Revocation of suspended sentence upheld; appeal dismissed

CCP.1996.6406Altro tribunale10 mar 1997Dismissed

Estratto da Omnilex

Sintesi Omnilex

The cantonal cassation court rejected R.'s appeal against the revocation of a 60-day suspended prison sentence. It held that the new hunting offenses committed during the probation period were objectively serious and did not fall within a case of slight gravity justifying an exception to revocation. The court reiterated that the three-month benchmark is not absolute, but deviations require special objective and subjective circumstances expressly stated. The court also confirmed that the defendant's personal treatment efforts did not prevent revocation. The appeal was dismissed and CHF 550 in court costs were imposed on the appellant.

Massima Omnilex

Art. 41 ch. 3 CP/1937; revocation of a suspended sentence in a case of slight gravity: the three-month threshold developed by the jurisprudence is not absolute, but any departure requires important objective and subjective particularities and must be expressly stated in the judgment. In assessing revocation and the grant of suspension, the court must use analogous prognostic criteria regarding the offender’s prospects of amendment. The fact that the earlier sentence will be executed may be taken into account when assessing the new sentence, and conversely the execution of the prior sentence may justify a favorable prognosis for the new one. Multiple and objectively serious offenses committed during the probation period generally exclude a case of slight gravity, absent exceptional circumstances.

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Jurisprudence du Tribunal Cantonal Contact

N° dossier: CCP.1996.6406

Autorité:

Date décision: 10.03.1997

Publié le: 14.04.2008

Revue juridique:

Titre: Octroi ou révocation du sursis - notion du cas de peu de gravité.

Résumé:

**La limite de trois mois fixée par la jurisprudence pour la détermination du cas de "peu de gravité" n'est pas absolue. Il est possible de s'en écarter mais le principe de l'égalité impose que seules d'importantes particularités objectives et subjectives justifient l'exception et qu'elles soient expressement mentionnées dans le jugement.

Les décisions relatives à l'octroi du sursis et à sa révocation doivent s'inspirer des mêmes considérations quant aux possibilités d'amendement du condamné. Le juge pénal peut tenir compte de ce que la condamnation précédente sera exécutée en faisant un pronostic basé sur l'article 41 ch.1 CP.

Révocation du précédent sursis confirmée compte tenu de la gravité objective des infractions ne justifiant pas une exception à la limite de trois mois pour les cas de peu de gravité. En revanche, l'exécution de la peine précédente doublée des mesures personnelles prises par le recourant permettaient de faire un pronostic favorable quant à l'octroi du sursis pour la nouvelle peine, d'où cassation.**

Articles de loi:

Art. 41 ch. 1 CP/1937 Art. 41 ch. 3 CP/1937

A. Entre juillet 1993 et fin septembre 1994, R. a braconné deux

chamois, un chevreuil et a fait usage d'armes prohibées pour la chasse. Il

a également détenu sans droit la dépouille d'une grive et mis en vente de

la viande de gibier obtenue par acte délictueux. Enfin, il a utilisé son

véhicule pour aller chasser et l'a parqué à plus de 200 mètres d'une

habitation.

Par jugement du 26 juin 1996, le Tribunal de police du district

du Val-de-Ruz a condamné R. à 4 mois d'emprisonnement dont à déduire 2

jours de détention préventive avec sursis pendant 4 ans, à 6'000 francs

d'amende et à 5'147.65 francs de frais. Le juge de première instance a en

outre révoqué le sursis à une peine de 60 jours d'emprisonnement, accordé

à R. par le Tribunal de police du district de Boudry le 12 février 1993;

il a ordonné la confiscation et la destruction des pistolets, silencieux

et munitions séquestrés à l'exclusion des fusils

séquestrés et retiré à R. l'autorisation de chasser pour 4 ans. Dans son

jugement, le tribunal de police, qui n'a retenu que les faits admis par le

prévenu lors d'une audience d'instruction, a atténué la peine au sens de

l'article 11 CPS et retenu le concours d'infractions. Le sursis

assortissant la peine d'emprisonnement prononcée le 12 février 1993 a été

révoqué au vu des actes nombreux et graves commis ultérieurement et ne

tombant manifestement pas selon le juge de première instance sous le coup

de l'article 41 ch.3 al.2 CPS. Compte tenu de la révocation dudit sursis

et du traitement entrepris par R. , le premier juge a estimé pouvoir faire

un pronostic favorable quant à une suspension de l'exécution de la

nouvelle peine.

B. R. se pourvoit en cassation contre ce jugement et déclare s'en

prendre exclusivement au point du dispositif par lequel le tribunal de

police a révoqué le sursis accordé le 12 février 1993. Il conclut

principalement à la non révocation de ce dernier, subsidiairement au

renvoi de la cause sous suite de frais. Il soutient en substance que d'un

point de vue objectif il ne s'est pas rendu coupable de multiples actes de

braconnage puisqu'il n'a abattu que trois bêtes. Le recourant expose en

bref que d'un point de vue subjectif, l'expertise psychiatrique qui a

conduit à l'atténuation de la peine aurait aussi dû être prise en

considération lors de l'examen sur la révocation du sursis antérieurement

accordé. De plus, il considère que le premier juge était autorisé à ne pas

révoquer ce sursis, non seulement au vu du contexte psychiatrique à

l'origine de la récidive et du traitement entrepris pour prévenir cette

dernière, mais encore, au regard d'un avis d'expert, qui précise que

"l'exécution d'une peine privative de liberté ne changera rien à l'impul-

sivité de l'expertisé et pourrait entraîner une recrue d'essence (sic) de

ses angoisses et partant de sa symptomatologie délictueuse" (recours,

p.7). Enfin, R. estime que le jugement entrepris fait une application

erronée et arbitraire de l'article 41 ch.3 al.2 CPS.

C. Le président du Tribunal de police du Val-de-Ruz ne formule pas

d'observations, tandis que le ministère public conclut au rejet du recours

sans formuler d'observations.

C O N S I D E R A N T

e n d r o i t

1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le

pourvoi est recevable.

2. Selon l'article 41 ch.3 CP, si, pendant le délai d'épreuve, le

condamné commet un crime ou un délit, le juge ordonnera l'exécution de la

peine (al.1). Dans les cas de peu de gravité, il pourra renoncer à cette

exécution si des motifs permettent d'envisager l'amendement du condamné

et, tenant compte des circonstances, prononcer un avertissement, ordonner

d'autres mesures ou prolonger le délai d'épreuve jusqu'à concurrence de la

moitié de la durée fixée dans le jugement (al.2).

La notion du "cas de peu de gravité" est une notion imprécise

relevant dans une large mesure du pouvoir d'appréciation du juge (ATF 117

IV 100, 102 IV 231, RJN 1988 p.58). Savoir si l'on est en présence d'un

tel cas dépend de l'ensemble des circonstances objectives et subjectives

de la nouvelle infraction. La nature et la durée de la peine sont certes

des éléments d'appréciation importants mais d'autres circonstances peuvent

entrer en ligne de compte (ATF 101 IV 11, RJN 1988, p.58).

Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, un cas sanctionné

par une peine privative de liberté de moins de trois mois peut en général

être qualifié de peu de gravité (ATF 117 IV 101, JT 1993 IV 131). Le

Tribunal fédéral estime cependant que, si la durée de la peine infligée

joue un rôle primordial pour la détermination du cas de "peu de gravité",

au sens de l'article 41 ch.3 al.2 CP, l'obligation de tenir compte de

toutes les circonstances de l'infraction impose néanmoins que la limite de

trois mois ne soit pas absolue. Elle importe tout de même, d'autant plus

que le législateur réserve un sort particulier aux peines privatives de

liberté jusqu'à trois mois et qu'en vertu de l'article 41 ch.1 al.2 CP, il

permet l'octroi du sursis au condamné qui n'a pas subi plus de 3 mois de

réclusion ou d'emprisonnement dans les cinq ans qui ont précédé la

commission de l'infraction. La limite de trois mois n'étant pas absolue,

il est possible de s'en écarter mais le principe de l'égalité impose que

seules d'importantes particularités objectives et subjectives justifient

l'exception et qu'elles soient expressément mentionnées dans le jugement.

C'est ainsi qu'en cas de condamnation à une peine privative de liberté

dépassant trois mois, on peut admettre que le cas est de peu de gravité

lorsque l'exécution de la peine suspendue serait d'une dureté excessive,

lorsqu'un jeune adulte délinquant a fait jusqu'au moment où son sursis

devrait être révoqué un effort sérieux d'insertion sociale, lorsqu'un long

temps s'est écoulé entre la première condamnation voire la fin du délai

d'épreuve et la décision relative à la révocation, lorsque la récidive n'a

lieu que près de la fin du délai d'épreuve pour autant que les

perspectives d'amendement paraissent favorables, lorsque depuis la

nouvelle infraction, un temps long s'est écoulé et que l'auteur s'est bien

comporté dans l'intervalle, ou encore lorsque la peine frappe aussi des

comportements qui n'ont pas eu lieu durant le délai d'épreuve et ne doi-

vent donc pas être pris en considération pour la révocation.

Enfin, selon la jurisprudence, les décisions relatives à

l'octroi du sursis (art.41 ch.1 CP) et à sa révocation (art.41 ch.3 CP)

doivent s'inspirer des mêmes considérations quant aux possibilités d'amen-

dement du condamné (ATF 99 IV 68, 98 IV 76). C'est dire que, si le juge

pénal peut tenir compte du fait que la nouvelle peine sera subie selon

l'article 41 ch.3 CP, il peut inversement, en faisant un pronostic basé

sur l'article 41 ch.1 CP, tenir compte de ce que la condamnation précé-

dante sera exécutée (ATF 100 IV 196; RJN 1991, p.65).

3. En l'espèce, R. a été condamné à quatre mois d'emprisonnement

avec sursis pendant quatre ans et à 6'000 francs d'amende, frais judi-

ciaires en sus. Il va de soi que les infractions qui ont conduit à cette

sanction ont été commises pendant le délai d'épreuve et que les conditions

de la révocation du sursis antérieur sont remplies. Cette condamnation,

étant supérieure à trois mois, on ne se trouve en principe pas dans un cas

de peu de gravité. Il faut toutefois se demander en regard de la

jurisprudence précitée si les circonstances objectives et subjectives des

nouvelles infractions ne justifient pas une dérogation à la règle permet-

tant de considérer les récidives du recourant sous l'angle du cas de peu

de gravité.

En l'occurrence, d'un point de vue objectif, les infractions

reprochées à R. sont graves. Elles le sont d'autant plus qu'elles ont été

commises en concours, qu'elles sont multiples et dans le même registre.

Sur ce point, contrairement à ce que soutient le recourant, il suffit que

l'on soit en présence de deux infractions pour que l'on puisse parler de

multiples infractions. En effet, selon le dictionnaire Robert, les

antonymes de l'adjectif "multiple" sont les mots "simple", "un", "unique".

De plus, l'exécution de la peine suspendue de 60 jours n'est pas

d'une dureté excessive en ce sens que R. , qui exerce une profession libé-

rale, ne perdra pas son emploi. Le recourant ne se trouve pas au surplus

dans une des situations d'exception prévues par la jurisprudence précitée

(ATF 117 IV 101; JT 1993 IV 131). S'agissant de l'octroi du sursis et de

la révocation du sursis antérieur, le Tribunal de police du district de

Boudry a tenu compte dans son jugement du 26 juin 1996 de la gravité

objective des faits mais également des circonstances personnelles en

particulier de l'effort fait par le prévenu en entreprenant un traitement

psychanalytique dont l'efficacité a été établie. Ainsi, le premier juge a

estimé que l'exécution de la peine précédente doublée des mesures prises

par le recourant permettaient de faire un pronostic favorable quant à une

suspension de la nouvelle peine.

En l'occurrence, le premier juge, afin d'éviter autant que pos-

sible d'infliger une peine susceptible de compromettre le processus

d'amendement de R. (ATF 119 IV 25, JT 1995 IV 102) a préféré révoquer

l'ancienne peine (60 jours) et assortir du sursis la nouvelle sanction (4

mois). La solution choisie par le premier juge permet à R. d'exécuter la

peine en semi-détention. Ainsi, la réinsertion du condamné ne sera pas

compromise.

Par ailleurs, il faut souligner que le recourant a été condamné

pour avoir notamment abattu un chamois en juillet 1993, soit quelques mois

à peine après sa précédente condamnation, le 12 février 1993.

Enfin, subjectivement, le recourant, bien qu'il souffre de

troubles du contrôle des impulsions, est à même, au moins partiellement,

de contrôler son besoin compulsif de chasse (D I/157). Le fait qu'il a

récidivé après sa dernière condamnation de 1993 constitue dès lors un

élément supplémentaire en faveur de la révocation du sursis.

Il n'apparaît ainsi pas que le recourant puisse se prévaloir de

circonstances qui justifieraient une exception au principe selon lequel la

condamnation à une peine privative de liberté supérieure à trois mois

entraîne la révocation d'un sursis antérieur.

En conséquence, en prononçant la révocation dont il est ques-

tion, le Tribunal de police du district du Val-de-Ruz, qui a fait l'usage

de son pouvoir d'appréciation, a correctement appliqué l'article 41 ch.3

al.2 CP et n'est ainsi pas tombé dans l'arbitraire.

4. Le pourvoi se révélant mal fondé, il doit être rejeté. Les frais

de la procédure sont mis à la charge du recourant.

Par ces motifs,

LA COUR DE CASSATION PENALE

1. Rejette le recours.

2. Met à la charge du recourant un émolument de justice de 550 francs.

Neuchâtel, le 10 mars 1997

AU NOM DE LA COUR DE CASSATION PENALE

Le greffier L'un des conseillers

Parole chiave

suspended sentencerevocationprobationslight gravityprognosisrecidivismhunting offensescourt costs

Estratto da Omnilex

Questione giuridica chiave

Whether the cassation appeal was admissible under the applicable procedural rules.

Decisione estratta

The appeal was filed in due form and within time, so it was admissible.

Motivazione estratta

The court found the filing met the legal form and time requirements.

Questione giuridica chiave

Whether the prior suspended sentence had to be revoked under Art. 41 ch. 3 CP/1937.

Decisione estratta

Yes. The new offenses were objectively serious and did not justify treating the case as one of slight gravity; no exceptional circumstances warranted departing from the general rule of revocation.

Motivazione estratta

The court held that the three-month threshold is not absolute, but departures require important objective and subjective particularities expressly stated in the judgment. Here the offenses were multiple and grave, the defendant had reoffended shortly after the earlier conviction, and his personal circumstances did not outweigh the revocation basis.

Questione giuridica chiave

Whether the appeal should be dismissed and costs charged to the appellant.

Decisione estratta

Yes. The appeal failed and the appellant had to bear the court fee.

Motivazione estratta

Because the challenge to the revocation was unfounded, the cassation court rejected the appeal and imposed costs on the recourant.

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