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TRIBUNAL CANTONAL
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PE11.005187-DMT
C H A M B R E D E S R E C O U R S P E N A L E
Présidence de MmeE P A R D , vice-présidente
Juges:M.Creux et Mme Byrde
Greffier :M.Ritter
Art. 429 al. 1 let. a et al. 2 CPP
Vu l'enquête n° PE11.005187-DMT, instruite par le
Ministère public de l'arrondissement de La Côte contre A.G.________ et
B.G., pour dommages à la propriété, injure et violation de
domicile, sur plainte de A.T. et B.T.,
vu l'ordonnance du 15 novembre 2012, par laquelle le
Procureur a ordonné le classement de la procédure pénale dirigée contre
A.G. et B.G., pour dommages à la propriété, injure et
violation de domicile (I), a laissé les frais de procédure à la charge de l'Etat
(II) et a alloué aux prévenus une indemnité de 800 fr. pour le dommage
économique subi (III),
vu le recours interjeté le 28 novembre 2012 conjointement par
A.G. et B.G.________ contre cette décision, concluant, avec suite de
frais, principalement à sa modification en ce sens qu'une indemnité de
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8'030 fr. leur est allouée pour l'exercice raisonnable de leurs droits de
procédure devant le Procureur du Ministère public de l'arrondissement de
La Côte et, subsidiairement, à son annulation, la cause étant renvoyée au
Ministère public pour nouvelle décision dans le sens des considérants, une
indemnité 1'350 fr. leur étant en outre allouée au titre de l'exercice
raisonnable de leurs droits de procédure devant l'autorité de céans,
vu les déterminations du Procureur du 20 décembre 2012,
vu les pièces du dossier;
attendu que l'ordonnance entreprise a été notifiée aux
recourants, par leur conseil, sous pli simple, en courrier B, le 16 novembre
2012,
qu'elle a été reçue le mardi 20 novembre 2012 selon l'allégué
crédible des recourants,
que le délai de recours a commencé à courir le 21 novembre
2012, pour venir à échéance le vendredi 30 novembre suivant,
que le recours a été interjeté dans le délai légal (art. 322 al. 2
CPP [Code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007, RS 312.0])
contre une décision du Ministère public (art. 393 al. 1 let. a CPP),
qu'au surplus, les prévenus ont chacun qualité pour recourir au
sens de l'art. 382 al. 1 CPP,
que le recours a été établi dans les formes prescrites (art. 385
al. 1 CPP),
qu'il est donc recevable;
attendu que le recours ne porte pas sur le classement de la
procédure, mais uniquement sur les effets accessoires de celui-ci,
qu'en effet, se fondant sur l'art. 429 al. 1 let. a et b CPP, les
recourants réclament une indemnité à hauteur de 8'030 fr., débours
compris, au titre de leur conclusion principale en modification de
l'ordonnance;
attendu que la cause relève de la compétence du tribunal
collégial au sens de l'art. 395 let. b CPP, a contrario, compte tenu de la
valeur litigieuse;
attendu qu'en vertu de l'art. 429 al. 1 CPP, si le prévenu est
acquitté totalement ou en partie ou s'il bénéficie d'une ordonnance de
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classement, il a droit à une indemnité pour les dépenses occasionnées par
l'exercice raisonnable de ses droits de procédure (let. a), ainsi qu'à une
indemnité pour le dommage économique subi au titre de sa participation
obligatoire à la procédure pénale (let. b),
que l'autorité pénale examine d'office les prétentions du
prévenu et peut lui enjoindre de les chiffrer et de les justifier (art. 429 al. 2
CPP),
qu'il appartient à l'autorité qui a procédé à l'abandon de la
poursuite pénale de fixer une indemnité basée sur l'art. 429 CPP
(Mizel/Rétornaz, in : Kuhn/Jeanneret [éd.], Commentaire romand, Code de
procédure pénale suisse, Bâle 2011, n. 51 ad art. 429 CPP),
qu'en l'espèce, l'enquête a été ouverte à la suite d'une plainte
pénale déposée par A.T.________ et B.T.________ contre les recourants (P.
4),
que la cause a nécessité moultes mesures d'instruction,
s'agissant notamment de l'audition des parties et de divers témoins,
que les prévenus ont requis une indemnité pour l'exercice
raisonnable de leurs droits de procédure par courrier du 5 juillet 2012 (P.
32),
que, par avis de prochaine clôture du 11 juillet 2012, le
Procureur leur a imparti un délai au 3 août suivant pour lui transmettre
"des éléments nécessaires à l'éventuelle application" de l'art. 429 CPP,
que les prévenus ont donné suite à cette réquisition le 27
juillet 2012 (P. 36),
qu'ils relevaient que l'intervention de leur conseil s'était
avérée nécessaire compte tenu de l'attitude des plaignants, qui avaient
eux-mêmes été assistés d'un mandataire professionnel en cours
d'enquête,
qu'ils faisaient état d'une durée d'activité de 29 heures de leur
avocat, une liste de ses opérations étant produite en annexe à leur
détermination (P. 36 également),
qu'ils mentionnaient en outre séparément divers débours, soit
des frais de vacation, de consultation de dossier et de photocopies, pour
78 pages,
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qu'ils demandaient enfin, séparément, un dédommagement
afférent aux congés requis de son employeur par le prévenu B.G.________
pour prendre part aux quatre audiences tenues dans l'affaire, le dommage
subi à ce titre exclusivement étant estimé par eux à 800 fr. (P. 36
précitée),
que le Procureur s'est limité à allouer aux prévenus libérés une
indemnité de 800 fr. pour le dommage économique subi,
qu'il précisait que cette réparation leur était octroyée telle que
requise par leur courrier du 27 juillet 2012 et en application de l'art. 429
al. 1 let. c CPP (recte: art. 429 al. 1 let. b CPP);
attendu que l'ordonnance ne fait pas état des autres postes
réclamés par les prévenus au bénéfice de l'art. 429 al. 1 CPP,
que les recourants devaient se défendre contre des
accusations d'injure, de dommages à la propriété et de violation de
domicile, que l'on ne peut guère qualifier de légères,
que les parties plaignantes ont été assistées d'un conseil
professionnel, même si elles n'ont été représentées par un avocat
qu'après que les prévenus l'avaient été,
qu'on ne saurait dès lors considérer que le recours des
prévenus à un avocat après la première audience et une fois connue
l'ampleur prise par la procédure était déraisonnable,
que les conditions de principe posées à l'octroi d'une
indemnité au sens de l'art. 429 al. 1 let. a CPP apparaissent donc réunies,
indépendamment de la réparation de 800 fr. déjà allouée par ailleurs et
incontestée,
que les prévenus ont étayé leurs prétentions, certes
partiellement, conformément aux exigences de l'art. 429 al. 2, seconde
phrase, CPP,
qu'il appartient au Procureur de déterminer le montant global
de l'indemnité en rendant une nouvelle ordonnance, statuant sur
l'ensemble des prétentions émises par les prévenus, étant précisé que la
durée d'activité de 29 heures mentionnée par les recourants paraît élevée
au regard de l'ampleur et de la complexité de la cause,
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qu'il lui est loisible à cet égard, en application de l'art. 429 al.
2, seconde phrase, CPP, de demander au conseil des prévenus une liste
d'opérations complémentaire,
qu'il devra examiner le caractère raisonnable de l'exercice des
droits de procédure à l'origine des dépenses en question au sens de l'art.
429 al. 1 let. a CPP,
que le dossier doit lui être renvoyé à cette fin;
attendu, en définitive, que le recours doit être admis et
l'ordonnance du 15 novembre 2012 annulée (art. 397 al. 2 CPP),
que les frais de la procédure de recours, constitués de
l’émolument d’arrêt (art. 422 al. 1 CPP), par 550 fr. (art. 20 al. 1 TFJP [tarif
des frais judiciaires pénaux; RSV 312.03.1]), sont laissés à la charge de
l’Etat (art. 428 al. 4 CPP),
qu'enfin, les recourants, qui ont obtenu gain de cause avec
l'assistance d'un conseil professionnel, ont droit, solidairement entre eux,
à une indemnité pour les dépenses occasionnées par l'exercice
raisonnable de leurs droits dans le cadre de la présente procédure de
recours, à la charge de l'Etat (art. 429 al. 1 let. a CPP),
qu'il convient d'arrêter cette indemnité à 675 fr., pour deux
heures et demie d'activité à 270 fr. l'heure.
Par ces motifs,
la Chambre des recours pénale,
statuant à huis clos,
I. Admet le recours.
II. Annule l'ordonnance.
III. Renvoie le dossier de la cause au Procureur de
l’arrondissement de La Côte pour qu'il procède dans le sens
des considérants.
IV. Dit qu'un montant de 675 fr. (six cent septante-cinq francs) est
alloué à A.G.________ et à B.G.________, solidairement entre
eux, à titre d'indemnité au sens de l'art. 429 al. 1 let. a CPP,
pour la procédure de recours, à la charge de l'Etat.
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V. Laisse les frais d'arrêt, par 550 fr. (cinq cent cinquante francs),
à la charge de l'Etat.
VI. Dit que le présent arrêt est exécutoire.
La vice-présidente : Le greffier :
Du
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi d'une copie complète, à :
-Mme Aline Bonard, avocate (pour A.G.________ et B.G.),
-M. Julien Fivaz, avocat (pour A.T. et B.T.________),
-Ministère public central,
et communiquée à :
-Ministère public de l'arrondissement de La Côte,
par l’envoi de photocopies.
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière
pénale devant le Tribunal fédéral au sens des art. 78 ss LTF (loi du 17 juin
2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours
constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Ces recours doivent
être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la
notification de l'expédition complète (art. 100 al. 1