Public prosecutor lacks standing to appeal short pretrial detention duration

502 2017 318Tribunale cantonale21 dic 2017Inadmissible

Estratto da Omnilex

Sintesi Omnilex

The prosecutor appealed a coercive measures court order that had granted pretrial detention for one month instead of the requested three months. The appellate court held that the prosecutor cannot appeal the length of pretrial detention merely because it is too short; the proper course is to seek prolongation later, unless the term is so brief that prolongation proceedings would be pointless. That exception did not apply. The appeal was therefore declared inadmissible, and the appellate costs were put on the State.

Massima Omnilex

Art. 222 CPP; standing of the public prosecutor to challenge the duration of pretrial detention: the prosecutor may not, by appeal to the cantonal appellate court, contest a detention period fixed by the coercive measures court as too short, since the ordinary avenue is to request prolongation of detention and, if necessary, appeal a refusal thereof. An exception is admitted only where the period ordered is so brief that recourse to prolongation proceedings would be devoid of purpose (consid. 2). Where that threshold is not met, the appeal is inadmissible; the question of costs follows the outcome of the inadmissibility decision.

Testo completo

502 2017 318

Arrêt du 21 décembre 2017 Chambre pénale

Composition

Président: Hubert Bugnon Juges: Jérôme Delabays, Sandra Wohlhauser Greffière: Sandra Ayan-Mantelli

Parties

Ministère public, ** recourant** contre A.________, ** prévenue **et ** intimée,**représentée par Me Anne Genin, avocate

Objet

Détention provisoire Recours du 20 décembre 2017 contre l'ordonnance du Tribunal des mesures de contrainte du 15 décembre 2017

considérant en fait

A. A.________ a été arrêtée le 13 décembre 2017 avec son ami B.________. Elle est soupçonnée d’être impliquée avec celui-ci dans un trafic de crystal meth dans les cantons de Vaud, Neuchâtel et Berne.

Le 14 décembre 2017, le Ministère public a déposé auprès du Tribunal des mesures de contrainte (ci-après : Tmc) une demande de détention provisoire à l’encontre de la prévenue pour une durée de trois mois, invoquant un risque de collusion.

Le 15 décembre 2017, le Tmc a procédé à l’audition de A.________, à l'issue de laquelle il a partiellement admis la demande du Ministère public et a placé la prévenue en détention provisoire pour une durée d’un mois, c’est-à-dire jusqu’au 12 janvier 2018.

B. Par acte du 20 décembre 2017, le Ministère public a déposé un recours contre cette décision, concluant à ce que la détention provisoire soit ordonnée pour une durée de trois mois, c’est-à-dire jusqu’au 12 mars 2018.

Etant donné l’issue du recours, la prévenue et le Tmc n’ont pas été invités à se déterminer.

en droit

1. Selon l’art. 222 CPP, le détenu peut attaquer devant l'autorité de recours les décisions ordonnant une mise en détention provisoire ou une mise en détention pour des motifs de sûreté ou encore la prolongation ou le terme de cette détention. Nonobstant la formulation de cette disposition, qui ne prévoit apparemment pas le recours du Ministère public, le Tribunal fédéral a admis que celui-ci est habilité à recourir contre une décision du Tmc ordonnant la mise en liberté du prévenu ou mettant en place des mesures de substitution au sens de l'art. 237 CPP (ATF 137 IV87; 137 IV 22 ).

2. En l’espèce, le recours du Ministère public porte toutefois sur la durée de la détention provisoire.

Selon la jurisprudence, le Ministère public n’est pas habilité à contester par le biais d’un recours à la Chambre pénale la durée de la détention provisoire prononcée s’il l’estime trop courte, puisqu'il pourra requérir la prolongation de la détention et, cas échéant, recourir contre le refus de celle-ci (arrêt TF 1B_210/2013 du 14 juin 2013 ; également arrêt TC FR 502 2015 119 du 10 juin 2015 consid. 2). La Chambre de céans a certes admis une exception à cette règle lorsque la durée de la détention ordonnée par le Tmc est si courte qu’un renvoi à la procédure de prolongation n’aurait pas de sens (arrêt 502 2014 116 du 10 juin 2014, où la détention ordonnée était d’une durée inférieure à une semaine). Tel n’est toutefois pas le cas en l’espèce.

Il s’ensuit que le recours du 20 décembre 2017 doit être déclaré irrecevable, sans qu’il soit nécessaire d’inviter la prévenue et le Tmc à se déterminer, frais à la charge de l'Etat.

la Chambre arrête:

I. Le recours est irrecevable.

II. Les frais, fixés à CHF 350.- (émolument : CHF 300.- ; débours : CHF 50.-), sont mis à la charge de l'Etat.

III. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 21 décembre 2017/say

Le Président

La Greffière

Parole chiave

pretrial detentionadmissibilitystanding to appealprosecutorcollusion riskcosts

Estratto da Omnilex

Questione giuridica chiave

Whether the public prosecutor may appeal the duration of pretrial detention fixed by the coercive measures court as too short

Decisione estratta

No. The prosecutor is not entitled to challenge a pretrial detention period merely because it is considered too short; the proper route is to seek an extension later and, if refused, appeal that refusal.

Motivazione estratta

Under Art. 222 CCP, the prosecutor's appeal right does not extend to contesting the duration of detention. Case law recognizes an exception only where the detention period is so short that resorting to extension proceedings would be pointless; that was not the case here.

Questione giuridica chiave

Allocation of appellate costs

Decisione estratta

The costs of the appeal proceedings are charged to the State.

Motivazione estratta

Because the appeal was inadmissible, the court ordered the costs to be borne by the State.

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