174 A. Staatsrechtl. Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.
3° Sur le recours:
J. Saglio, soit au jour de l'accident, soit al' epoque de l' ou
verture de J'action contre la Suisse occidentale devant Je juge
de Fribourg, doit etre considere comme habitant de ce canton.
Il etait, en effet, au mois d' Aout :1877, au service d'un entre-
preneur
de travaux domicilie a Fribourg; il avait dans cette
ville sa dem eure habituelle et le centre de ses occupations; il
y avait depose ses papiers de legitimation et obtenu de l'au-
torite de police competente un permis de sejoul' regulier.
Le faH de son sejour momentane sur territoire vaudois est
impuissant
a detruire le domicile acquis a Fribourg, et Saglio
n'a point manifeste I'intention de transporter ce domic.ile
dans le canton de Vaud ; il avait au contraire le dessein bien
arrete, -dessein qu'il a execute aussitöt que cela lui a ele
possible, -de rentrer a Fribourg apres l'achevement des
travaux entrepris par son patron pres d'Oron.
La circonstance que ses papiers durent etre retires des
mains de l'autorite fribourgeoise en vue de son admission a
l'infirmerie de Moudon, n'implique pas davantage la renon-
ciation
a son domicile et, des que sa guerison fut complete,
cet ouvrier rentra
dans la ville de Fl'ibourg, qu'il n'a point
quittee
des Iors, et qu'il habitait notamment encore a l'origine
du proces.
4° Le demandeur devant ainsi etre considere comme habi-
tant
du canton de Fribourg aussi bien au moment de la nais-
sance de son droit d'action qu'a I'epoque de l'ouverture du
litige, il n'est point necessaire de rechercher si c'est 1e domi-
eile a l'une ou a l'autre de ces dates qui doil etre decisif an
point de vue de I'attribution de juridiction.
n resulte de ce qui precede que la Compagnie de Ja
Suisse Occidentale doit repondre a son domicile elu a Fri-
bourg
a l'action que Iui intente un habitant de ce canton.
Par ces motifs,
Le Tribunal federal
prononce:
Le recours est ecarte comme mal fonde.
H. Gerichtsstand. -Gerichtsstand des Wohnortes. N° 4.0. 175
40. Arret du 2 Mai 1879 dans la cause Python-Castella.
Vagent de poursuites Python-Castella, a Port-Alban (Fri-
bourg), a ele charge, au nom de plusieurs creanciers, d'ope-
rer divers sequestres au prejudice de Jacques Calderara, en-
trepreneur et proprietaire, domicilie a Domdidier (Fribourg).
Tous ces sequestres reposent sur la somme de 6000 francs
due a Calderara par la commune de Chabrey (Vaud).
Par exploits des :10 et f(i Fevrier 1879, et sous l'autorite
du Juge fribourgeois du premier cercle de la Broye, Python-
Castella, au nom des dits creanciers, fait savoir a la commune
de Chabrey, pour etre notifie a son syndic et sous le SCf::au
du Juge de paix de Cudrefin, qu'il a fait sequestrer tout ce
que cette commune peut devoir a Jacques Calderara, pour
la construction du college en 1878 et qu'en conse-
quence la dMense la plus formelle lui est faite de se des-
saisir de tout ce qu'elle peut devoir a Jacques Calderara
sous les peines de la loi et sous Ia responsabillte de pre-
) dite commune de payer les frais. Ce qui est notifie a la
commune pOUf sa gouverne.
. Avant d'accorder le sceau requis, le Juge de paix de Cll-
drefin, dont fait partie la commune de Chabrey, s'adressa au
Departement de justice et police du canton de Vaud, en vertu
de l'art. 30 du Code de procedure civiIe, statuant que si
l'exploit emane d'une autorite etrangere, le Juge ne peut en
permettre la notification qu'apres en avoir obtenu l'autol'isa-
tion de ce Departement.
Par office du :19 Fevrier, le dit Departement, en retour-
nant au Juge les exploits susvises, J'informe que ces saisies-
arret et sequestres portant sur des objets et valeurs silues
) dans le canton ne peuvent, aux termes des art. 470, lettre b,
) 562, 601, 692 et 694 du Code de procedure, elre ope-
rees que sous l'autorite du Juge vaudois competent, sous
) l'autorite duquell'exploil doit etre signifie dans les formes
prescrites par le Code de procedure.
C' est contre cette decision que Python-Castella a recouru
t76 A. staatsrechtl. Entscheidungen. L Abschnitt. Bundesverfassung.
le 7 Mars t879 au Tribunal federal; il eoneIut a ee qu'elle
soit
anmllee comme contraire auxdispositions da )'art. 59
de la Constitution federale.
Dans sa repoDse, le Departement de justice et police du
canton de Vaud concluLau rejet du recours. A l'appui da
cette concIusion il fait valoir, en resume, les considerations
suivantes.:
Le gouvernement d'un canton ne peut etre tenn de laisser
operer sur son territoire une saisie instee sous l'aulorite
d'nn magistrat d'un autre canton. L'art.
59 de la Constitu-
tion fMerale n'a pas deroge a ce principe et se borne a poser
celui
que le debiteur solvable doit etre recherche devant son
juge naturei, et que ses biens ne peuvent etre saisis ou se-
questres, pour reclamations personnenes, hors du canton DU
il est domicilie. Si le debiteur domicilie dans le canton de
Fribourg etait insolvable, ses creanciers n'avaient qu'a de-
mander au Juge vaudois la permission de sequestrer en
mains tierces ; si ce debiteur etait solvable, iI faHait d'abord
fäire rendre contre lui un jugement par son juge natureI, puis
requerir des magistrats vaudois competents l'execution de ce
jugement pour les valeurs et objets situes dans le canton de
Vaud, execution qui eut ete accordee sans difficulte, confor-
mement a l'art. 6t de la Constitution federale.
Les exploits qu'il s'agissait de notifier, dans l'espece,
outre qu'ils
etaient sous le sceau d'un juge incompetent aux
termes des lois vaudoises pour saisir des biens en possession
de personnes domicilieesdans ce canton, n 'etaient pas con-
form es au! prescriptions du Code de procedure civUe vau-
dois. Des lors, le Juge de paix de Cudrefin ne pouvait leur
attribuer forceexecutoire,
ni en permettre la notificalion.
Dans eur replique et duplique les parties reprennent, avec
de nouveaux developpements, leurs concIusions respectives.
Statuant sur ces faits el considerant en droit "
L'art. 59 de la Constitution federale, invoque par le re-
courant,
se borne a statuer qua pour recIamations person-
nelles,
le debiteur solvable ayant domicile en Suisse doit etre
recherche
devant le Juge de son domicile, et que ses biens,
H. Gerichtsstand. -Gerichtsstand des Wohnortes. N° 40. 177
en vertu de pareilles reclamations, ne peuvent etre saisis ou
sequestres hors du canton ou il est domicilie.
2° Il convient de faire observer des l'abord que l'espece
actuelle ne tombe aucunement sous 1e coup de ces disposi-
tions.
Il s'agit, en effet, uniquement de savoir si le Juge vaudois
etail tenu d'executer, sur le territoire du canton de Vaud, un
acte de poursuite emaue dn Juge i1'un autre canton.
3° Cette question doit recevoir une solution negative. Il
est de regle qu'un canton ne peut exercer des actes de sou-
verainete
au dela des limites de son territoire; aucune con-
vention intercantonale, ni aucnne disposition de a Constitu-
ti
on ou des lois fMerales actuelles ne deroge a ce principe en
contraignant le Juge d'un cant on a donner suite a un se-
questre insLe sous l'autorite d'un magistrat etranger, et d'a-
pres les regles d'une procedure peut-etre entierement diver-
gente de celle en vigueur dans le canton requis.
L'art.
6t de la Constitution federale statue a la verite que
les jugements definitifs rendus dans un canton sont execu-
toires dans toute la Suisse. Mais un simple acte de poursuite
ne peut evidemment pas etre assimile a un tel jugement.
Le Departement vaudois de justice et police s'est du resle
dedare pret a notifier, le cas echeant, le simple avjs d'une
saisie perfectionnee dans
le canton de Fribourg; il a tontefois
refuse la notification des exploits en question, par la raison
qu'ils lni paraissaient contenir
un ordre direct emane d'un
juge
fribourgeois a l'adresse d'une partie vaudoise, et qu'ils
se qualifiaient des lors comme un acte de ponrsuite de la part
d'un
juge etranger, acte que l'autorite de Vaud ne saurait to-
lerer sur le territoire de ce canton.
A supposer
meme que l'appreciation du Departement sus-
vise soit erronee en ce qui concerne a portee juridiqne des
dits exploits, son refus de les notifier n'implique, d'apres ce
qui a ete dit plus haut, aucune violation de la Constitution.
Ce qui precede ne prejndicie en rien la question de sa-
voir si, d'une part, il n'aurait pas suffi d'adresser par la
poste, au tiers detenteur ou debiteur des valeurs saisies, la
178 A. Staatsrechtl. Entscheidungen. L Abschnitt. Bundesverfassung.
notification d'un sequestre perfectionne dans le canton de
Fribourg (ordonnance fßderale du t5 Octobre 1875), et,
d'autre part si, vu les poursuites infructueuses dirigees
contre Calderara a san domicile, une saisie en maius tierces
de sommes qui lui sont dues dans le canton de Vaud ne
pourrait pas etre pratiqmie directement sous l'autorite du
Juge de ce canton.
Par ces motifs,
Le Tribunal federal
prononce:
Le recours est ecarte comme mal ronde.
TII. Schuldverhaft. -Oontramte par corps.
41. UrtQeH )om 27 . .suni 1879 in aef en müHet.
A. :Iluref tfenntntu )om 30. mO )emner 1878 liefttafte ba
me3idngerief t cf affnaufen, auf fage )on marell unb stom .
in m3i)1, ben .s. müller, 'ßofamentcr, tle1cf er )on rftern für
eine in A tlei 'ßoften tontranitte cf nlb )on 95 ffr. 25 t . er
fo1ghH lietrielien tlorben tlar, 11 in !lIn tlenbung be efe e15, bie
mobififation ber !lItt. 88 unb 122 lle13 stonfurggefete lietreffenb"
tlegen .snfo )en
ö
im müc'ffaffe mit 4 'tagen efangenfef aft.
B. Uelier bief e UrtneH be f cf tlerte ficf mitller beim munbe
getief te, inbem er lienauntete, banfe1lie )erftone gegen bag in !lItt.
59 ber munbel!i.1erfaffung entnaHene merliot beg d)u1b )ernafte
inbem liemanb ba mecf t alie, tlegen ci )i1reo,tHcf er !lIni-i'ra:
cf en, bie nio,t ernii tlicf gemacf t tlerben tönnen, .semanben in
. !laft fe en 3u laffen.
C. :Ilag me3htggetief t cf anaufen lie309 ficf in jeiner mers
nenmlaffung inficf mef ber rccf tno,en matur beg ülier müffer
)ernän9ten mernafteg auf bie in acf)en .s. U.steffer aligege
benen .lSetio,terftattung.
!lIuf fl'cAieffc SU:ufforbcrung beg .snftruftiongticf terg, ban ba
me!itfggericf t 5cf affnauien ficf aucf barülier aUgl-i'reo,e, ob bie
IlI. Schuldverh:tft. N° 41. 179
3niol )en! be .s. müffer eine feilift )erfd ulbete fei, lieticf tete bag
ebirtngeticf t, eg alie! um ber !lIufforberung nao,tommen AU
rönnen, liiuliiger 1mb cf ulbner )orgelaben, unb au beren
in )ernanme ergelie fief , ban müffer bie lieinen )o,ulbnoften,
wegen beren icf tbeba9Iung er lieftrart tlorben, u einer .Beit
fJ.lnttanirt 9alie, tlO et fief tabe fagen miiffen, er fönne feine
,Sa91un9 reiften. .Bunem liegen ö tlifo,en ingenung Der o,ulb
unb ber .lSeftrafung 9 monate, ltlänrenb tlelcf er eg bem mefur
renten tl091 ätte möglio, fein 10ffL'lt, nie iiuliiger aU befrie
bigen. :Ila er bieg nio,t getnan 9alie, fo müffe angenommen tler
ben, feine .snfol )en ,ei eine jellifiuerfef ulbete.
:Ilag munbeggeticf t 5ient in r tliigung:
- .sn bem biegfeitigen UrtgeHe )j)m 28. ffeliruar 1879 in
ao,en effet tft auggefii9rt ltlorben, ba bie in 122 beg fo,aff:
taufenfo,en o,ulbbetreibungngefe eg auf 'oie .snfol )en ange-
Dr09te efiingni 9aft nicf t alg cf ulb )ernaft, fonbern alS traf
aft aU betracf ten unb bager mit bem in SU:rt. 59 lemma 3 ber
.lSunbeg )erfaffung ent9aftenen meibote beg )o,u b )ernafte nio,t
uu )ereinbar fei; ba bagegen ein merf :I,lU gegen !lItt. 5 ber fcf aff
9aufenfcf en antoug )erfaffung bann al )0t'9anben eracf tet ltler
ben müffe, tlenn nicf t fonfiatitt fei, ban bie .snfl,ll )en , tlegen
' tleld er ber mernaft auggefl'roo,en tlorben, auf merfcf ulbung be
ruge.
- mun fonftatitt ba angefoo,tene rtenntniu beS .lSeAittnc
geticf teg cf affnaufen ein merfcf ulben be meturrenten müffer
uicf t nur nio,t, fonbern eS gent aug bemiellien unb ber metnenm
laffuug beg mebirtggericf teg ger )or, bau le tere liei tlan ieneg
denntniffel! 'oie ffrage ber merfo,ulbung gar nicf t geVtüft 9
at
,
fonbern 10 )erra9ren ift, tlie tlenn ber !lItt. I) bet stantong )er
faffung gar nicf t liertünbe. Sn biefem metfaQren liegt A tleifeHog
ein merfto gegen 'oie lieneicf nete metfaffunggbeftimmung, tlelcf er
Duro, Die nacf trägHd en rQebungen beg menitfngetid)te , aug
tlelo,en bagfelbe ein metfcf ulben beS meturreuten etleiten tliff,
nicf t geneilt tlirb.
:Ilemnao, 9at bag .lSunbeggeticf t
etfannt:
:Ilie .lSefcf tlerbe ift begrünbet unb bemnacf baI! denntniu