572 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. III. Abschnitt. Kantonsverfassungen.
Dritter Abschnitt. -Troisieme section.
Kantonsverfassungen. -Constitutions cantonales.
Kompetenzüberschreitungen kantonaler Behörden.
Abus de competence des autorites cantonales.
- UebergrifI in das Gebiet der richterlichen Gewalt. -Empiete-
ment dans le domaine du pouvoir judiciaire.
- Amnt du 2 Novembre 1888 dans la cause
Comm.une d'Orsieres.
Par charte datee des calendes d'Avril H89, le comte Tho-
mas de Maurienne donne aux religieux du St-Bernard des
forets pour les besoins de leur hospice, ainsi que le droit
'etablir des chemins pour servir a leur exploitation. Ce
tltre porte entre autres :
( Donamus. et concedimus ... ecclesire et domui hospitalis
montls JOVIS nemus de Ferrex et alia ne mora monti cohe-
rentia, hospitali et domui necessaria.
Cette donation, confirmee par Amedee, comte de Savoie
suivant acte. date de Chillon fin Janvier 1248, pour avoi;
son effet ( m perpetuum, a donne lieu par la suite a de
nombreuses difficultes entre la Commune d'Orsieres et le
couvent du St-ßernard, notamment en 1396, Hi89, 1702
1715 et 1716.
Dans le courant de Mai 1878, l'administration d'Orsieres
refusa
de nouveau, pour differents molifs, d'ordonner le
martelage des bois necessaires a I'Hospice. Le Conseil d'Etat,
nanti du conflit, et apres avoir entendu les parties, ecarta
Kompetenzüberschreitungen kantonaler Behörden. N 90. 573
1'0pposition de la Commune par office du 6 Juillet de dite
annee.
Cette decision porte ( que le Conseil d'Orsieres ne
j) conteste pas a l'hospice du St-Bernard le droit de prendre
les bois, mais qu'il pretend pouvoir discuter et apprecier
l'usage de ce droit, que le Conseil d'Etat estime que
le martelage peut elre fait par l'administration forestiere
mais que, quant au droH et a la maniere de l'exercer ii
decide de ne pas s'en occuper, la question etant du ressnrt
des tribunaux. )
Acceptant cetle decision, Je Conseil d'Orsieres a concourn
en 1879 et annees suivantes au martelage des bois demandes,
et a en oulre ouvert action a la maison du St-Bernard de-
vant les tribunaux civils par assignation du 7/t2 Decembre
1878, qu'il laissa ensuite tomber.
En 1887, I'administration d'Orsieres a demande le rachat
des droits du St-Bernard en se prevalant des dispositions
de la loi federale du 24 Mars 1876 sur la matiere.
Par lettre du 1
er
Juin 1888, le chanoine Carron, procureur
du Grand St-BerI1'drd demande au president de Ja commune
d'Orsieres d'elre avise du jour du martelage des bois pour
l'hospice, et le previent en outre que Je dit hospice aura
besom cette annee d'au moins 190 toises de bois.
Dans sa seance du 8 du meme mois, le Conseil municipal
et communal d'Orsieres a rejete a l'unanimite cette demande
attendu qu'elle est derisoire et que les bois dans les forets
) ou ces coupes doivent etre assises sont epuisees. )
L'Hospice s'adressa alors au Conseil d'Etat, qui, par deci-
si on communiquee au Conseil communal par office du 11 JuB-
let 1888, a autorise I' Administration forestiere a faire operer
le martelage demande pour la quantite moyenne de bois
fournie annuellement, et, eventuellement, pour le solde qui
a
ete delaisse l'annee derniere.
A l'appui
de cette decision, le Conseil d'Etat fait observer
que vu I'usage constant des forets de Ferrex depuis des
temps recuMs pour Ja fourniture des bois necessaires a Ja
maison du St-Bernard, ) et que vu surtout le but essen-
tiellement hospitalier, humanitaire et d'utilite publique
; ;
574 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. IIl. Abschnitt. Kantonsverfassungen.
) incontestable qu'accomplit cette corporation Je Conseil
d'Etat ne peut permettre que Jes services de ette maison
l) soient pour ainsi dire suspendus d'une maniere instan-
tanee en n,e Illi faisant pas la fourniture du bois sur Iequel
elle compne pour faire face a tous les devoirs auxquels elle
est. appelee. Le meme office ajoute que si cependant le
conseIl d' rsieres se croyait lese en tout ou en partie dans
lns. prestatIOns qui Iui sont demandees, c'est aux tribllnaux
clVIls, devant Jesque)s la cause doit elre portee, a agir.
Le 15 JmlIet 1888, le Conseil communal d'Ürsil'Jres a de-
cide de recourir au Departement federal de l'Industrie et de
l' griculture, lequel, par office du 6 Aout suivant, avise le
It conseil q.u'il.s'.agit sans doute dans l'espece d'une ques-
tlOn e droH cml, sur laquelle le Departement n'est pas
competent pour entrer en matiere.
C'est
ä la suite de ces faits que a Commune d'ürsieres
rncourt au Tribunal federal, concluant ä ce qu'il lui plaise
d?clarer nul t de nul ffet l'arrete rendu par Je Conseil
d Etnt du ValaIs le 11 Jmllet 188H. A l'apr
mi
de cette con-
dUSIOD, ,l .recourante fait valoir en substance ce qui suit :
La declSlon du Conseil d'Etat est arbitraire et viole les
art. 3 de la constitution valaisanne et 4 de la constitution
federale. Elle est egalement contraire aux dispositions des
ant. 6. t ,50 de la constitution cantonaIe, qui consacrent l'in-
vno!a?lhte de la pr?priete et !'independance du pouvoir ju-
dl.CI 1fe ;. ell constItue en outre un abus de pouvoir et un
dem de,JustIce. Enfin I'antorite executive a juge sans forme
de proces et sans appeler la partie adverse a se defendre.
Dans leurs reponses. Ia maison bospitaJiere du Grand
St-Bernard et I'Etat du Valais concluent au rejet du recours
et s'attachent
a etablir que la decision incriminee n'implique
a,ucun priviIege en faveur du St-Bernard; elle a un carac-
tere seulement administratif et maintient l'exercice d'un
dr?it immenorial. L'Etat ne pouvait refuser la coupe des
bOIS demandes sans entrer, au prejudice de la maison du
?t-Bernard, dans le fond meme de la question qui lut est
mconnlle.
'.
Kompetenzübersehreitung'en kantonaler Behörden. N° 90.
Le Conseil d'Etat areserve absolnment la solution de la
question au fond aux tribunallx civils, soit par la decision
du
28 Juin 1878, soit par celle du fO Juillet 1888. En
I'absence de toute intervention de l'autorile judiciaire, I'Etat
oe pouvait que maintenir e St-Bernard dans la possession
de
ses droits forestiers seculaires.
La deciston du Conseil d'Etat ne porte aucnn prejudice a
fa Commune d'Ürsieres, qui pourra revendiquer la valeur de
la coupe autorisee, si elle obtient gain de cause dans le
proces au fond. Enfin les formes de procedure prevues par
rarrele de 1878 sont applicables seulement lorsque le Conseil
d'Etat siege comme Tribunal du contentieux, tandis que
dans
I'espece il ne s'agissaiL que d'nne simple decision admi-
nistrative du pouvoir execlltif: le conflit de 1887 n'est que
Ja reedition de celui souleve en 1.878, Jequel a reeu une
solution acceptee par la Commllne d'Ürsieres, dont Je Conseil
a fait valoir ses moyens devant le Conseil d'Etat.
Statuant sur ces faits et considerant en droit:
Le litige actuel est domine par Ja qnestion de avoir
si, ainsi que le pretendla Commune recourante, le Conseil
d'Etat a, par Ja decision incriminee, depasse les limites de
ses pouvoirs, en tranchant une contestation relevant unique-
ment, par
sa nature, de l'appreciation du juge.
Il s'agit en realite, dans l'espece, non point de la question,
toute d'exploitation forestiere,
de la mesure dans laquelle
des coupes
de bois peuvent elre pratiql1ees dans les forets
d'Ürsieres, sans devenir prejudiciabJes a celles-ci, mais bien
de determiner dans quelle etendue le droit de servitude, au
benefice dllqllel la maison du St-Bernard se pretend aux
termes
des chartes precitees, et dont elle a joui en fait jus-
qu'a present, peut et doit etre exerce. La Commune d'Ür-
sieres estime
en effet que la quantite de bois demandee est
derisoire, c' est-a-dire excessive, tout en declarant toute-
fois ne point conte ster l'existence du droit de sa partie
adverse, tandis que celle-ci, en se fondant sur ses titres, et en
particulier sur les decisions de la Diete du Valais de 1389 et
i 702, soutient eLre antorisee a prendre dans les forets
'
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11:
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ii.
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576 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. III. Abschnitt; Kantonsverfassungen.
d'Orsükes, sans aucune restrietion, tout le bois dont elle a
besoin.
Or il est indeniable que, reduite a ces termes, Ja con-
testation
qui divise les parties apparait comme une question
de droit pur, laquelle ressortit, conrormement aux disposi-
tions
de la constitution cantonale consacrant Ia separation
des pouvoirs (art. 26 et 50), uniquement a l'autorite judi-
ciaire.
11 rentrait dans les attributions des seuls tribunaux
de maintenir, le cas ecbeant, I'hospice du St-Bernard au
benefice de sa longue possession, et le Conseil d'Etat, eo
statuant sur cette question et en autorisant, par voie admi-
nistrative et par une mesure quasi provisionnelle, l'exercice.
meme momentane, d'un droit contes te , a outrepasse ses
pouvoirs
et empiete sur le domaine reserve a la justice: il a
tranche de son chef un litige ayant trait a l'exercice d'uo
droil reel, que la maison hospitaliere du St-Bernard ne pou-
vait
faire constater qu'en agissant, soit au petitoire, soit au
moyen de l'action possessoire prevu a l'art. 5i2 du C. P. C .
et ayant pour objet Ie maintien ou la reintegration dans la
possession.
Dans sa reponse, )a dite maison admet d'ailleurs elle-
meme expressement que la question de possession, soit le
droit
de coupe et la maniere de J'exercer est un objet de droit
civil relevant de l'appreciation des tribunaux.
Dans cette situation, l'arrete du Conseil d'Etat ne saurait
subsister, et l'Hospice
du St-Bernard doit eIre renvoye a agir.
le cas echeant, soit en vue de regler ce qui a trait au pos-
sessoire, soit en ce qui coneerne le fond" devant Jes tribu-
naux
civiJs competents.
Par
ces motifs,
Le Tribunal fMeral
prononce:
te recours est admis, et la decision prise par le Conseil
d'Etat du Valais le f t JuiIJet i888 est declaree nulle et de nul
effet.
Kompetenzüberschreitungen kantonaler Behörden. No 91.
- Anderweitige Eingriffe in garantirte Rechte. -Atteintes porte es
a d'autres droits garantis.
- Urtneil um O. :Oftober 1888
i n G a d) e n IDl a u Ti Ai o.
A. .3m ,sanre 1871 wurbe im . tanton rau'Clün'Den ein
efe "über rnebunll einer un'Dej1euer" erlaffeu, nalf) wel"
d)em für jeben im Jtanton genaltenen unb eine Hinrl1d)e
Gteuet uon wenigften 4 tir. beAnnlt wer'cen fuf1. ie rt,ebung
'Der Gteuer wirb burd) 'Oie . treife angeortmet unb ftberwad)t;
bet rtrag betfeiben fällt AUt älfte 'Der emein'De unb aur
aubern a fle Der . treiMaffe AU. er . tleine mat9 1ft 1Ialf)
SHrt. 4 be ere e mit ber unfünru1lg uni) mit ber uf"
ftellung eine bieUfälligen megulatit)g beauftragt. m 10 .3a:
nunr 1872 erHen ber . tleine 9lat Diefe 9legulatiu. .3n 1
beqelben tft unter anberm beftimmt, ba "für ieben unb bie
uom . treiggetid)te fej1gefe te Gtener, 'eie laut efe minbeftenß
. 4 tir. betragen mufi/, AU beAaQlen tei.
B. 2(m 15. :Ottober uni) 21. o )em'Cler fante ba . treigge"
rid)t ergen ben efd)luü: uom 1. ,sanuar 1888 an werbe
tie unbeta;!;e )on 4 r. auf 15 tir. für ben ernen nnb auf
30 ijr. für ben iweiten unb oie fulgenben unbe etnönt. egen
bieren efd)lufi berd)werte fid) arto u IDlamiAiu in Hcofo
rano (in merbinbung mit menreren anbern bodigen un'ee.
befi ttn) beim . tleinen matne beg . tantong raubünben, Weil
bd . treiggerid)t ergert "Oerfaffunggmäßig 3ur tieftftertung ber
unbeta6e nid)t befugt fei, fonbern bieie mefugnif3 'ecm . treHl
ratne, ref . ber merfammlung ber Stretgeinwo1)net Auftene. er
. tleine 9lat1) Wleg bUId) ntld)eii)ung )om 31. e3em'6er 1887
bie erd)werbe aBl unbegrünbet ab, worauf . IDlautiAtO an
ben rof3en mat refurrirte. m 30. IDlai 1888 entfd)ieb ber
toue 9lat banht: e werbe . IDl lUri3io mit feinem 9lefurg
abgewiefen; betfeIbe abe 50 ijr. amtiid)e stoften unb fämmt
lid)e rucffoj1en beli 9lefurfe AU be3al)len, in rwägung: aä
1 beli fleintätnlid)en megulath) über stontrolirung unb r"