Composition : MmeB E N D A N I , présidente
M.Pellet et Mme Rouleau, juges
Greffier :M.Magnin
Parties à la présente cause :
X., prévenu, représenté par Me Regina Andrade Ortuno, défenseur
d’office à Montreux, appelant,
et
Ministère public, représenté par la Procureure de l'arrondissement de
l’Est vaudois, intimé,
Y., plaignante, représentée par Me Patrick Sutter, conseil d'office à
Lausanne, intimée,
W.________, plaignant et intimé.
1.1Originaire de [...],X.________ est né le [...] 1982 à Lausanne. Il
est le cadet d’une fratrie de deux enfants et a été élevé par ses parents. Il
a évoqué le fait que ceux-ci souffraient de problèmes d’alcool et qu’il
subissait des violences physiques de leur part durant son enfance. Il a
suivi une scolarité obligatoire émaillée d’échecs et n’a pas terminé de
formation professionnelle malgré le soutien de diverses institutions. Il a
été placé en foyer dès l’âge de onze ans. Les séjours en institution n’ont
cependant pas permis de le cadrer. En outre, c’est en leur sein qu’il a
débuté une consommation toxique. Le prévenu a été soutenu par les
services sociaux puis a été mis au bénéfice d’une rente invalidité, avec
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11 -
une incapacité de travail et de gain totale dans toute activité lucrative,
laquelle est actuellement suspendue en raison de son incarcération.
1.2Le casier judiciaire suisse de X.________ fait état des
condamnations suivantes :
-
28 juin 2006, Tribunal correctionnel de l’arrondissement de
l’Est vaudois, vol (délit manqué), vol, dommages à la propriété, extorsion
et chantage, recel, violation de domicile, incendie intentionnel, incendie
par négligence, vol d’usage, circuler sans permis de conduire, délit contre
la LArm, contravention à la LStup, emprisonnement de 18 mois, sursis à
l’exécution de la peine, délai d’épreuve de trois ans (prolongé d’un an et
demi le 13 mai 2008) ;
-
8 mai 2008, Juge d’instruction de l’Est vaudois, dommages à
la propriété, peine pécuniaire de 15 jours-amende à 20 fr. le jour ;
-
13 mai 2008, Tribunal pénal de la Sarine, incendie
intentionnel, vol, dommages à la propriété, violation de domicile,
contravention à la LStup, peine privative de liberté de 12 mois, amende de
300 francs.
Dans le cadre de la présente affaire, X.________ a été arrêté le
7 mai 2015 puis placé en détention préventive. Il a dans un premier temps
été incarcéré pendant treize jours à la zone carcérale de la police
cantonale, avant d’être transféré à la Prison du Bois-Mermet, à Lausanne.
Par ailleurs, dans le cadre du dossier PE12.009038, l’intéressé avait subi
un jour de garde à vue. A ce jour, il est toujours incarcéré.
1.3
1.3.1X.________ avait fait l’objet d’une expertise psychiatrique en
2005, dont le rapport daté du 15 juillet 2005 a été versé au dossier.
1.3.2Dans le cadre de cette affaire, il a été soumis à une nouvelle
expertise psychiatrique, réalisée par les Drs [...] et [...] de la [...].
Dans leur rapport du 26 août 2013, les experts ont posé le
diagnostic de trouble mixte de la personnalité avec traits antisociaux et
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12 -
impulsifs, de syndrome de dépendance au cannabis, utilisation continue,
et de syndrome de dépendance à l’alcool, consommation dipsomaniaque.
Ils ont en substance relevé que le trouble mixte de la
personnalité dont souffrait l’expertisé pouvait être considéré comme grave
au vu des difficultés qu’il engendrait dans la vie de l’intéressé, soit
notamment une impossibilité d’insertion professionnelle et de multiples
difficultés avec la justice, ces difficultés s’étant étendues sur les capacités
de l’expertisé à entrer durablement en relation avec autrui et à gérer les
situations potentiellement conflictuelles. Les experts ont ajouté que
l’influence de ce trouble sur le comportement de X.________ se traduisait
par une importante impulsivité, des comportements hétéro et/ou auto-
agressifs, un manque de tolérance à la frustration, une tendance générale
à transgresser les règles, ainsi qu’une tendance à abuser de substances.
Selon les médecins, le trouble de la personnalité n’a pas d’influence sur sa
capacité à apprécier le caractère illicite des actes délictueux qu’il a
commis, dès lors qu’intellectuellement, il sait que lorsqu’il agresse son
amie, insultes diverses personnes ou consomme du cannabis, il franchit
les limites de la loi et que ces actes sont interdits. En revanche, les
experts ont relevé que le trouble de la personnalité de l’expertisé ne lui
permettait pas de prendre les mesures nécessaires afin d’éviter la
commission d’actes délictueux, puisque dans ce type de trouble, les
capacités de contention des tensions internes ainsi que de la violence sont
restreintes et que la satisfaction des pulsions agressives prime sur
d’autres considérations. Compte tenu de ces éléments, ils ont considéré
que la faculté pour X.________ de se déterminer d’après l’appréciation
initiale des faits était restreinte dans une mesure moyenne.
Les médecins ont par ailleurs indiqué qu’une récidive du
prénommé était probable au regard de son trouble de la personnalité et
de sa difficulté à gérer les impulsions, étant précisé qu’elle était plus
importante en cas de consommation d’alcool car celle-ci avait tendance à
diminuer le seuil de contrôle des impulsions. Ils ont évalué le risque de
récidive d’actes probablement de même nature comme étant
moyennement élevé, mais ont indiqué que ce risque dépendait d’une
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13 -
éventuelle prise en charge thérapeutique, de la consommation d’alcool, de
la prise de médicaments aidant aux contrôles des impulsions et de
multiples facteurs environnementaux relationnels. Les experts n’ont
cependant pas exclu que l’intéressé puisse commettre des infractions
dans le futur, avec un degré de dangerosité plus élevé que les infractions
retenues contre lui jusqu’ici. Enfin, ils ont en substance relevé que le
risque de récidive pouvait être diminué par un traitement
psychothérapeutique volontaire, sans que celui-ci ne puisse garantir
toutefois une absence de passage délictueux. Ils ont ajouté que le
traitement qui était en cours auprès de la Dresse [...] et de son équipe,
mis en place fin mai 2012 sur demande de l’assistante sociale de
l’intéressé, apparaissait adapté à la situation.
1.3.3Un premier complément d’expertise a été mis en œuvre. Il
ressort notamment du rapport du 20 février 2014 de la Dresse [...] que
X.________ avait suivi un traitement pour une dépendance à l’alcool à la
Fondation [...] jusqu’en 2005. A la suite de celui-ci, la consommation avait
repris avec un syndrome de dépendance à l’alcool, qui s’était réinstallé
sous forme de consommation dispsomaniaque, soit des consommations
irrégulières, mais importantes, sur un mode impulsif, diminuant les seuils
d’inhibitions et favorisant les passages à l’acte. L’expert a précisé que le
prévenu ne bénéficiait d’un traitement de nature psychiatrique, confié à la
Dresse [...] et à son équipe, que depuis fin mai 2012, dans le cadre duquel
il était soumis à des entretiens psychiatriques médico-infirmier.
Cependant, il a expliqué que l’expertisé restait fortement ambivalent face
à la nécessité d’un suivi psychiatrique, qu’il s’était présenté très
irrégulièrement aux entretiens et qu’il avait refusé une médication
nécessaire. L’expert a ajouté que cette prise en charge était certainement
insuffisante pour soigner la psychopathologie de l’intéressé, mais a
rappelé qu’il s’agissait néanmoins d’un lien thérapeutique qu’il fallait en
tous les cas pouvoir conserver.
1.3.4Un second complément à l’expertise psychiatrique du 26 août
2013 a été déposé le 30 septembre 2015 par le Dresse [...].
-
14 -
Concernant les aspects diagnostics, l’expert a retenu, outre les
diagnostics de syndrome de dépendance au cannabis et à l’alcool, un
trouble de la personnalité dyssociale, en précisant que ce diagnostic était
aggravant par rapport au trouble mixte de la personnalité avec traits
antisociaux et impulsifs précédemment posé, en ce sens qu’il confirmait
que l’expertisé ne serait pas à même de prendre en compte les
expériences passées, leurs conséquences notamment, pour éviter la
récidive. L’expert a par ailleurs écarté le diagnostic de pyromanie. Il a en
revanche expliqué pouvoir retenir le diagnostic d’incendie provoqué par
un adulte présentant une personnalité dyssociale si X.________ avait
effectivement commis l’incendie intentionnel du 19 juillet 2012. S’agissant
de la responsabilité du prénommé, il a confirmé son appréciation selon
laquelle la faculté de l’expertisé de se déterminer d’après l’appréciation
initiale des faits était restreinte de manière moyenne, en raison du trouble
de la personnalité et des conduites d’alcoolisation.
Concernant le risque de récidive, la limitation de celui-ci et le
contrôle par l’expertisé de ses impulsions, l’expert a notamment expliqué
ce qui suit :
« [...] Comme déjà formulé dans nos précédents rapports, les
risques de violence, et de passage à l’acte, sont majorés par la
consommation d’alcool qui s’est aggravée depuis notre dernière expertise.
En effet, ces différents actes délictueux, hormis celui de l’épisode de la
restitution du chien, ont été effectués sous l’influence prégnante
d’alcoolisations importantes. Le risque de récidive est élevé, les actes
délictueux pourraient s’aggraver. [...].
Aujourd’hui l’expertisé, rencontré sevré en milieu carcéral,
manifeste l’envie de limiter sa consommation d’alcool, il reconnaît s’être
trompé dans son appréciation passée de contrôle de cette consommation.
On peut néanmoins se poser la question, même si l’expertisé formule
aujourd’hui un projet de traitement en milieu résidentiel institutionnel a
visée d’abstinence de l’alcool, comment à sa sortie de l’institution, il
pourra s’engager à une abstinence durable.
-
15 -
Il apparaît néanmoins impératif de limiter la consommation
d’alcool, de viser une abstinence, si l’on veut limiter les conduites
antisociales qui sont majorées par la désinhibition induite par l’alcool. La
limitation du risque de récidive est ainsi étroitement liée au traitement de
l’alcoolo-dépendance et du trouble de la personnalité dont souffre
l’expertisé. [...].
La nature des passages à l’acte relève du même type de
difficulté de contrôle des impulsions qu’en 2005 et en 2013. Aujourd’hui,
dans le discours manifeste, Monsieur [...] semble conscient de ses
difficultés, qu’il peut critiquer à posteriori (sic). Néanmoins, dans les
moments où il a effectué des passages à l’acte violents, il n’est pas
capable de prendre des mesures pour gérer ses frustrations et empêcher
ces passages à l’acte. La difficulté de contrôle des impulsions reste
identique à celle de l’expertise de 2005, l’expertisé n’a pas progressé sur
ce plan malgré le traitement psychiatrique en cours. »
S’agissant de la question du traitement, la Dresse [...] a
indiqué ce qui suit :
« L’expertisé présente un problème d’alcool-dépendance
important, il pourrait tout à fait bénéficier d’une prise en charge dans le
cadre d’un traitement spécialisé à visée d’abstinence en milieu résidentiel
institutionnel. Ce traitement devrait être imposé et dans tous les cas, se
prolonger au-delà du traitement institutionnel. Il devrait se poursuivre de
manière imposée en ambulatoire. La même affirmation est également
valable pour le traitement psychiatrique ambulatoire, qu’il conviendrait
aujourd’hui d’imposer. Il serait souhaitable d’instaurer un traitement
psychiatrique ambulatoire parallèlement au traitement alcoologique, qui
lui permette de soigner son trouble de la personnalité, d’instaurer une
médication anxiolytique neuroleptique durablement, le tout lui permettrait
de mieux contrôler ses impulsions.
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16 -
Je considère donc qu’il est nécessaire dans un premier temps,
pour diminuer le risque de récidive, d’imposer un traitement institutionnel
des addictions avec une visée d’abstinence de l’alcool, suivi d’un
traitement imposé en ambulatoire pour les addictions avec poursuite de
l’objectif de maintien de l’abstinence. Il est aussi nécessaire de mettre en
œuvre de manière imposée un traitement psychiatrique du trouble de la
personnalité qui peut se poursuivre en ambulatoire auprès du [...],
traitement déjà en cours. Ceci pourrait, à terme, limiter le risque de
récidive. »
Pour le reste, l’expert a en substance considéré qu’il était à
craindre que les actes délictueux de l’expertisé ne s’aggravent de plus en
plus, pour le cas où sa situation ne venait pas à s’améliorer.
1.3.5La Dresse [...] a été entendue en qualité de témoin aux débats
de première instance. Elle a confirmé les conclusions de ses différents
rapports et qu’il était désormais retenu un trouble de la personnalité
dyssociale à l’endroit de X.________. Elle a indiqué que la responsabilité du
prénommé restait diminuée dans une mesure moyenne et qu’il fallait lui
imposer un traitement psychothérapeutique ambulatoire et un traitement
institutionnel contre les addictions afin de réduire le risque de récidive.
L’expert a par ailleurs affirmé que la consommation alcoolique
dispsomaniaque était la plus difficile à contrôler car elle faisait partie du
trouble de la personnalité.
2.1Entre janvier 2012 et le 11 novembre 2014, X.________ a
régulièrement consommé du cannabis, à raison de plusieurs grammes par
jour, ainsi que de la cocaïne, de façon occasionnelle. Le 21 mai 2012, la
police a saisi neuf plants de chanvre, acquis trois mois plus tôt à
Amsterdam, lors d’une perquisition à son domicile. La drogue a été
détruite.
2.2Le 21 mai 2012, à la route de [...], à [...], X.________ a, suite à
des échanges verbaux houleux, dans un premier temps jeté son téléphone
2.8Le 22 avril 2014, à la route de [...], à [...], X.________ a passé
une soirée arrosée avec ses amis W.________ et [...] dans un appartement
situé en dessous du sien en raison d’une période de travaux. Alors qu’ils
mangeaient et buvaient, X.________ a reproché à W.________ de laisser
tomber des pâtes et de l’alcool au sol. Dans ce contexte tendu, les
prénommés ont décidé de se livrer à un « sparring », soit, selon eux, à une
sorte de combat amical consistant à effectuer des prises de judo et des
techniques de soumission. Plus tard, ne supportant plus d’être maîtrisé par
son ami W., X. s’est fortement énervé. Après avoir été
relâché, et faisant croire qu’ils arrêtaient le combat, il a asséné une pluie
de coups de poing à W.________ avec les deux mains, ainsi que des coups
de tête, avant que ce dernier ne tombe au sol. A cet instant, X.________
s’est acharné contre son ami, alors incapable de se défendre, en lui
donnant de nombreux coups de pied au visage. W.________ a finalement pu
se dégager grâce à l’intervention de [...], puis a pris la fuite en courant et
s’est caché dans des bosquets. X.________ l’a poursuivi, en criant à
l’attention de son ami : « t’es où trou du cul ? Je vais te retrouver et te
tuer ! ».
Durant ces faits, X.________ a par ailleurs cassé le téléphone
portable de W..
W. a été acheminé au CHUV en ambulance. Il a
souffert d’une fracture du nez et de multiples contusions. Il a en outre subi
une incapacité de travail jusqu’au 28 avril 2014.
Le 25 avril 2014, il a déposé plainte.
2.9Le 7 août 2014, X.________ marchait avec son chien sur le
chemin [...], à [...]. Alors qu’il se trouvait devant le domicile de Q.________,
il a frappé contre le grillage derrière lequel se trouvait la chienne de cette
dernière parce qu’il était énervé par les aboiements de l’animal, ce qui a
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20 -
eu pour effet de l’exciter. Q.________ est intervenue pour demander à
X.________ s’il y avait un problème. Celui-ci lui a répondu par des insultes
en la traitant à plusieurs reprises de « pute » et en lui faisant des doigts
d’honneur. Il a ensuite ramassé une pierre d’environ 10 cm de diamètre et
l’a lancée en direction de son interlocutrice. Q.________ a évité le projectile,
lequel a terminé son vol contre le montant de la porte-fenêtre de la
chambre à coucher, en l’endommageant légèrement. En quittant les lieux,
X.________ a annoncé à son interlocutrice qu’il allait revenir puisqu’il savait
où elle habitait, en mimant un geste d’égorgement.
Le 7 août 2014, Q.________ a déposé plainte.
2.10Le 13 mars 2015, à [...], alors qu’Y.________ venait récupérer
leur chienne [...], X., choqué de perdre son animal, a menacé
verbalement l’intéressée de la manière suivante : « si tu prends un truc
dans le cul, faudra pas t’étonner, tu vas crever ».
Le jour-même, l’intéressé lui a adressé le message sms
suivant : « Tai vraiment une sacrée saloperie de merde !!! » (sic).
Durant la soirée du 16 avril 2015, X. a adressé le
message sms suivant à son ex-amie Y.________ : « tu vas mourir !!! C’est
cool ! Et c’est gratuit ! ».
Le 17 avril 2015, Y.________ a déposé plainte et s’est
constituée partie civile.
E n d r o i t :
1.Interjeté dans les formes et délais légaux par une partie ayant
qualité pour recourir contre le jugement du tribunal de première instance
qui a clos la procédure (art. 398 al. 1 CPP [Code de procédure pénale
suisse du 5 octobre 2007 ; RS 312.0]), l’appel de X.________ est recevable.
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21 -
2.Aux termes de l’art. 398 CPP, la juridiction d’appel jouit d’un
plein pouvoir d’examen sur tous les points attaqués du jugement (al. 2).
L’appel peut être formé pour violation du droit, y compris l’excès et l’abus
du pouvoir d’appréciation, le déni de justice et le retard injustifié, pour
constatation incomplète ou erronée des faits et pour inopportunité (al. 3).
L'appel doit permettre un nouvel examen au fond par la
juridiction d'appel. Celle-ci ne doit pas se borner à rechercher les erreurs
du juge précédent et à critiquer le jugement de ce dernier ; elle doit tenir
ses propres débats et prendre sa décision sous sa responsabilité et selon
sa libre conviction, qui doit reposer sur le dossier et sa propre
administration des preuves. L'appel tend à la répétition de l'examen des
faits et au prononcé d'un nouveau jugement (Eugster, in : Basler
Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, 2
e
éd., Bâle 2014, n. 1
ad art. 398 CPP). L'immédiateté des preuves ne s'impose toutefois pas en
instance d'appel. Selon l'art. 389 al. 1 CPP, la procédure d'appel se fonde
sur les preuves administrées pendant la procédure préliminaire et la
procédure de première instance. La juridiction d'appel administre, d'office
ou à la demande d'une partie, les preuves complémentaires nécessaires
au traitement du recours (art. 389 al. 3 CPP ; TF 6B_78/2012 du 27 août
2012 consid. 3.1).
3.Contestant sa condamnation pour lésions corporelles simples
qualifiées, l'appelant soutient avoir blessé son ex-compagne, Y.________,
par négligence. Il relève, en substance, qu'aucun élément du dossier ne
permettrait de conclure qu'il a sciemment pris le couteau pour le jeter à
travers le salon, qu'il s'est aperçu trop tardivement qu'il s'agissait d'un
couteau, soit lorsque celui-ci s'est ouvert en l'air, et que les actes en
question devraient par conséquent être considérés comme un accident.
3.1
3.1.1L’art. 10 CPP dispose que toute personne est présumée
innocente tant qu'elle n'est pas condamnée par un jugement entré en
force (al. 1). Le tribunal apprécie librement les preuves recueillies selon
l'intime conviction qu'il retire de l'ensemble de la procédure (al. 2). Le
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22 -
tribunal se fonde sur l’état de fait le plus favorable au prévenu lorsque
subsistent des doutes insurmontables quant aux éléments factuels
justifiant une condamnation (al. 3).
S'agissant plus précisément de l'appréciation des preuves et
de l'établissement des faits, il s'agit de l'acte par lequel le juge du fond
évalue librement la valeur de persuasion des moyens de preuve à
disposition et pondère ces différents moyens de preuve afin de parvenir à
une conclusion sur la réalisation ou non des éléments de fait pertinents
pour l'application du droit pénal matériel. Le juge peut fonder une
condamnation sur un faisceau d'indices ; en cas de versions
contradictoires, il doit déterminer laquelle est la plus crédible. En d'autres
termes, ce n'est ni le genre ni le nombre des preuves qui est déterminant,
mais leur force de persuasion (Verniory, in : Kuhn/Jeanneret [éd.],
Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, Bâle 2011, n. 34
ad art. 10 CPP).
Lorsque l'autorité a forgé sa conviction sur la base d'un
ensemble d'éléments ou d'indices convergents, il ne suffit pas que l'un ou
l'autre de ceux-ci ou même chacun d'eux pris isolément soit à lui seul
insuffisant. L'appréciation des preuves doit être examinée dans son
ensemble. Le principe in dubio pro reo est violé si le juge du fond se
déclare convaincu de faits défavorables au prévenu sur lesquels, compte
tenu des éléments de preuve qui lui sont soumis, il aurait au contraire dû,
objectivement, éprouver des doutes ; on parle alors de doutes
raisonnables (ATF 120 Ia 31 consid. 2c ; TF 6B_831/2009 du 25 mars 2010
consid. 2.2.2). Sur ce point, des doutes simplement abstraits et théoriques
ne suffisent pas, car de tels doutes sont toujours possibles et une certitude
absolue ne peut être exigée. Bien plutôt, il doit s’agir de doutes importants
et irréductibles, qui s’imposent au vu de la situation objective (ATF 127 I
38 consid. 2a ; ATF 136 III 552 consid. 4.2).
3.1.2Selon l'art. 12 al. 2 CP, agit intentionnellement quiconque
commet un crime ou un délit avec conscience et volonté. L'auteur agit
déjà intentionnellement lorsqu'il tient pour possible la réalisation de
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23 -
l'infraction et l'accepte au cas où celle-ci se produirait (dol éventuel). En
vertu de l'art. 12 al. 3 CP, agit par négligence quiconque, par une
imprévoyance coupable, commet un crime ou un délit sans se rendre
compte des conséquences de son acte ou sans en tenir compte.
Sur la notion de dol éventuel ainsi que sur la distinction entre
dol éventuel et négligence, il peut être renvoyé aux principes maintes fois
répétés dans la jurisprudence (cf. notamment : ATF 134 IV 26 consid. 3.2.2
et 3.2.4 ; ATF 133 IV 9 consid. 4.1 ; ATF 131 IV 1 consid. 2.2). On peut se
limiter à rappeler, dans ce contexte, que le dol éventuel ne suppose pas
nécessairement que la survenance du résultat soit très probable, mais
seulement possible même si cette possibilité ne se réalise que
relativement rarement d'un point de vue statistique (ATF 131 IV 1 consid.
2.2). Par ailleurs, la délimitation entre le dol éventuel et la négligence
consciente peut se révéler délicate. L'une et l'autre formes de l'intention
supposent en effet que l'auteur connaisse la possibilité ou le risque que
l'état de fait punissable se réalise. Sur le plan de la volonté, en revanche, il
n'y a que négligence lorsque l'auteur, par une imprévoyance coupable,
agit en supputant que le résultat qu'il considère comme possible ne
surviendra pas (ATF 130 IV 58 consid. 8.2). La conclusion que l'auteur s'est
accommodé du résultat ne peut en aucun cas être déduite du seul fait
qu'il a agi bien qu'il eût conscience du risque que survienne le résultat, car
il s'agit là d'un élément commun à la négligence consciente également
(ATF 130 IV 58 consid. 8.4).
3.2La version de « l'accident » telle que présentée par l'appelant
n'est absolument pas crédible. Ce dernier a tout d'abord jeté son
téléphone portable en direction de sa concubine, Y.________, couchée sur
le canapé, puis un couteau à ouverture à une main (genre spyderco), qui
se trouvait fermé sur une table. Il savait pertinemment qu'il s'agissait d'un
couteau. En effet, d'une part, il a déclaré, lors de son audition du 21 mai
2012, « avoir pris le couteau qui était fermé sur la table du salon » (pv n°
1, p. 3 ; dossier PE12.009038). D'autre part, il connaissait nécessairement
le fonctionnement de cette arme, dès lors qu'il avait déjà été condamné
précédemment pour la possession d'un tel couteau. De plus, après les
-
24 -
faits, il a expliqué à la police que son amie avait reçu un coup de couteau
par un inconnu ; il a également jeté l'objet en question à la poubelle (cf. pv
n° 1, pp. 3-4 ; dossier PE12.009038) ; ce genre de comportements
attestent l'intention de l'acte commis et ne sont aucunement des signes
convaincants d'une simple négligence ou d'un accident.
Au regard des éléments précités, on doit admettre que
X.________ savait pertinemment qu'il lançait un couteau en direction de
son amie, qu'il s'agissait d'une arme dangereuse, ce qu'il ne pouvait
ignorer, et qu'il pouvait ainsi blesser son amie.
4.L’appelant conteste sa condamnation pour lésions corporelles
simples qualifiées, dommages à la propriété, injure et menaces en relation
avec les faits commis au préjudice de W.________ le 22 avril 2014.
4.1L’intéressé conteste tout d’abord les faits. Il soutient que
W.________ s’est mis en situation de danger, que ce dernier était
parfaitement en état de se défendre et que la bagarre a été provoquée par
son adversaire.
4.1.1Les principes régissant l’appréciation des preuves et
l’établissement des faits ont été rappelés ci-dessus (cf. consid. 3.1.1).
4.1.2Les faits doivent être retenus tels qu'ils figurent dans l'acte
d'accusation. Les trois personnes présentes ont certes confirmé que
l'appelant et W.________ avaient décidé de se livrer à un « sparring ».
Reste que, selon eux, il devait s'agir d'une sorte de combat amical
consistant en des prises de judo et des techniques de soumission. En
aucun cas, le « jeu » prévu ne consistait à donner des coups tels que ceux
qui ont été infligés par l'appelant à son camarade. De plus, selon le
témoignage de [...] (pv n° 9 ; dossier PE12.009038), c'est le plaignant qui
a réussi à maîtriser l'appelant ; la victime a alors dit à X.________ qu'elle
voulait arrêter le jeu et a demandé au prévenu de ne pas revenir contre
elle si elle le lâchait, ce que le prévenu a accepté de faire. Or, après avoir
été relâché en lui faisant croire qu'ils arrêtaient leur combat, l'appelant a
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25 -
asséné des coups de poing et de tête à son camarade. Ainsi, cet épisode
de violences a eu lieu après le combat décidé entre amis et en dehors de
toutes les règles posées.
Partant, on ne saurait admettre que W.________ se serait mis
en situation de danger, qu'il aurait consenti aux coups reçus ou encore
qu'il pourrait éventuellement s'agir de légitime défense.
4.2L’appelant se prévaut également de sa consommation
d’alcool.
Cependant, cet élément a été retenu par les premiers juges,
qui suivant l’expertise, ont admis une diminution de responsabilité de
l’appelant.
4.3Pour le reste, les faits tels qu'exposés en pages 45 et 46 du
jugement attaqués réalisent les infractions de lésions corporelles simples
qualifiées, dommages à la propriété, injure et menaces, ce que l'appelant
ne conteste pas.
5.L'appelant conteste être l'auteur de l'incendie de l'entreprise
[...] SA. Il relève que ses dénégations sont constantes et par conséquent
crédibles, que l'incendie survenu le 19 juillet 2012 s'inscrit dans une très
longue série d'incendies non élucidés qui ont eu lieu à [...] et à [...], que
ces incendies sont tous liés entre eux et qu'il ne saurait donc être
condamné pour une seule infraction, les incendies formant un tout. De
plus, selon l'expertise, il ne présenterait pas les caractéristiques d'un
pyromane.
5.1Le principe in dubio pro reo a été exposé plus haut (cf. consid.
3.1.1). Il convient de s’y référer.
5.2Au regard des éléments du dossier, on doit admettre que
l'appelant est bien l'auteur de l'incendie du 19 juillet 2012 à [...].
-
26 -
En effet, lors de son audition du 1
er
juin 2015 (pv n° 3, pp. 4-5 ;
dossier n° PE15.008502), Y.________ a expliqué que, le 20 juillet 2012, ils
devaient aller manger chez les parents de l'appelant, qu'un ami de ce
dernier, prénommé [...], le fils du propriétaire de l'entreprise [...] SA, ne
l'aimait pas du tout et avait menacé de l'écraser en voiture, qu'elle en
avait parlé à X., qu'à la fin de la soirée chez les parents de ce
dernier, vers 20h00 ou 20h30, ils étaient passés devant l'entreprise en
question, que l’appelant lui avait demandé de poursuivre sa route et de
l'attendre plus loin et qu'après quelques minutes, alors qu'elle se dirigeait
vers l'arrêt de bus, en passant près du stade de foot, elle avait constaté
qu'il y avait plein de fumée au niveau de l'entreprise précitée. X.
était revenu, lui avait dit qu' [...] l'avait mérité et avait précisé que le
mazout brûlait bien. Elle a également relevé que l'appelant avait confirmé
à W.________ qu'il avait bel et bien mis le feu à l’entreprise [...] SA.
Par ailleurs, lors de son audition du 25 juin 2015 (pv n° 4, p. 2 ;
dossier PE15.008502), W.________ a expliqué que, le soir en question, il
avait vu passer X.________ qui venait depuis l'endroit où il y avait
l'incendie, qu'il se dirigeait vers l'arrêt de bus du [...], et que, quelques
mois plus tard, sauf erreur, lors d'une soirée un peu arrosée au bord du
lac, le témoin avait demandé à l'appelant ce qu'il savait de cet incendie et
que ce dernier lui avait alors répondu quelque chose comme « ouais c'est
moi, je voulais me venger d' [...] ».
Certes, ces deux témoins ont été victimes des agissements de
X.________. Reste que leur version des faits est trop précise et détaillée
pour être inventée. De plus, elle correspond, trois ans après les faits, aux
constatations policières faites au moment de l'incendie. En outre, on ne
voit pas la nécessité des témoins à vouloir encore accabler davantage le
prévenu, dès lors qu'ils avaient déposé plainte contre ce dernier pour
d'autres faits.
A cela s’ajoute que l’appelant n’a pas été clair dans ses
déclarations lors de son audition du 1
er
juin 2015 (pv n° 3 ; dossier
PE15.008502). Il a en effet affirmé avoir aperçu de la fumée puis les
-
27 -
pompiers lorsqu’il se trouvait à l’arrêt de bus (cf. page 12), alors que dans
un premier temps, il avait dit qu’il était chez ses parents au moment de
l’incendie (cf. page 9). Les déclarations de X.________ n’ont ainsi pas été
constantes et ne saurait par conséquent être considérées comme étant
crédibles.
On peut également relever que X.________ est connu de la
police pour être notamment impliqué dans cinq incendies survenus entre
août 2003 et décembre 2004. Ainsi, le 1
er
août 2003, à Lausanne, il a
lancé une fusée dans un arbre. En mars 2014, il a déversé de l'essence
dans un cabanon de vigne, confectionné et lancé un cocktail Molotov à
l'intérieur dudit cabanon. En avril 2004, à [...], il a déversé un liquide
inflammable dans un container en plastique et sur les parois d'un local.
Encore en avril 2004, il a confectionné des cocktails Molotov avec deux
autres personnes et a finalement vidé de l'essence sur une moto avant d'y
mettre le feu (P. 54 ; dossier PE15.008502).
Il est vrai que, dans son rapport du 11 juin 2015 (P. 54 ;
dossier PE15.008502), la police énumère douze incendies, à caractère
délibéré, commis à [...] (dix cas) et à [...] (deux cas) entre le 1
er
janvier
2011 et le 31 juillet 2012, relevant que les deux cas de [...] étaient liés à
ceux de [...] pour des raisons temporelles et par rapport au mode
opératoire et aux cibles choisis. Reste que, contrairement à ce que
soutient l'appelant, cela ne signifie absolument pas que dans la mesure où
on ne pourrait pas lui imputer tous les cas, il devrait alors être totalement
libéré, dès lors que les éléments précités sont amplement suffisants pour
lui imputer l'incendie du 19 juillet 2012, qui est d'ailleurs l'un des plus
graves listés par la police. De plus, le rapport de police conclut également
qu'à l'époque, l'enquête avait démontré que la cause de l'incendie était
intentionnelle et que les déclarations du témoin Y.________ étaient très
pertinentes.
Enfin, le contenu de l'expertise n'est en aucun cas
disculpatoire. En effet, si l’expert a refusé de poser le diagnostic de
pyromanie, soit la tendance pathologique à allumer des feux, il a tout de
-
28 -
même admis qu’il pourrait retenir le diagnostic d'incendie provoqué par un
adulte présentant une personnalité dyssociale, si l'intéressé avait bel et
bien commis cet acte. Il a également relevé qu'un tel acte pourrait être
compatible avec des caractéristiques de personnalité qui démontrent un
trouble grave de la personnalité, dans le registre dyssocial essentiellement
(cf. P. 80, p. 5 ; dossier PE15.008502).
Pour le reste, la qualification retenue au regard des faits n’est
à juste titre par contestée. Par conséquent, la condamnation de l’appelant
pour incendie intentionnel doit être confirmée.
6.L’appelant a conclu au prononcé d’une peine privative de
liberté moins sévère en lien avec ses conclusions tendant à sa libération
de plusieurs chefs de prévention. Il n’a cependant pas contesté la quotité
de cette peine en tant que telle.
La peine privative de liberté ferme de vingt-quatre mois
infligée à l’appelant, qui tient compte de la diminution moyenne de sa
responsabilité, est adéquate et doit être confirmée, par adoption des
motifs exposés par les premiers juges (art. 82 al. 4 CPP). La détention
préventive subie sera en outre déduite de cette peine. Quant à la peine
pécuniaire de 40 jours-amende, vérifiée d’office, elle est appropriée pour
réprimer les injures proférées. Compte tenu de la situation financière
modeste de l’appelant, la quotité du jour-amende, arrêtée à 10 fr., doit
également être confirmée.
7.Invoquant une violation de l'art. 59 al. 3 CP, l'appelant
conteste le traitement thérapeutique institutionnel prononcé. Il reproche
aux premiers juges de s'écarter de l'avis de l'expert, qui estime qu'il doit
faire l'objet d'un traitement institutionnel pour le traitement de son
addiction mais que le traitement pour ses troubles de la personnalité peut
intervenir en ambulatoire.
7.1
-
29 -
7.1.1Conformément à l'art. 56 al. 1 CP, une mesure doit être
ordonnée si une peine seule ne peut écarter le danger que l'auteur
commette d'autres infractions, si l'auteur a besoin d'un traitement ou que
la sécurité publique l'exige, et si les conditions prévues aux art. 59 à 61,
63 ou 64 CP sont remplies. Le prononcé d'une mesure suppose que
l'atteinte aux droits de la personnalité qui en résulte pour l'auteur ne soit
pas disproportionnée au regard de la vraisemblance qu'il commette de
nouvelles infractions et de leur gravité (art. 56 al. 2 CP).
7.1.2Lorsque l'auteur souffre d'un grave trouble mental, le juge
peut ordonner un traitement thérapeutique institutionnel selon l'art. 59 CP,
lorsque l'auteur a commis un crime ou un délit en relation avec ce trouble
(let. a) et qu'il est à prévoir que cette mesure le détournera de nouvelles
infractions en relation avec ce trouble (let. b). Le prononcé d'un traitement
thérapeutique institutionnel est ainsi subordonné à deux conditions, à
savoir l'existence d'un grave trouble mental en relation avec l'infraction
commise et l'adéquation de la mesure.
L'art. 59 al. 1
er
let. b CP précise cette seconde condition en ce
sens qu'il faut qu' « il [soit] à prévoir que cette mesure détournera
[l'auteur] de nouvelles infractions ». Contrairement au traitement
psychiatrique ordonné dans le cadre d'une mesure d'internement (art. 64
al. 4 in fine CP), la mesure thérapeutique au sens de l'art. 59 CP vise avant
tout « un impact thérapeutique dynamique », et donc avec une
amélioration du pronostic légal, et non la « simple administration statique
et conservatoire » des soins (ATF 137 IV 201 consid. 1.3 ; 134 IV 315
consid. 3.6). Selon la jurisprudence, il doit être suffisamment
vraisemblable que le traitement entraînera, dans les cinq ans de sa durée
normale, une réduction nette du risque que l'intéressé commette de
nouvelles infractions. La seule possibilité vague d'une diminution du
danger ne suffit pas (ATF 134 IV 315 consid. 3.4 et 4 ; TF 6B_784/2010 du
2 décembre 2010 consid. 2.1). Pour que la mesure puisse atteindre son
but, il faut que l'auteur contribue un minimum au traitement. Il ne faut
toutefois pas poser des exigences trop élevées à la disposition minimale
de l'intéressé à coopérer à la mesure (cf. ATF 123 IV 113 consid. 4c/dd ;
-
30 -
Heer, in Basler Kommentar, Strafrecht I, 3
e
éd., Bâle 2013, n° 78 ad art. 59
CP). Il suffit que l'intéressé puisse être motivé (TF 6B_378/2013 du 17 juin
2013 consid. 1.1.2 ; TF 6B 784/2010 du 2 décembre 2010 consid. 2.2.3).
7.1.3Une mesure thérapeutique institutionnelle garantit la sécurité
publique de la même façon que l'internement, dans la mesure où elle peut
être exécutée dans un établissement fermé ou dans un établissement
pénitentiaire (art. 59 al. 3 CP ; ATF 134 IV 315 consid. 3.2).
7.1.4L'art. 59 al. 4 CP prévoit que la mesure thérapeutique
institutionnelle ne peut, en règle générale, excéder cinq ans. Cependant,
si les conditions d'une libération conditionnelle ne sont pas réunies après
cinq ans et qu'il est à prévoir que le maintien de la mesure détournera
l'auteur de nouveaux crimes ou de nouveaux délits en relation avec son
trouble mental, le juge peut ordonner la prolongation de la mesure de cinq
ans au plus à chaque fois. La mesure peut être reconduite aussi souvent et
aussi longtemps que son maintien s'avère nécessaire, approprié et
proportionnel (TF 6B_378/2013 du 17 juin 2013 consid. 1.1.4 ; ATF 137 IV
201 consid. 1.4 ; ATF 135 IV 139 consid. 2.1). Dans ce cadre, elle ne
connaît pas de limite maximale. Cette prolongation est indiquée lors de
traitement selon l'art. 59 al. 3 CP. Cette possibilité existe parce que les
mesures thérapeutiques appliquées à des malades mentaux chroniques
n'agissent souvent que très lentement (TF 6B_378/2013 du 17 juin 2013
consid. 1.1.4 ; ATF 137 IV 201 consid. 1.4 ; ATF 134 IV 315 consid. 3.4.1).
Conformément à l'art. 56 al. 6 CP, une mesure dont les
conditions ne sont plus remplies doit être levée. Comme son prononcé
suppose qu'elle soit propre à détourner l'auteur de la commission de
nouvelles infractions en relation avec son grave trouble mental (cf. art. 59
al. 1 let. b CP), une mesure thérapeutique institutionnelle ne peut être
maintenue que si elle conserve une chance de succès (cf. art. 62c al. 1 let.
a CP). Lorsqu'il n'y a plus lieu de s'attendre à une amélioration de l'état de
l'auteur, l'autorité compétente doit lever la mesure, en prenant au besoin
une ou plusieurs des dispositions prévues à l'art. 62c al. 3 à 6 CP (TF
6B_378/2013 du 17 juin 2013 consid. 1.1.4 ; ATF 137 IV 201 consid. 1.3).
-
31 -
7.1.5Pour ordonner une des mesures prévues aux art. 59 à 61, 63
et 64 CP, le juge doit se fonder sur une expertise. Celle-ci doit se
déterminer sur la nécessité et les chances de succès d'un traitement, la
vraisemblance que l'auteur commette d'autres infractions et la nature de
celles-ci, et sur les possibilités de faire exécuter la mesure (art. 56 al. 3
CP). Selon la jurisprudence, le juge apprécie en principe librement une
expertise et n'est pas lié par les conclusions de l'expert. Toutefois, il ne
peut s'en écarter que lorsque des circonstances ou des indices importants
et bien établis en ébranlent sérieusement la crédibilité. Il est alors tenu de
motiver sa décision de ne pas suivre le rapport d'expertise (TF
6B_378/2013 du 17 juin 2013 consid. 1.1.5 ; ATF 133 II 384 consid. 4.2.3 ;
ATF 129 I 49 consid. 4 ; ATF 128 I 81 consid. 2). Si les conclusions d'une
expertise judiciaire apparaissent douteuses sur des points essentiels, le
juge doit recueillir des preuves complémentaires pour tenter de dissiper
ses doutes. A défaut, en se fondant sur une expertise non concluante, il
pourrait commettre une appréciation arbitraire des preuves et violer l'art.
9 Cst. (Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 ;
RS 101) (TF 6B_378/2013 du 17 juin 2013 consid. 1.1.5 ; ATF 136 II 539
consid. 3.2 ; ATF 118 la 144 consid. 1c).
7.2En l’espèce, il est évident que l’appelant souffre d’un grave
trouble mental au sens de l’art. 59 CP et que cette pathologie se trouve
dans un rapport étroit avec les infractions commises. Ainsi, l’expert a posé
le diagnostic de trouble de la personnalité dyssociale, soit un diagnostic
aggravant par rapport au précédent rapport, en ce sens qu’il confirme que
l’expertisé ne pourra pas prendre en compte les expériences passées,
leurs conséquences notamment, pour éviter la récidive. L’intéressé souffre
également d’un syndrome de dépendance au cannabis, utilisation
continue et d’un syndrome de dépendance à l’alcool, consommation
dipsomaniaque.
Concernant le risque de récidive, l’expert l’a qualifié d’élevé,
les actes délictueux pouvant encore s’aggraver. Il a relevé que le parcours
délictueux de l’expertisé démontrait que ce dernier ne pouvait s’empêcher
-
32 -
de commettre de nouveaux actes délictueux, que les risques de violence
et de passage à l’acte étaient majorés par la consommation d’alcool, qui
s’était aggravée depuis la dernière expertise, et que les différents actes
délictueux, hormis celui de l’épisode de la restitution du chien, avaient été
effectués sous l’influence prégnante d’alcoolisation importante.
S’agissant de la mesure, l’expert a préconisé un traitement
institutionnel contre les addictions pour régler le problème d’alcool-
dépendance important. Ce traitement devrait être imposé et, dans tous les
cas, se prolonger au-delà du traitement institutionnel et se poursuivre de
manière imposée en ambulatoire. De plus, selon l’expert, il conviendrait
d’instaurer un traitement psychiatrique ambulatoire parallèlement au
traitement alcoologique, qui permettrait à l’intéressé de soigner son
trouble de la personnalité et d’instaurer une médication anxiolytique
neuroleptique durable, afin qu’il puisse mieux se contrôler. Ainsi, l’expert
n’a pas exclu un traitement institutionnel, celui-ci étant au contraire
préconisé et nécessaire pour soigner les addictions à l’alcool. Par ailleurs,
même si l’expert a conseillé un traitement ambulatoire pour le contrôle
des impulsions, il a également relevé que la difficulté de ce contrôle
restait identique à celle de l’expertise de 2005 et que X.________ n’avait
pas progressé sur ce plan malgré le traitement psychiatrique en cours.
L’expert a en outre affirmé que la consommation alcoolique
dipsomaniaque de l’appelant faisait partie de son trouble de la
personnalité et que les risques de récidive et de passage à l’acte étaient
majorés par cette consommation. Ainsi, il apparait que ce n’est pas la
consommation d’alcool qui est à l’origine des actes délictueux commis par
l’intéressé, mais plutôt son trouble de la personnalité dyssociale. Le suivi
ambulatoire, préconisé pour soigner ce trouble, n’a jusqu’à ce jour pas eu
les effets escomptés, l’intéressé n’ayant cessé de récidiver et ses troubles
ne s’étant depuis aucunement estompés, mais au contraire aggravés. Le
prononcé d’un traitement ambulatoire apparaît donc voué à l’échec et ne
serait dans tous les cas pas suffisant pour garantir la sécurité publique, ce
d’autant que les actes dont la récidive est redoutée peuvent s’avérer plus
graves que ceux que l’appelant a déjà commis. Au regard de ces
-
33 -
éléments, seul un traitement institutionnel paraît indiqué pour soigner le
grave trouble mental de l’intéressé.
Enfin, on doit relever qu’une mesure thérapeutique
institutionnelle en milieu fermé constitue une mesure adéquate, dès lors
que, selon toute vraisemblance, il entraînera dans les cinq ans de sa durée
normale une réduction nette du risque de récidive. En effet, d’une part,
l’intéressé a manifesté l’envie de limiter sa consommation d’alcool, a
reconnu s’être trompé dans son appréciation passée de contrôle de cette
consommation et a formulé un projet de traitement en milieu résidentiel
institutionnel. D’autre part, comme on l’a vu, X.________ s’est montré,
jusqu’à ce jour, imperméable à tout traitement ambulatoire, les mesures
prises antérieurement n’ayant eu à l’évidence aucun effet sur lui.
Au vu de ce qui précède, la mesure prononcée par les
premiers juges doit être confirmée.
8.L’appelant conteste le montant du tort moral alloué à
Y.________.
8.1En vertu de l'art. 47 CO (Code des obligations suisse du 30
mars 1911 ; RS 220), le juge peut, en tenant compte de circonstances
particulières, allouer à la victime de lésions corporelles une indemnité
équitable à titre de réparation morale. L'indemnité a pour but exclusif de
compenser le préjudice que représente une atteinte au bien-être moral. Le
principe d'une indemnisation du tort moral et l'ampleur de la réparation
dépendent d'une manière décisive de la gravité de l'atteinte et de la
possibilité d'adoucir de façon sensible, par le versement d'une somme
d'argent, la douleur physique ou morale (ATF 132 III 115 consid. 2.2.2 ;
ATF 123 III 306 consid. 9b). L'art. 47 CO prescrit au juge de tenir compte
de « circonstances particulières » pour allouer une somme pour tort moral.
Ces circonstances particulières doivent consister dans l'importance de
l'atteinte à la personnalité du lésé, l'art. 47 CO étant un cas d'application
de l'art. 49 CO. Les lésions corporelles, qui englobent tant les atteintes
physiques que psychiques, doivent donc en principe impliquer une
-
34 -
importante douleur physique ou morale ou avoir causé une atteinte
durable à la santé ; parmi les circonstances qui peuvent, selon les cas,
justifier l'application de l'art. 47 CO, figurent une longue période de
souffrance et d'incapacité de travail, de même que les préjudices
psychiques importants tel qu'un état post-traumatique conduisant à un
changement durable de la personnalité (TF 4A_489/2007 du 22 février
2008 consid. 8.2 et les références citées). Statuant selon les règles du
droit et de l'équité (art. 4 CC [Code civil suisse du 10 décembre 1907 ; RS
210]), le juge dispose d'un large pouvoir d'appréciation (ATF 132 II 117
consid. 2.2.3).
8.2Selon le rapport médical du 11 juillet 2012 du CHUV (P. 16 ;
dossier PE12.009038), Y.________ a souffert d'une plaie de la face
antérolatérale de la cuisse droite. La plaie a atteint le fascia musculaire du
muscle vaste externe. L'intéressée a dû subir une intervention
chirurgicale. Au regard des souffrances subies, le montant du tort moral
alloué par 3'000 fr. est adéquat et doit être confirmé.
9.En définitive, l’appel doit être rejeté et le jugement entrepris
intégralement confirmé.
Une indemnité de défenseur d’office de 3'213 fr., TVA et
débours inclus, correspondant à une activité de 14 heures et 15 minutes
d’avocat breveté (2’565 fr.), à trois vacations (360 fr.), aux débours (50
fr.), ainsi qu’à la TVA (238 fr.), sera allouée à Me Regina Andrade Ortuno,
défenseur d’office de X.________. Au vu de la nature de l’affaire et des
opérations nécessaires à la défense des intérêts de son client, il convient
de s’écarter de la liste d’opérations produite et du temps annoncé, qui est
excessif (19h30 ; P. 138). Ainsi, la Cour de céans considère qu’il y a lieu de
réduire de trois heures le temps passé par l’avocate en entretien avec son
client en détention, de même qu’une vacation (120 fr.), trois brefs
entretiens avec l’appelant paraissant largement suffisants dans le cas
d’espèce. En outre, vu la déclaration d’appel déposée le 13 avril 2016 et
compte tenu du fait que Me Regina Andrade Ortuno a traité le dossier de
l’appelant devant le tribunal de première instance, il y a également lieu de
-
35 -
retrancher deux heures s’agissant du temps consacré par l’avocate aux
recherches juridiques, à l’étude du dossier et à la rédaction de l’appel.
Enfin, la plaidoirie de l’avocate ayant été relativement brève lors de
l’audience d’appel, il y lieu de réduire d’une heure le temps consacré à la
préparation de l’audience.
Sur la base de la liste d’opérations produite, une indemnité
d’un montant de 2'403 fr., TVA et débours inclus, sera allouée au conseil
d’office d’Y..
Vu l’issue de la cause, les frais de la procédure d’appel,
constitués en l’espèce de l’émolument de jugement, par 3’260 fr. (art. 21
al. 1 TFIP [Tarif des frais de procédure et indemnités en matière pénale du
28 septembre 2010 ; RSV 312.03.1]), de l’indemnité allouée à son
défenseur d’office, par 3’213 fr., ainsi que de l’indemnité allouée au
conseil d’office d’Y., par 2’403 fr., doivent être intégralement mis à
la charge de X..
Ce dernier ne sera cependant tenu de rembourser à l’Etat les
montants de l’indemnité en faveur de son défenseur d’office et de celle du
conseil d’office d’Y. que lorsque sa situation financière le
permettra.
Par ces motifs,
la Cour d’appel pénale,
appliquant les articles 19, 40, 47, 49 al. 1, 51, 59 al. 3, 69, 106, 123 ch. 1
et 2
al. 2 et 5, 144 al. 1, 177, 180 al. 1, 221 al. 1, 285 ch. 1 CP ; 33 al. 1 let. a
LArm ; 19a ch. 1 LStup et 398 ss CPP,
prononce :
I. L’appel est rejeté.
-
36 -
II. Le jugement rendu le 9 mars 2016 par le Tribunal correctionnel
de l’arrondissement l’Est vaudois, rectifié le 21 mars 2016, est
confirmé selon le dispositif suivant :
"I.constate que X.________ s’est rendu coupable de lésions
corporelles simples qualifiées, dommages à la propriété,
injure, menaces, incendie intentionnel, violence ou menace
contre les autorités et les fonctionnaires, infraction à la loi
fédérale sur les armes et contravention à la loi fédérale sur les
stupéfiants ;
II.condamne X.________ à une peine privative de liberté de
24 (vingt-quatre) mois, sous déduction de 308 (trois cent huit)
jours de détention provisoire, à une peine pécuniaire de 40
(quarante) jours-amende, à 10 fr. (dix francs) le jour-
amende, et à une amende de 300 fr. (trois cents francs) et dit
que la peine privative de liberté de substitution est de 3 (trois)
jours ;
III.maintient X.________ en détention pour des motifs de
sûreté ;
IV.constate que X.________ a été détenu durant 11 (onze)
jours dans des conditions de détention illicites et ordonne que
6 (six) jours soient déduits de la peine fixée au chiffre II.- à
titre de réparation du tort moral ;
V.ordonne un traitement institutionnel en milieu fermé au
sens de l’art. 59 al. 3 CP en faveur de X.________ ;
VI.prend acte de l’engagement pris par X.________ en faveur
de Q.________ de ne pas s’approcher à moins de 200 m de son
domicile, ainsi que de la reconnaissance du montant de 400 fr.
(quatre cents francs), pour valoir jugement définitif et
exécutoire ;
VII.donne acte de leurs réserves civiles à l’encontre de
X.________ à A., M. et W.________ ;
VIII. dit que X.________ est le débiteur d’Y.________ des
montants suivants :
-
37 -
-
3'000 fr. avec intérêts à 5% l’an dès jugement définitif et
exécutoire à titre de tort moral,
-
92 fr. valeur échue à titre de dommages et intérêts ;
IX.donne acte de ses réserves civiles à Y.________ à
l’encontre de X.________ pour le surplus ;
X.ordonne la confiscation et la destruction des objets et
stupéfiants séquestrés sous fiches n° 7078, 7150 et 7162 ;
XI.ordonne la confiscation et le maintien au dossier à titre
de pièces à conviction des objets séquestrés sous fiche n°
7157 ;
XII.met les frais de la cause, arrêtés à 59’141 fr. 10, à la
charge de X., dont l’indemnité due à son défenseur
d’office Me Regina Andrade Ortuno fixée à 22'062 fr. 90, TVA
et débours compris, dont 7'286 fr. 20 ont d’ores et déjà été
versés, et l’indemnité due au conseil d’office d’Y., Me
Patrick Sutter, arrêtée à 10'186 fr. 55, TVA et débours
compris ;
XIII. dit que le remboursement à l’Etat des indemnités des
défenseur et conseil d’office ne sera exigé que si la situation
financière du condamné le permet."
III. La détention subie depuis le jugement de première instance
est déduite.
IV. Le maintien en détention de X.________ à titre de sûreté est
ordonné.
V. Une indemnité de défenseur d'office pour la procédure d'appel
d'un montant de 3’213 fr., TVA et débours inclus, est allouée à
Me Regina Andrade Ortuno.
VI. Une indemnité de conseil d'office pour la procédure d'appel
d'un montant de 2’403 fr., TVA et débours inclus, est allouée à
Me Patrick Sutter.
-
38 -
VII.Les frais d'appel, par 8’876 fr., comprenant l'indemnité
allouée à son défenseur d’office et au conseil d’office
d’Y., sont mis à la charge de X..
VIII.X.________ ne sera tenu de rembourser à l’Etat le
montant des indemnités allouées en faveur du défenseur et du
conseil d’office prévues aux chiffres V et VI ci-dessus que
lorsque sa situation financière le permettra.
La présidente :Le greffier :
Du 1
er
septembre 2016
Le dispositif du jugement qui précède est communiqué à
l’appelant et aux autres intéressés.
Le greffier :
Du
Le jugement qui précède, dont la rédaction a été approuvée à
huis clos, est notifié, par l'envoi d'une copie complète, à :
-Me Regina Andrade Ortuno, avocate (pour X.),
-Me Patrick Sutter, avocat (pour Y.),
-M. W.________,
-Ministère public central,
et communiqué à :
-Mme la Présidente du Tribunal correctionnel de l'arrondissement de
l’Est vaudois,
-Mme la Procureure de l'arrondissement de l’Est vaudois,
-
39 -
-Office d'exécution des peines,
-Prison du Bois Mermet,
-Mme Q.,
-M. M.,
-M. A.________,
par l'envoi de photocopies.
Le présent jugement peut faire l'objet d'un recours en matière
pénale devant le Tribunal fédéral au sens des art. 78 ss LTF (Loi sur le
Tribunal fédéral du 17 juin 2005 ; RS 173.110). Ce recours doit être
déposé devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la
notification de l'expédition complète (art. 100 al. 1
LTF).
En vertu de l’art. 135 al. 3 let. b CPP, le présent jugement
peut, en tant qu'il concerne l’indemnité d’office, faire l’objet d’un recours
au sens des art. 393 ss CPP devant le Tribunal pénal fédéral (art. 37 al. 1
et 39 al. 1 LOAP [Loi fédérale sur l’organisation des autorités fédérales du
19 mars 2010 ; RS 173.71]. Ce recours doit être déposé devant le Tribunal
pénal fédéral dans un délai de dix jours dès la notification de l’arrêt
attaqué (art. 396 al. 1 CPP).
Le greffier :