Asylum non-entry for missing identity documents confirmed

e-7363-2007Tribunal Administrativo Federal / Divisão 56 de nov. de 2007Dismissed

Abrir fonte

Extraído pela Omnilex

Resumo Omnilex

A Guinean asylum applicant challenged an ODM decision refusing to enter into his asylum application because he had not produced identity or travel documents within 48 hours. The Federal Administrative Court held that he had failed to show a credible excuse for the omission and that the exceptions to non-entry were not met. It also found that refugee status was not established, no further investigation was required, and the removal order was lawful, reasonable, and possible. The appeal was dismissed in the simplified procedure, and the appellant was ordered to pay CHF 600 in costs.

Sumário Omnilex

Art. 32 al. 2 let. a et al. 3 LAsi; non-entry into the asylum application for failure to produce identity or travel documents within 48 hours; the applicant bears the burden of showing a credible excuse, while mere school records, birth certificates or similar documents do not satisfy the documentary requirement. Where the account of travel and identity is implausible, and refugee status is not established on the file, no additional evidentiary measures are required; removal and execution are to be confirmed if no statutory impediment under former Art. 14a LSEE is shown (consid. 3-5).

Texto completo

BVGer E-7363/2007

Entscheiddatum: 06.11.2007Publikationsdatum: 13.11.2007

Tribunal administrativ federal

Cour V

E-7363/2007/

{T 0/2}

Arrêt du 6 novembre 2007

Composition

François Badoud (président du collège), Gérard Scherrer, Regula Schenker Senn, juges,

Antoine Willa, greffier.

Parties

X._______, prétendument né le _______, Guinée, domicilié au Centre d'enregistrement et de procédure, Freiburgstrasse 50, 4057 Bâle,

recourant,

contre

Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne,

autorité inférieure.

Objet

Décision de non-entrée en matière, de renvoi et d'exécution du renvoi du 23 octobre 2007/ N _______.

Faits :

A.

Le 29 août 2007, X._______ a déposé une demande d'asile au Centre d'enregistrement et de procédure (CEP) de Vallorbe. Il lui a été remis le même jour un document dans lequel l'autorité compétente attirait son attention, d'une part, sur la nécessité de déposer dans les 48 heures ses documents de voyage ou ses pièces d'identité, et d'autre part, sur l'issue éventuelle de la procédure en l'absence de réponse concrète à cette injonction.

B.

Entendu sommairement le 3 septembre 2007, puis sur ses motifs d'asile le 11 octobre suivant, l'intéressé, originaire de Conakry, a déclaré que son père était responsable, pour son quartier, de l'Union des Forces républicaines (UFR), et avait contribué à organiser des manifestations ; l'intéressé l'aurait aidé. Vers le milieu de janvier 2007, un rassemblement de l'UFR mis sur pied par le père du requérant aurait eu lieu, dans le cadre d'une grève générale, l'intéressé y prenant part. Les militaires auraient tiré sur la foule et touché l'intéressé au pied ; des amis l'auraient transporté à l'hôpital, d'où il aurait pu sortir le jour même.

Quelques jours plus tard, vers la fin janvier 2007, l'intéressé et ses parents auraient été arrêtés chez eux, et aussitôt séparés. Le requérant aurait été emmené dans un camp militaire à Y._______, où on l'aurait interrogé sur ses activités et les organisateurs de la manifestation ; il aurait été battu, recevant un coup de crosse.

L'intéressé aurait obtenu, en plusieurs occasions, l'autorisation de sortir de sa cellule pour être soigné, dans l'enceinte du camp, par les délégués d'une organisation humanitaire. Vers le milieu du mois d'août 2007, lors d'une de ces occasions, constatant qu'aucun surveillant n'était présent, il serait sorti du camp et se serait rendu chez un ami de son père. Ce dernier, refusant de prendre le risque de l'héberger, l'aurait aussitôt accompagné en voiture pour Abidjan, où ils seraient arrivés le lendemain. Grâce au même homme, l'intéressé aurait trouvé un passeur, qui se serait procuré pour lui un passeport d'emprunt. Avec le passeur, qui conservait les documents de voyage sur lui, le requérant aurait embarqué, le 28 août 2007, sur un vol pour la Suisse, via une escale dans un pays inconnu.

C.

Un examen médical ayant indiqué que l'intéressé était âgé de 19 ans ou plus, le droit d'être entendu lui a été accordé sur ce point. Dans une audition complémentaire du 1er octobre 2007, le requérant a dit être mineur ; il a expliqué que son père lui avait, en une occasion, indiqué sa date de naissance - le 18 juin 1990 -, et qu'il l'avait reportée sur une carte scolaire, seul document d'identité qu'il ait jamais détenu. Selon l'intéressé, ses parents possédaient peut-être un acte de naissance à son nom, mais lui-même ne l'avait jamais vu.

D.

Par décision du 23 octobre 2007, l'ODM n'est pas entré en matière sur la demande d'asile du requérant en application de l'art. 32 al. 2 let. a de la loi fédérale du 26 juin 1998 sur l'asile (LAsi, RS 142.31), a prononcé le renvoi de Suisse de celui-ci et a ordonné l'exécution de cette mesure un jour après son entrée en force. L'autorité de première instance a considéré que l'intéressé était majeur, et n'avait pu faire la preuve d'une éventuelle minorité ; elle a en outre constaté qu'il n'avait produit aucun document d'identité ou de voyage et a estimé qu'aucune des exceptions visées par l'art. 32 al. 3 LAsi n'était réalisée.

E.

Par acte remis à la poste le 29 octobre 2007, l'intéressé a recouru contre la décision précitée, persistant dans sa description des faits et expliquant qu'il n'avait pas été en mesure de déposer des documents d'identité comme il en avait été requis.

F.

A réception du recours, le Tribunal administratif fédéral a requis auprès de l'ODM l'apport du dossier relatif à la procédure de première instance ; il a réceptionné ce dossier en date du 31 octobre 2007.

Droit :

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), le Tribunal administratif fédéral, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021) prises par les autorités mentionnées aux art. 33 et 34 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l'ODM concernant l'asile peuvent être contestées devant le Tribunal administratif fédéral conformément à l'art. 105 al. 1 LAsi.

1.2 L'intéressé a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). Présenté dans la forme (cf. art. 52 PA) et le délai (cf. art. 108a LAsi) prescrits par la loi, le recours est recevable.

On retiendra, à titre préalable, que l'intéressé n'a pas été en mesure de contester valablement les éléments de preuve établissant sa majorité, ainsi que cela lui incombait (cf. Jurisprudence et Informations de la Commission suisse de recours en matière d'asile [JICRA] 2001 n° 22, cons. 3, p. 182-183 ; JICRA 2001 n° 23, cons. 6c, p. 186-187) ; de plus, son acte de recours ne remet plus en cause sa qualité de majeur. Il sera donc considéré comme tel dans le cadre de la présente procédure.

3.1 Seul est à déterminer, en l'occurrence, si l'ODM était fondé à faire application de l'art. 32 al. 2 let. a LAsi, disposition aux termes de laquelle il n'est pas entré en matière sur une demande d'asile si le requérant ne remet pas aux autorités, dans un délai de 48 heures après le dépôt de sa demande, ses documents de voyage ou ses pièces d'identité ; cette disposition n'est applicable ni lorsque le requérant rend vraisemblable que, pour des motifs excusables, il ne peut pas le faire, ni si sa qualité de réfugié est établie au terme de l'audition, conformément aux art. 3 et 7 LAsi, ni si l'audition fait apparaître la nécessité d'introduire d'autres mesures d'instruction pour établir la qualité de réfugié ou pour constater l'existence d'un empêchement à l'exécution du renvoi (cf. art. 32 al. 3 LAsi).

3.2 Selon l'art. 1 de l'ordonnance 1 sur l'asile, du 11 août 1999 (OA 1, RS 142.311), constitue un document de voyage, tout document officiel autorisant l'entrée dans l'Etat d'origine ou dans d'autres Etats, tel qu'un passeport ou un document de voyage de remplacement (let. b), tandis qu'est considéré comme pièce d'identité tout document officiel comportant une photographie et établissant l'identité du détenteur (let. c). Conformément à une récente jurisprudence, le document en cause doit prouver l'identité, y compris la nationalité, de sorte qu'il ne subsiste aucun doute sur le retour de son titulaire dans son pays d'origine sans démarches administratives particulières ; seuls les documents de voyage (passeports) ou pièces d'identité remplissent en principe les exigences précitées, au contraire des documents établis à d'autres fins, comme les permis de conduire, les cartes professionnelles, les certificats scolaires et les actes de naissance (cf. ATAF 2007/7 p. 55ss).

4.1 En l'espèce, le recourant n'a pas remis aux autorités ses documents de voyage ou ses pièces d'identité, au sens défini ci-dessus, et, autant qu'on le sache, n'a rien entrepris dans les 48 heures dès le dépôt de sa demande d'asile pour s'en procurer. Il n'a pas non plus présenté de motif excusable susceptible de justifier la non-production de tels documents, au sens de l'art. 32 al. 3 let. a LAsi.

En effet, il n'est pas crédible que l''intéressé ait accompli le voyage qu'il a décrit, comportant le passage de la frontière ivoirienne et un voyage aérien jusqu'en Suisse, sans avoir jamais eu en mains aucun document de voyage personnel. De plus, il n'a pas été en mesure de donner les dates, même approximatives, de ce voyage, ni d'en indiquer les étapes ; il n'est entre autres guère crédible qu'il ait accompli le trajet Conakry-Abidjan par la route en un seul jour.

Le Tribunal considère donc que l'intéressé, qui s'est d'ailleurs montré vague et contradictoire sur l'existence de papiers d'identité à son nom, n'a pas gagné la Suisse dans les circonstances décrites, mais a dû pour ce faire disposer de documents de voyage qu'il n'a pas voulu produire.

4.2 C'est en outre à juste titre que l'autorité de première instance admis que la qualité de réfugié n'était pas établie au terme de l'audition et, compte tenu de l'invraisemblance manifeste du récit, qu'aucune autre mesure d'instruction n'était nécessaire (cf. art. 32 al. 3 let. b et c LAsi)

On doit en effet constater que, bien qu'ayant à l'en croire des liens anciens avec l'UFR, l'intéressé n'a fourni aucune indication sur les buts et les actions de ce parti. De plus, la description qu'il a faite de son évasion, prétendument accomplie sans aucun obstacle, n'est à l'évidence pas vraisemblable, de même que son départ immédiat de la Guinée et l'extrême facilité de son trajet jusqu'en Europe. On relèvera enfin que le recourant n'a pas été en mesure de situer dans le temps sa participation à la manifestation de l'UFR, son arrestation ou son évasion, bien qu'il s'agisse là d'événements très récents.

4.3 La décision de non-entrée en matière sur la demande d'asile de l'intéressé, prononcée par l'ODM, est dès lors confirmée.

5.1 Aucune exception à la règle générale du renvoi n'étant en l'occurrence réalisée (cf. art. 32 OA 1), le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette mesure.

5.2 Pour les motifs exposés ci-dessus, le recourant n'a pas établi que son retour dans son pays d'origine l'exposera à un risque de traitement contraire à l'art. 5 LAsi et aux engagements internationaux contractés par la Suisse (cf. à ce propos JICRA 1996 n° 18 consid. 14b let. ee p. 186s. et références citées). L'exécution du renvoi est donc licite au sens de l'art. 14a al. 3 de la loi fédérale du 26 mars 1931 sur le séjour et l'établissement des étrangers (LSEE, RS 142.20).

5.3 Elle est également raisonnablement exigible (cf. art. 14a al. 4 LSEE) non seulement vu l'absence de violences généralisées dans le pays d'origine de l'intéressé, mais également eu égard à la situation personnelle de celui-ci. En effet, il est jeune, sans charge de famille et n'a pas allégué de problèmes de santé d'une gravité telle qu'ils fassent obstacle à l'exécution du renvoi. Enfin, bien que cela ne soit pas décisif, il dispose en outre d'un réseau familial et social sur lequel il pourra compter à son retour, à savoir plusieurs oncles et tantes à Conakry.

5.4 L'exécution du renvoi est enfin possible (cf. art. 14a al. 2 LSEE) et l'intéressé tenu de collaborer à l'obtention de documents de voyage lui permettant de quitter la Suisse (cf. art. 8 al. 4 LAsi).

5.5 C'est donc également à bon droit que l'autorité de première instance a prononcé le renvoi du recourant et l'exécution de cette mesure.

6.1 En conclusion, le recours, manifestement infondé, peut être rejeté selon la procédure simplifiée de l'art. 111 al. 1 LAsi sans qu'il soit nécessaire d'ordonner un échange d'écritures. La présente décision n'est que sommairement motivée (cf. art. 111 al. 3 LAsi).

6.2 Vu l'issue de la procédure, il y a lieu de mettre les frais à la charge du recourant (cf. art. 63 al. 1 PA et art. 2 et 3 let. b du règlement du 11 décembre 2006 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]).

(dispositif page suivante)

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :

Le recours est rejeté.

Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 600.-, sont mis à la charge du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans les 30 jours dès la notification.

Le présent arrêt est notifié au recourant par l'entremise du CEP, par lettre recommandée avec accusé de réception (annexe : un bulletin de versement).

Le présent arrêt est communiqué :

  • à l'autorité inférieure, CEP de Bâle (par fax préalable et par courrier postal, avec prière de remettre l'original du présent arrêt au recourant, avec le bulletin de versement ci-joint, de lui faire signer l'accusé de réception dûment rempli et de retourner cette dernière pièce au Tribunal administratif fédéral)

  • au _______ (par télécopie)

Le président du collège : Le greffier :

François Badoud Antoine Willa

Expédition :

Numéro de classement : E-7363/2007

baf/wia

Réf. ODM: N 500 163

ACCUSÉ DE RÉCEPTION

X._______, prétendument né le 18 juin 1990, Guinée,

domicilié c/o centre d'enregistrement et de procédure (CEP),

Freiburgstrasse 50, 4057 Bâle,

Par la présente, j'atteste avoir reçu aujourd'hui le document suivant:

Arrêt du Tribunal administratif fédéral (TAF) du .

Lieu: ...................................................................................................

Date et heure de la notification:......................................................................

Signature:..............................................................................................


Pour l'autorité qui notifie: ................................................................................

Interprète:......................................................................................................

Le présent accusé de réception doit être retourné dûment rempli et signé au TAF, par courrier ordinaire.

Palavras-chave

asylumnon-entry decisionidentity documentsburden of proofremoval orderexecution of removalcredibilitysimplified procedurecourt costs

Extraído pela Omnilex

Questão jurídica principal

Whether the ODM correctly refused to enter into the asylum application under Art. 32(2)(a) AsylA

Decisão extraída

Yes. The applicant did not submit travel or identity documents within 48 hours and did not make a credible excuse for this omission; the exceptions in Art. 32(3) AsylA were not met.

Fundamentação extraída

He remained vague and contradictory about his journey and identity papers, and the alleged route and escape were found implausible. Refugee status was not established at interview and no further evidentiary measures were required.

Questão jurídica principal

Whether the removal order and its enforcement had to be set aside

Decisão extraída

No. None of the statutory exceptions to removal applied, and enforcement was lawful, reasonable, and possible.

Fundamentação extraída

The applicant failed to show a risk of treatment contrary to Art. 5 AsylA or international obligations, had no serious health problem, and had family and social support in Guinea.

Questão jurídica principal

Whether the appeal should be admitted in the simplified procedure

Decisão extraída

No. The appeal was manifestly unfounded and could be rejected without written exchanges.

Fundamentação extraída

The challenged decision was legally and factually sustainable on the record.

Continue sua pesquisa no ChatGPT ou Claude

Conecte o Omnilex para pesquisar o corpus jurídico pelo seu assistente de IA.