Appeal inadmissible for lack of reasoned grounds

CPF kc16-003905-192/2016Tribunale cantonale / Camera delle esecuzioni e fallimenti28 giu 2016Inadmissible

Estratto da Omnilex

Sintesi Omnilex

The debtor appealed a justice of the peace decision granting definitive lifting of opposition in a debt collection matter brought by the State of Vaud. The cantonal court held that the appeal did not contain any recognizable reasons challenging the first-instance ruling, as required by Article 321 CPC. The appellant’s references to an earlier case and to financial documents were insufficient. New documents filed on appeal were also inadmissible. The appeal was therefore declared inadmissible, and the decision was rendered without fees.

Massima Omnilex

Art. 321 al. 1 and 2 CPC; admissibility of the appeal in summary debt-enforcement proceedings: the appeal must contain, within the appeal brief itself, a clear and specific challenge to the reasoning of the contested decision. The appellant must demonstrate the incorrectness of the decision by identifying the attacked passages and the supporting evidence; a merely general complaint or reference to other proceedings is insufficient (consid. 3). If the appeal is filed already during the period for requesting reasons, a later reasoned appeal may be submitted within the appeal deadline, but the reasoning cannot be supplemented after expiry. In summary lifting proceedings, new evidence is inadmissible on appeal (consid. 2-3).

Testo completo

111 TRIBUNAL CANTONAL KC16.003905-161057 192 C O U R D E S P O U R S U I T E S E T F A I L L I T E S


Arrêt du 28 juin 2016


Composition : Mme R O U L E A U , présidente Mme Byrde et M. Maillard, juges Greffier :MmeDebétaz Ponnaz


Art. 321 al. 1 CPC Vu la décision rendue le 3 mars 2016, à la suite de l’interpellation de la partie poursuivie, et adressée pour notification aux parties le 17 mars 2016, par le Juge de paix du district de Lausanne, prononçant la mainlevée définitive, à concurrence de 11'871 fr. 15, plus intérêt à 3% l’an dès le 25 octobre 2015, et de 414 francs 30, sans intérêt, de l’opposition formée par W.________, à Lausanne, à la poursuite n° 7'709’098 de l’Office des poursuites du district de Lausanne exercée contre elle à l’instance de l’ETAT DE VAUD, représenté par l’Office d’impôt des districts de Lausanne et Ouest lausannois, arrêtant à 360 fr. les frais judiciaires, compensés avec l'avance de frais du poursuivant, les mettant à la charge de la poursuivie et disant que celle-ci

  • 2 - doit en conséquence rembourser au poursuivant son avance de frais à concurrence de 360 fr., sans allocation de dépens pour le surplus, vu la lettre, accompagnée d’une pièce, adressée le 5 avril 2016 au juge de paix, qui l’a considérée comme un recours valant demande de motivation, dans laquelle la poursuivie soutient que les poursuites de l’Office d’impôt du district de Lausanne sont « la conséquence directe du dérapage scandaleux » dans un autre dossier - dans lequel le juge n’aurait à tort pas reconnu son non-retour à meilleure fortune - et déclare maintenir son opposition totale à la poursuite en cause, vu les motifs du prononcé adressés aux parties le 1 er et notifiés à la poursuivie le 9 juin 2016, vu l’écriture pouvant être comprise comme un recours, adressée par la poursuivie au Tribunal cantonal le 17 juin 2016, accompagnée de pièces, vu les pièces nouvelles produites par la recourante le 27 juin 2016, vu les autres pièces du dossier ; attendu que le recours au sens des art. 319 ss CPC (Code de procédure civile ; RS 272) doit être introduit auprès de l'instance de recours par acte écrit et motivé (art. 321 al. 1 CPC), dans les dix jours à compter de la notification de la décision motivée (art. 321 al. 2 CPC), que le droit de recourir peut toutefois déjà s’exercer dans le délai de demande de motivation, lequel est de dix jours à compter de la communication de la décision sous forme de dispositif (art. 239 al. 1 et 2, 1 re phrase, CPC), un acte de recours déposé dans ce délai étant alors considéré comme une demande de motivation,

  • 3 - qu’en l’espèce, l’écriture du 5 avril 2016 a été déposée en temps utile, compte tenu des féries de Pâques (art. 56 ch. 2 et 63 LP [loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite ; RS 281.1] ; JdT 1995 II 31), qu’il en va de même de celle du 17 juin 2016, que les pièces nouvelles jointes à ces écriture sont irrecevables, l’administration de preuves nouvelles en deuxième instance n’étant pas autorisée en matière sommaire de mainlevée d’opposition (art. 326 CPC), que, de même, les pièces produites le 27 juin 2016 sont irrecevables pour le double motif que leur production, après l’échéance du délai de recours, est tardive et qu’il s’agit de pièces nouvelles ; attendu que la partie qui entend user d'une voie de droit a la charge de se conformer à certaines règles de forme, à défaut de quoi sa démarche sera frappée d'irrecevabilité (Jeandin, in Bohnet/Haldy/Jeandin/Schweizer/Tappy (éd.), Code de procédure civile commenté, Bâle 2011, n. 1 ad art. 321 CPC),

qu'en particulier, selon l'art. 321 al. 1 CPC, le recours doit être motivé, que, si la motivation du recours fait défaut, l’instance de recours n’entre pas en matière, que, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, la motivation du recours doit à tout le moins satisfaire aux exigences qui sont posées pour un acte d’appel (TF 5A_488/2015 du 21 août 2015 consid. 3.2.1, publié in RSPC 6/2015 pp. 512 s., et les arrêts cités),

  • 4 - que cela signifie que le recourant doit démontrer le caractère erroné de la motivation de la décision attaquée et que son argumentation doit être suffisamment explicite pour que l’instance de recours puisse la comprendre, ce qui suppose une désignation précise des passages de la décision qu’il attaque et des pièces du dossier sur lesquelles il fonde sa critique (ibid.), que la motivation d’un acte de recours doit être entièrement contenue dans le mémoire de recours lui-même et ne saurait être complétée ou corrigée ultérieurement (ibid.),

que ni l’art. 132 al. 1 et 2 ni l’art. 56 CPC ne sont applicables en cas d’absence de motivation d’un acte de recours (ibid.), qu’en revanche, lorsqu’il a recouru dans le délai de demande de motivation, le recourant peut déposer un nouvel acte de recours motivé dans le délai de recours proprement dit, soit dans les dix jours suivant la notification du prononcé motivé (art. 321 al. 2 CPC), qu’en l’espèce, tant dans son écriture du 5 avril 2016 que dans celle du 17 juin 2016, la recourante se plaint de la façon dont son dossier a été traité dans une cause antérieure en opposition pour non-retour à meilleure fortune et se réfère à des pièces qui établiraient sa situation financière, qu’elle ne formule cependant aucun grief, motif ou moyen de recours reconnaissable contre le prononcé levant définitivement son opposition à la poursuite en cause, que son recours ne satisfait dès lors pas aux exigences posées par la loi et la jurisprudence et doit par conséquent être déclaré irrecevable ;

attendu que le présent arrêt peut être rendu sans frais.

  • 5 - Par ces motifs, la Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité d'autorité de recours en matière sommaire de poursuites, p r o n o n c e : I. Le recours est irrecevable. II. L’arrêt, rendu sans frais, est exécutoire. La présidente : La greffière : Du L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à : -Mme W.________, -Office d’impôt des districts de Lausanne et Ouest lausannois (pour l’Etat de Vaud). La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 12’285 fr. 45. Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins

  • 6 - que la contestation ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF). Cet arrêt est communiqué à : -Mme le Juge de paix du district de Lausanne. La greffière :

Parole chiave

debt enforcementdefinitive lifting of oppositionappeal admissibilityreasoned appealnew evidencesummary proceedingsirreceivability

Estratto da Omnilex

Questione giuridica chiave

Whether the appeal against the definitive debt enforcement decision was sufficiently reasoned under Article 321 CPC.

Decisione estratta

No. The appellant did not identify any error in the challenged decision and raised no recognizable legal grounds against definitive lifting of opposition.

Motivazione estratta

An appeal must be written and reasoned; the reasoning must show why the decision is wrong and must be contained in the appeal itself. Here, the submissions only complained about an earlier case and referred to financial documents, without attacking the appealed ruling.

Questione giuridica chiave

Whether new documents filed with the appeal could be considered.

Decisione estratta

No. New evidence is not admissible on appeal in summary proceedings concerning lifting of opposition, and the later-filed documents were in any event late.

Motivazione estratta

The court held that the new pieces attached to the filings were inadmissible because second-instance evidence is barred in summary lifting proceedings, and the documents produced on 27 June 2016 were also submitted after expiry of the appeal deadline.

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