Invalidity rate and evidentiary assessment in AI pension case

9C_134/2012Tribunale federale / III divisione di diritto pubblico12 lug 2012Dismissed

Estratto da Omnilex

Sintesi Omnilex

The Federal Tribunal dismissed the insured person's appeal against the cantonal judgment confirming denial of an AI pension. It held that the appellant failed to show error in using pre-accident work as the income without invalidity, in applying a 10% wage deduction, or in declining a psychiatric expert opinion. The complaint based on delay also failed, because a possible delay would not justify annulment and the decision was issued within a reasonable time. Court costs of CHF 500 were imposed on the appellant.

Massima Omnilex

Art. 4 LAI; Art. 95, 97 and 42 al. 2 LTF; assessment of invalidity degree and judicial review of wage deduction: the choice whether to apply a deduction to an earnings benchmark based on ESS statistics is a legal question, whereas the extent of the deduction in the individual case is a discretionary assessment reviewed only for abuse or excess of discretion. A party must substantiate factual challenges and, if alleging evidentiary gaps, show why the file is not sufficiently conclusive. A mere administrative delay does not justify annulment of the merits decision; it may only, where applicable, be noted as a violation of the principle of expedition (consid. 2-4).

Testo completo

9C_134/2012 {T 0/2}

Arrêt du 12 juillet 2012
IIe Cour de droit social

Composition
MM. les Juges U. Meyer, Président,
Borella et Kernen.
Greffier: M. Berthoud.

Participants à la procédure
K._________, représenté par Me Astyanax Peca, avocat,
recourant,

contre

Office AI du canton de Fribourg,
Mont-Carmel 5, 1762 Givisiez,
intimé.

Objet
Assurance-invalidité,

recours contre le jugement du Tribunal cantonal
de l'Etat de Fribourg, Chambre des assurances,
du 22 décembre 2011.

Faits:

A.
K._________ a été victime d'un accident sur un chantier, le 2 mars 2007, alors qu'il effectuait son premier jour de travail en qualité de manoeuvre. Cet événement a entraîné une fracture de la vertèbre L1 et de l'apophyse transverse gauche ainsi qu'une fracture des 9ème et 10ème côtes gauches. La Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA) a pris le cas en charge.

Le 4 mars 2008, K._________ s'est annoncé à l'assurance-invalidité. L'instruction de la demande, basée notamment sur le dossier de la CNA, a permis d'établir que l'assuré conservait une capacité de travail entière dans une activité adaptée à son état de santé somatique, à la condition que cette activité réponde aux conclusions du rapport de la Clinique X._________ du 1er février 2008 (cf. rapport d'examen final du docteur C.________, médecin d'arrondissement de la CNA, du 12 juin 2009, p. 3). En outre, aucune affection d'ordre psychique susceptible de réduire la capacité de travail n'a été diagnostiquée (rapport du docteur O.________, du SMR, du 3 septembre 2008, p. 3 et 4). Par décision du 11 août 2009, l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Fribourg a nié le droit de l'assuré à une rente d'invalidité après avoir fixé la perte de gain à 7 % (comparaison d'un revenu sans invalidité de 58'502 fr. avec un gain d'invalide de 54'129 fr., ce dernier ayant été établi selon l'Enquête suisse sur la structure des salaires 2006, table TA1, niveau 4).

B.
K._________ a déféré cette décision à la Cour des assurances sociales du Tribunal cantonal de l'Etat de Fribourg, en concluant préalablement à la mise en oeuvre d'une expertise, principalement à l'octroi d'une pleine rente d'invalidité, subsidiairement à une rente partielle.

Par jugement du 22 décembre 2011, la juridiction cantonale a rejeté le recours.

C.
K._________ interjette un recours en matière de droit public contre ce jugement dont il demande l'annulation, en concluant à titre principal au versement d'une pleine rente d'invalidité, subsidiairement d'une rente partielle, très subsidiairement au renvoi de la cause au tribunal cantonal.

L'office intimé et l'Office fédéral des assurances sociales n'ont pas été invités à se déterminer.

Considérant en droit:

1.
Le litige porte sur le taux d'invalidité du recourant.

La juridiction cantonale a exposé correctement les règles applicables à la solution du litige, si bien qu'il suffit de renvoyer au jugement attaqué.

2.
2.1 En premier lieu, le recourant fait grief au tribunal cantonal d'avoir établi son revenu sans invalidité de manière erronée. Dans la mesure où il ne dispose d'aucune formation professionnelle, il soutient que l'intimé n'était pas en droit de considérer qu'il exerçait l'activité de manoeuvre de chantier avant l'accident du 2 mars 2007 et que celle-ci lui procurait un revenu annuel de personne valide de 58'502 fr.

Ce grief, qui n'avait pas été soulevé en procédure cantonale, est dirigé à l'encontre d'un constat de fait. Dépourvu de toute substance, il se situe à la limite de la recevabilité (art. 42 al. 2 LTF). De toute manière, ce moyen n'est pas de nature à remettre en cause le revenu sans invalidité, dès lors qu'une formation professionnelle n'est pas requise pour travailler en qualité de manoeuvre de chantier. Le recourant n'indique du reste même pas le revenu sans invalidité qui devrait être pris en compte.

2.2 En ce qui concerne le revenu d'invalide, le recourant reproche à la juridiction cantonale de n'avoir appliqué qu'un facteur d'abattement de 10 % sur le revenu établi à partir des statistiques salariales (cf. ATF 124 V 321, 126 V 75), au lieu des 20 % qu'il avait revendiqués.

Ce grief est inopérant, car même si un abattement de 20 % avait été pris en compte (voire le taux maximum de 25 % admis par la jurisprudence), le degré d'invalidité n'atteindrait pas le seuil de 40 % ouvrant droit à la rente.

De surcroît, dans ce contexte, on rappellera que le point de savoir si un coefficient de réduction doit ou non être appliqué au revenu d'invalide, lorsque ce dernier a été établi sur la base de statistiques de l'Enquête suisse sur la structure des salaires, constitue une question de droit que le Tribunal fédéral peut revoir librement. L'étendue de l'abattement (justifié dans un cas concret), qui constitue une question typique relevant du pouvoir d'appréciation, échappe au pouvoir d'examen du Tribunal fédéral (art. 95 et 97 LTF). Demeure réservé le cas où le recourant fait grief à la juridiction de recours de première instance d'avoir exercé son pouvoir d'appréciation de manière abusive, donc contraire au droit, par un excès positif (Ermessensüberschreitung) ou négatif (Ermessensunterschreitung) de ce pouvoir (arrêt 9C_146/2010 du 30 août 2010 consid. 5; arrêt 9C_235/2008 du 12 février 2009 consid. 3.1, in SVR 2009 IV n° 43 p. 128). Dans le cas d'espèce, le recourant échoue à démontrer que les juges cantonaux auraient violé le droit fédéral (art. 95 LTF) ou commis un abus ou un excès (positif ou négatif) de leur pouvoir d'appréciation en confirmant l'abattement de 10 % dont l'intimé avait tenu compte; il oppose simplement sa propre appréciation, ce qui ne lui est d'aucun secours.

3.
Le recourant se plaint ensuite d'une violation du principe inquisitoire, au motif qu'une expertise psychiatrique n'a pas été mise en oeuvre, ce qui aurait faussé l'appréciation des preuves.

Ce grief n'est pas non plus de nature à remettre en cause le bien-fondé du jugement attaqué. En effet, les premiers juges ont dûment exposé les motifs qui les ont conduits à admettre que le volet psychiatrique du dossier était suffisamment instruit. A cet égard, ils ont rappelé que les facteurs psychosociaux et socioculturels (ATF 127 V 294 consid. 5a p. 299) mis en évidence ne constituaient pas des atteintes à la santé entraînant une incapacité de gain au sens de l'art. 4 LAI (consid. 4b du jugement attaqué).

4.
En dernier lieu, le recourant se prévaut d'une violation du principe de célérité, dans la mesure où l'intimé aurait tardé à statuer sur la demande de prestations dont il était saisi. Il en déduit que la décision querellée devrait être annulée pour ce motif.

A l'instar des précédents, ce grief est infondé. D'une part, à supposer qu'il soit avéré, un retard ne saurait justifier l'annulation de la décision, mais uniquement aboutir à la constatation de la violation du principe de célérité (arrêt H 134/02 du 30 janvier 2003 consid. 1.5). D'autre part, l'administration a rendu sa décision 17 mois après l'introduction de la demande, soit dans un délai raisonnable, au terme d'une instruction complète du cas.

5.
Le recourant, qui succombe, supportera les frais de la procédure (art. 66 al. 1 LTF).

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:

1.
Le recours est rejeté.

2.
Les frais judiciaires, arrêtés à 500 fr., sont mis à la charge du recourant.

3.
Le présent arrêt est communiqué aux parties, au Tribunal cantonal de l'Etat de Fribourg, Chambre des assurances, et à l'Office fédéral des assurances sociales.

Lucerne, le 12 juillet 2012

Au nom de la IIe Cour de droit social
du Tribunal fédéral suisse

Le Président: Meyer

Le Greffier: Berthoud

Parole chiave

invalidity pensionloss of earningsstatistical wage deductionpsychiatric expertiseinquisitorial principleexpeditioncourt costs

Estratto da Omnilex

Questione giuridica chiave

Whether the invalidity rate entitled the insured to an AI pension

Decisione estratta

The assessed loss of earnings remained below the 40% threshold required for a pension.

Motivazione estratta

The cantonal court's assessment of the income without invalidity and the income with invalidity was upheld; the appellant did not show any legal error.

Questione giuridica chiave

Whether the income without invalidity was incorrectly fixed on the basis of prior work as a construction laborer

Decisione estratta

The challenge failed; a professional training was not required for that job and the appellant did not provide a different valid benchmark income.

Motivazione estratta

The complaint was largely a factual challenge and did not undermine the conclusion that the pre-accident work could be used as reference income.

Questione giuridica chiave

Whether the 10% statistical wage deduction for invalid income should have been 20%

Decisione estratta

No relief was granted; even a 20% or maximum 25% deduction would not bring the invalidity degree to the pension threshold.

Motivazione estratta

The extent of the deduction is a matter of discretion, and the appellant did not show an abuse or excess of discretion by the lower court.

Questione giuridica chiave

Whether the absence of a psychiatric expert opinion violated the inquisitorial principle

Decisione estratta

No violation was found because the file was sufficiently clarified on the psychiatric aspect.

Motivazione estratta

The lower court reasonably relied on the record and noted that psychosocial factors are not health impairments within the meaning of AI law.

Questione giuridica chiave

Whether alleged administrative delay required annulment of the AI decision

Decisione estratta

Annulment was not warranted; at most a delay could be noted, and in any event the decision was issued within a reasonable time.

Motivazione estratta

The administration decided 17 months after the application following complete instruction of the case.

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