Spousal maintenance may be owed by wife to husband

CCC.1996.7205Altro tribunale23 gen 1997Dismissed

Estratto da Omnilex

Sintesi Omnilex

In divorce-related interim measures, the husband sought maintenance from his wife. The lower court found, on the basis of updated accounting records, that the husband’s actual income was lower than previously assumed and that the wife earned substantially more. The Civil Cassation Court held that this reassessment was not arbitrary and that, under the post-1988 equality-based marriage regime, a wife may owe maintenance to her husband. The appeal was dismissed, the CHF 280 monthly pension was upheld, and costs were imposed on the appellant.

Massima Omnilex

Art. 145 and 176 CC; interim spousal maintenance in divorce proceedings may, in exceptional cases, be owed by the wife to the husband. The court enjoys broad discretion when fixing or modifying maintenance and intervenes only if the solution is manifestly unsuitable or arbitrary (consid. 2). It is not arbitrary to depart from an earlier income fiction and rely on newly available accounting evidence establishing the self-employed spouse’s actual income. Under the egalitarian matrimonial regime introduced on 1 January 1988, both spouses may be required to contribute to family maintenance according to their means, so that a wife with significantly higher income may be ordered to pay a modest pension to her husband (consid. 3).

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Jurisprudence du Tribunal Cantonal Contact

N° dossier: CCC.1996.7205

Autorité:

Date décision: 23.01.1997

Publié le: 14.04.2008

Revue juridique:

Titre: Mesures protectrices/provisoires. Pension d'entretien en faveur du mari.

Résumé:

Depuis le 1er janvier 1988, les époux sont invités à coopérer entre eux dans une relation de partenaires. Il peut s'en suivre - bien que ce sera rare en pratique - qu'une épouse doive verser une pension d'entretien à son mari en mesures provisoires, p.ex. lorsque, comme en l'occurrence, elle gagne 6'000 francs/mois et son mari 3'000 francs/mois.

Articles de loi:

Art. 145 CC Art. 176 CC

A. Les époux L. se sont mariés le 8 juillet 1988 et sont en

instance de divorce depuis le 21 mars 1994. Ils n'ont pas d'enfant.

Par ordonnance de mesures provisoires du 28 décembre 1994,

confirmée par arrêt de la Cour de cassation civile du 24 mars 1995, le

juge instructeur a rejeté la requête du mari qui concluait à la condamna-

tion de l'épouse à contribuer à son entretien par le versement d'un

montant mensuel de 2'000 francs.

Le 29 juin 1995, le mari a saisi le juge d'une nouvelle requête

portant pour conclusions :

"1. Modifier l'ordonnance de mesures provisoires rendue le 28

décembre 1994 par le Président du Tribunal civil du district

de Neuchâtel.

Par voie de conséquence

2. Condamner l'intimée à payer au requérant, d'avance et par

mois, une contribution d'entretien de Fr. 1'000.- ou ce que

justice connaîtra.

3. Dire que la pension fixée au chiffre précédent sera indexée

à l'indice Suisse des prix à la consommation (IPC), la

première fois le 1er janvier 1996, en fonction de l'in-

cice (sic) du mois de novembre de l'année précédente,

l'indice de base étant celui du mois où l'ordonnance entre

en force.

4. Ordonner à l'intimée de fournir dans les trente jours :

a) Ses fiches de salaire de décembre 1994 et janvier à juin

1995.

b) Les relevés de ses comptes bancaires.

c) Les attestations de ses charges de loyer, d'impôts, de

caisse maladie.

5. Sous suite de frais et dépens."

L'épouse a conclu au rejet de la requête, à l'exception de la

conclusion 4, sous suite de frais et dépens.

B. Par l'ordonnance attaquée, le juge a partiellement fait droit à

la requête et condamné l'épouse à verser à son mari une pension mensuelle

de 280 francs dès le 1er janvier 1996, rejetant la requête pour le sur-

plus. En substance, le premier juge a considéré qu'à la différence de la

première procédure de mesures provisoires, les comptes présentés par le

mari, serrurier indépendant, étaient cette fois-ci crédibles et permet-

taient de déterminer un revenu professionnel global de 2'770 francs par

mois, sensiblement inférieur aux 3'332 francs retenus la première fois,

auxquels il fallait encore ajouter le revenu de sa fortune, omis dans les

premiers calculs, d'où un revenu total déterminant de 3'070 francs. Le

salaire de l'épouse ne s'était pas modifié mais, tout comme pour le mari,

le revenu de sa fortune devait être pris en compte également, d'où un

total mensuel de 6'050 francs. Après déduction des charges des parties et

de la part de leurs revenus théoriquement consacrée à l'épargne, le solde

disponible à partager entre elles s'élevait à 2'340 francs. Le mari ayant

droit à la moitié de ce montant et bénéficiant déjà d'un disponible de 890

francs devait ainsi recevoir une pension de 280 francs.

C. L'épouse recourt contre cette ordonnance, pour fausse appli-

cation du droit matériel, arbitraire dans la constatation des faits ou

abus du pouvoir d'appréciation. Elle conclut à sa cassation, avec ou sans

renvoi. Pour l'essentiel, elle fait valoir qu'il était arbitraire de

retenir pour le mari des revenus inférieurs à ceux pris en considération

dans la première ordonnance, ceux-ci étant de surcroît inférieurs à ceux

qu'il pourrait réaliser en tant que salarié, à preuve le salaire qu'il

versait à l'un de ses ouvriers.

D. Le président du tribunal renonce à formuler des observations,

alors que l'intimé conclut au rejet du recours qu'il qualifie de témé-

raire.

C O N S I D E R A N T

1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est

recevable.

2. Lorsqu'il fixe ou modifie la contribution d'entretien qu'un

époux doit à son conjoint en vertu de mesures protectrices de l'union

conjugale (art.176 CC) ou de mesures provisoires (art.145 CC), le juge

dispose d'un large pouvoir d'appréciation qui n'est limité que par

l'interdiction de l'arbitraire. La Cour de cassation civile n'intervient

que si la réglementation adoptée apparaît manifestement inadaptée aux

circonstances. En l'espèce, même s'il ne s'agissait pas à proprement

parler de modifier des mesures provisoires prises antérieurement - la

première requête du mari avait été rejetée - il était justifié d'examiner

si des faits nouveaux et suffisamment importants pour autoriser une

réponse différente à la demande du mari s'étaient produits dans l'inter-

valle (RJN 1995, p.39).

En l'occurrence, la première procédure de mesures provisoires,

s'agissant des revenus du mari, est basée sur une fiction, savoir que, à

défaut de la production d'une comptabilité convaincante, son activité de

serrurier indépendant doit lui rapporter des revenus sensiblement équi-

valents au salaire, d'un peu plus de 3'200 francs, qu'il réalisait avant

de se mettre à son compte (D.23, p.6). Il n'est certainement pas arbi-

traire de se détacher d'une telle fiction pour se baser sur des éléments

comptables réels si ceux-ci deviennent disponibles, ce qu'a estimé pouvoir

faire le premier juge en présence des nouveaux comptes présentés par le

mari. La recourante qualifie d'arbitraire la détermination du revenu

effectif du mari sur cette nouvelle base, mais n'en fait pas la

démonstration. Si l'on se rappelle que, durant la vie commune et à partir

de revenus qui n'étaient pas très élevés, les parties parvenaient à

épargner près de 4'000 francs par mois (D.26, p.5), on en conclut que le

mari est sans aucun doute économe, de sorte que des prélèvements privés de

27'400 francs en chiffres ronds pour une année dans la trésorerie de

l'entreprise sont plausibles, auxquels s'ajoute la part privée des frais

de représentation, de déplacement et de chauffage. Il est vrai que le

bilan au 30 juin 1995 fait apparaître un capital de 60'517.30 francs, en

augmentation de 8'909.60 francs sur celui de l'année précédente (D.43). On

constate toutefois, à la lecture du compte de pertes et profits, que ce

résultat n'est possible qu'en raison d'une mise de fonds de 15'000 francs,

d'origine inconnue, survenue durant l'exercice. Sans elle, le capital

investi aurait baissé. Contrairement à ce que soutient la recourante, il

n'y a donc pas lieu d'ajouter 9'000 francs aux prélèvements privés. Une

nette augmentation du chiffre d'affaires, si elle s'accompagne d'un

important accroissement des charges, n'est pas non plus la preuve d'un

bénéfice net supérieur. Pour le reste, la recourante n'adresse aucune

critique aux chiffres et calculs contenus dans l'ordonnance attaquée, sauf

à prétendre qu'il serait invraisemblable que l'intimé, indépendant, gagne

moins qu'un salarié exerçant la même activité. Une telle situation

n'aurait pourtant rien d'extraordinaire, le statut d'indépendant,

spécialement durant les premières années d'une installation, exigeant

souvent des sacrifices financiers. En période d'important chômage, on ne

saurait reprocher à l'intimé ni considérer comme la preuve de sa mauvaise

volonté son intention de persévérer dans la voie choisie, la solution

inverse l'empêchant au contraire, s'il ne devait pas trouver immédiatement

un emploi correctement rémunéré, de toucher des indemnités de chômage, en

raison de son statut d'ancien indépendant, et le laissant ainsi sans

ressources.

3. En adoptant de nouvelles dispositions sur les effets généraux du

mariage, le législateur a voulu mettre fin à un régime qui consacrait

légalement un statut de subordination de la femme au mari. Ainsi, depuis

le 1er janvier 1988, les époux sont invités à coopérer entre eux dans une

relation de partenaires. Si, de ce fait, la femme a gagné différents

droits et une plus grande autonomie, elle a aussi vu augmenter sa respon-

sabilité et ses devoirs à l'égard de son mari. Le revenu de son travail

n'est ainsi plus laissé à sa libre et seule disposition, mais peut être

lui aussi mis à contribution pour l'entretien de la famille (art.163 CC;

Stettler, Droit civil III 1992, no 98). Cela se traduit par le fait que

durant une instance de divorce, le juge des mesures provisoires peut être

appelé à régler le problème de l'entretien non seulement des enfants et de

la femme, mais également du mari (art.145 al.2 CC). Dans un système

égalitaire de ce type, il n'y a dès lors rien de choquant à voir une

épouse qui a plus de 6'000 francs de revenus mensuels devoir verser une

pension mensuelle de moins de 300 francs à son mari qui gagne la moitié

moins. Si la situation peut paraître extraordinaire, ce n'est que dans la

mesure où, dans la règle, les revenus du mari sont égaux ou supérieurs à

ceux de la femme, l'inverse étant beaucoup plus rare.

4. Sans qu'il puisse être qualifié de téméraire, le recours se

révèle mal fondé, ce qui entraîne son rejet et la condamnation de la

recourante aux frais et dépens de la procédure.

Par ces motifs,

LA COUR DE CASSATION CIVILE

1. Rejette le recours.

2. Condamne la recourante à payer 550 francs de frais, qu'elle a avancés,

et à verser 400 francs de dépens à l'intimé.

Neuchâtel, le 23 janvier 1997

AU NOM DE LA COUR DE CASSATION CIVILE

Le greffier L'un des juges

Parole chiave

spousal maintenanceinterim measuresarbitrarinessself-employment incomeequality between spousescosts

Estratto da Omnilex

Questione giuridica chiave

Whether the wife had to pay interim spousal maintenance to the husband.

Decisione estratta

Yes. The court upheld the finding that, in the circumstances, the wife had a duty to contribute to the husband's maintenance.

Motivazione estratta

Under Arts. 145 and 176 CC, the judge has broad discretion limited only by arbitrariness. The lower court could rely on new, credible accounting data showing the husband's actual income and on the parties' relative incomes; in an egalitarian marriage system, it is not shocking for a wife earning more than CHF 6,000 per month to contribute to a husband earning about half as much.

Questione giuridica chiave

Whether the lower court arbitrarily assessed the husband's income and financial capacity.

Decisione estratta

No. The reassessment based on newly available accounts was not arbitrary, and the appellant failed to demonstrate manifest error.

Motivazione estratta

It was legitimate to depart from the earlier income fiction once real accounting records became available. The appellant did not specifically refute the figures used by the lower court, and the husband's self-employed status and lower income were plausible.

Questione giuridica chiave

Whether the appeal should lead to reversal or remand.

Decisione estratta

No. The appeal was unfounded and therefore rejected, with costs against the appellant.

Motivazione estratta

Because no arbitrariness or misuse of discretion was shown, there was no basis to disturb the interim maintenance order.

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