Art. 45 Cst.; refusal or withdrawal of establishment on account of criminal convictions and conduct; prior convictions may justify refusal under para. 2 only so long as the person still lacks civic rights at the relevant time. Under para. 3, earlier convictions permit withdrawal of establishment only if the person incurs a new conviction at the place of establishment or manifests there a permanently reprehensible, objectively established conduct. Mere suspicion of immorality or unproven lack of regular means of existence does not suffice; the authority must establish concrete current grounds.
200 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung. fIid)tigen nid)t ftattfinbet, fonbern 6(0 eine infd)iinung untc ein al'l'rorhnatibeß Eid)ema, fo fann bieß für bie atur bel' fragIid)en eteuet' ar einer l'erjönHd)en :r t.1er6 fteuer nid)t in ?Setrad)t fommen; bie um fo weniger, ar bel' stlrt. 19 cit. ba ,, e t.1er6 fanita( unb ben rtrag" bel' 6etreffenben .'Berufe fogar aunbt'ÜdHd) a Dlifefte her Eiteuer lieaeid)net. 3. un tft im weitern narfl ben: stlften erjteUt unb ü6rigen unter ben q5at'teien offenbill' nid)t ftreitig, ba 1Refurrentin in .'Bafel für ba e6iet bcr ed) t.1eia eine efd)iiftnntebedaffung lie fint, lUiil)reno bom anton llliaUi aU5 tn feiner Illieife eine felbftänbige ileitung il)te efd)1iftnlietriebe5, aud) nur fo t.1eit fid berfellie in bieiem antone abfpielt, ftattfinbet. S)tnfirfltHd) il)re Eiine in .'Bafef aner tft lRefurrenfin, wie ba 3 .'Bunbengerid)t be reit anläßlid) il)re 1Refurfe gegen ben anton Uri ( unbe gerid)tl. ntfd)., .'Bb. XXIV, I. eU, r. 121) etfannte, einer fd)weiaerifd)en efeUfd)aft mit Eiij in ?Safel gleirfl3ufteUen. eie fann bal)er, entfl'terflenb bel' ftänbigen bunbe 3gerid)Ütd)m q5raJi (bergL a. ?S. genannte Urteile lRefurrentin gegen Url unb IDaml'f::- fd)ifffal)rt5gef eUfd)aft gegen ilu3em) für ben rlUerli, bel' il)r au il)rer efcgiiftntl)ätigreit in einem anbern Stantone 3ufIient, ntd)t in btefem antone, fonbem nur in il)rem IDomi3ile ?Safer 3 UlJ Eiteuer l)erangeaogen werben. egen biefen au bem bunbenrecgt" lid)en ?Eerliot bel' IDoppelbefteuerung l)miil)renben Eiat ift ttatür licg bie ?Serufung auf ben Illiortlaut eine fantonafen efene.6, ba bie ?Sefteuerung be merbe5 aunwärt Illiol)nenber auläßt, ttid)t ftattl)aft (l:lergL erwäl)nte Urteil 1. e. IDampffd)ifffanrtnc gefeUfcgaft rw. 3). IDa fid) aber, wie aungefül)rt, oie in rag.e' ftel)enbe Steuer a1 t l)er6 iteuer quaHfiaiert, mUß arfo bel' lRe;: fUt gutgel)eif3en werben, womit felftl:lerftänbltcg bie SJJCögHd)feit bel' r9cliun9 einer q5atenttaJe bon ber ff ;efurrentin unpräiubi3ievt bleibt. IDemnacg l)at bai3 ?Sunbengerid)t etfannt: IDer 1Refur wirb begrünbet unb bamit hle .'Befteuerung lycr lRefurrentitt auf runb bon stlrt. 19 be efete beß .R'anton 5IDaUii3 bom 28. SJJCai 1874 ar ttnfüdtnaft ernäd. HI. Niederlassung und Aufenthalt. N° 36. IIL Niederlassung und Aufenthalt. Etablissement et sejour. 36. A rret du 31 mai 1899 dans la catnse Busset contre Geneve. Refus d'etablissement, Art. 45, al. 2, C. f. Alinea 3, eod.
A. -Le recourant est venu s'etablir a Geneve au mois- de septembre 1898. Le Departement cantonal de justice et police ayant appris qu'il avait ete condamne dans le canton de Vaud pour vol et recel decida, par arrete du 6 decem- bre 1898, de ne pas lui accorder l'autorisation de sejourneF- dans le canton de Geneve. Ensuite de recours de Busset, la Conseil d'Etat de Geneve confirma cette decision par arrete du 24 janvier 1899. Busset s'adressa alors, par requete des- 2 et 3 mars 1899, au Conseil federal pour obtenir que l'arreM d'expulsion pris contre lui fftt annule. Il reconnais- sait avoir ete condamne dans 1e canton de Vaud, mais decla- rait n'etre pas prive de ses droits civiques et etre astreint au service militaire. Il avait, disait-il, du travail assure a Ge- neve et pouvait y entretenir sa familIe. Plutöt que de voir celle-ci vegeter ailIeurs, il preferait l'abandonner et se faire naturaliser Fran ;ais. Cette double requete fut transmise au Tribunal federal. B. -Appele a se prononcer au sujet de la demande en annulation de son arrete du 2-l janvier, le Conseil d'Etat de Geneve repondit exposant ce qui suit: Busset a ete condamne :
Le 6 decembre 1892 par 1e Tribunal de Lavaux a 4 mois de reclusion et 1 an de privation des droits civiqnes pour vo1;
1e 26 septembre 1893 par le Tribunal de Lausanne a. 20 jours de rec1usion, 18 francs d'amende et 1 an de priva- tion des droits civiques pour recel et maraudage ;
202 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung. 3° Ie 30 novembre 1894 par le Tribunal d'Oron a 20 jours de recIusion et 1 an de privation des droits civiques po ur escroquerie. Ces condamnations sont constatees par un releve du casier judiciaire du recourant delivre par le Departement de justice et police du canton de Vaud. Le refus d'etablissement oppose au recourant n'est pas contraire a l'art. 45 const. fed. Si les cantons ont Ie droit d'expulser de leur territoire les individus qui ont subi plu- . sieurs condamnations pour delit grave, Hs ont, a fortiori, celui de refuser aux memes individus l'autorisation de s'eta- blir sur leur territoire. On ne saurait astreindre l'autorite de .. police a laisser etablir sur le territoire du cant on des gens auxqueIs elle aurait le droit de retirer ensuite cette autori- sation. C'est ce qu'a reconnu le Tribunal federal dans Ie cas Bryner (Rec. off. XXIII, p. 513 514). Entin la moralite du re- courant est suspecte; il ne justifie pas de moyens d'existence reguliers et, dans sa requete du 2 mars, il menace d'aban- donner sa familIe et de se faire naturaliseI' Franc;ais. Le Con- 'seil d'Etat de Geneve conclut en consequence au rejet du recours. V u ces aits et considerant en droit : Le Conseil d'Etat de Geneve reconnalt que l'arrete qu'il a pris a l'egard du recourant constitue non un retrait, mais un refus d' etablissement. D'apres Part. 45, al. 2 de Ia constitution federale l'etablis- sement peut etre refuse a. ceux qui, par suite d'un jugement penal, ne jouissent pas de leurs droits civiques. Or Ie temps ponr lequelle recourant avait ete prive de ses droits civiques par les jugements rendus contre Iui uans le canton de Vaud etait manifestement deja expire Iorsqu'il est venu resider a Geneve. Il suit de Hl que ces jugements ne peuvent etre invoques pour justitier Ie refus d'etablissement au regard de l'art. 45 al. 2. Mais l'auteur de Ia reponse pour le Conseil d'Etat de Geneve fait valoir que cette autorite pourrait, a raison des dites condamnations, retirer l'etablis- sement au recourant en vertu de rart. 45, al. 3 C. f., et que, III. Niederlassung und Aufenthalt. N° 36. . les lors, elle doit avoir le droit de le lui renser. Cette ma- niere de voir est toutefois erronee. Le ConseIl federal et Ie Tribunal federal ont constamment interprete l'art. 45, al. 3 C. f., en ce sens que les condamnations anterieures subies par un citoyen ne peuvent etre invoquees pour Iui etirer l'etablissement que s'il encourt une nouvelle condamnatlOn au lieu de son etablissement ou, du moins, s'il y mene une conduite reprehensible et contraire aux bonnes mmurs (voir Salis, Droit public. red. TI, n° 426 i Arrets du Tribunal (e- ral XXIII, p. 513, chiffre 2). Or le recourant n'a pas subi de condamnation depuis son etablissement a Geneve et il ne saurait evidemment suffire que sa moralite soit suspecte a l'autorite genevoise, ainsi que la reponse le donne a. entendre, pour donner le droit a cette auto rite d lui retirer l'etablis.- sement. Dans le cas Bryner, invoque, a tort, par le Conseil d'Etat a l'appui de son point de vue, Ia moralite du recourant n'etait pas seulement suspecte, mais l'immoralite de sa con- duite etait demontree par des faits positifs et certains (Rec. lff. XXIII, p. 510 et suiv.). . La circongtance alleguee par la reponse, contralrement aux affirmations du recourant, que celui-ci ne possederait pas de moyens d'existence reguliers, n'est pas davantage de nature a justitier Ia decision des autorites genevoises .. En dehors du cas de condamnation, dont il vient d'etre question, l'art. 45, al. 3 C. f., n'autorise le retrait d'etab!issement qu'a ceux qui tombent d'une maniere permanente a Ia charge de Ia bienfaisance publique et auxquels leur commune refuse une assistance suffisante. Par ces motifs, Le Tribunal federal prononce: Le recours est admis et l'arrete d'expulsion pris ä. l'egard de sieur Busset, le 24 janvier 1899, par le Conseil d'Etat du cant on de GenMe, est annule.