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TRIBUNAL CANTONAL
TD14.028552-150643
280
C O U R D ’ A P P E L C I V I L E
Arrêt du 7 août 2015
Composition : Mme Marie-France Crittin Dayen, juge déléguée
Greffière :Mme Boryszewski
Art. 176 al. 1 ch. 1 CC; 308 al. 1 let. b CPC
Statuant à huis clos sur l'appel interjeté par A.X., à
Vevey, contre l'ordonnance de mesures provisionnelles rendue le 14 avril
2015 par la Présidente du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est
vaudois dans la cause divisant l'appelant d’avec B.X., à
Kaufbeuren (Allemagne), la juge déléguée de la Cour d’appel civile du
Tribunal cantonal considère :
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2 -
E n f a i t :
A.Par ordonnance de mesures provisionnelles du 14 avril 2015,
envoyée pour notification le même jour, la Présidente du Tribunal civil de
l'arrondissement de l'Est vaudois a rappelé la convention sur les effets du
divorce signée par les parties à l’audience du 18 août 2014 portant en
particulier sur l’attribution de l’autorité parentale et la garde de l'enfant
[...] à sa mère, l'autorisation octroyée à la mère de déménager en
Allemagne avec l'enfant et de l'inscrire à l'école [...] à [...] et les modalités
du droit de visite du père (I), rappelé la convention signée le même jour
pour valoir ordonnance de mesures provisionnelles portant sur les mêmes
points que la convention précitée ainsi que sur la contribution d'entretien
du père en faveur de l'enfant d'un montant de 1'350 fr., allocation
familiales en sus, du 1
er
septembre 2014 au 1
er
décembre 2014 y compris,
la contribution d'entretien du père en faveur de B.X.________ d'un montant
de 3'000 fr. du 1
er
septembre 2014 au 1
er
décembre 2014 y compris en
précisant que ces montants seraient revus lors de l'audience du 12
décembre 2014 (II), astreint A.X.________ à contribuer à l’entretien de son
fils [...] par le régulier versement, d’avance le premier jour de chaque
mois, dès le 1
er
janvier 2015, en mains B.X.________ d’une pension
mensuelle de 1'580 fr., allocations familiales en sus, jusqu’à sa majorité ou
son indépendance financière aux conditions de l’art. 277 al. 2 CC (III),
astreint A.X.________ à contribuer à l’entretien de son épouse, B.X.,
par le régulier versement, d’avance le premier jour de chaque mois, dès le
1
er
janvier 2015, d’une pension mensuelle de 3’935 fr. (IV), dit que les frais
et dépens de l'ordonnance suivent le sort de la cause au fond (V) et rejeté
toutes autres ou plus amples conclusions (VI).
En droit, le premier juge a considéré, s'agissant des
contributions d'entretien en faveur de B.X. et de l'enfant [...], que
A.X.________ présentait un disponible, après couverture de son minimum
vital et pension en faveur de son fils, s'élevant à 4'877 fr. 95 (10'509.25 –
4'051.30 – 1'580). De son côté, B.X.________, en tenant compte du coût de
la vie en Allemagne, avait un découvert de l'ordre de 2'524 fr. 95
-
3 -
(2'580.45 – 55.50), arrondi à 2'525 francs. Le premier juge a ainsi partagé
l'excédent de 2'352 fr. 95 (4'877.95 – 2'525) entre les parties à raison de
60 % pour l'intimée et son fils, soit 1'410 fr. et le solde pour l'appelant. La
contribution d'entretien en faveur de B.X.________ a ainsi été arrêtée à
3'935 fr. (2'525 + 1'410) et celle de [...] à 1'580 fr., dès le 1
er
janvier 2015.
B.Par acte du 27 avril 2014 (recte : 2015), A.X.________ a
interjeté appel en concluant, avec dépens, comme suit :
"I.- L'appel est admis.
II.- Le chiffre III. du dispositif de l'ordonnance de mesures
provisionnelles rendue le 14 avril 2015 est réformé en ce sens
que A.X.________ contribuera à l'entretien de son fils par le
versement d'une pension mensuelle de fr. 1'450.- (...),
allocation familiale en sus, dès le 1
er
janvier 2015 et jusqu'à sa
majorité ou son indépendance financière.
III.- Principalement :
Le chiffre IV. du dispositif de l'ordonnance de mesures
provisionnelles rendue le 14 avril 2015 est réformé en ce sens
que A.X.________ contribuera à l'entretien de B.X.________ par le
régulier versement d'une pension mensuelle de fr. 600 (...)
payable d'avance le premier de chaque mois en mains de
B.X., dès le 1
er
janvier 2015.
Subsidiairement :
Le chiffre IV. du dispositif de l'ordonnance de mesures
provisionnelles rendue le 14 avril 2015 est réformé en ce sens
que A.X. contribuera à l'entretien de B.X.________ par le
régulier versement d'une pension mensuelle de fr. 2'000.- (...)
payable d'avance le premier de chaque mois en mains de
B.X.________, dès le 1
er
janvier 2015."
Dans ce même acte, l'appelant a également requis que l'effet
suspensif soit accordé à appel.
Par avis du 29 avril 2015, la juge déléguée a rejeté sa requête.
Le 18 mai 2015, la juge déléguée a octroyé le bénéfice de
l'assistance judiciaire à l'appelant.
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4 -
Par réponse du 29 mai 2015, l'intimée a conclu, avec suite de
frais et dépens, au rejet de l'appel.
C.La juge déléguée retient les faits suivants sur la base du
jugement complété par les pièces du dossier :
I.A.X.________ (ci-après : le requérant), né le [...] 1972, et
B.X.________, née [...] (ci-après : l’intimée) le [...] 1970, se sont mariés le
[...] 2003 à [...].
Un enfant est issu de leur union :
-
[...], né le [...] 2005.
II.a) Les parties vivent séparées depuis plus de deux ans.
B.X.________ et l’enfant [...] se sont installés à [...] en Allemagne depuis le
1
er
septembre 2014. A.X.________ est domicilié à [...] dans un appartement
qu’il loue.
b) A.X.________ est directeur "qualité et affaires
réglementaires", à 80 %, auprès de [...] SA depuis le 1
er
mai 2014. A ce
titre et selon sa fiche de salaire du mois de juillet 2014, il a réalisé, en
2014, un salaire mensuel net de 9'025 fr. 05, y compris une prime mobilité
de 30 fr. bruts et hors allocations familiales, versés treize fois l’an, soit un
gain net mensualisé de 9'777 fr. 10.
Il ressort de son contrat de travail que le requérant perçoit
également une partie variable annuelle d’un montant maximal de 10'000
fr. en fonction des résultats obtenus liés aux objectifs fixés. L'éventuel
bonus étant versé dans les premiers mois de l'année suivante, l'appelant
ne touche ainsi durant les douze mois de l'année que son salaire net.
L'éventuel bonus de 2015 sera perçu début de l'année 2016.
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5 -
Les charges mensuelles incompressibles du requérant se
définissent comme suit :
Base mensuelleFr.1'200.00
LoyerFr.1'590.00
Macaron de stationnementFr.30.00
Assurance-maladie de baseFr.195.70
Frais de repasFr.173.60
Frais de déplacement professionnelFr.52.80
Droit de visiteFr.150.00
Frais de déplacement en AllemagneFr.588.90
Logement en AllemagneFr.70.30
TotalFr.4'051.30
La base mensuelle de 1'200 fr. découle des directives de la
Conférence des préposés aux poursuites et faillites de Suisse pour une
personne vivant seule. Selon le contrat de bail à loyer, le requérant paye
un loyer de 1'590 fr. par mois, acomptes de charges compris, pour un
appartement de trois pièces. Il est détenteur d’un macaron de
stationnement pour son véhicule automobile lui coûtant 30 fr. par mois. Sa
prime d'assurance-maladie de base s'élève à 195 fr. 70 par mois. Le
requérant travaillant à un taux de 80 %, les frais de repas, à raison de 10
fr. par jour, sont retenus selon le même pourcentage, soit 173 fr. 60 (10 X
21.7 X 80 %). Il en va de même pour les frais de déplacement, soit un
abonnement mensuel Mobilis pour une zone, à 66 fr. réduit à 80 % de sa
valeur, soit 52 fr. 80. N’ayant pas la garde de son fils [...], la somme de
150 fr. lui sera également comptée au titre des frais de droit de visite.
Selon un tableau produit par le requérant à l’audience du 4
mars 2015, en raison du déménagement de l’intimée et du fils du couple
en Allemagne dès le 1
er
septembre 2014, il se rend environ neuf fois par
an à [...] pour voir son fils. A ces occasions, il séjourne sur place durant
trois nuits. Le prix par nuit s’élève à 30 €. Au cours de change du 7 avril
2015 de la Banque Nationale Suisse, cela correspond à une somme
d’environ 31 fr. 25 (1 € = 1.0412 CHF). Les frais de logements en
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Allemagne sont ainsi arrêtés à 70 fr. 30 par mois (3 X 31 fr. 25 X 9 : 12).
Le requérant effectue le trajet [...] – [...] – [...] environ quatre fois par
année pour aller chercher l'enfant pour les vacances. Ainsi, il effectue ce
parcours treize fois par an, à raison de 906 kilomètres aller-retour. Cela
représente ainsi une charge de 543 fr. 60 par trajet (906 X 0.60), soit
7'066 fr. 80 par an (13 X 543.60), ce qui correspond à une charge
mensuelle de 588 fr. 90 (7'066.80 : 12).
c) B.X.________ est titulaire d’un diplôme d’employée de
commerce obtenu en Allemagne. Au début du mariage, elle n’a exercé que
de petites activités professionnelles faiblement rémunérées. Lors de
l’installation du couple à [...] en 2004, elle s’est consacrée uniquement à
sa famille. Elle a toutefois suivi différentes formations notamment dans le
domaine de la médecine naturelle, la naturopathie, la nutrition, les
médecines alternatives et le Tai Chi.
Le 1
er
septembre 2014, elle s’est installée avec son fils [...]
dans un appartement de 4 pièces à [...], en Allemagne.
L'intimée s’est inscrite auprès de l’agence fédérale de l’emploi
de sa commune de résidence. Malgré ses recherches, le seul travail qu’elle
ait pu trouver, à ce jour, est une activité de professeur d’allemand à
l’école "[...]" à [...] pour une période limitée du 24 février au 30 juin 2015,
à raison d’un soir par semaine. Cette activité lui procure un revenu pour la
durée totale du contrat de 640 €, soit 160 € par mois, de mars à juin 2015.
B.X.________ n’a donc réalisé aucun revenu en 2014 et, selon les
faits connus à ce jour, réalisera pour l’année 2015 un revenu mensualisé
de 53 € 33 (640 : 12). Au cours de change du 7 avril 2015 de la Banque
Nationale Suisse, cela correspond à une somme d’environ 55 fr. 50 par
mois (1 € = 1.0412 CHF).
Les charges mensuelles de l’intimée seule se définissent
notamment comme suit :
-
7 -
LoyerFr.468.55
Assurance-maladie de baseFr.432.10
Franchise d’assurance-maladieFr.25.00
Frais de recherche d’emploiFr.100.00
Frais de déplacements professionnels Fr.4.40
Frais de transport en SuisseFr.453.00
Total (hors base mensuelle)Fr.1'483.05
Le montant de la base mensuelle de B.X.________ étant
litigieux, celle-ci sera déterminée au chiffre 9 du présent arrêt.
Selon le contrat de bail à loyer, l’intimée paye un loyer de 600
€ par mois, dont 130 € d'acompte de charges pour le chauffage et l'eau
chaude. La part aux frais de logement de l’enfant [...] par 150 € doit être
déduite (600 : 4). Ainsi, le loyer de l’intimée seule s’élève à 450 €, soit 468
fr. 55 (450 X 1.0412).
L’intimée a indiqué ne pas pouvoir, pour des motifs financiers,
s’assurer auprès d’une compagnie allemande. Selon ses indications, la
réalisation d'un salaire minimum de 500 € par mois est nécessaire pour
pouvoir bénéficier de l’assurance-maladie gratuite. Pour cette raison, elle
a conservé, pour elle-même et son fils, ses polices d’assurance-maladie en
Suisse. Ainsi, il sera tenu compte de sa prime d’assurance de base à
hauteur de 432 fr. 10 par mois. Le montant de sa franchise annuelle à
raison de 300 fr. est également pris en compte à raison de 25 fr. par mois.
Il ressort du certificat médical de la Dresse [...] du 25 juillet
2014 que l'intimée a souffert d'une maladie rhumatisale au mois de
septembre 2010, qu'elle a récupéré quasiment entièrement la force et la
mobilité de ses articulations tout en poursuivant des traitements réguliers
de physiothérapie et de massage et qu'il y a un risque potentiel de
rechute, particulièrement dans des situations de stress professionnels ou
personnels.
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L’intimée est à la recherche d’un emploi. A ce titre, il convient
de tenir compte des frais relatifs aux postulations qu’elle doit
entreprendre à raison de 100 fr. par mois.
Du 24 février au 30 juin 2015, l’intimée a exercé la profession
de professeur d’allemand, à raison d’un soir par semaine. Une distance de
1.5 kilomètres sépare son domicile de son lieu de travail. Un montant de
13 fr. 20 (66 X 20 %) sera ainsi retenu par mois, soit proportionnellement
équivalant à celui retenu pour le requérant, la distance étant quasiment
identique. Reportée sur l’année, les frais de transport représentent une
charge de 52 fr. 80, soit 4 fr. 40 par mois.
Selon un tableau produit par le requérant à l’audience du 4
mars 2015, l’intimée amène son fils [...] chez son père en Suisse environ
10 fois par année. Le calcul est ainsi le même que pour le requérant, ce
qui représente une charge de 543 fr. 60 par trajet (906 X 0.60), soit 5’436
fr. par an (10 X 543.60), soit 453 fr. par mois (5'436 : 12).
d) Le budget mensuel pour l’enfant [...] se définit notamment
comme suit :
Part au loyerFr. 156.20
Assurance-maladie de base Fr.99.40
EcolageFr.313.40
Transport scolaireFr.172.30
CantineFr.56.00
Après-midi surveillésFr.39.60
Frais de transport Fr.100.00
Total (hors base mensuelle)Fr.936. 90
La base mensuelle de l'enfant sera déterminée au chiffre 9 du
présent arrêt.
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Comme mentionné plus haut, la part aux frais de logement de
l’enfant [...] a été arrêtée à 150 €, soit 156 fr. 20. et sa prime d'assurance-
maladie s’élève à 99 fr. 40.
Selon le document intitulé "frais d’adhésion" (Beitragsordnung)
de la "[...]" que [...] fréquente, les frais mensuels d’écolage se montent à
297 €, plus 4 € pour le matériel, soit 301 € en tout, ce qui correspond à
313 fr. 40 (301 X 1.0412). Dans son appel, A.X.________ a allégué que les
frais de cantine s'élevaient à 56 fr. et ceux des après-midi surveillés à 39
fr. 60, ce que B.X.________ a admis. Quant aux frais de transport scolaire,
ils s’élèvent à 165 € 46 par mois, soit 172 fr. 30 (165.46 X 1.0412). Enfin,
les frais de transport de l'enfant s'élèvent à 100 fr. par mois, montant qui
n'est pas contesté par le requérant.
III.Le 10 juillet 2014, le requérant a déposé une demande
unilatérale en divorce.
Le même jour, le requérant a également déposé une requête
de mesures superprovisionnelles et provisionnelles, par laquelle il a
notamment conclu, par voie de mesures provisionnelles, à ce que la garde
de l’enfant [...] lui soit confiée et à ce que B.X.________ bénéficie d’un libre
et large droit de visite sur son fils.
Par procédé écrit du 14 août 2014, l'intimée a notamment
conclu, sous suite et frais et dépens, à ce que le requérant soit astreint à
verser une contribution d'entretien pour les siens à raison d'un montant à
préciser en cours d'instance.
IV.Selon convention sur les effets du divorce ratifiée à l’audience
de conciliation du 18 août 2014, les parties sont convenues de ce qui suit :
"I.- B.X.________ et A.X.________ exerceront de façon conjointe
l’autorité parentale sur [...], né le [...] 2005.
-
10 -
II.-La garde sur [...], né le [...] 2005, est confiée à sa mère
B.X..
III.- B.X. est autorisée à déménager en Allemagne avec
l’enfant [...] dès le [...] 2014.
IV.- B.X.________ est autorisée à inscrire l’enfant [...], né le [...]
2005, auprès de l’école [...] de [...] pour l’année scolaire 2014 /
V.- A.X.________ bénéficiera sur son fils [...], né le [...] 2005, d’un
libre et large droit de visite à exercer d’entente avec la mère.
A défaut de meilleure entente, A.X.________ pourra avoir son fils
auprès de lui de la manière suivante :
-
Chaque quinze jours :
o Une fin de semaine sur deux, du vendredi dès la sortie de
l’école jusqu’au dimanche soir, à charge pour B.X.________
d’amener l’enfant auprès de son père en Suisse et de venir l’y
rechercher, à ses frais,
o Une fin de semaine sur deux, A.X.________ exercera son droit
de visite en Allemagne du mercredi en fin d’après-midi jusqu’au
dimanche soir, sous réserve de l’accord donné par l’employeur
de A.X., à ses frais.
o Il est précisé que durant le mois de septembre 2014,
A.X. se rendra en Allemagne pour exercer son droit de
visite.
-
Durant la moitié des vacances scolaires, moyennant un
préavis donné trois mois à l’avance à la mère s’agissant des
vacances d’été, étant précisé ce qui suit :
o Les années paires, les vacances de février et la première
semaine des vacances de Noël,
o Les années impaires, les vacances d’automne et la deuxième
semaine des vacances de Noël,
o Une semaine à Pâques et à Pentecôte, étant précisé que les
années paires, dite semaine comprendra la fête de Pâques et
les années impaires, celle de Pentecôte.
A.X.________ ira chercher son fils au domicile de la mère au
début des vacances et B.X.________ viendra le rechercher au
domicile du père à la fin des vacances avec ce dernier.
o Exceptionnellement, A.X.________ aura son fils auprès de lui
durant les vacances d’automne 2014 du 26 au soir au 29
octobre 2014 à midi, étant entendu qu’il assumera les trajets
de l’enfant à son domicile."
Par convention de mesures provisionnelles également ratifiée
lors de l’audience du 18 août 2014 pour valoir ordonnance de mesures
provisionnelles, les parties sont convenues de ce qui suit :
"I.- Les chiffres I à V de la convention sur les effets du divorce
s’appliquent à titre provisionnel dès ce jour.
II.-A.X.________ autorise B.X.________ à faire usage des avoirs des
parties déposés en Allemagne dans la mesure nécessaire à son
installation dans ce pays.
-
11 -
III.- Parties procéderont dès que possible à un décompte et un
partage de leurs avoirs bancaires et postaux respectifs.
IV.- A.X.________ contribuera à l’entretien de son fils [...], né le 12
mars 2005, par le versement d’une contribution mensuelle de
1'350 fr. (...), allocations familiales en sus, d’avance le premier
de chaque mois, en mains de B.X.________, à compter du 1
er
septembre 2014 et jusqu’au 1
er
décembre 2014 y compris.
V.- A.X.________ contribuera à l’entretien de B.X., d’avance
le premier de chaque mois, par le versement d’une contribution
mensuelle de 3’000 fr. (...), en mains de B.X., à
compter du 1
er
septembre 2014 et jusqu’au 1
er
décembre 2014
y compris.
VI.- Parties conviennent de revoir d’ores et déjà le montant de ces
pensions lors d’une audience qui sera fixée le 12 décembre
2014."
A cette occasion, les parties sont également convenues de
retirer toutes les conclusions provisionnelles, sous réserve du nouvel
examen, au mois de décembre 2014, des montants dus au titre de
contributions d’entretien.
V.Le 16 décembre 2014, le requérant a déposé une nouvelle
requête de mesures superprovisionnelles, par laquelle il a notamment
conclu à ce que la contribution d’entretien due en faveur de son épouse
soit supprimée dès et y compris le 1
er
janvier 2015 (III), subsidiairement à
la conclusion III à ce que cette contribution soit réduite à 1'500 fr. dès et y
compris le 1
er
janvier 2015 (IV), et, subsidiairement à la conclusion IV, à ce
que cette contribution soit réduite à un montant que justice dira dès et y
compris cette même date (V).
Le 18 décembre 2014, l’intimée a conclu, sous suite de frais et
dépens, au rejet des conclusions de la requête précitée (I) et à ce qu’il soit
donner ordre à A.X.________ de verser en mains de B.X.________, le premier
de chaque mois, la somme mensuelle de 4'350 fr., dès le 1
er
janvier 2015
(II).
Par voie d’ordonnance de mesures superprovisionnelles du
19 décembre 2014, la présidente du tribunal d'arrondissement a
- 12 -
notamment dit que A.X., contribuera à l’entretien de son fils [...]
par le versement d’une somme mensuelle de 1'350 fr., allocations
familiales en sus, dès le 1
er
janvier 2015, jusqu’à droit connu sur les
mesures provisionnelles (II) et, dans les mêmes conditions, à contribuer à
l’entretien de B.X. à raison de 3'000 fr. par mois (III).
VI.A l’occasion de l’audience de la présidente du tribunal
d'arrondissement du 4 mars 2015, le requérant a déclaré ne pas faire
ménage commun avec son amie ni participer à son entretien. Il a
également conclu à ce qu'il soit astreint au versement d'un montant de
1'200 fr. par mois, plus allocations familiales, dès et y compris le 1
er
janvier 2015, à titre de contribution d'entretien en faveur de son fils (I) et
d'un montant de 2'000 fr. en faveur de B.X., dans la même mesure
(II). De son côté, l'intimée a conclu, avec suite de frais et dépens, à ce que
A.X. soit astreint au versement d'un montant de 1'466 fr. par mois,
plus allocations familiales, dès et y compris le 1
er
janvier 2015, à titre de
contribution d'entretien en faveur de son fils (I) et d'un montant de 2'800
fr. en sa faveur, dans la même mesure (II). Le requérant a conclu, avec
suite de frais et dépens, au rejet des conclusions précitées.
VII. Selon un bordereau provisoire de l'Office d'impôt des districts
de la Riviera – Pays-d'Enhaut et de Lavaux – Oron, établi le 14 avril 2015,
l'impôt cantonal et communal 2015 du requérant a été estimé à un
montant total de 8'497 fr. 10 et l'impôt fédéral direct 2015 à un montant
total de 524 fr. 10.
Par courrier du 23 avril 2015, l'employeur du requérant a
attesté que ce dernier n'avait pas reçu de bonus pour l'année 2014.
E n d r o i t :
- 13 -
1.a) L'art. 308 al. 1 let. b CPC (Code de procédure civile du 19
décembre 2008, RS 272) ouvre la voie de l'appel contre les ordonnances
de mesures provisionnelles rendues dans les causes patrimoniales dont la
valeur litigieuse est d'au moins 10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC).
Les prononcés de mesures provisionnelles étant régis par la
procédure sommaire (art. 248 CPC), le délai pour l'introduction de l’appel
est de dix jours (art. 314 al. 1 CPC). Un membre de la Cour d'appel civile
statue comme juge unique (art. 84 al. 2 LOJV [loi d’organisation judiciaire
du 12 décembre 1979, RSV 173.01]).
b) En l'espèce, l'ordonnance rendue le 14 avril 2015 a été
notifiée au conseil de l'appelant le lendemain. Déposé le 27 avril 2015,
l'appel a été interjeté en temps utile par une partie qui y a un intérêt digne
de protection (art. 59 al. 2 let. a CPC) et porte sur des conclusions qui,
capitalisées selon l'art. 92 al. 2 CPC, sont d'au moins de 10'000 francs. Le
présent appel est donc recevable.
2.L'appel peut être formé pour violation du droit ou pour
constatation inexacte des faits (art. 310 CPC). L'autorité d'appel peut
revoir l'ensemble du droit applicable, y compris les questions
d'opportunité ou d'appréciation laissées par la loi à la décision du juge, et
doit le cas échéant appliquer le droit d'office conformément au principe
général de l'art. 57 CPC (Jeandin, CPC commenté, Bâle 2011, n. 2 ss ad
art. 310 CPC). Elle peut revoir librement l'appréciation des faits sur la base
des preuves administrées en première instance (Jeandin, op. cit., n. 6 ad
art. 310 CPC). Le large pouvoir d'examen en fait et en droit ainsi défini
s'applique même si la décision attaquée est de nature provisionnelle (CACI
14 mars 2011/12 c. 2 in JT 2011 III 43).
3.a) Les faits et moyens de preuve nouveaux ne sont pris en
compte que s’ils sont invoqués ou produits sans retard et ne pouvaient
être invoqués ou produits devant la première instance bien que la partie
- 14 -
qui s’en prévaut ait fait preuve de la diligence requise, ces deux conditions
étant cumulatives (art. 317 al. 1 CPC). Il appartient à l’appelant de
démontrer que ces conditions sont réalisées, de sorte que l’appel doit
indiquer spécialement de tels faits et preuves nouveaux et motiver
spécialement les raisons qui les rendent admissibles selon lui (JT 2011 III
43 et les réf. cit.).
Les conditions restrictives posées par l’art. 317 CPC pour
l’introduction de faits ou de moyens de preuves s’appliquent de même aux
cas régis par la maxime inquisitoire, notamment dans la procédure
applicable aux enfants dans les affaires du droit de la famille (art. 296 al. 1
CPC). Des novas peuvent être en principe librement introduits en appel
dans les causes régies par la maxime d’office, par exemple sur la situation
des enfants mineurs en droit matrimonial (Tappy, op. cit., JT 2010 III 139),
à tout le moins lorsque le juge de première instance a violé la maxime
inquisitoire illimitée (JT 2011 III 43 et réf. cit.).
b) En l’espèce, l'appelant a produit un onglet de cinq pièces
sous bordereau, soit une attestation du 23 avril 2015 établie par son
employeur indiquant qu'il n'avait pas reçu de bonus pour l'année 2014
(P1), un bordereau provisoire des impôts 2015 établi en faveur de
l'appelant le 14 avril 2015 (P2), un extrait du site
www.sozialleistungen.info (P3), un document en allemand indiquant les
salaires dans l'une des branches d'activité de l'intimée (P4) et un tableau
Eurostat (P5).
S'agissant de la pièce 1, alors qu'il a été retenu que le salaire
était constitué d'une part variable en fonction des résultats, l'appelant n'a
pas été interrogé sur cette question par le premier juge, qui n'a d'ailleurs
requis aucune précision complémentaire sur ce point. Dans ces
circonstances, il se justifie d'admettre en appel la production de cette
pièce, ce d'autant que le litige concerne la situation d'un enfant mineur.
- 15 -
Il en va de même pour la pièce 2, la question de la prise en
compte des impôts dans les charges des époux n'ayant pas été examinée
par le premier juge.
Les pièces 3 à 5 sont également recevables dans la mesure où
elles permettent de répondre à l'argumentation du premier juge.
- a) L'appelant conteste le montant des contributions
d'entretien mises à sa charge par le premier juge. Il estime qu'il est
arbitraire de partager l'excédent à raison de 60 % pour B.X.________ et son
fils et 40 % pour A.X.________, du fait que le coût de la vie en Allemagne où
sont domiciliés l'intimée et son fils serait inférieur à celui en Suisse.
L'intimée soutient pour sa part que cet argument ne saurait
justifier que l'on s'écarte des principes jurisprudentiels, à savoir que s'il
reste un excédent après déduction du minimum vital des époux de leur
revenu total, cet excédent doit être simplement réparti par moitié entre
les époux si l'on est en présence de deux ménages d'une personne, mais
pas si l'un des époux doit subvenir aux besoins d'enfants mineurs. De plus,
dans la mesure où le disponible sert à couvrir des charges qui excèdent le
minimum vital, c'est-à-dire de "luxes" et que leur coût est identique dans
les deux pays, le partage opéré par le premier juge ne prêterait, selon elle,
pas le flanc à la critique.
b) Pour fixer la contribution du mari à l'entretien de sa femme
pendant la durée du procès en divorce, la jurisprudence admet, sous
réserve de circonstances particulières, un partage par moitié du surplus
disponible après déduction du minimum vital élargi de chacun des deux
époux (ATF 126 III 8, JT 2000 I 29). La doctrine relève cependant qu'un
partage du surplus par moitié peut aboutir à des résultats inadmissibles
lorsque l'une des parties doit subvenir avec la contribution aux frais
d'entretien des enfants (Geiser, Neuere Tendenzen in der Rechtsprechung
zu den familienrechtlichen Unterhaltspflichten, PJA 2/1993 p. 907;
Lüchinger/Geiser, Commentaire bâlois, n. 17 ad art. 145 CC). Un mode de
- 16 -
partage différent du surplus repose sur le motif que les enfants doivent
aussi bénéficier du train de vie plus élevé des parties (ATF 126 III 8
précité). Ainsi, en présence d'un seul enfant, une répartition 60%-40% est
en principe plus équitable (Juge délégué CACI 24 juin 2014/354), mais si
cet enfant est en bas âge, une répartition du disponible par moitié n'est
cependant pas arbitraire (TF 5A_56/2011 du 25 août 2011 c. 3.4.2).
Lorsque le débiteur d'entretien vit à l'étranger, il y a lieu de tenir compte,
lors du calcul du montant de base, du niveau de vie de ce pays
(TF 5A_462/2010 du 24 octobre 2011 c. 3.1 et les réf. cit.; TF 5A_
384/2007 du 3 octobre 2007 c. 4.1; CACI 23 février 2015/105 c. 8b et les
réf. cit.). La jurisprudence cantonale vaudoise prévoit une réduction de 30
% du montant de base mensuel pour une personne vivant par exemple en
France (CACI 23 septembre 2014/489 c. 7g; Juge délégué CACI 12
septembre 2013/470 c. 3d; CACI 24 août 2011/210 c. 3cc).
c) En l'espèce, il est avéré que le coût de la vie en Allemagne
est inférieur à celui en Suisse. Cependant, cette différence a déjà été prise
en compte dans le calcul du montant de base de l'intimée et de l'enfant
par l'application des indices issus des statistiques Eurostat (cf . ch. 9). Il ne
se justifie dès lors pas de tenir compte une nouvelle fois de ce paramètre
dans le cadre de la répartition du disponible, par un partage par moitié, ce
d'autant plus que cela permet à l'enfant du couple, âgé de 10 ans, de
bénéficier aussi du train de vie plus élevé des parties, comme le préconise
la jurisprudence. Il convient ainsi de confirmer la répartition appliquée par
le premier juge, soit 60%-40%.
- a) L'appelant conteste le fait d'avoir perçu un bonus pour
l'année 2014. Il produit à ce titre un document de son employeur attestant
ses dires.
b) En l'espèce, au vu de la pièce recevable et attestant du
non-versement du bonus pour l'année 2014, il y a lieu de retenir que,
depuis le 1
er
mai 2014, l'appelant réalise un salaire net mensualisé, hors
allocations familiales, de 9'777 fr. 10.
- 17 -
Quant à l'éventuel bonus pour l'année 2015 qui sera le cas
échéant perçu début 2016, le contrat de travail ne fixant pas un montant
minimal, mais un montant maximal, une moyenne ne saurait être établie;
c’est la gratification 2015 qui devra être retenue, laquelle s’ajoutera au
produit du travail de l’appelant pour 2016.
La contribution d'entretien en faveur de l'enfant étant calculée
sur le revenu de l'appelant, il y a lieu d'adapter cette dernière. On obtient
ainsi une contribution en faveur de [...] d'un montant de 1'466 fr. 55
(9'777.10 X 15 %), arrondi à 1'467 fr., allocations familiales en sus. Il ne se
justifie pas en l'état de reprendre la formation utilisée par le premier juge
"jusqu'à la majorité ou son indépendance financière aux conditions de
l'art. 277 al. 2 CC", compte tenu de l'âge de [...].
- a) L'appelant soutient que les allocations familiales doivent
être déduites de la base mensuelle de l'enfant.
b) Selon la jurisprudence, les allocations familiales doivent
être retranchées du coût d'entretien de l'enfant et doivent donc être
déduites dans le calcul du minimum vital lors de la fixation de la
contribution due par le parent non gardien pour l'entretien des siens
(TF 5A_386/2012 du 23 juillet 2012 c. 4.2.1. et réf. cit.; TF 5A_511/2010 du
4 février 2011 c. 3). Ainsi, lors du calcul de la contribution d’entretien en
faveur des enfants, il est arbitraire de ne pas déduire du minimum vital de
ce dernier le montant équivalent à l’allocation familiale ou l’allocation de
formation professionnelle (TF 5A_207/2011 du 26 septembre 2011 c. 4.3.).
c) Le premier juge n'a pas déduit les allocations familiales de
la base mensuelle de l'enfant. Il a uniquement indiqué que l'enfant avait
droit à une contribution d'entretien d'un montant arrondi de 1'580 fr.
(10'529.25 X 15 %) en chiffres arrondis, allocations familiales en sus.
d) En l'espèce, dans la mesure où la contribution d'entretien
de l'enfant est un pourcentage appliqué au revenu de l'appelant, la
- 18 -
déduction des allocations familiales de la base mensuelle de l'enfant n'a
pas d'incidence sur le montant qu'il reçoit chaque mois. Le grief doit donc
être rejeté.
Il sera en revanche vérifié au chiffre 9 du présent arrêt si cette
contribution couvre les charges mensuelles de l'enfant, lesquelles doivent
tenir compte des allocations familiales d'un montant de 230 francs.
- a) L'appelant allègue également que les acomptes d'impôts
auraient dû être comptabilisés dans ses charges, car la situation financière
des parties permettait d'inclure ces montants.
L'intimée soulève le même grief la concernant sans
formellement interjeter appel.
b) Lorsque la contribution est calculée conformément à la
méthode dite du minimum vital avec répartition de l'excédent et que les
conditions financières des parties sont favorables, il faut prendre en
considération la charge fiscale courante (TF 5A_302/2011 du 30
septembre 2011 c. 6.3.1, FamPra.ch 2012 p. 160; TF 5A_732/2007 du 4
avril 2008 c. 2.1). Ce principe s'applique aussi aux mesures protectrices de
l'union conjugale et aux mesures provisionnelles (TF 5A_511/2010 du 4
février 2011 c. 2.2.3; TF 5A_508/2011 du 21 novembre 2011 c. 4.2.5;
TF 5A_219/2014 du 26 juin 2014 c. 4.2.1).
Le Tribunal fédéral a considéré qu'un solde de plus de 500 fr. à
répartir entre les époux justifiait que la charge fiscale courante d'impôts
soit prise en considération (TF 5A_511/2010 précité; TF 5A_302/2011
précité c. 6.3.1, FamPra.ch 2012 p. 160 : disponible du couple de 2'500
fr.). En revanche, dans les situations modestes, la charge fiscale ne doit en
principe pas être prise en compte (TF 5A_608/2011 du 13 décembre 2011
c. 6.2.5, rés. RMA 2012 p. 110). Il y a lieu de préciser que l'excédent
éventuel à partager selon la jurisprudence précitée doit être déterminé en
tenant compte de la charge fiscale des époux. Le contraire reviendrait en
- 19 -
effet, si l'on prenait le montant de 500 fr. retenu dans les arrêts
susmentionnés sans égard à la charge fiscale, à admettre que ce montant
puisse être affecté au paiement des impôts et que le solde de ceux-ci
entame le minimum vital (Juge délégué CACI 24 octobre 2014/552).
Lorsque la charge fiscale est prise en compte, elle doit l'être
chez les deux époux. Il n'est cependant pas arbitraire, même au regard de
l'art. 296 al. 1 CPC, de renoncer à prendre en considération une charge
fiscale de l'un des époux dans son budget, faute pour ce dernier d'avoir
allégué le moindre élément à ce sujet, alors que la charge fiscale de
l'autre époux – dûment alléguée – est prise en compte (TF 5A_219/2014
précité c. 4.2.2 et 4.3).
c) Le premier juge n'a pas comptabilisé les acomptes d'impôts
dans le minimum vital de l'appelant.
d) En l'espèce, les acomptes d'impôts 2015, tels que
ressortant de la pièce 2 produite en appel, totalisent un montant de
9'021 fr. 20 (8'497.10 + 524.10) qui, mensualisé, représente une charge
de 751 fr. 75 (9'021.20 / 12). En rajoutant ce dernier montant dans les
charges de l'appelant, on obtient un disponible de 4'974 fr. 05 (9'777.10 –
[4'051.30 + 751 fr. 75]).
S'agissant de l'intimée, s'il ressort des éléments du dossier
qu'elle perçoit un revenu de 55 fr. 50 par mois, cette dernière n'a en
revanche pas rendu vraisemblable le fait qu'elle devait s'acquitter
d'impôts. Il n'y a dès lors pas lieu d'en tenir compte dans ses charges.
- a) L'appelant soutient également qu'un revenu hypothétique
aurait dû être imputé à intimée. Il allègue que c'est elle qui a pris la
décision d'aller vivre en Allemagne avec l'enfant du couple afin d'avoir
plus de facilité à réintégrer le monde du travail. Il ajoute avoir donné son
accord pour le déménagement notamment du fait que l'intimée prétendait
avoir d'ores et déjà trouvé un travail chez sa sœur, lequel lui procurerait
- 20 -
un salaire de 500 € par mois pour 14 heures par semaine. Dans la mesure
où cette opportunité ne s'est finalement pas concrétisée, l'appelant
allègue qu'un revenu hypothétique aurait dû être imputé à l'intimée, celle-
ci ayant la possibilité de travailler à 80 %, compte tenu du fait que l'enfant
a plus de 10 ans et qu'il est absent de la maison quatre jours sur cinq.
b) Pour fixer la contribution d’entretien, le juge doit en
principe tenir compte du revenu effectif des parties. Cependant, tant le
débiteur d’entretien que le créancier peuvent se voir imputer un revenu
hypothétique supérieur. Il s’agit ainsi d’inciter la personne à réaliser le
revenu qu’elle est en mesure de se procurer et dont on peut
raisonnablement exiger d’elle qu’elle l’obtienne afin de remplir ses
obligations (ATF 128 III 4 c. 4a; TF 5A_99/2011 du 26 septembre 2011 c.
7.4.1, publié in FamPra.ch 2012 228; TF 5A_290/2010 du 28 octobre 2010
c. 3.1, publié in SJ 2011 I 177).
Le juge doit ainsi examiner successivement deux conditions. Il
doit d’abord déterminer si l’on peut raisonnablement exiger d’une
personne qu’elle exerce une activité lucrative ou augmente celle-ci, eu
égard, notamment, à sa formation, à son âge et à son état de santé; il
s’agit d’une question de droit. Lorsqu’il tranche celle-ci, le juge ne peut
pas se contenter de dire, de manière toute générale, que la personne en
cause pourrait obtenir des revenus supérieurs en travaillant; il doit
préciser le type d’activité professionnelle qu’elle peut raisonnablement
devoir accomplir. Le juge doit ensuite établir si la personne a la possibilité
effective d’exercer l’activité ainsi déterminée et quel revenu elle peut en
obtenir, compte tenu des circonstances subjectives susmentionnées, ainsi
que du marché du travail (ATF 128 III 4 c. 4c/bb; ATF 126 III 10 c. 2b). Un
revenu hypothétique a par exemple été imputé à un débirentier qui a
librement choisi de quitter la Suisse pour vivre avec sa compagne dans un
pays où les revenus sont inférieurs et qui n'a notamment pas démontré
avoir effectué dans ce pays des recherches d'emploi lui assurant un
salaire équivalent à celui qu'il percevait en Suisse (TF 5A_587/2013 du 26
novembre 2013 c. 6.2).
-
21 -
Il existe une présomption de fait selon laquelle il est
déraisonnable d'exiger la reprise d'une activité lucrative au-delà de l'âge
de 45 ans, mais cette limite d'âge ne doit pas être considérée comme une
règle stricte (ATF 137 III 102 c. 4.2.2.1 et réf. cit.). La présomption peut
être renversée, en fonction d'autres éléments qui plaideraient en faveur
de la reprise ou de l'augmentation d'une activité lucrative. La limite d'âge
tend à être augmentée à 50 ans (ATF 137 III 102 précité c. 4.2.2.2;
TF 5A_206/2010 du 21 juin 2010 c. 5.3.2 et les réf. cit.). Pour déterminer si
on peut exiger du conjoint qui n'a pas travaillé qu'il reprenne une activité
lucrative, il faut se fonder sur la date de la séparation définitive, à moins
qu'il ait pu considérer de bonne foi qu'il ne devait pas (encore) se soucier
de son propre revenu (TF 5C_320/2006 du 1
er
février 2007 c. 5.6.2.2.,
FamPra.ch 2007 p. 685 et réf. cit.).
Lorsqu'on exige d'un époux qu'il reprenne ou étende une
activité lucrative, il faut lui accorder un délai d'adaptation approprié. Il doit
en effet avoir suffisamment de temps pour s'adapter à la nouvelle
situation, notamment lorsqu'il doit trouver un emploi. Le délai doit donc
être fixé en fonction des circonstances concrètes du cas particulier (TF
5A_710/2009 du 22 février 2010 c. 4.1). En principe, on accorde à la partie
à qui l'on veut imputer un revenu hypothétique un certain délai pour
s'organiser à cette fin (ATF 129 III 417 c. 2.2; ATF 114 II 13 c. 5) et l'on ne
doit pas tenir compte d'un revenu plus élevé là où la possibilité réelle de
l'obtenir fait défaut. Cette jurisprudence s'applique dans les cas où le juge
exige d'un époux qu'il reprenne ou augmente son activité lucrative et où
l'on exige de lui une modification de son mode de vie (TF 5A_692/2012 du
21 janvier 2013 c. 4.3, in FamPra.ch. 2013 p. 486).
c) En l’espèce, le premier juge a retenu que B.X.________
n'avait réalisé aucun revenu en 2014 et allait réaliser en 2015 un revenu
mensualisé de 53 € 33 (640 : 12), soit environ 55 fr. 50 par mois (1 € =
1.0412 CHF). Il n'a en revanche pas examiné la question de l'imputabilité
d'un revenu hypothétique à l'intimée.
d) En l'espèce, l'intimée, qui était mariée à l'appelant depuis
environ dix ans au moment de la séparation, est aujourd'hui âgée de 44
-
22 -
ans. L'enfant du couple est quant à lui âgé de 10 ans. Au regard de ces
éléments, de l'âge et de l'état de santé de l'intimée, on doit admettre que
l'on peut raisonnablement exiger d'elle qu’elle exerce une activité
lucrative à temps partiel. En effet, aucun problème de santé qui
l'empêcherait de travailler ne ressort du dossier, en particulier de la
réponse à l'appel qui mentionne seulement des traitements de
physiothérapie et de massage induisant des frais supplémentaires. De
plus, on ne peut rien déduire du certificat médical de la Dresse [...][...].
Enfin, alléguant dans ses charges des frais de "recherches d'emploi", elle
admet elle-même le principe de la reprise d'une activité professionnelle.
Elle n'a en revanche pas rendu vraisemblable le fait d'avoir "entrepris des
recherches d'emploi adéquates". Compte tenu de l’ensemble de ces
circonstances, on peut exiger de l’intimée la reprise d’une activité
lucrative, à tout le moins à temps partiel dans un premier temps.
Conformément à la jurisprudence rappelée ci-dessus, il
convient d’accorder à l’intimée un délai d’adaptation approprié, tenant
compte des circonstances concrètes du cas particulier, notamment du fait
qu'elle n'a pas eu de véritable activité professionnelle depuis 2003. En
effet, si au début du mariage, elle a exercé de petites activités
professionnelles faiblement rémunérées, lors de l’installation du couple à
[...] en 2004, elle s’est uniquement consacrée à sa famille. Il convient ainsi
de lui impartir un délai d’adaptation au 31 décembre 2015. Dès le 1
er
janvier 2016, l’appelant sera en droit de requérir la modification des
mesures provisionnelles au motif que les faits se sont modifiés en raison
de l’échéance du délai imparti à l’intimée pour trouver un emploi. Il
incombera alors au juge de fixer le montant de la pension due à l’intimée
en tenant notamment compte du salaire hypothétique de cette dernière.
9. a) L'appelant reproche au premier juge de ne pas avoir
suffisamment tenu compte de la différence du coût de la vie entre
l'Allemagne et la Suisse pour le calcul du minimum vital. Il soutient que le
montant de la base mensuelle de B.X.________ de 1'097 fr. 40, soit 1'054 €,
retenu par le premier juge correspond non pas à la base mensuelle suisse,
-
23 -
mais aux besoins vitaux, notion comprenant le loyer et l'assurance-
maladie comme le document l'expliquerait. Ainsi, il soutient que la base
mensuelle de l'intimée s'élèverait à 399 €, comme il ressort de l'extrait du
site www.sozialleistungen.info qu'il a produit à l'appui de son appel.
L'appelant se réfère également aux statistiques au niveau européen
(Eurostat) pour soutenir que le coût de la vie en Allemagne correspond au
66 % du coût de la vie en Suisse.
L'intimée allègue de son côté que si le Tribunal fédéral admet,
faisant référence aux statistiques Eurostat, que la comparaison statistique
supranationale peut servir de référence pour arrêter le minimum vital d'un
débiteur, il serait contestable que les principes applicables en matière de
poursuites s'appliquent de manière identique en matière de droit de la
famille, puisque ce deuxième domaine est régi par d'autres principes.
b) Le premier juge a retenu que pour établir le minimum vital
de l'intimée, il convenait de tenir compte du coût de la vie lequel serait
inférieur en Allemagne. En se fondant sur les indications figurant sur le
site "www.cecu.de", il a retenu que la base mensuelle était de 1’054 €
pour une personne seule, soit 1'097 fr. 40 au cours de 1 € pour 1.0412
CHF.
c) Le site www.cecu.de est un portail d'informations
indépendant à l'échelle nationale traitant des assurances en général. Les
données qu'il regroupe ne sont cependant pas des données officielles.
Eurostat est l'Office statistique de l'Union européenne, dont le
rôle est de fournir à cette dernière des statistiques au niveau européen
permettant des comparaisons entre les pays et les régions. La Suisse en
est membre à part entière depuis 2010. L'Office est ainsi une entité
officielle recueillant les données collectées dans les pays membres par les
instituts de statistique nationaux afin de permettre une comparaison des
données harmonisée (TF 5A_919/2012 du 11 février 2013 c. 4.4).
-
24 -
d) Ainsi, les données retenues par le premier juge, issues du
site www.cecu.de, ne sont pas des données officielles. De plus, on ignore
sur quels critères le premier juge s'est basé pour les retenir. Il a
simplement indiqué qu'elles avaient été produites par l'intimée.
Quant à la somme de 399 € – avancée par l'appelant –
correspondant aux allocations versées notamment aux chômeurs de
longue durée, le site www.sozialleistungen.info n'indique pas ce qu'elle
couvre exactement. On ignore ainsi si dans ce montant – particulièrement
bas –, les frais pour l'alimentation, les vêtements et le linge y compris leur
entretien, les soins corporels et de santé, l'entretien du logement, les frais
culturels ainsi que les dépenses pour l'éclairage, le courant électrique ou
le gaz pour cuisiner sont, comme c'est le cas dans la base mensuelle
suisse, compris. Au surplus, il ne mentionne pas le montant à ajouter en
cas de parent monoparental.
Enfin, comme mentionné ci-dessus, Eurostat est l'Office
statistique de l'Union européenne, dont le rôle est de fournir à cette
dernière des statistiques au niveau européen permettant des
comparaisons entre les pays et les régions. Dans la mesure où le Tribunal
fédéral a déjà eu l'occasion de s'y référer (TF 5A_919/2012 du 11 février
2013 c. 4.4), que ce sont des données officielles et que leur application
permettra de tenir compte d'une base mensuelle pour un parent
monoparental, il y a lieu de les appliquer. L'on obtient ainsi 889 fr. 20
[(1'350 x 101.5) / 154.1], comme base mensuelle pour l'intimée, au lieu
des 1'097 fr. 40 retenus par le premier juge, en se référant aux données
2014, telles qu'elles ressortent du site
http://ec.europa.eu/eurostat/tgm/table.do?tab=table&plugin=1&language
=de&pcode=tec00120. Ces données, qui peuvent être contrôlées par
chacun sur internet, constituent un fait notoire conformément à la
jurisprudence (ATF 137 III 623 c. 3; TF 5A_561/2011 du 19 mars 2012, c.
5.3, in RSPC 2012 p. 290).
Il y a lieu d'appliquer le même indice à la base mensuelle de
l'enfant. L'on obtient ainsi un montant de 395 fr. 20 [(600 x 101.5) /
-
25 -
154.1], auquel il convient encore de soustraire les allocations familiales de
230 fr. (cf. ch. 6 let. d) et l'on obtient une base mensuelle de 165 fr. 20. Le
minimum vital de l'enfant s'élève ainsi à 1'102 fr. 10 (936 fr. 90 + 165.20)
et la contribution d'entretien d'un montant de 1'467 fr. à charge de
l'appelant couvre par conséquent les charges mensuelles de l'enfant.
- a) L'appelant soutient encore que, contrairement à ce
qu'aurait retenu le premier juge, l'intimée n'aurait pas à effectuer dix
déplacements en Suisse pour amener l'enfant à son père, mais seulement
huit et que cela ramènerait les frais à 362 fr. 40 par mois.
L'intimée conteste le fait que l'appelant effectuerait plus de
trajets qu'elle pour l'exercice du droit de visite du fait que les parties
seraient convenues lors de l'audience du 18 août 2014 d'un partage par
moitié des trajets effectués à l'occasion des week-ends de visites et des
vacances.
b) En l'espèce, l'appelant n'allègue pas la raison pour laquelle
l'intimée serait amenée à faire huit trajets plutôt que dix comme le
premier juge l'a retenu. Au surplus, c'est à juste titre que l'intimée relève
que la convention de mesures provisionnelles, ratifiée par le premier juge
lors de l'audience du 18 août 2014, prévoit à son chiffre I, lequel renvoie
au chiffre V de la convention sur les effets du divorce, un partage par
moitié des trajets effectués à l'occasion des week-ends de visites et des
vacances. Ce grief doit donc être rejeté.
11.a) L'intimée soutient dans sa réponse que le premier juge a
omis d'inclure dans ses charges les frais de logement en Suisse
occasionnés par ses visites (i). Elle se prévaut également de frais de
chauffage par 75 € et d'électricité par 30 € au titre de frais de logement
(ii) et de frais médicaux, notamment ceux de médecine alternative.
-
26 -
b) S'agissant des frais médicaux non pris en charge par
l'assurance-maladie obligatoire liés à des traitements ordinaires,
nécessaires, en cours ou imminents, ils doivent en principe être pris en
compte dans le calcul du minimum d'existence (ATF 129 III 242 c. 4.2; TF
5A_991/2014 du 27 mai 2015 c. 2.1; TF 5A_914/2010 du 10 mars 2011 c.
5.2; TF 5A_664/2007 du 23 avril 2008 c. 2.2.1). Tel n'est pas le cas par
exemple de séances de psychothérapie non ordonnées par un psychiatre
(Juge délégué CACI 31 juillet 2014/407).
c) Le premier juge a retenu que l'intimée n'avait pas démontré
que le traitement de médecine alternative n'était pas pris en charge par
son assurance, qu'il ressortait du certificat médical, établi le 25 juillet 2014
par la Dresse [...], que si l’intimée avait effectivement souffert d’une
maladie rhumatismale au mois de septembre 2010, elle "a[vait] récupéré
quasiment entièrement la force et la mobilité de ses articulations" et que
le médecin n'avait pas fait état de la nécessité d’un suivi médical en
Allemagne.
d) On relève en premier lieu que l'intimée n'a pas interjeté
appel. Au demeurant, quand bien même tel avait été le cas, ses griefs
auraient dû être rejetés pour les motifs ci-dessous.
i) L'intimée n'ayant pas allégué de frais de logement liés à ses
séjours en Suisse que ce soit en procédure de divorce ou en mesures
provisionnelles, ni produit aucune pièce, il n'y aurait pas lieu de
comptabiliser de montant dans ses charges à ce titre.
ii) Dans la mesure où il ressort du contrat de bail de l'intimée
que son loyer de 600 € comprend déjà un acompte de 130 € pour les frais
de chauffage et d'eau chaude, on ne saurait comptabiliser un montant
supplémentaire. Quant aux frais d'électricité par 30 €, ils sont déjà pris en
compte dans la base mensuelle de l'intimée.
iii) La Dresse [...] a certes relevé que l'intimée avait souffert
d'une maladie rhumatismale et qu'il y avait un risque de rechute dans des
-
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situations de stress professionnels ou personnels, elle n'a en revanche pas
ordonné de suivi physiothérapeutique ou autres en Allemagne. Il n'y aurait
dès lors pas non plus lieu de prendre en compte ces frais médicaux dans
les charges de l'intimée.
- a) En définitive, les charges incompressibles de l'appelant
comprennent la base mensuelle de 1'200 fr., le loyer de 1'590 fr., un
macaron de stationnement de 30 fr., l'assurance-maladie de base de 195
fr. 70, les frais de repas de 173 fr. 60, les frais de déplacement
professionnel de 52 fr. 80, les frais de droit de visite de 150 fr., les frais de
déplacement en Allemagne de 588 fr. 90 et de logement en Allemagne de
70 fr. 30 et l'acompte d'impôts de 751 fr. 75 et s'élèvent à 4'803 fr. 05 par
mois. A cela s'ajoute, la contribution d'entretien due pour l'enfant, soit de
1'467 francs.
Au vu du revenu mensuel de l'appelant et de ses charges
incompressibles, le disponible s'élève à 3'507 fr. 05 (9'777.10 – 4'803.05 –
1'467).
b) Les charges incompressibles de l'intimée se composent
ainsi de la base mensuelle pour un parent monoparental pondéré au coût
de la vie en Allemagne soit de 889 fr. 20, le loyer de 468 fr. 55,
l'assurance-maladie de base de 432 fr. 10, la franchise mensuelle de 25
fr., les frais de recherches d'emplois de 100 fr., les frais de déplacement
professionnel de 4 fr. 40 et les frais de transport en Suisse de 453 fr. et
s'élèvent à 2'372 fr. 25 par mois.
Au vu de son revenu mensuel et de ses charges
incompressibles, l'intimée a un découvert de 2'316 fr. 75 (2'372.25 –
55.50).
Après couverture de l'entier des besoins des membres de la
famille, l'appelant dispose encore d'une somme de 1'190 fr. 30 (9'777.10 –
4'803.05 – 1'467 – 2'316 fr. 75) qu'il convient de répartir à raison de 40 %
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pour l'appelant, soit 476 fr. 10 et 60 % pour l'intimée et son fils, soit 714
fr. 20.
Au vu de ce qui précède, la contribution due par l'appelant à
l'entretien de son épouse s'élève, y compris la répartition de l'excédent, à
3'030 fr. 95 (2'316.75 + 714.20), arrondie à 3'031 fr., et celle due à
l'enfant [...] à 1'467 fr., ce dès le 1
er
janvier 2015, seule la contribution due
à partir du 1
er
janvier 2015 étant litigieuse.
- En conclusion, l’appel est partiellement admis et la décision
réformée aux chiffres III et IV, en ce sens que la contribution mise à la
charge de l’appelant en faveur de l'intimée est fixée à 3'031 fr. et celle en
faveur de l'enfant est fixée à 1'467 fr., à partir du 1
er
janvier 2015.
Vu le sort de la cause et l’assistance judiciaire accordée à
l'appelant, les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 600 fr. (art.
65 al. 2 TFJC [tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010, RSV
270.11.5]), sont répartis par moitié (art. 107 al. 1 let. c CPC) et mis par
300 fr. à la charge de l'Etat pour l'appelant et par 300 fr. à la charge de
l'intimée.
Les dépens sont pour le surplus compensés.
- Le bénéfice de l’assistance judiciaire a déjà été accordé à
l'appelant par décision du 18 mai 2015 avec effet au 27 avril 2015. Le 6
août 2015, le conseil d’office de l'appelant a déposé une liste des
opérations, dont il ressort qu’il a consacré 11 heures à la cause et assumé
des débours de 30 fr., ce qui paraît acceptable au vu des particularités du
cas d'espèce. L’indemnité d’honoraires doit ainsi être fixée à 1'980 fr. (11h
x 180), plus 158 fr. 40 de TVA, et les débours retenus à hauteur de 30 fr.,
plus TVA par 2 fr. 40. L’indemnité d’office de Me Henriette Dénéréaz
Luisier doit ainsi être fixée à 2'170 fr. 80.
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29 -
Dans la mesure de l’art. 123 CPC, le bénéficiaire de
l’assistance judiciaire est tenu au remboursement des frais judiciaires et
de l’indemnité à son conseil d’office mis à la charge de l’Etat.
Par ces motifs,
la Juge déléguée de la
Cour d’appel civile du Tribunal cantonal,
p r o n o n c e :
I. L’appel est partiellement admis.
II. La décision est réformée aux chiffres III et IV comme il suit :
III. Astreint A.X.________ à contribuer à l’entretien de son fils
[...] par le régulier versement, d’avance le premier jour de
chaque mois, dès le 1
er
janvier 2015, en mains de
B.X.________ d’une pension mensuelle de 1'467 fr. (mille
quatre cent soixante-sept francs), allocations familiales en
sus.
IV. Astreint A.X.________ à contribuer à l’entretien de son
épouse, B.X., par le régulier versement, d’avance
le premier jour de chaque mois, dès le 1
er
janvier 2015,
d’une pension mensuelle de 3'031 fr. (trois mille trente et
un francs).
La décision est confirmée pour le surplus.
III. Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 600 fr. (six
cents francs), sont mis à la charge de l'appelant A.X.,
par 300 fr. (trois cents francs) et laissés à la charge de l'Etat,
et mis à la charge de l’intimée B.X.________, par 300 fr. (trois
cents francs).
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30 -
IV. L’indemnité d’office de Me Henriette Dénéréaz Luisier, conseil
de l’appelant, est arrêtée à 2'170 fr. 80 (deux mille cent
septante francs et huitante centimes).
V. Le bénéficiaire de l’assistance judiciaire est, dans la mesure de
l’art. 123 CPC, tenu au remboursement des frais judiciaires et
de l’indemnité du conseil d’office mis à la charge de l’Etat.
VI. Les dépens de deuxième instance sont compensés.
VII. L’arrêt motivé est exécutoire.
La juge déléguée : La greffière :
Du
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :
-Me Henriette Dénéréaz Luisier (pour A.X.),
-Me Irène Wettstein Martin (pour B.X.).
La juge déléguée de la Cour d’appel civile considère que la
valeur litigieuse est supérieure à 30'000 francs.
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière
civile devant le Tribunal fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin
2005 sur le Tribunal fédéral, RS 173.110), cas échéant d'un recours
constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Dans les affaires
pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de
droit du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la
contestation ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF).
Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).
-
31 -
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :
-Mme la Présidente du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est
vaudois.
La greffière :