Meaning of “apprentice” under Article 191 Swiss Criminal Code

BGE 80 IV 35Coletânea oficial do Tribunal Federal (BGE) / Volume IV22 de jan. de 1954Dismissed

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Resumo Omnilex

The Federal Court dismissed the public prosecutor's nullity appeal against the Neuchâtel cantonal cassation judgment. It held that the victim, who worked as a manual laborer and whose father could place elsewhere at any time, was not an apprentice within the meaning of Art. 191 ch. 1 al. 2 CP because Monnerat had not assumed responsibility for his vocational training. Civil-law apprenticeship formalities were not decisive, but a contractual duty to provide training was required.

Sumário Omnilex

Art. 191 ch. 1 al. 2 CP; notion of apprentice in the aggravated offence of indecent assault on a child. The criminal concept of apprentice is not coextensive with the civil-law apprenticeship; it is not enough that the victim be a young employee in a relation of dependence. The aggravation presupposes, however, that the offender has contractually assumed the duty to provide vocational training and that the subordination is marked by this instructional responsibility. Civil-law formalities (written form, all apprenticeship clauses, school release, age requirements, applicability of the vocational-training statute) are not decisive. The provision must not be interpreted extensively.

Texto completo

Urteilskopf

80 IV 35

  1. Arrêt de la Cour de cassation pénale du 22 janvier 1954 dans la cause Ministère public du canton de Neuchâtel contre Monnerat.

Sachverhalt

ab Seite 35

A.- Adrien Hoeltschi, né le 25 septembre 1936, a été placé par son père, à la fin de mai 1952, à titre d'aide, chez le plâtrier-peintre Dubois, à Fleurier. Au début de juillet 1952, manquant d'ouvrage, Dubois demanda à un concurrent de la place, Armand Monnerat, qui y consentit, d'occuper l'enfant. Hoeltschi père n'en fut informé qu'une fois le changement accompli.

Au cours de l'été, Monnerat fit subir à l'enfant des actes analogues à l'acte sexuel et commit sur lui d'autres actes contraires à la pudeur.

B.- Le 14 septembre 1953, le Tribunal correctionnel du district du Val-de-Travers a infligé à Monnerat deux ans de réclusion, en vertu de l'art. 191 ch. 1 al. 2 et ch. 2 al. 5 CP; il l'a en outre privé des droits civiques pour cinq ans. Il a estimé que le jeune Hoeltschi avait été l'apprenti du prévenu.

C.- Sur recours du condamné, la Cour de cassation neuchâteloise a cassé ce jugement le 11 novembre 1953 et elle a renvoyé la cause au Tribunal correctionnel du district de Boudry, pour qu'il applique l'art. 191 ch. 1 al. 1 et ch. 2 al. 1 à 4 CP. Elle a considéré, en effet, que Hoeltschi, qui pouvait en tout temps être placé ailleurs par son père et à l'égard de qui Monnerat n'avait pas assumé la responsabilité d'un maître d'apprentissage, ne pouvait être tenu pour un apprenti au sens de l'art. 191 ch. 1 al. 2 CP.

D.- Contre cet arrêt, le Ministère public du canton de Neuchâtel se pourvoit en nullité au Tribunal fédéral. Il soutient en substance que la notion pénale de l'apprenti est plus large que celle qui découle des art. 325 CO et 2 de la loi sur la formation professionnelle (LFP); qu'il faut entendre par là tout jeune garçon ou jeune fille qui, dans le travail exécuté pour un maître, ne fait qu'apprendre son métier, à condition toutefois qu'il y ait un contrat pour une certaine durée, même s'il est résiliable sans délai; que, dès lors, le tribunal de première instance a correctement appliqué la loi en retenant le crime qualifié.

E.- Monnerat conclut au rejet du pourvoi.

Erwägungen

Considérant en droit:

  1. Bien que les conditions d'engagement d'Adrien Hoeltschi n'aient pas été débattues entre son père et Monnerat, il n'est pas douteux - et le prévenu ne le conteste pas - qu'un contrat de travail a été conclu. Mais l'état de dépendance dans lequel l'adolescent se trouvait envers son patron ne suffit pas à constituer la cause d'aggravation prévue par l'art. 191 ch. 1 al. 2 CP. Si le législateur avait voulu menacer de deux ans de réclusion le délinquant qui prend un employé pour victime, il aurait ou bien complété l'énumération par les mots "employé" et "ouvrier", ainsi qu'il l'a fait à l'art. 135 ch. 1 al. 1 CP, ou bien usé d'une clause générale analogue à celle des art. 197 al. 1 et 202 ch. 2 al. 5. Il est par conséquent impossible d'assimiler à un apprenti n'importe quel employé de moins de 16 ans, d'autant plus que la jurisprudence interdit d'interpréter extensivement l'art. 191 ch. 1 al. 2 CP (RO 71 IV 192 consid. 4).

Pour distinguer de l'employé l'apprenti au sens pénal du mot, il faut se rappeler que l'art. 191 ch. 1 al. 2 CP vise des circonstances où la victime se trouve dans un état de dépendance particulière envers le délinquant. Dans le cas de l'apprenti, ce rapport de subordination est caractérisé par l'obligation, assumée par l'employeur, de veiller à l'instruction professionnelle de l'adolescent. Pour que le délinquant puisse être reconnu coupable d'attentat qualifié à la pudeur d'un enfant, il faut donc en tout cas qu'il soit tenu, en vertu d'un contrat, de pourvoir à la formation professionnelle de sa victime. A cet égard, les critères du droit civil ne sont pas déterminants. Il n'est pas indispensable que le contrat soit conclu par écrit, qu'il règle tous les points indiqués aux art. 325 al. 2 CO et 7 al. 1 LFP, que l'apprenti soit libéré des écoles et ait accompli sa quinzième année (art. 2 al. 1 LFP) ni que la profession faisant l'objet de l'apprentissage soit visée par la loi sur la formation professionnelle.

  1. Rien, en l'espèce, ne permet d'admettre que Monnerat ait assumé l'obligation de s'occuper de l'instruction professionnelle de Hoeltschi. Il ressort au contraire de l'arrêt attaqué que l'adolescent travaillait comme manoeuvre. Le pourvoi lui-même ne cite aucun fait d'où l'on pourrait inférer que Hoeltschi était l'apprenti de l'intimé. La Cour cantonale a par conséquent eu raison de lui dénier cette qualité.

Dispositiv

Par ces motifs, la Cour de cassation pénale prononce:

Le pourvoi est rejeté.

Palavras-chave

apprenticeindecent assaultaggravating circumstancevocational trainingcriminal interpretationdependence

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Questão jurídica principal

Whether Adrien Hoeltschi qualified as an apprentice for the aggravated offence under Art. 191 ch. 1 al. 2 CP

Decisão extraída

No. An employee is not automatically an apprentice; apprentice status requires a contractual duty to provide professional training and a particular relationship of dependence tied to instruction.

Fundamentação extraída

The criminal notion of apprentice cannot be extended to every employee under 16. Civil-law apprenticeship criteria are not decisive, but the offender must at least have assumed responsibility for the victim's vocational training. Here Hoeltschi worked as a manual laborer and no such duty was shown.

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