port d’une minerve.
Ultérieurement, le 24 septembre 2007, il est examiné par le Docteur
G., qui relève dans son anamnèse l’absence de perte de
connaissance. Il signalait qu’il avait la tête tournée vers la gauche. A
son domicile, dans les suites immédiates de l’accident où il s’est
donc rendu dans un premier temps, il a eu plusieurs malaises et ce
n’est que dans un deuxième temps qu’il a dû ensuite être transporté
aux urgences de chirurgie à F.. Il aurait alors perdu
connaissance. Aux urgences de F.________ il n’a pas été constaté de
lésion du cuir chevelu, de bosse séro-sanguine ou de troubles
neurologiques focaux hormis un état de désorientation transitoire.
Les examens neuroradiologiques cérébraux et cervicaux effectués
ce jour-là n’ont pas mis en évidence de lésion intracrânienne, de
lésion du cuir chevelu ou cervicale. Ultérieurement, le Docteur
G.________, neurologue, ne relève pas de perte de connaissance.
Conclusions de l’examen neuropsychologique
[...]
Ces différents éléments prouvent donc l’absence d’impact
significatif au niveau de la tête, donc de traumatisme crânio-cérébral
avec commotion cérébrale pouvant expliquer son tableau clinique
actuel. En ce qui concerne les circonstances de l’accident, il convient
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de relever que l’accident s’est fait à vitesse lente (40km/h), de
l’absence de perte de connaissance ou d’amnésie circonstancielle (il
raconte les circonstances de l’accident, le fait que l’autre conducteur
avait une grosse berline, qu’il lui avait donné sa carte de visite en
reconnaissant sa faute), qu’il a pu rentrer à domicile en voiture, aller
à F.________ où l’observation neurochirurgicale n’a pas révélé de
signes évocateurs d’une pathologie cérébrale traumatique. Un bilan
neuroradiologique extensif n’a pas démontré de lésion post-
traumatique. Par la suite, les troubles neuropsychologiques nous
intéressant se sont clairement développés de façon progressive, à
distance de l’accident. Ceci est bien démontré dans le cadre des
différentes évaluations neuropsychologiques effectuées et relevé
par Mme O.________ dans ce rapport. Son examen neurologique ne
révèle aucune autre lésion focale (troubles de l’olfaction, des voies
longues).
En conséquence, nous ne pouvons retenir l’existence d’une lésion
cérébrale pouvant expliquer le tableau neurologique et
neuropsychologique nous occupant.
Du point de vue rachidien, je ne retiens aucune souffrance
neurologique.
Appréciation psychiatrique
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Nous sommes en présence d’une personne de 27 ans chez qui le
développement psychoaffectif a été marqué par une séparation
parentale et un placement consécutif dans une famille d’accueil vers
l’âge de 10 ans.
Il existe également la notion de violences au sein du couple parental
et le fait que la mère a été traitée en raison de cela. Ces éléments
défavorables ont interféré avec le processus de maturation
psychoaffective.
Ceci étant, il n’y a pas d’arguments pour la présence d’une
personnalité pathologique selon les critères de la CIM-10. En
particulier, il ne s’avère pas qu’il y ait eu depuis l’adolescence de
dysfonctionnements durables dans le domaine des cognitions
(perception de soi et de l’environnement), de l’affectivité, du
contrôle des impulsions ou dans le domaine interpersonnel,
dysfonctionnements se manifestant dans tout type de situation et
qui auraient pu être à l’origine d’une souffrance personnelle ou d’un
impact nuisible sur l’environnement social. Cela se reflète par le fait
que Monsieur I.________ ne signale aucune souffrance psychique
avant l’accident du 27 juin 2007 et cela se reflète par le fait qu’il a
été à même de s’intégrer dans le monde du travail. Plus
particulièrement, il ne s’avère pas que les changements d’emploi
aient été en lien avec une quérulence ou avec des comportements
dysfonctionnels menant à des licenciements systématiques. Enfin,
sur le plan sentimental, si l’assuré n’a pas été à même de s’engager
dans une relation de confiance et de réciprocité à long terme, il ne
s’avère pas pour autant que sa vie affective soit chaotique ou
tumultueuse ; signalons en outre que la dernière relation a pris fin
en raison de l’atteinte à la santé de l’assuré après l’accident du 27
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juin 2007 et non pas à cause des manifestations d’une personnalité
morbide.
Si, à la lumière des renseignements médicaux en notre possession
ainsi qu’à la lumière de l’anamnèse dirigée il n’y a pas d’arguments
suffisants pour la présence d’un trouble de la personnalité, cet
aspect doit être pris avec circonspection, cela en raison des lacunes
importantes de l’assuré dans la restitution des renseignements.
-
Dans le rapport de consultation neurologique du 24 septembre
2007, le Docteur G.________ mentionne la présence probable d’un
état de stress post traumatique. A l’examen clinique, il n’y a
cependant pas de symptômes persistants traduisant une
hypersensibilité psychique et une hypervigilance, il n’y a pas de
conduites d’évitement (l’assuré a repris la conduite automobile et a
été amené à repasser par l’endroit où a eu lieu l’accident), de même
qu’il n’y a pas de reviviscences envahissantes à l’origine d’un
sentiment de détresse. Enfin, l’accident du 27 juin 2007 ne constitue
pas une situation ou un événement stressant exceptionnellement
menaçant ou catastrophique dans l’esprit des classifications
psychiatriques internationales (CIM, DSM). En effet, les types de
situations cités pour un état de stress post-traumatique sont ceux de
l’exposition à un facteur de stress traumatique extrême qui implique
objectivement le vécu direct et personnel d’un événement tel que
les situations de combats militaires, les agressions personnelles
violentes, le fait d’être kidnappé, le fait d’être pris en otage, les
attaques terroristes, la torture, l’incarcération en tant que prisonnier
de guerre ou dans un camp de concentration, les catastrophes
naturelles ou d’origine humaine ainsi que les accidents de voitures
graves. Signalons enfin que le Docteur W.________ (rapport de
consultation du 19 décembre 2007) écarte le diagnostic d’état de
stress post traumatique.
Au vu de ce qui précède et en particulier de l’absence de critères
diagnostiques essentiels (A., B., C. et D.), le diagnostic d’état de
stress post-traumatique ne peut pas être retenu.
-
Dans le rapport médical Al du 14 juin 2008 du Docteur S.,
psychiatre, figure le diagnostic de trouble anxiodépressif. Dans le
rapport d’évaluation psychologique du 13 novembre 2007, Madame
C. fait état de la présence de crises d’angoisse nocturnes et
diurnes, d’une diminution de la tolérance au stress et aux émotions
et d’affects dépressifs.
Actuellement, il n’y a pas de symptomatologie dépressive en ce sens
que Monsieur I.________ ne présente pas de tristesse, il n’y a pas
d’anhédonie (perte de la capacité à ressentir du plaisir) de même
qu’il n’y a pas de diminution de l’énergie ou de la motivation. Il n’y a
pas non plus de perte de l’estime de soi, Monsieur I.________ ne
s’adresse pas des reproches excessifs ou inappropriés et il n’a pas
d’idées de mort. Il n’y pas non plus de symptomatologie dépressive,
même réduite ou disparate.
Monsieur I.________ se dit anxieux pour des aspects ponctuels tels
que la convocation pour les examens d’expertise médicale. Il ne
s’avère cependant pas que cette anxiété soit incapacitante en ce
sens qu’elle n’est pas déstructurante (absence d’envahissement du
psychisme par l’angoisse avec abolition de tout processus de
pensée). En outre, l’anxiété que présente l’assuré n’est pas
accompagnée par une symptomatologie neurovégétative ou
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somatique autre accompagnant typiquement l’angoisse
(tremblements, palpitations, sécheresse buccale, gêne
épigastrique).
Au vu de ce qui précède, le diagnostic de trouble anxieux et
dépressif mixte ne peut pas être retenu. Il n’apparaît pas non plus
que dans le passé, il ait existé une anxiété ou une symptomatologie
dépressive incapacitante.
-
Dans le rapport de consultation du 19 décembre 2007, le Docteur
W.________ parle d’une "pure simulation chez un sujet qui est en
Suisse depuis le mois de mai 2007 au bénéfice d’un permis L et dont
les motivations paraissent plus qu’incertaines". Sont relevés un
manque d’authenticité, des discordances et la capacité de donner
des réponses plus au moins exactes sur son passé lorsque l’on se
montre beaucoup plus directif. Des contradictions sont également
mentionnées par le Docteur S.________ dans le rapport médical Al du
14 juin 2008 mais celles-ci ne sont pas détaillées. Dans le rapport
d’examen neuropsychologique du 10 mars 2008, le Professeur
K.________ mentionne une symptomatologie d’interprétation difficile
chez une personne qui paraît collaborer faiblement à l’examen et
présentant des plaintes de type post-traumatique abondantes.
Au cours de l’examen du 8 décembre 2008, nous avons constaté
plusieurs discordances. En particulier, Monsieur I.________ est
incapable de donner des indications sur son père et des conditions
dans lesquelles il a vécu avec lui, même de manière grossière, de
même qu’il dit être incapable de donner des indications, même
vagues, sur la période du service militaire, alors qu’il est à même
d’expliquer de manière très détaillée un accident dont il a été
témoin lorsqu’il travaillait dans la construction du métro à [...].
De surcroît, au cours de l’examen du 8 décembre 2008, il a été à
même de décrire précisément les suites de l’accident du 27 juin
2007 à l’expert psychiatre alors qu’il n’a pas été à même de le faire
lorsqu’il a été interrogé par l’expert neurologue, et cela à environ 1
heure 30 d’intervalle.
Par ailleurs, l’assuré se plaint de troubles cognitifs prononcés, alors
qu’il utilise un GPS, appareil complexe dont le maniement nécessite
des capacités cognitives intactes, sans difficulté.
Mentionnons également que sur insistance, Monsieur I.________ est à
même de donner des précisions.
Enfin, au fur et à mesure de l’évolution de l’examen psychiatrique (2
heures 30), le ralentissement idéique s’est progressivement
amenuisé pour disparaître, et le discours est devenu plus précis.
S’il existe des indices en faveur d’une simulation
(discordance entre l’atteinte telle qu’elle est rapportée par
l’assuré et certains éléments objectivés lors de l’examen ;
indications subjectives de graves entraves mais fonctions
psychosociales au quotidien globalement préservées ;
symptomatologie peu plausible au vu de l’importance
réduite l’accident et d’absence de perte de connaissance
dans les suites immédiates de l’événement), il n’existe pas
de preuves formelles pour cela.
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14 -
-
Au vu de cette difficulté et afin d’objectiver et de quantifier
le plus possible les atteintes neuropsychologiques, nous
avons procédé à la passation de tests neuropsychologiques.
Les conclusions en sont :
La passation de cet examen a donné lieu à des irrégularités dans les
performances, des incohérences dans certains résultats, et des
performances atypiques.
Pour les incohérences et irrégularités dans les performances
obtenues ici :
Le ralentissement du patient aux tests et à l’émission du langage est
ainsi intermittent, puisque contrastent des occurrences de
ralentissement massif et d’autres pendant lesquelles le patient agit
et réagit avec rapidité et adéquation.
Il faut par ailleurs dans ce registre relever également l’absence de
chute des performances globales après un long temps de
concentration, qui ne montre pas de fatigabilité particulière.
Par ailleurs, contrastent avec ses performances catastrophiques aux
tests mnésiques (en mémoire épisodique, en mémoire immédiate et
de travail) une mobilisation adéquate de la mémoire des tests
passés au fur et à mesure. Il en va de même pour les souvenirs
biographiques : très difficilement sollicités sur le questionnement, ils
peuvent apparaître au détour de la conversation de manière plus
inopinée.
Je rapproche mes constatations sur ces deux plans, de celle du Prof
E., qui notait une dissociation automatico-volontaire au
niveau des performances mnésiques et du ralentissement mental.
Je rappellerais également que le Prof K. avait émis des
réserves quant à l’interprétation des performances extrêmement
mauvaises obtenues aux tests mnésiques lors de l’examen de
novembre 2007, proches du hasard.
Pour ce qui est des incohérences et irrégularités observées entre les
différents examens neuropsychologiques : il semble que la mémoire
autobiographique, non atteinte lors de l’examen du Prof E.________
qui permet heureusement de collecter un certain nombre
d’informations sur les antécédents personnels et professionnels du
patient, connaisse une chute brutale entre le 30 octobre 2007 date
de son examen, et le 19 novembre 2007, soit 20 jours après,
puisque le patient ne parvient plus à donner des notions
biographiques essentielles lors de l’examen avec le Prof K.________ :
cette chute perdure apparemment à ce jour puisque tous les
examinateurs, moi y compris, ont noté la difficulté à obtenir des
données anamnestiques anciennes.
Il faut encore noter des fluctuations dans la performance aux tests
de fluence verbale, en ordre chez le Prof E., déficitaires chez
le Professeur K. lors de ses deux examens, de nouveau dans
la norme au mien.
Les épreuves Stroop, de même, étaient bonnes chez le Prof.
E.________, par la suite invariablement ralenties et donnant lieu à des
difficultés de type Stroop.
Il faut encore signaler l’apparition, au 10 mars 2008, d’un langage
spontané “parfois peu articulé”, alors que des troubles de
l’articulation n’ont pas été notés auparavant, ni lors de mon examen
-
15 -
d’aujourd’hui ; le patient, questionné à propos de l’existence
éventuelle de troubles de l’articulation suite à l’accident, ne parvient
pas à se montrer affirmatif et reste dans le vague.
Pour ce qui est des performances atypiques par rapport à l’ensemble
de l’examen, je relèverai pour ce qui est de mon examen, la
difficulté aux praxies réflexives sur le corps propre, à la
discrimination de dessins superposés ; les fausses évocations au test
d’apprentissage verbal, liées entre elles sur le plan phonétique mais
non liées au contenu du matériel appris (champion-champignon) ; le
rapetissement de la performance graphique aux frises de Luria.
Ces diverses constatations, le caractère profondément
atypique du tableau neuropsychologique constaté un an et
demi après l’accident, ne nous permettent pas à ce jour
d’inférer, des résultats à notre examen, la présence de
troubles neuropsychologiques réels actuels. »
Les experts concluent leur rapport par les remarques
suivantes :
« Du point de vue neurologique et neuropsychologique les
manifestations constatées évoquent une majoration pour le moins
très importante. La recherche de bénéfices secondaires ou d’une
simulation n’est pas du ressort médical et devront être explorées
par les autorités compétentes. Nous soulignons donc que nous ne
nous prononçons donc pas sur cet aspect de sa problématique.
M. I.________ signale lors de son anamnèse neurologique que son
avocat lui propose la possibilité d’effectuer une investigation
neuroradiologique très spécialisée à l’étranger. S’il s’agit d’une IRM
avec des séquences “DWI”, il convient de dire d’emblée que cette
technique pourrait révéler des hyperintensités de la substance
blanche. Ceci pourrait alors être une allégation de son avocat ou du
radiologue quant à l’existence de lésions à rattacher à un cadre
post-traumatique. Ces affirmations ne sont actuellement pas
acceptées par les spécialistes en traumatologie compte tenu du
caractère très aspécifique de ces altérations. En effet, il est reconnu
que cet examen peut révéler des anomalies de la substance blanche
qui sont d’un caractère totalement aspécifique et qui doivent être
confrontées à des données objectives, histologiques et bien
évidemment cliniques objectives. Elles pourraient aussi être de
simples changements liés à l’âge... En conséquence quelles que
soient les trouvailles de cet examen tous les spécialistes
reconnaissent que les circonstances de l’accident, la clinique,
l’examen neurologique et neuropsychologique priment. »
-
16 -
Dans un avis du 14 avril 2009, le Dr N.________ du Service
médical régional de l’Al (SMR) a retenu que l’expertise avait mis en
évidence de nombreuses discordances et incohérences entre les plaintes
de l’assuré et les résultats des examens cliniques approfondis et des tests
neuropsychologiques, qui ne s’expliquaient que par une importante
majoration des plaintes. Une simulation n’était pas exclue mais n’était pas
formellement démontrée. Il n’existait en tout cas pas d’atteinte à la santé
incapacitante et la capacité de travail de l’assuré était entière dans toute
activité dès le 2 novembre 2007.
Le 16 avril 2009, l’OAI a établi un projet de décision.
Constatant que l’assuré ne présentait plus d’atteinte à la santé
invalidante, il lui a nié tout droit à des prestations de l’assurance-invalidité
(mesures professionnelles et rente).
Le 14 mai 2009, l’assuré a fait parvenir à l’OAI une copie du
rapport établi le 30 avril 2009 par le Prof. Q., à [...], qui indique
avoir décelé chez l’assuré plusieurs lésions considérées comme post-
traumatiques, grâce à la réalisation d’une IRM cérébrale avec des images
en tenseur de diffusion.
Le 25 mai 2009, l’assuré, par l’intermédiaire de son conseil, a
formulé des objections à l’encontre du projet de décision du 16 avril 2009.
S’appuyant notamment sur le rapport du Prof. Q., il a maintenu
que son incapacité de travail était totale.
Le 17 juin 2009, le Dr L.________ du SMR a indiqué que les
lésions mentionnées dans le rapport du Prof. Q.________ ne présumaient en
rien d’éventuelles limitations fonctionnelles. En effet, il est possible de
constater d’importantes lésions anatomiques visibles à l’imagerie, qui sont
toutefois sans répercussion sur la fonction de l’organe ou du membre
concerné. Or le Prof. Q.________ ne se prononçait pas sur les limitations
-
17 -
fonctionnelles ni sur la capacité de travail de l’assuré. Il n’y avait par
conséquent aucune raison de modifier la position de l’OAI.
Par décision du 29 juillet 2009, l’OAI a maintenu son projet et
refusé à l’assuré tout droit à des prestations de l’assurance-invalidité.
B.Par acte du 11 septembre 2009, I., par l’intermédiaire
de son conseil, a interjeté recours contre la décision du 29 juillet 2009,
concluant avec suite de frais et dépens à sa réforme, dans le sens que lui
soient octroyées des prestations de l’assurance-invalidité, plus
précisément une rente entière d’invalidité. Il affirme être totalement
incapable de travailler et présenter le tableau clinique du coup du lapin,
respectivement des lésions cérébrales compatibles avec un traumatisme
crânio-cérébral. A l’appui de ses allégations, il se réfère notamment au
rapport du Prof. Q. et à un rapport établi le 4 septembre 2009 par
le Dr T., spécialiste en neurochirurgie qui, se référant au rapport
du Prof. Q., retient que le cas du recourant dépasse le cadre du
“coup-du-lapin” et doit être classé dans une catégorie avec une atteinte
plus importante, et certainement définitive.
Par décision du 27 novembre 2009, le Bureau de l’assistance
judiciaire a accordé au recourant Ie bénéfice de l’assistance judiciaire avec
effet au 13 octobre 2009, comprenant notamment l’assistance d’office
d’un avocat en la personne de Me Pierre Seidler, avocat à Delémont.
Par réponse du 26 novembre 2009, l’intimé a conclu au rejet
du recours.
Le 8 février 2010, le recourant a produit un courrier adressé
par le Dr T.________ au Dr M.________, dont la teneur est la suivante :
-
18 -
« J’ai vu votre patient susnommé à ma consultation, en date du 21
janvier 2010. Je le connaissais déjà pour avoir donné un avis sur
dossier à Me Seidler le 04 septembre 2009.
Depuis lors, la situation ne s’est pratiquement pas modifiée. Les
plaintes sont fondamentalement inchangées et portent en grande
partie sur la fonction mnésique. Ceci avait été confirmé par les
différents examens neuropsychologiques, avec un examen
neurologique, pratiqué le jour de la consultation, par ailleurs dans
les limites normales. Cette situation ne trouvait pas de substrat
radiologique à l’occasion d’une IRM cérébrale conventionnelle ou
“anatomique”. En revanche, une IRM de type DTI pratiquée à [...]
dans l’Institut du Prof. Q.________ a montré un nombre important de
lésions affectant des régions cérébrales participant à la fonction
mnésique.
Ces lésions, en l’absence d’une autre cause, vasculaire,
métabolique, etc... doivent être considérées, jusqu’à preuve du
contraire, comme séquelles du traumatisme du 27.06.2007. Compte
tenu de l’anamnèse du patient qui, sur le plan professionnel,
remplissait une fonction de cadre avec des responsabilités, on peut
également exclure un état antérieur. Le lien de causalité entre
l’accident, les symptômes actuels et les altérations observées sur
les IRM DTI semble certain avec une vraisemblance prépondérante.
Malheureusement, après une évolution de 3 ans, on ne peut plus
espérer une amélioration substantielle, et le patient devrait essayer
de trouver une nouvelle affection professionnelle avec l’aide de
l’Assurance Invalidité. »
Le 15 juillet 2010, le recourant a produit un rapport du 21juin
2010 du Dr H., medecin-associé a l’Hôpital ophtalmique [...], qui
indique que le statut neuro-ophtalmologique du recourant est absolument
normal. Selon ce médecin, les plaintes émises par le recourant sont très
évocatrices d’un syndrome commotionnel. Or les examens cliniques et
paracliniques traditionnels sont généralement décevants dans cette
pathologie, puisqu’ils ne montrent en principe pas de lésion.
Le 15 septembre 2011, les pièces figurant au dossier de la
CNA ont été versées au dossier du recourant par le juge instructeur. Parmi
celles-ci figure notamment un rapport du 28 mai 2009 du Dr B.,
psychiatre-conseil à la CNA, qui après avoir examiné le recourant le même
jour, a posé le diagnostic de trouble dissociatif. La partie "appréciation" du
rapport du Dr B.________ a la teneur suivante :
-
19 -
« Cet assuré présente depuis l’accident du 27 juin 2007 des plaintes
multiples qui contrastent avec l’absence d’atteinte organique
décelable avec les moyens reconnus et admis par l’état de
connaissance médicales actuelles.
La symptomatologie que présente cet assuré n’est pas compatible
avec un état de stress post-traumatique. En effet, les circonstances
mêmes de l’accident n’ont pas provoqué de réaction d’effroi
immédiat. D’autre part, l’accident n’a pas mis en danger de manière
menaçante la vie même de l’assuré. Enfin l’assuré ne présente pas
de reviviscences constantes des scènes de l’accident.
L’assuré ne présente pas de trouble de l’adaptation ni de trouble
thymique. Il présente certes des plaintes de troubles du sommeil et
d’irritabilité. Mais ces éléments ne suffisent pas à asseoir un
diagnostic de trouble dépressif. Il ne présente pas de retrait social
marqué. L’humeur est relativement bonne et il ne présente pas de
tristesse. Il ne présente pas non plus d’idées de culpabilité ni de
dévalorisation.
Les troubles cognitifs dont se plaint l’assuré sont beaucoup trop
importants pour être mis sur le compte d’un traumatisme crânien
simple ou d’une distorsion cervicale simple. L’ensemble du tableau
clinique d’autre part ne correspond pas un syndrome post-
commotionnel. Il n’est donc pas possible de retenir un diagnostic de
trouble post-commotionnel.
Les plaintes que présente l’assuré ne sont pas objectivables par les
examens objectifs. Tous les examens subjectifs font état d’un
manque manifeste de participation de l’assuré et donne des
résultats qui sont peu convaincants et contradictoires. L’examen
actuel met en évidence des troubles de la mémoire de type
mémoire lacunaire. Les plaintes sont massives, en particulier de
trouble du sommeil et de la vigilance mais elles ne sont pas
corroborées par une observation clinique au cours de l’entretien. Il
s’agit donc vraisemblablement d’une perception idiosyncrasique de
la fatigue et une inclinaison à l’anticipation négative. Les plaintes de
troubles mnésiques ne peuvent être considérées comme
l’expression d’un trouble dissociatif.
D’autre part, le parcours de soins de cet assuré est très particulier.
En effet le nombre de médecins consultés est impressionnant.
L’information entre les différents thérapeutes est quasiment
inexistante. Ainsi les mêmes examens sont répétés inutilement. Ce
fait n’est pas anodin. Il est vraisemblablement induit par la
personnalité de l’assuré qui clive les soins.
En conséquence l’expression de ce trouble dissociatif est bel et bien
apparue après l’accident du 27 juin 2007. Mais le lien de causalité
naturelle entre cet accident et la pathologie psychique que présente
actuellement l’assuré ne peut être établi de manière indubitable.
Exigibilité
Les troubles psychiques que présente cet assuré ne sont pas
invalidants. Ils ne sont pas à même de rendre impossible toute
activité professionnelle. D’un strict point de vue psychiatrique,
l’assuré est à même de travailler dans son activité antérieure sans
limitation particulière. »
-
20 -
Se déterminant le 6 octobre 2011 sur le rapport du Dr
H.________, l’OAI a maintenu sa position.
E n d r o i t :
1.a) Les dispositions de la LPGA (loi fédérale du 6 octobre 2000
sur la partie générale du droit des assurances sociales ; RS 830.1)
s’appliquent à l’assurance-invalidité, à moins que la LAI (loi fédérale du 19
juin 1959 sur l’assurance-invalidité ; RS 831.20) ne déroge expressément
à la LPGA (art. 1 al. 1 LAI). L’art. 69 al. 1 let. a LAI dispose qu’en
dérogation aux art. 52 et 58 LPGA, les décisions des offices AI cantonaux
peuvent directement faire l’objet d’un recours devant les tribunal des
assurances du domicile de l’office concerné.
La procédure devant le tribunal cantonal des assurances
institué par chaque canton en application de l’art. 57 LPGA est réglée par
le droit cantonal, sous réserve de l’art. 1 al. 3 PA (loi fédérale du 20
décembre 2008 sur la procédure administrative ; RS 172.021) et des
exigences minimales fixées par l’art. 61 LPGA. Dans le canton de Vaud, la
procédure de recours est régie par la LPA-VD (loi cantonale vaudoise du 28
octobre 2008 sur la procédure administrative ; RSV 173.36), qui s’applique
notamment aux recours dans le domaine des assurances sociales (art. 2
aI. 1 let. c LPA-VD) et qui prévoit à cet égard la compétence de la Cour des
assurances sociales du Tribunal cantonal (art. 93 aI. 1 let. a LPA-VD).
b) Interjeté auprès du tribunal compétent dans le délai légal
de trente jours, compte tenu des féries d’été (art. 38 al. 4 let. b LPGA), dès
la notification de la décision attaquée, le recours l’a été en temps utile
(art. 60 aI. 1 LPGA). II satisfait en outre aux autres conditions légales (art.
61 let. b LPGA), de sorte qu’il est recevable en la forme.
-
21 -
2.Le litige porte sur le droit du recourant à une rente d’invalidité,
plus particulièrement sur la détermination de sa capacité de travail.
3.a) Est réputée invalidité l’incapacité de gain totale ou partielle
qui est présumée permanente ou de longue durée, résultant d’une
infirmité congénitale, d’une maladie ou d’un accident (art. 8 al. 1 LPGA et
4 al. 1 LAI). Est réputée incapacité de gain toute diminution de l’ensemble
ou d’une partie des possibilités de gain de l’assuré sur un marché du
travail équilibré dans son domaine d’activité, si celle diminution résulte
d’une atteinte à sa santé physique, mentale ou psychique et qu’elle
persiste après les traitements et les mesures de réadaptation exigibles
(art. 7 LPGA). Quant à l’incapacité de travail, elle est définie par l’art. 6
LPGA comme toute perte, totale ou partielle, de l’aptitude de l’assuré à
accomplir dans sa profession ou son domaine d’activité le travail qui peut
raisonnablement être exigé de lui, si cette perte résulte d’une atteinte à
sa santé physique, mentale ou psychique. En cas d’incapacité de travail de
longue durée, l’activité qui petit être exigée de l’assuré peut aussi relever
d’une autre profession ou d’un autre domaine d’activité. L’assuré a droit à
une rente si sa capacité de gain ou sa capacité d’accomplir ses travaux
habituels ne peut pas être rétablie, maintenue ou améliorée par des
mesures de réadaptation raisonnablement exigibles, s’il a présenté une
incapacité de travail d’au moins 40% en moyenne durant une année sans
interruption notable et si au terme de cette année, il est invalide à 40% au
moins (art. 28 al. 1 LAI, dans sa teneur en vigueur dès le 1
er
janvier 2008 ;
anciennement art. 28 al. 1 et 29 al. 1 let. b LAI). Pour évaluer le taux
d’invalidité, le revenu que l’assuré aurait pu obtenir s’il n’était pas invalide
est comparé avec celui qu’il pourrait obtenir en exerçant l’activité qui peut
raisonnablement être exigée de lui après les traitements et les mesures de
réadaptation, sur un marché du travail équilibré (art. 16 LPGA).
-
22 -
b) Pour pouvoir fixer le degré d’invalidité, l’administration —
en cas de recours, le tribunal — se base sur des documents médicaux,
ainsi que, le cas échéant, des documents émanant d’autres spécialistes,
pour prendre position. La tâche du médecin consiste à évaluer l’état de
santé de la personne assurée et à indiquer dans quelle proportion et dans
quelles activités elle est incapable de travailler (ATF 125 V 256, consid. 4 ;
TF 9C_519/2008 du 10 mars 2009, consid. 2.1). En outre, les
renseignements fournis par les médecins constituent une base importante
pour apprécier la question de savoir quelle activité peut encore être
raisonnablement exigible de la part de la personne assurée (ATF 125 V
256, consid. 4 ; 115 V 133, consid. 2 ; 114 V 310, consid. 3c ; 105 V 156,
consid. 1 ; TFA I 274/05 du 21 mars 2006, consid. 1.2 ; TF I 562/06 du 25
juillet 2007, consid. 2.1).
L’assureur social — et le juge des assurances sociales en cas
de recours — doit examiner de manière objective tous les moyens de
preuve, quelle qu’en soit la provenance, puis décider si les documents à
disposition permettent de porter un jugement valable sur le droit litigieux.
Si les rapports médicaux sont contradictoires, il ne peut liquider l’affaire
sans apprécier l’ensemble des preuves et sans indiquer les raisons pour
lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre,
en se conformant à la règle du degré de vraisemblance prépondérante
(ATF 126 V 353, consid. 5b ; 125 V 351, consid. 3a ; TF 9C_418/2007 du 8
avril 2008, consid. 2.1). C’est ainsi qu’il importe, pour conférer pleine
valeur probante à un rapport médical, que les points litigieux importants
aient fait l’objet d’une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur
des examens complets, qu’il prenne également en considération les
plaintes de la personne examinée, qu’il ait été établi en pleine
connaissance du dossier (anamnèse), que la description du contexte
médical et l’appréciation de la situation médicale soient claires et enfin
que les conclusions de l’expert soient bien motivées. Au demeurant,
l’élément déterminant: pour la valeur probante, n’est ni l’origine du moyen
de preuve, ni sa désignation comme rapport ou comme expertise, mais bel
et bien son contenu (ATF 125 V 351, consid. 3a ; 134 V 231, consid. 5.1 ;
TF 9C_1023/2008 du 30 juin 2009, consid. 2.1.1). Selon la jurisprudence,
-
23 -
les constatations émanant de médecins consultés par l’assuré doivent
toutefois être admises avec réserve ; il faut en effet tenir compte du fait
que, de par la position de confidents privilégiés que leur confère leur
mandat, les médecins traitants ont généralement tendance à se prononcer
en faveur de leurs patients; il convient dès lors en principe d’attacher plus
de poids aux constatations d’un expert qu’à celles du médecin traitant
(ATF 125 V 351, consid. 3b/cc ; TF 9C_91/2008 du 30 septembre 2008 ; TF
8C_15/2009 du 11 janvier 2010, consid. 3.2). II faut toutefois relever qu’un
rapport médical ne saurait être écarté au motif qu’il émane du médecin
traitant ou d’un médecin se trouvant en rapport de subordination avec un
assureur (TF 9C_607/2008 du 27 avril 2009, consid. 3.2).
-
24 -
l’expert neurologue conclut que le recourant n’a subi aucun impact
significatif au niveau de la tête et qu’il ne souffre d’aucune lésion post-
traumatique.
Sur le plan psychiatrique, le Dr X.________ constate l’absence
d’état de stress post-traumatique, faute de symptômes persistants
traduisant une hypersensibilité psychique et une hypervigilance, de
conduite d’évitement ou de reviviscences envahissantes à l’origine d’un
sentiment de détresse, l’accident ne paraissant par ailleurs pas avoir été
d’une gravité telle qu’il doive entraîner un tel état. L’expert psychiatre
conclut également à l’absence de symptomatologie dépressive. Il relève
les difficultés connues par les précédents praticiens qui ont examiné le cas
du recourant, le Dr W.________ ayant même évoqué la possibilité d’une
simulation, que l’expert n’exclut pas mais pour laquelle il affirme qu’il
n’existe pas de preuves formelles. Quant à l’examen neuropsychologique
effectué dans le cadre de l’expertise, il démontre également l’absence de
troubles neuropsychologiques réels.
Le rapport d’expertise du BREM a été rédigé sur la base
d’examens cliniques complets. Il tient compte des plaintes du recourant et
de l’ensemble des renseignements médicaux figurant au dossier; les avis
exprimés par les différents praticiens consultés par le recourant sont
d’ailleurs examinés de façon détaillée par les experts. L’anamnèse est
complète pour chaque pan de l’expertise, qui apparaît exempte de
contradictions et dont les conclusions, claires et longuement motivées,
sont par ailleurs confirmées tant sur le plan somatique que sur le plan
psychiatrique par d’autres praticiens, qui tous retiennent un manque de
collaboration de la part du recourant :
-
sur le plan somatique, le Dr V.________ retient une “indubitable”
majoration des symptômes d’origine volontaire ou involontaire, et
l’absence d’atteinte structurelle majeure du système nerveux et
locomoteur ; le Dr R., qui déclare partager l’avis du Dr V.,
évoque également l’hypothèse d’une majoration des symptômes et relève
l’absence de lésion somatique objectivable ;
-
25 -
-
sur le plan psychiatrique, le Dr B., qui ne retient pas d’état de
stress post-traumatique ni de trouble dépressif, écarte l’existence de tout
trouble psychique invalidant ; quant au psychiatre traitant, le Dr
S., il constate qu’il reste très difficile d’arriver à une conclusion
claire, du fait des informations imprécises et parfois contradictoires
données par son patient, et considère ainsi plausible l’hypothèse d’un
trouble factice, même si elle est difficile à confirmer.
Quant aux autres rapports médicaux figurant au dossier,
notamment ceux des médecins traitants, ils ne remettent pas en cause de
façon déterminante les conclusions des experts du BREM. Mme C.,
psychothérapeute, indique, sur la seule base des plaintes émises par le
recourant, que ce dernier souffre d’un syndrome post-commotionnel qui le
rend inapte à reprendre un travail. Elle s’appuie sur le rapport d’examen
neuropsychologique de M. E., qui recommande de reconnaître
rapidement au recourant une incapacité de travail complète dans son
activité habituelle et partielle dans une autre occupation. Quant à la Prof.
K., qui a examiné le recourant d’un point de vue
neuropsychologique, elle indique, tout en évoquant également un manque
de collaboration du recourant, que celui présente des plaintes de type
post-traumatique ; elle ne se prononce toutefois pas sur sa capacité de
travail, l’interprétation des symptômes observés lui paraissant difficile. La
Prof. K. indique également que le traitement des douleurs dorso-
lombaires lui semble devoir se situer au premier plan. Or, le contenu des
rapports de M. E.________ et de la Prof. K.________ a été repris et analysé
par les experts du BREM, qui ont expliqué de façon détaillée et
convaincante les raisons pour lesquelles ils ne retiennent quant à eux
aucun trouble neuropsychologique, du fait notamment de diverses
incohérences et irrégularités observées lors des différents examens
pratiqués. En ce qui concerne le Dr M., médecin traitant, il fait état
le 16 novembre 2007 notamment d’un syndrome post-commotionnel
ayant comme conséquence une totale incapacité de travail, sans motiver
son point de vue. Pour sa part, la Dresse P., rhumatologue, ne
reconnaît une totale incapacité de travail qu’en ce qui concerne le
syndrome post-traumatique crânien, induisant des troubles mnésiques et
-
26 -
attentionnels et un ralentissement ; elle préconise une neuro-
réhabilitation, relevant que cette pathologie n’est pas de son ressort,
raison pour laquelle son avis en la matière ne saurait être retenu. Enfin, le
Dr H.________ indique que le statut neuro-ophtalmologique du recourant
est absolument normal, même s’il relève que les examens cliniques et
paracliniques traditionnels sont généralement décevants en ce qui
concerne le syndrome commotionnel, pathologie dont lui semble souffrir
son patient.
Quant à la méthode diagnostique employée par le Prof.
Q., elle a déjà fait l’objet d’une appréciation par le Tribunal
fédéral, notamment dans un arrêt récent rendu en matière d’assurance-
accidents (TF 8C_978/2009 du 14 janvier 2011, consid. 5.2 et les
références citées). La Cour suprême a ainsi rappelé qu’une IRM
fonctionnelle (par la technique dite de tenseur de diffusion 3D) ne
constitue pas une méthode diagnostique éprouvée par la science
médicale, comme l’indiquent également les experts du BREM. Le rapport
du Prof. Q. et celui du Dr T., qui se fonde sur le premier, ne
sauraient donc être retenus, d’autant plus que le rapport du Dr T.
apparaît par ailleurs contenir des imprécisions, notamment lorsqu’il écrit
que le recourant était, avant son accident, cadre avec des responsabilités,
alors qu’il n’avait effectué, en dernier lieu, qu’une mission temporaire de
quelques jours en qualité de contremaître.
Il convient par conséquent de retenir que le rapport
d’expertise du BREM remplit tous les réquisits posés par la jurisprudence
pour détenir valeur probante et qu’il n’est remis en cause de façon
convaincante par aucun autre rapport médical au dossier. Il s’ensuit
qu’une pleine capacité de travail dans l’activité habituelle, sans aucune
limitation fonctionnelle ni diminution de rendement, doit être reconnue au
recourant au plus tard dès le mois de novembre 2007, soit avant
l’échéance du délai d’une année de l’art. 29 al. 1 let. b LAI (dans sa teneur
avant le 1
er
janvier 2008), ce qui ne lui ouvre aucun droit aux prestations
de l’assurance-invalidité.
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27 -