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CH_VB_001Ch Vb12 avr. 1983Ouvrir la source →
#ST# 83.010 Message concernant l'encouragement de la recherche scientifique durant la période de 1984 à 1987 du 16 février 1983 Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs, Nous vous soumettons les projets suivants:
Vue d'ensemble Par le présent message concernant dea subventions aux institu- tions chargées d'encourager la recherche et en faveur de la re- cherche sur le cancer pour la période de 1984 à 1987, nous de- mandons le cadre de paiement au moyen duquel la Confédération envisage de financer une part importante de ses mesures d'encou- ragement de la recherche dans les années 1984 à 1987- Pour les quatre années à venir, nous proposons un montant total de 759,14 millions de francs pour les institutions chargées d'encourager la recherche, à savoir le Ponds national suisse de la recherche scientifique, la Société helvétique des sciences naturelles, la Société suisse des sciences humaines, l'Académie suisse des sciences médicales et l'Académie suisse des sciences techniques. Nous envisageons de répartir cette somme en tranches annuelles de 175,43 millions de francs (1984), 184,8? millions de francs (1985), 194,23 millions de francs (1986) et 204,65 millions de francs (1987). L'octroi du cadre de paiement deman- dé est pour les institutions encourageant la recherche une con- dition essentielle à l'accomplissement de leurs tâches de droit public au cours des prochaines années. Pendant la période de 1984 à 1987, 23,645 millions de francs doivent être mis à la disposition de la recherche sur le cancer. Ces fonds sont destinés à couvrir des dépenses d'infrastructure du Groupe suisse de recherche clinique sur. le cancer (SAKK), des frais d'exploitation de l'Institut suisse de recherches -- mentales sur le cancer (ISREC) à Lausanne et des dépenses d'in- frastructure de l'Association suisse du registre des tumeurs à Berne, ainsi qu'à subventionner des études—pilotes de portée na- tionale et internationale. Ils doivent assurer le financement de l'infrastructure de base de la recherche sur le cancer en Suisse au cours des quatre prochaines années. 1406
Message 1 Partie générale II Les institutions chargées d'encourager la recherche III Situation et tâches dans la politique suisse de la recherche La Confédération encourage la recherche en allouant des subven- tions aux institutions chargées d'encourager la recherche, à sa- voir le Ponds national suisse de la recherche scientifique, la Société helvétique des sciences naturelles, la Société suisse des sciences humaines, l'Académie suisse des sciences médicales et l'Académie suisse des sciences techniques, en exploitant les Ecoles polytechniques fédérales et leurs établissements annexes, en allouant des subventions selon la loi sur l'aide aux univer- sités, ainsi que par des subventions directes et d'autres mesu- res de l'administration fédérale et des établissements de re- cherche de la Confédération (cf. art. 6 du projet de loi sur la recherche présenté avec le message du 18 novembre 1981; FF 1981 III 989). Cette structure de l'encouragement de la recherche s'est créée progressivement au gré des besoins de notre pays. En premier lieu, l'exécution de tâches fédérales par les institutions en- courageant la recherche est un phénomène typiquement suisse. La Confédération finançant une part importante de ses mesures d'ai- de à la recherche par le truchement de ces institutions, l'auto- nomie des universités est garantie et le principe de la liberté de l'enseignement et de la recherche respecté autant qu'il est possible. Leur activité est définie surtout par les besoins des sciences elles-mêmes. Elles se prêtent donc tout particulière- ment à la réalisation de mesures pour lesquelles des considéra- tions d'ordre scientifique sont primordiales. Faisant suite aux efforts du Conseil fédéral en vue d'une coor- dination de la politique de la recherche tels qu'ils se mani- festent notamment dans le projet de loi sur la recherche, le présent message vous soumet pour la première fois un projet d'arrêté couvrant tout le domaine des institutions qui encoura- gent la recherche. La tâche spécifique de ces institutions con- siste à encourager la recherche par diverses mesures, en parti- culier par le financement de travaux de recherche. Du point de vue des dépenses, le Fonds national suisse est, parmi ces ins- 1407
titutions, celle qui a le plus de poids. Le Fonds national uti- lise la majeure partie de ses fonds pour financer des projets de chercheurs travaillant dans les hautes écoles suisses. Cet en- couragement par projet, accordé selon des critères scientifiques par une institution extérieure aux hautes écoles, constitue pour les instituts universitaires un important appoint à leur finan- cement de base qui est assuré par .des fonds universitaires. Ce fait a pour conséquence que le Fonds national planifie ses acti- vités en étroite collaboration avec les hautes écoles et harmo- nise sa planification avec les leurs. C'est pourquoi nous vous soumettons, parallèlement au présent projet d'arrêté, le message pur la cinquième période de subventionnement selon la loi sur l'aide aux universités. lie Fonds national suisse fut créé en 1952 comme fondation de droit privé. Sa tâche consiste à encourager la recherche scien- tifique en Suisse lorsque les moyens financiers provenant d'au- tres sources n'y suffisent pas et qu'il ne s'agit pas de recher- ches à "but lucratif. Il encourage surtout la recherche fondamen- tale et fournit ainsi une contribution essentielle à la forma- tion de la relève scientifique pour les hautes écoles, l'écono-- mie et l'administration. Depuis 1975. le Ponds national utilise une part de ses crédits pour les programmes nationaux de recherche. Le 1er octobre 1974, l'Assemblée fédérale décida que le Conseil fédéral pourrait con- fier à la fondation l'exécution de programmes de recherche jus- qu'à concurrence de 12 pour cent des moyens financiers alloués (RO 1974 1535). Dans ces programmes nationaux, il s'agit de recherches dont on attend qu'elles contribuent à résoudre des problèmes de portée nationale. Ces programmes se distinguent de l'activité normale d'encouragement du Fonds national en ce sens que l'on tient compte non seulement de la qualité scientifique des demandes de subsides de recherche pour octroyer un crédit d'encouragement, mais aussi d'autres points de vue, et notamment de l'orientation du projet par rapport aux objectifs désignés dans le plan d'exécution du programme. Dans .ces programmes, une grande importance est attribuée à la coordination des divers projets de recherche par la division compétente du Fonds natio- nal, par les directions de chaque programme et par des groupes d'experts ad hoc. Jusqu'ici, seize programmes et deux programmes complémentaires (n os . 44 et 55) ont été adjugés; les quatre pre- miers sont achevés à l'exception de quelques travaux. Le Conseil fédéral a chargé le Fonds national de l'exécution des programmes en cours qui constituent ce que l'on appelle des "séries". Les programmes de la première série "seront achevés au plus tard en 1983 et ceux de la deuxième série en 1984/1985: 1408
Crédita Première série en millions de francs PUE 1 "Prophylaxie des maladies cardio- 5,0 vasculaires" PNE 2 "Problèmes fondamentaux du cycle 8,45 de l'eau en Suisse" PNE 3 "Problèmes d'intégration sociale 5,9 en Suisse" PNE 4 "Recherche et développement dans 9,5 le domaine de l'énergie" Deuxième série PNE 5 "Problèmes régionaux en Suisse, 11,0 notamment dans les zones de montagnes et les zones frontalières" PNE 55 "Développement socio-économique et capa- 6,49 cités écologiques en montagne" (MAB) PME 6 "Les processus de décision dans la 1 5,5 démocratie suisse" PNE 7 "Matières premières et matériaux" 14,5 PNR 8 "L'économie et l'efficacité du système 6,6 de santé suisse" PNE 9 "Mécanismes et évolution de l'économie 8,0 suisse et leurs incidences sociales" PNR 10 "Education et vie active" 8,0 PNE 11 "Politique de sécurité" 3,3 En 1980, le Conseil fédéral a décidé de réaliser une troisième série de programmes de recherche qui sont actuellement dans la phase de mise en train: Troisième série PNE 44 "Energie: recherches socio-économiques 5,0 dans le domaine de la consommation" PNE 12 "Le bois, source d'énergie et matière 8,0 première renouvelable" PNE 13 "Recherches dans le domaine de la micro- 15,0 électronique et de l'optoélectronique" PNE 14 "Cycle et pollution de l'air en Suisse" 6,0 PNE 15 "Vie au travail: humanisation et 5,0 développement technologique" PNE 16 "Méthodes de conservation des biens 6,0 culturels" 1409
Les subventions fédérales que le Tonds national a obtenues ces dernières années pour encourager la recherche sont les suivan- tes: Subventions fédérales au Fonda national de 1972 à 1983 (en millions de francs) Tableau 1 Annie Subventions 1972 88 1973 95 1974 100 1975 • 106 1976 , 116 1977 126 1978 131 1979 136 1980 139,7 1981 134,1 1982 140,6 1983 146.7 La stagnation caractérisant les années 1980 à 1982 est une con- séquence des mesures d'économie de la Confédération (diminution de la subvention de 10 %). Compte tenu du.renchérissement surve- nu depuis 1972, le Ponds national a reçu, en valeur réelle, un peu moins de subventions fédérales en 1982 qu'en 1972. De plus, le Fonds national a assumé depuis lors des tâches que la Confé-- dération finançait directement auparavant, par exemple les glos- saires nationaux (dictionnaires dialectaux). Les autres institutions encourageant la recherche sont des so- ciétés scientifiques (Société helvétique des sciences naturel- les, Société suisse des sciences humaines, Académie suisse des sciences médicales, Académie suisse des sciences techniques) qui ont le caractère d'organisations faîtières regroupant des asso- ciations spécialisées, des sociétés scientifiques, etc. Elles représentent la communauté scientifique et défendent ses inté- rêts. L'essentiel de leurs activités consiste à subventionner des publications scientifiques, à organiser des réunions scien- tifiques, à exploiter des services scientifiques auxiliaires et à traiter des questions scientifiques particulières et des pro- blèmes spécifiques de la politique scientifique.,Ces tâches, ne serait-ce que parce qu'elles s'accomplissent en grande partie 1410
sur une "base volontaire, requièrent des moyens financiers nette- ment moindres que la réalisation d'ambitieux projets de recher- che. Dès lors, les subventions fédérales qui leur sont destinées sont aussi "beaucoup plus modestes: Subventions fédérales aux sociétés scientifiques de 1972 à 1983 (en millions de francs) Année 1973 1975 1 976 . . . . 1977 1 978 1979 1 980 1981 1 gs2 . 1983 SHSN . . 1,23* , . 1 55* , . . 1 72* 1 1 , 1 2 1 2 , 1 35 1 49 1 55 1 gs 1 83 , Tableau 2 SSSH 0 67 0 9 1 1 1 13 1 .24 1 3 1 4.1 1 53 *y compris l'investigation géologique du territoire national Les subventions fédérales à la SHSN et à la SSSH ont également été diminuées de 10 pour cent dans " les années 1980 à 1982. L'Académie suisse des sciences médicales et l'Académie suisse des sciences techniques n'ont encore repu aucune subvention fédérale. 112 Les requêtes pour les années 1984 à 198? Bien que la loi sur la recherche ne soit pas encore en vigueur, nous avons demandé aux institutions encourageant la recherche de tenir compte des principes de cette loi dans leurs demandes de subventions pour les prochaines années. Elles ont répondu à cet- te demande et nous ont présenté un programme d'encouragement correspondant bien aux exigences de la loi. Elles prouvent ainsi qu'elles sont disposées à coordonner efficacement leurs activi- tés. Ci-après, nous caractériserons brièvement les éléments es- sentiels des diverses requêtes. En raison de leur importance, celles-ci sont publiées in extenso dans le supplément no 50 (1983) du bulletin d'information "Politique de la science". 1411
112.1 Ponds national suisse de la recherche scientifique La requête du Fonds national suisse de la recherche scientifique est fortement marquée par les effets des mesures d'économie de la Confédération. La fondation craint que des restrictions fi- nancières rigoureuses ne rendent son activité toujours plus dif- ficile au cours des prochaines années. Toutefois, en dépit des circonstances difficiles, le Fonds national entend poursuivre, pendant la nouvelle période de subventionnement,. sa politique qui a fait ses preuves. A cet effet, il voue une attention par- ticulière à la planification, à la coordination, à l'information et à la mise en valeur des résultats de la recherche. Il vise les objectifs suivants:
frastructure dépend dans une grande mesure des possibilités fi- nancières des hautes écoles et de la politique qu'elles prati- quent en matière de nominations. Comme le Fonds national ne peut exercer qu'une influence limitée sur cette infrastructure, il considère que sa tâche consiste à former des centres de gravité de la recherche- à partir des éléments existants. Dans sa requê- te, il distingue à cet effet l'encouragement renforcé (augmenta- tion en valeur réelle des subsides alloués), le maintien de l'encouragement au niveau antérieur (soutien inchangé en valeur réelle) et le plafonnement (poursuite, voire réduction du sou- tien financier compte tenu des moyens à disposition).
dernières années, notamment la psychologie, l'archéologie et l'histoire suisse; en sciences exactes et naturelles, certains secteurs des mathématiques (aspects classiques de l'algèbre, de la géométrie et de l'analyse; traduction de langues natu- relles et intelligence artificielle), de l'astronomie et de la recherche spatiale (renonciation à la constitution d'un groupe de recherche théorique étudiant les plasmas en astrophysique), de la chimie (synthèse de séries homologues de molécules, sé- paration de terres rares, spectroscopie de micro-ondes et de photoélectrons, mesures de constantes de stabilité de comple- xes), de la physique nucléaire (spectroscopie nucléaire), de la physique des particules élémentaires (recherche de nouveaux états excités de particules), de la physique de la matière condensée (supraconductivité, magnétisme), des sciences de l'ingénieur (certains domaines du génie civil, des sciences de la terre et de l'environnement (études régionales classiques, macropaléontologie); - en biologie et en médecine, des recher- ches classiques et conventionnelles dans certains secteurs de la biologie cellulaire, de la biochimie et de la médecine cli- nique (endocrinologie conventionnelle, électro-encéphalogra- phie et diagnostic instrumental). En outre, le Ponds national voudrait à l'avenir, en encourageant la recherche, poursuivre des objectifs spécifiques qui sont les suivants:
notable des dépenses. En effet, tant le Fonds national que les requérants ont donné nettement la priorité au maintien des em- plois. C'est pourquoi le Ponds national veut tenter non seule- ment de répondre aux "besoins de remplacement ordinaires, mais aussi de combler les lacunes de ces dernières années.
112.2 Société helvétique des sciences naturelles et Société suisse des sciences humaines La Société helvétique des sciences naturelles (SHSN) et la So- ciété suisse des sciences humaines (SSSH) ont présenté au Con- seil fédéral, le JO septembre 1982, une requête commune pour la période de subventionnement 1984 à 1987- Cette requête indique que les deux sociétés scientifiques faîtières ont utilisé, dans les années 1978 à 1981, la majeure partie de leurs moyens finan- ciers pour des publications scientifiques (SHSN: environ 53 %; SSSH: près de 70 %). la part des contributions fédérales aux dé- penses totales de la SHSN et de ses sociétés affiliées dans les années 1978 à 1981 a atteint en moyenne 36,6 pour cent ou envi- ron 1,45 million de francs par an. Quant à la SSSH, la Confédé- ration a financé en moyenne 18,5 pour cent de ses dépenses dans les années 1978 à 1981, ce qui représente environ 1,2 million de francs par an. Ainsi, près de 75 pour cent des dépenses totales des deux sociétés faîtières sont couverts par les contributions des membres des diverses associations scientifiques qui leur sont affiliées. Les deux sociétés faîtières constatent que les moyens financiers dont elles et leurs sociétés affiliées dispo- sèrent dans les années 1978 à 1981 étaient trop restreints. Une partie des subventions demandées par des sociétés et organes af- filiés ont subi chaque année des coupes considérables. Malgré une hausse nominale des cotisations et l'augmentation de l'enga- gement de la Confédération, le renchérissement survenu durant la période 1978 à 1981 n'a pas pu être compensé. Pour les années 1984 à 1987, les sociétés faîtières veulent as- surer une continuation intégrale en valeur réelle de leurs acti- vités, qui comprennent notamment:
L'encouragement d'activités scientifiques (publications, réu- nions, projets à long terme, services auxiliaires) complémen- taires à celles du Fonds national;
La coopération internationale;
L'exercice de fonctions en matière de politique de la science (fourniture d'informations sur le développement dans les di- verses disciplines, consultations);
L'entretien des relations entre la science et le public (vul- garisation, cours d'introduction, prestations de services). A cet effet, elles entendent plus particulièrement:
Renforcer l'échange d'informations et la communication directe entre chercheurs;
Intensifier la coopération internationale;
Encourager le développement scientifique dans les pays du tiers-monde; 1416
Stimuler la compréhension du public à l'égard de la science;
Poursuivre les projets à long terme qui sont en cours;
Participer à la définition, d'une politique nationale de la science et de la recherche. Dans ce contexte, les deux sociétés faîtières ont une série de nouvelles tâches à assumer et de nouveaux problèmes à maîtriser:
Dans le domaine des publications scientifiques, il faut s'at- tendre à une augmentation de frais supérieure à la moyenne (fort renchérissement dans les arts graphiques, création de nouveaux périodiques);
Pour des raisons de politique culturelle et gouvernementale, il convient de veiller davantage à ce que les publications scientifiques de chercheurs suisses soient traduites dans les langues nationales;
Des restrictions de crédits concernant diverses installations servant à la recherche ainsi que des frais supplémentaires (par ex. pour l'utilisation de salles de cours) entraînent une nouvelle augmentation des requêtes;
Il faut s'attendre à une hausse des taux de contribution pour les unions scientifiques internationales;
Le système de volontariat a atteint les limites du supporta- ble; les travaux doivent davantage être effectués par des col- laborateurs rétribués;
Le secrétariat commun de la SHSN et de la SSSH est aujourd'hui déjà plus que surchargé. Un agrandissement s'impose, en 1984 au plus tard. les deux sociétés faîtières demandent respectivement 12 millions de francs (SHSN) et 10,7 millions de francs (SSSH) de subven- tions fédérales pour la période 1984 à 1987. Les deux sociétés calculent ces montants à partir des inventai- res des besoins présenté par les sociétés affiliées et de leurs organisations faîtières pour 1982 (SHSN: 2,0235 mio.fr.; SSSH: 1,603 mio. fr.). Compte tenu du renchérissement des années 1982 et 1983 et de leurs besoins supplémentaires, elles prévoient des augmentations respectives de 16 pour cent (SHSW) et 30 pour cent (SSSH). les sommes résultantes subiront enfin une adaptation de 5 pour cent au titre du renchérissement pour chacune des années 1984 à 1987- La question de l'investigation géologique du territoire national a été soumise au Conseil fédéral en même temps que les requêtes de la SHSN et de la SSSH. les commissions de la SHSN pour les sciences de la terre (Commissions géologique, géotechnique et 1417
géophysique) ont un rôle particulier. Elles remplissent en Suis- se des fonctions qui, à l'étranger, relèvent de la compétence d'organismes d'Etat (Instituts nationaux de géologie). Jusqu'à la fin de 1974, les subventions fédérales servant à fi- nancer ces études constituaient une part de la subvention globa- le annuelle de la SHSN. En 1975, ce crédit fut partagé en deux: une part pour la SHSN, une part pour" l'investigation géologique du territoire. Depuis cette date, c'est à l'Office fédéral de l'éducation et de la science qu'il incombe de représenter les intérêts .de la Confédération lors de l'établissement des pro- grammes de travail et de veiller à la répartition et à l'utili- sation judicieuse du crédit. La tâche principale de la Commis- sion géologique suisse, dont l'activité remonte à un arrêté fé- déral de 1860, est le relevé du terrain national et sa représen-- tation sur la carte géologique de la Suisse. Elle coordonne en outre tous les travaux qui servent à l'investigation géologique du territoire national et elle représente les intérêts suisses dans la coopération internationale avec les instituts nationaux des pays voisins et au sein d'organisations internationales. La Commissiongéotechniquee suisse étudie le sol suisse du point de vue des possibilités d'exploitation de ses minéraux et de ses roches (inventaire des gisements de matières premières naturel- les, publication de la carte hydrologique de la Suisse, partici- pation à des ouvrages cartographiques internationaux), laCom--missionn suisse de géophysique a pour tâche l'investigation géo- physique du territoire comprenant l'établissement d'une carte topographique du champ de gravité, du champ magnétique, de la sismicité, de la résistance électrique spécifique, de la densité des roches et des conditions géothermiques. Elle assure la co- ordination des recherches dans ce domaine en Suisse et participe à des projets internationaux. Dans les années 1978 à 1981, les trois commissions ont dépensé au total environ 5,5 millions de francs pour accomplir les tâches qui leur incombent. Le programme d'activité de ces commissions pour les années 1984- 1987 prévoit les centres de gravité suivants:
matières premières et de cartes hydrologiques), coopération internationale avec des paya voisins, publication de résultats de recherches.
projet de loi sur la recherche. L'académie a créé à cet effet plusieurs commissions spéciales. Mentionnons ici, à titre d'exemple, quelques-unes des commissions constituées récemment:
En 1981, les recettes s'élevèrent à 222'000 franca environ et les dépensée à 272'000 francs. Pour 1982, le déficit budgétisé est de 50'000 francs, et pour 1983 de 48'000 francs. L'académie est donc contrainte d'épuiser les réserves disponibles. Pour pouvoir accomplir ses tâches, l'académie estime qu'elle a besoin, dans les années 1984-1987, d'une subvention fédérale de quelque 1,6 million de francs, en plus de ses fonda propres. 112.4 Académie suisse des sciences techniques La plus jeune de ces organisations scientifiques est l'Académie suisse des sciences techniques (ASST) qui a été fondée .en 1981 . Dans sa requête au Conseil fédéral, elle expose tout d'abord les raisons qui ont amené la création de l'académie et elle décrit son statut et son organisation. Aux termes de ses. statuts, l'ASST se donne les objectifs suivants: a. Promotion de programmes de recherche et de développement technico-scientifiques avec recours aux effets de synergie dans le domaine technico-scientifique; b. Mobilisation du potentiel de recherche existant par la promo- tion des activités techniques et scientifiques des organisa- tions professionnelles; c. Obtention et promotion d'une relève scientifique capable; d. Amélioration de la collaboration entre les sciences techni- ques et d'autres disciplines, en particulier promotion de programmes de recherche pluridisciplinaires d'importance na- tionale; e. Représentation des intérêts généraux des sciences techniques à l'égard des organisations internationales et des pouvoirs publics; f. Promotion de la collaboration internationale dans le domaine technico-scientifique; g. Amélioration de la compréhension mutuelle entre les sciences techniques et le public; h. Mise en évidence des rapports et des interactions entre la technique et 1 environnement; i. Assistance des organisations de normalisation et de documen- tation scientifique et technique. L'ASST est consciente du fait qu'elle ne peut parvenir que par étapes à la réalisation de ces objectifs ambitieux. A l'égard de la Confédération, elle voit principalement deux centres de gra- vité: elle voudrait jouer le rôle de service d'inf ormati on et de consultation en ce qui concerne l'élaboration de projets techni- ques d'intérêt national et certaines questions de formation tou- chant les hautes écoles et les écoles d'ingénieurs, ainsi que lors de procédures de consultation officielles. En outre, l'aca- démie est prête à se charger de tâches de la Confédération dans 95 Feuille fédérale. 135 e année. Vol. I 1421
certains domaines tels que l'encouragement de la relève ou l'examen des demandes de subvention présentées par des sociétés spécialisées, et de participer à un système de détection avan- cée. L'académie souhaite aussi, en qualité de porte-parole de la communauté scientifique des sciences techniques, présenter les problèmes de la technique, son utilité et ses dangers, et défen-- dre ses intérêts vis-à-vis de la Confédération, des cantons et du public en général. L'ASST regroupe actuellement trente sociétés spécialisées qui comptent au total près de 47'000 membres. Si l'on déduit de ce nombre les membres à double titre, l'effectif de "base de l'aca- démie est d'environ 25'000 personnes. L'année de sa fondation, l'académie disposait de quelque 70*000 francs de fonds propres, ce qui représente un montant très modeste par rapport aux dépen- ses totales de ses sociétés membres qui s'élèvent à 48 millions de francs et qui servent à financer des tâches spéciales, des manifestations extraordinaires et des travaux de recherche et d'expertise. Pour les années 1984 à 1987, l'académie demande à la Confédération une subvention totale de 2,013 millions de francs. Outre ces subventions fédérales, l'académie compte pouvoir dis- poser de 180'000 francs de fonds propres par année. Au cours des prochaines années, elle voudrait utiliser ces fonds principale- ment pour financer des études et des enquêtes portant par exem- ple sur les problèmes de l'adaptation de la science aux besoins de la pratique et sur la valorisation de la recherche, pour en- courager des contacts et des projets interdisciplinaires, pour contribuer à développer les relations internationales et pour lancer des études approfondies sur l'importance de la technique. Quelques-unes de ces activités doivent être entreprises direc- tement par l'académie elle-même. Une part encore plus importante de ces activités est définie et effectuée par les organes des sociétés membres. 113 Avis du Conseil de la science concernant les requêtes Les requêtes des institutions chargées d'encourager la recherche ont été soumises au Conseil de la science qui a examiné ces do- cuments d'une manière approfondie. Son avis à ce sujet est pu- blié in extenso dans le supplément no 30 du bulletin d'informa- tion "Politique de la science" (1983); nous en extrayons quel- ques points essentiels: 1422
Pour commencer, le conseil se livre à quelques considérations générales sur les "besoins financiers pour l'encouragement de la recherche dans les années 1984 à 1987; il rappelle à cet effet la situation de l'encouragement de la recherche en Suisse:
Les contributions aux institutions de l'encouragement de la recherche ont globalement subi une diminution en valeur réelle depuis 1979.
La diminution en valeur réelle de la subvention du FN a été supérieure à 10 pour cent entre 1980 et 1982, L'objectif fixé dans les grandes lignes de la politique gouvernementale durant la législature 1979-1983, à savoir le maintien de l'encourage- ment au niveau atteint (cf. ch. 515 des lignes directrices), n'a ainsi pas- été atteint.
La part des subsides de recherche du FN, comparée aux dépenses d'exploitation des universités, a régressé de 14- pour cent en 1979 à 11 pour cent en 1982.
La diminution du pouvoir d'encouragement du FN depuis 1979 équivaut à la suppression de 180 postes de collaborateurs uni- versitaires, soit environ 3,7 pour cent du personnel universi- taire affecté à la recherche.
Les subventions aux sociétés scientifiques, à l'exception des subventions aux commissiona des géosciences, ont pu être main- tenues en valeur réelle au niveau de 1980.
L'encouragement de la recherche appliquée par le Département de l'économie publique (CERS) a bénéficié d'une forte progres- sion réelle, grâce notamment aux programmes d'impulsion. Il estime en outre que, dans les mesures prises en faveur de la recherche, il importe de tenir compte des conditions générales suivantes:
La nécessité d'assurer à long terme la compétitivité de l'in- dustrie et de pouvoir maîtriser les problèmes de notre société a pour condition le maintien d'un potentiel scientifique et technique de haut niveau, voire même son accroissement.
Les difficultés économiques auxquelles l'industrie doit faire face, qui se sont accentuées depuis 1981, ne font que rendre le "besoin précédent plus manifeste. Il faut en outre s'atten- dre à ce que l'industrie réduise son apport financier à la re- cherche dans les hautes écoles et aux autres institutions de recherche. Ces circonstances confèrent à l'encouragement de la recherche, et notamment à celui de la relève scientifique, un caractère urgent et prioritaire.
Les universités, principal secteur d'exécution de la recherche du domaine public (1/5 des dépenses recherche de la Suisse), devront faire face à l'augmentation du nombre des étudiants qui se manifestera encore jusque vers 1988. Elles ne pourront probablement pas répondre aux besoins de la recherche de ma-
nière satisfaisante, tant en ce qui concerne 1'équipement de la recherche que le personnel de recherche. 1423
Les plana de développement des hautes écoles suisses durant la période 1984 à 1987 indiquent un accroissement moyen réel de 2,5 pour cent des dépenses d'exploitation qui s'explique principalement par les besoins de l'enseignement.
L'introduction du deuxième pilier sera une charge supplémen- taire importante pour les institutions d'encouragement de la recherche, notamment pour le FN, la plus grand part des dépen-- ses étant des dépenses de personnel. Elle coûtera, selon les estimations du FN, 6 millions de francs par année.
La régression subie par l'encouragement de la recherche ces dernières années fait que les subventions accordées en 1983, année de référence pour la planification 1984 à 1987, sont "largement en-dessous des besoins réels, notamment en raison de la réduction linéaire de 10 pour cent des subventions.
La tendance à la hausse de l'inflation réduit la valeur réelle des moyens consacrés à l'encouragement de la recherche. Une compensation du renchérissement de 4 pour cent ne suffira pas à maintenir l'encouragement de la recherche à un niveau cons- tant, la tendance inflationniste se poursuivant et dépassant actuellement 4 pour cent. Apres avoir évoqué le caractère particulier des subventions fé- dérales pour 1'encouragement de la recherche et rappelé quel- ques-unes de ses recommandations contenues dans le rapport "Po- litique de la recherche 1980: objectifs recommandés par le Con- seil de la science", le conseil énonce les principes suivants en vue du calcul des subventions fédérales pendant la période de 1984 à 1987:
de période de subventionnement. Le conseil se réserve la pos- sibilité de se prononcer à ce sujet à l'occasion de l'examen des plans de répartition annuels du FN. Le conseil approuve les priorités principales telles qu'elles apparaissent dans le résumé. Il partage l'avis du FN à propos de la nécessité de prévoir, pour chaque division, des moyens appropriés pour les nouveaux projets de recherche. Si le talent du candidat doit rester le principal critère de l'encouragement de la relève, il serait nécessaire, particul- ièrement dans la Division I, de tenir également compte des "be- soins en ce qui concerne les capacités de recherche et d'en- seignement que l'on souhaite développer (encouragement théma- tique de la relève). Dans la Division I, plus d'attention mériterait d'être accor- dée aux problèmes de recherche fondamentale posés par la pra- tique de même qu'aux recherches contribuant au pluralisme des méthodes. Le conseil prête une attention particulière aux programmes na- tionaux de recherche: La même part dea subventions du FN (jusqu'à 12%) devrait pou- voir être utilisée pour des PNB durant la période 19B4 à 1987- Le conseil eat toutefois de l'avis qu'une politique restricti- ve devrait être suivie durant cette période quant à l'intro- duction de nouveaux programmes, d'une part, pour éviter une surcharge du FN et, d'autre part afin de préserver l'encoura- gement normal de la recherche. Cependant, s'il eat nécessaire de tenir compte des capacités de recherche disponibles et de veiller à maintenir un équilibre entre recherche fondamentale et recherche orientée, les PNB ne devraient pas être utilisés comme volant de compensation dans la répartition entre disci- plines. Le choix des PNE devrait être guidé en premier lieu par le besoin de recherche. Les années 1984 à 1987 devront être l'occasion de procéder 1 une évaluation d'ensemble des PNR et d'en tirer un bilan en vue de la période de subventionnement suivante. Après avoir examiné la question du soutien financier du Ponds national, le conseil conclut: Comparativement aux autres institutions de l'encouragement de la recherche le FN a subi la plus grande régression en valeur réelle par rapport à 1980. Un redressement durant la période 1984- à 1987 est une nécessité, si l'on ne veut pas réduire les capacités de recherche dans les universités. Le conseil recommande:
Que le FN bénéficie d'une augmentation réelle de rattrapage pour 1984. Il estime que les 17 millions supplémentaires demandés par le FN sont fondés; ils ramèneront la subven- tion à la valeur 1980. 1425
Que sa subvention suive un accroissement réel annuel du. mê- me ordre de grandeur que celui prévu pour les dépenses d'exploitation des hautes écoles, soit 2,5 pour cent.
Que le renchérissement soit compensé, de même que l'intro- duction du deuxième pilier. Le conseil parvient aux mêmes "besoins financiers que ceux re- quis par le FN (849 mio. fr.) avec une "base de calcul diffé- rente. En ce qui concerne le rôle et la tâche des autres institutions encourageant la recherche (Société helvétique des sciences natu- relies, Société suisse des sciences humaines, Académie suisse des sciences médicales, Académie suisse des sciences techniques) et de l'investigation géologique du territoire national, le con- seil déclare: Les sociétés scientifiques ont une mission de représentativité de la communauté scientifique (en Suisse et à l'étranger), de promotion et de critique de la science ainsi que d'entrepre- neur de projets scientifiques à long terme. Elles constituent la charnière entre science et société; par la communication qu'elles créent entre scientifiques, elles sont un vecteur im- portant de la coordination. De par leurs attributions, elles représentent un interlocuteur important des autorités en ma- tière de politique scientifique. Reconnaissant l'importance de leur mission, le conseil a re- commandé "que la part des subventions des sociétés scientifi- ques faîtières ou académies à l'ensemble des crédits de re- cherche soit augmentée, en particulier si de nouvelles tâches leur sont imparties" L'avis du conseil au sujet des requêtes de la Société helvétique des sciences naturelles et de la Société suisse des sciences hu- maines est le suivant: Le conseil approuve les intentions et les points forts des programmes de la SHSN et de la SSSH tels qu'ils sont exprimés dans la requête (cf. chap. 4 et 5). Il relevé notamment l'in- tention de la SHSN de poursuivre son engagement en matière de protection de la nature et de l'environnement. Le conseil attache une grande importance à la participation des sociétés dans la mise sur pied du système de détection avancée de la recherche (Früherkennung). Il leur est recon- naissant de l'accueil favorable donné à ce projet. En outre, les études pilotes effectuées ces dernières années (notamment dans le cas de la physique) ont montré la contribution que les sociétés pouvaient apporter en matière d'inventaire des re- cherches en cours et d'analyse de la situation de la recher- che. L'information du public, bien qu'elle n'apparaisse pas parmi les points forts du programme, restera une tâche priori- taire. La série de rapports publiés par la SHSN sur l'énergie nucléaire a prouvé le rôle important que pouvait prendre une académie, au sujet d'un problème touchant chaque individu et la société en général. 1426
Le rendement du "franc subvention fédérale" est exceptionnel- lement élevé dans les deux sociétés. Le prix de revient des projeta est très tas. Par rapport aux subventions versées, la Confédération tire largement bénéfice des services des socle- tés. Les services demandés par la Confédération à la SHSN et la SSSH ont augmenté au cours de ces dernières années et ne se sont pas traduits par une augmentation proportionnelle des subventions fédérales. Il faut cependant relever que contrai- rement au FN, les sociétés n'ont pas subi une diminution en valeur réelle de leur subvention. Les besoins des sociétés ex- primés dans leur requête sont fondés. Les moyens supplémentai- res demandés (378 000 fr. pour lai SHSN et 580 000 fr. pour la SSSH) sont importants mais modestes par rapport aux activités qu'ils induiront. Le conseil recommande:
Le conseil recommande:
projets de recherche de manière analogue au Fonds national. Il s'agira donc d'études concernant la science et la technique au sens de l'article 9 du projet de loi sur la recherche. Le conseil ae félicite de l'intention manifestée par l'acadé-- mie de participer au système de détection avancé (Früherken- nung) des problèmes de recherche. Le Conseil recommande d'accorder une subvention fédérale à l'ASST, avec un accroissement annuel exceptionnel pendant les années 1984 à 1987, de manière à ce que l'ASST puisse développer les activités répondant à l'article 9 du projet de la loi sur la recherche. Il recommande d'-accorder à l'ASST pour les années 1984 à 1987 2,013 millions de francs. 114 Appréciation des requêtes les préoccupations dont font état le Ponds national et les aca- démies scientifiques dans leurs requêtes doivent être confron- tées avec lea objectifs sur lesquels la Confédération, vu les données actuelles, doit axer sa politique de la recherche, ainsi qu'avec les possibilités financières dont elle dispose. Les cinq requêtes, en accord avec les objectifs de politique de la recherche énoncés par le Conseil suisse de la science, admet- tent pour principe que le niveau élevé de la recherche atteint dans notre pays doit à tout prix être au moins maintenu. Nous avons déjà exposé en détail, dans notre message du 18 novembre 1981 concernant la loi sur la recherche, l'importance extraordi- naire de la recherche pour les tâches auxquelles notre pays est confronté actuellement et devra faire face à l'avenir. Nous ne pourrons pas maîtriser les problèmes vastes et difficiles qui préoccupent notre collectivité dans de nombreux domaines, de l'économie à la santé publique et à la protection de l'environ- nement, sans disposer d'un grand nombre de connaissances et de méthodes nouvelles et sans la participation de spécialistes émi- nents qui puissent approfondir et étendre leur savoir en colla- borant à d'ambitieux projets de recherche. Plusieurs tendances et développements actuels indiquent que le savoir dont nous dis- posons déjà ne suffira pas, à lui tout seul, à assurer la pros- périté, voire la survie, de notre pays hautement industrialisé. Il est vrai que la recherche est généralement une entreprise de longue haleine et qu'elle apporte rarement, à court terme, un résultat pratique, direct et tangible. Toutefois, cela nous in- cite d'autant plus aujourd'hui à ne pas la négliger; en effet, d'une part, les importantes difficultés mentionnées ne sont pas seulement de nature provisoire; d'autre part, ce qui a été né- 1429
gligé dans la recherche ne peut être rattrapé facilement par la suite. C'est pourquoi la recherche et l'encouragement de la re- cherche font partie des tâches prioritaires de la Confédération. Du fait de 1'exiguïté de la Suisse et de la répartition des res- ponsabilités concernant la recherche suisse, la Confédération, sans parler de ses difficultés financières actuelles, ne peut pourtant pas soutenir n'importe quel projet de recherche, mais doit appliquer son aide de façon sélective, en harmonie avec les autres tailleurs de fonds publics et privés. Il lui incombe en premier lieu de soutenir financièrement la recherche fondamenta- le, aussi bien dans les hautes écoles qu'à l'extérieur. En ai- tre, elle doit bien évidemment financer les recherches dont elle a besoin pour accomplir ses tâches et qui sont pour l'essentiel désignées par la notion de "recherche du secteur public". Il s'agit là, naturellement, de recherches appliquées, mais ayant un lien avec la recherche fondamentale. D'une manière générale, les fonde de la Confédération pour la recherche doivent servir en premier lieu, hormis à la réalisation de ses proprés objec- tifs, à créer les bases et l'infrastructure sur lesquelles les activités très importantes de recherche et de développement fi- nancées par l'économie privée peuvent se développer. Comme les milieux représentatifs de l'économie suisse, nous pen- sons qu'il convient de renforcer la capacité d'innovation dans les secteurs de l'industrie et des services afin de maintenir l'emploi et de créer de nouveaux postes de travail. Mais il faut pour cela que les prestations de l'Etat en faveur de la recher- che ne soient pas réduites dans une trop grande mesure. Pour toutes les raisons qui viennent d'être ênumêrêes, nous sommes d'avis que l'idée fondamentale qui sous-tend les cinq requêtes est juste: il faut maintenir une recherche suisse, performante et originale. Nous tenons à relever que les cinq institutions encourageant la recherche assument, dans la politique suisse de la recherche,• des responsabilités importantes au profit de la collectivité, et qu'elles le font avec beaucoup d'habileté et d'efficacité. Des comparaisons avec l'étranger montrent que ces institutions, grâ- ce à l'engagement généreux et désintéressé de leurs membres, remplissent une bonne partie des tâches considérables qui leur incombent en ayant recours au volontariat; tandis qu'ailleurs, ces tâches sont accomplies par des organes gouvernementaux comp- tant un grand nombre de collaborateurs à plein temps. Vu les bonnes expériences que nous avons faites, nous ne pouvons que nous féliciter de ce que les cinq institutions veuillent pour- suivre au cours des quatre prochaines années leurs activités im- 1430
portantes dans le domaine de la politique de la recherche. L'équilibre actuel des responsabilités de la politique de la re- cherche entre les organes fédéraux et les institutions encoura- geant la recherche a fait ses preuves; nous n'avons donc aucune raison de le modifier ni, en conséquence, de prévoir des correc- tions importantes en ce qui concerne l'attribution des fonds. Avant de commenter "brièvement les plans présentés dans les re- quêtes, relevons d'une manière générale qu'ils nous paraissent bien fondés. Dès lors, nos commentaires ont essentiellement pour but de placer certains accents, et non d'exiger des modifica- tions importantes. Cependant, le fait que les mesures d'économie de la politique financière fédérale ne permettent pas de faire pleinement droit aux prétentions financières contenues dans les requêtes aura inévitablement des conséquences sur la réalisation des programmes pluriannuels proposés. Nous y reviendrons. Le Ponds national est l'instrument central au moyen duquel la Confédération accomplit sa tâche d'encouragement de la recherche fondamentale. D'après sa requête, il estime-que, pour la pro- chaine période de subvention également, son rôle primordial con- siste à encourager la recherche à motivation essentiellement scientifique. Il veut en outre aussi, mais dans une moindre me- sure, encourager la recherche appliquée, à savoir sous la forme des programmes nationaux de recherche. Nous nous félicitons de cette double fonction et nous approuvons la pondération prévue (priorité à la recherche fondamentale). En Suisse, le Fonds na- tional est de loin la source la plus importante en ce qui con- cerne l'encouragement de la Recherche fondamentale pure. Sans le Fonds national, celle-ci ne serait pas en mesure aujourd'hui de maintenir le haut niveau de qualité qu'elle a atteint ni le vo- lume que requièrent la recherche appliquée et le développement. Toutefois, même du point de vue de la recherche fondamentale, il est utile et judicieux que, dans une certaine mesure, le Fonds national s'engage dans la recherche appliquée. Il existe entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée une interac- tion qui mérite qu'on lui accorde davantage d'attention. Non seulement la recherche appliquée devrait, davantage que jusqu'i- ci, bénéficier d'informations précieuses et de stimulations, mais la recherche fondamentale pourrait, elle aussi, tirer pro- fit dans une plus grande mesure que ce n'est le cas actuellement des impulsions utiles de la recherche appliquée et des nouvelles questions intéressantes qui se posent à elle. les subsides du Ponds national ne servent pas au financement de base des établissements de recherche, mais sont destinés à fi- nancer certains projets de recherche. l'allocation dépend de 1431
l'observation de certaines conditions. On applique notamment le critère de la haute qualité scientifique, mais aussi d'autres critères tenant compte de la situation spécifique à la Suisse. Ce choix rigoureux a pour résultat que la recherche suisse, et notamment celle des hautes écoles, est reconnue sur le plan in- ternational comme une recherche de première qualité. Dans sa requête, le Fonds national "attribue des priorités aux diverses disciplines et aux divers domaines scientifiques. Cette opération est rendue difficile par l'éloignement des échéances de la recherche en général et par le caractère spéculatif des considérations sur le développement futur de telle ou telle "branche de la recherche. Il faut en outre tenir compte du fait que la mise sur pied de l'infrastructure et du potentiel de re- cherche dans une "branche exige beaucoup de temps, les crédits de recherche étant toujours plus demandés et les moyens financiers restreints, il est inévitable qu'il y ait de plus en plus de centres de gravité qui se constituent. Ceci doit se réaliser graduellement et prudemment, comme le prévoit le Ponds national. Il serait néfaste pour la recherche de procéder, à court terme, à des déplacements brusques en ce qui concerne l'attribution des fonds d'encouragement. En outre, il importe de tenir compte du fait que le Ponds national est intégré au système suisse de la recherche et que sa marge de manoeuvre est ainsi limitée. Dans sa requête, le Fonds national fait allusion à trois élé-- ments spécifiques de son activitéd' 1 encouragement de la recher- che. L'un de ces éléments consiste dans la formation continue d'une relève scientifique de qualité; à cet effet, les moyens financiers du Ponds national doivent être renforcés en valeur réelle. Du fait de la structure démographique déséquilibrée du corps enseignant des hautes écoles suisses, consécutive à la forte augmentation de 1'effectif des corps intermédiaires dans lesannées' 60 et au début desannées' 70, il faudra pourvoir, dès 1990 environ, de nombreux postes dans le corps professoral. Le fait que le Ponds national prenne dès aujourd'hui les mesures nécessaires dans le domaine de l'encouragement de la relève cor- respond à une politique prévoyante dont il convient de seféli-i- citer. Nous soutenons aussi le Ponds national dans son projet visant à rehausser le taux des crédits pour l'équipement en ap- pareils, qui était en forte baisse ces dernières années, aux dé- pens des crédits pour le personnel. Nous estimons en outre judi- cieuse l'intention du Fonds national d'encourager les échanges de scientifiques au niveau international et de favoriser, d'une manière générale, les contacts "bilatéraux et multilatéraux dont un petit pays comme le nôtre ne peut -que tirer profit sur le plan scientifique. 1432
Les programmes nationaux de recherche sont pour le Conseil fédé- ral un instrument qui permet d'utiliser une partie des ressour- ces du Fonds national pour effectuer des recherches dont on est en droit d'attendre qu'elles contribuent à résoudre des problè- mes actuels de portée nationale. Il ne s'agit pas ici de prendre en charge dea tâches spécifiques de la recherche du secteur pu- blic, c'est-à-dire de l'administration fédérale. Il s'agit plu- tôt d'engager d'une manière coordonnée, par une collaboration interdisciplinaire, une part relativement modeste du potentiel suisse de recherche dans l'étude de certains problèmes impor- tants pour 1"-ensemble de la Suisse. Le Ponds national a constam- ment adapté les processus de décision et de coordination des programmes nationaux de recherche en fonction des expériences acquises et il dispose actuellement d'une infrastructure effica- ce pour les réaliser. Lea programmes nationaux de recherche ont suscité dans l'opinion publique un vif intérêt. Même si des voix critiques se sont fait entendre au sujet de certains programmes, ces critiques montrent pourtant la nécessité de bases scientifi- quement élaborées pour traiter certains problèmes importants. Il faut se garder de placer de trop grandes espérances dans les programmes nationaux de recherche, leur tâche ne saurait consis- ter à résoudre directement les problèmes, mais bien à fournir aux milieux concernés des informations, des bases de décision et de nouvelles connaissances sous une forme compréhensible. Alors que certains programmes touchent à leur terme, c'est à cet as- pect de la mise en valeur (valorisation) que le Ponds national veut accorder encore davantage d'attention. Pour cela, il est nécessaire, d'une part, de prendre des mesures d'organisation, par exemple en intégrant dès le début au processus de recherche des .utilisateurs potentiels des résultats de la recherche, et d'autre part de budgétiser les fonds indispensables. Il est clair que l'application pratique proprement dite (implémenta- tion) des résultats de la recherche ne saurait être l'affaire du Fonds national. Celui-ci s'efforce toutefois d'intensifier, à ce sujet, sa collaboration avec la Commission pour l'encouragement de la recherche scientifique du Département fédéral de l'écono- mie publique. Vu les problèmes actuels de l'industrie suisse, il nous paraît justement essentiel que le Fonds national soutienne les efforts de la commission précitée en vue de stimuler des re- cherches orientées davantage vers l'application industrielle, afin de rapprocher les connaissances acquises par la recherche fondamentale d'une mise en valeur économique. Compte tenu des expériences déjà réalisées, nous sommes convain- cus que les programmes nationaux de recherche constituent une méthode très utile dans le domaine de l'encouragement orienté de 1433
la recherche. En diverses circonstances, ils ont déjà apporté des connaissances exploitables pratiquement et, pour cette rai- son, ils devraient absolument se poursuivre. Toutefois, les pro- grammes achevés doivent encore être évalués de manière approfon- die sous l'angle de la politique de la recherche. Le Conseil de la science a déjà engagé des travaux à cet effet. Une nouvelle- série de programmes, la quatrième, est actuellement en prépara- tion. Le Ponds national a l'intention de réduire quelque peu la part des sciences sociales dans les futurs programmes nationaux de recherche; à ce propos, il importe de rappeler que les pro- grammes nationaux s'occupent de problèmes actuels de notre pays et, partant, de problèmes essentiellement interdisciplinaires dont le traitement requiert la participation, notamment, de spé- cialistes de l'économie nationale, des sciences de l'éducation et des sciences sociales. A titre d'exemple, un thème à première vue très technique comme la recherche énergétique exige,- pour définir les possibilités d'approvisionnement en énergie et d'économies d'énergie grâce à de nouvelles techniques comme les centrales nucléaires, que l'on fasse appel à des psychologues et à des sociologues qui étudient le comportement de la population à l'égard de ces innovations. Afin de préparer notre décision concernant la prochaine série de programmes nationaux de recherche, nous avons chargé le Fonds national d'examiner, pour chacun des thèmes envisagés, si des recherches scientifiques utiles peuvent être effectuées en Suis- se dans ce domaine. Dans ce contexte, la fondation devra égale- ment examiner si le potentiel de recherche nécessaire existe ou s'il est possible et souhaitable de le créer ou de le dévelop- per. En ce qui concerne la part des subventions fédérales au Fonds national à réserver pour les programmes nationaux de recherche, 11 faut rappeler que la réalisation de ces programmes exige une organisation beaucoup plus coûteuse que les autres tâches de la fondation; il faut en effet, en permanence, assurer l'assistance et la coordination des chercheurs attelés aux programmes et met- tre en valeur les résultats des recherches pour les utilisateurs éventuels. Si l'appareil administratif du Fonds national ne peut pas être agrandi ces prochaines années, seul un nombre très li- mité de programmes nationaux pourront être réalisés simultané- ment. D'après les expériences faites jusqu'ici, l'équipe des collaborateurs chargés des programmes nationaux de recherche est en mesure de gérer convenablement un volume financier annuel de 12 pour cent au maximum du total de la subvention fédérale. Ce cadre financier devrait permettre de lancer au cours des pro- chaines années quatre nouveaux programmes et de poursuivre ceux 1434
des trois premières séries qui sont déjà en train, dans la mesu- re où ceux-ci exigeraient encore des études et des analyses sup- plémentaires. Le volume des activités "concernant les programmes nationaux nous paraît être dans un rapport raisonnable avec les autres activités de la fondation si "bien que, en accord avec le Ponds national et le Conseil de la science, nous pensons qu'il convient de s'en tenir à ces 12 pour cent pour là période 1984- 1987. Le Fonds national justifie ses "besoins financiers en évoquant la forte "baisse en valeur réelle des moyens financiers fédéraux de- puis 1980, qui a eu notamment pour conséquence une perte notable de postes de collaborateurs dans les projets de l'institution, l'écart croissant entre les fonds disponibles et les fonds re- quis à la suite dé l'augmentation continue du nombre des deman- des de subsides déposées, ainsi que la compression des activités de recherche dans les hautes écoles due à l'augmentation des ef- fectifs d'étudiants sans augmentation compensatoire des fonds d'exploitation. Pour pouvoir appliquer la recommandation conte- nue dans le document "Politique de la science 1980: objectifs recommandés par le Conseil de la science", à savoir maintenir au moins au niveau atteint en 1980 ses capacités de recherche, le Ponds national estime avoir besoin pour 1984 d'un supplément de fonds de 17,2 millions de francs, non compris le renchérissement et les prestations sociales supplémentaires découlant de l'in- troduction du "deuxième pilier". Du point de vue de la politique de la recherche, les demandes du Ponds national nous paraissent bien fondées. Les impératifs de la politique financière nous empêchent cependant de nous rallier aux voeux du Conseil de la science et du Ponds national et nous contraignent à nous en te- nir au plan financier établi en vue d'une réduction du déficit budgétaire. En prenant pour base une subvention fédérale de 163 millions de francs pour 1983 (sans réduction linéaire), et en admettant un renchérissement de 4 pour cent et une croissance réelle d'environ 1 pour cent par an, nous vous proposons de met- tre à la disposition du Ponds national, pour les années 1984 à 1987, un cadre de paiement de 739 millions de francs. En l'état actuel de la situation, nous envisageons d'inscrire dans les "budgets annuels les crédits suivants: 1984 171 millions de francs 1985 180 millions de francs 1986 189 millions de francs 1987 199 millions de francs 1435
Ces montants ne tiennent pas compte des dépenses supplémentaires résultant de l'introduction du "deuxième pilier". Lea bénéfi-- ciaires de subsides du Fonds national, en tant qu'employeurs, doivent payer les salaires du personnel collaborant au projet de recherche approuvé. Quelque 2700 collaborateurs sont ainsi rému- nérés au moyen des subsides du Ponds national. Comme il s'agit généralement de jeunes chercheurs, qui ne participent à un pro- jet qu'à titre temporaire (1 à 2 ans), leurs conditions de tra- vail sont principalement régies par le droit privé; c'est la raison pour laquelle la majorité d'entre eux n'étaient jusqu'ici affiliés à aucune caisse de retraite. Avec l'introduction du "deuxième pilier", les directeurs de projets du Ponds national sont tenus de verger à la caisse de retraite les contributions de l'employeur, les collaborateurs ayant pour leur part à s'ac- quitter des cotisations de l'employé. Il faut s'attendre à quel- que 6 millions de francs par an de dépenses supplémentaires pour les contributions de l'employeur. Nous envisageons à cet effet de demander séparément, chaque année, par la voie du budget, les fonds nécessaires, dès que les dispositions légales y relatives seront entrées en vigueur. Les requêtes des sociétés scientifiques, à savoir de la Société helvétique des sciences naturelles (SHSN), de la Société suisse des sciences humaines (SSSH), de l'Académie suisse des sciences médicales (ASSM) et de l'Académie suisse des sciences techniques (ASST) montrent l'impressionnante diversité des activités de ces institutions au service de la science et de la collectivité. Le Ponds national et les sociétés scientifiques ne sont pas en con- currence, mais accomplissent des tâches complémentaires dont il est plus judicieux qu'elles incombent à des institutions diffé- rentes. La délimitation des tâches est convenue en détail et la coordination est assurée par des contacts étroits. Ainsi, par exemple, il n'appartient pas aux sociétés scientifiques, mais au Ponds national, de financer des projets de recherche proprement dits. Les requêtes des quatre associations sont axées dans une grande mesure sur le catalogue des .tâches figurant à l'article 9 du projet de loi sur la recherche. Nous constatons qu'elles vouent une grande attention à leur rôle dans le domaine de la politique de la science tel qu'il est décrit à l'article 9, lettre d, du projet de loi sur la recherche: effectuer des études et enquêtes dans le domaine de la science et de la politique de la science, et formuler des plans de développement scientifique. Depuis quelques années déjà, l'ASSM en particulier a développé cette activité en lui attribuant une priorité. 1436
En raison de la situation financière de la Confédération, il n'est pas possible de donner suite aux prétentions financières de la SHSN et de la SSSH. Sur la même "base de calcul que pour le Fonda national (compensation du renchérissement 4% croissance réelle. 1%), nous vous proposons de mettre à notre disposition pour la période de subventionneront 1984 à 1987 un crédit-cadre de 9,230 millions de francs pour la SHSN et un crédit-cadre de 7,710 millions de francs pour la SSSH. Nous envisageons de répartir ces crédits-cadres dans les budgets annuels comme il suit: SHSN 1984 2,140 millions de francs 1985 . 2,250 millions de francs 1986 2,360 millions de francs 1987 2,480 millions de francs SSSH 1984 1,790 million de francs 1985 1,880 million de francs 1986 1,970 million de francs 1987 2,070 millions de francs En ce qui concerne l'ASSM et l'ASST, les conditions sont diffé- rentes; en effet, ces deux académies ne pourront commencer à bé- néficier des subventions fédérales qu'en vertu de la loi fédéra- le sur la recherche. Nous vous demandons, pour la période 1984 à 1987, un cadre de paiement de 1 ,6 million de francs pour chacune des deux académies (ASSM et ASST). Pour les deux nous envisa- geons d'échelonner ces subventions comme il suit: 1984 0,25 million de francs 1985 0,35 million dé francs 1986 ; 0,45 million de francs 1987 0,55 million de francs Lorsqu'il s'agira de fixer le montant des subventions pour une période ultérieure, il faudra juger, selon le développement des deux institutions, les besoins qui se manifesteront à ce moment- là et les conditions extérieures, dans quelle mesure l'ASSM et l'ASST doivent continuer à être subventionnées. 96 Feuille föderale. 135e année. Vol. I 1437
Au sein de la SHSN, les commissions pour les sciences de la ter- re jouent un rôle particulier. Comme l'expose la SHSH" dans une partie spéciale de sa requête, ces commissions assument une tâ- che d'intérêt national: l'investigation géologique du territoire national. Réalisée par une petite équipe de collaborateurs per- manents, cette entreprise, dont les débuts remontent au milieu du siècle dernier, a réussi jusqu'ici à se poursuivre à un ni- veau de qualité élevé, Men que ses travaux ne progressent que lentement. Les besoins des milieux les plus divers en matière de documentation et d'information dans les sciences de la terre sont pourtant tels que le problème de la capacité de travail dans ce domaine se pose de manière sérieuse. Si 1976, les fonds destinés aux commissions pour les sciences de la terre furent séparés du crédit octroyé à la SHSN, en raison du caractère par- ticulier de la tâche en question. Conformément à l'article 16 du projet de loi sur la recherche, l'investigation géologique du territoire national est financée au moyen des crédits destinés à la recherche effectuée par l'administration (recherche du sec- teur public) qui sont inscrits chaque année au budget de la Con- fédération. Pour compléter ce que nous venons d'exposer sur l'examen des cinq requêtes financières, il convient d'examiner aussi dans quelle mesure les prestations fédérales que nous proposons exi- geront des modifications des programmes pluriannuels présentés. A cette occasion, nous tenons à exprimer notre satisfaction à l'égard des cinq institutions encourageant la recherche qui ont bien voulu élaborer dès maintenant, comme base de leurs requê- tes, une planification correspondant aux dispositions de la loi sur la recherche alors que celle-ci n'entrera en vigueur qu'en 1984. Cette planification offre une excellente vue d'ensemble , des activités à développer dans ce domaine au moyen des fonda mis à disposition par la Confédération. Les programmes plurian— nuels présentés contiennent non seulement des données quantita- tives sur les besoins financiers, mais aussi des renseignements d'ordre qualitatif, par exemple sur les priorités envisagées par les institutions en ce qui concerne l'encouragement de la re- cherche. Il en résulte aussi une certaine souplesse quant à l'adaptation des programmes pluriannuels aux conditions finan- cières qui découleront finalement de votre décision au sujet des crédits-cadres proposés. Il appartiendra ensuite aux cinq insti- tutions encourageant la recherche de proposer les corrections éventuellement nécessaires des montants de la planification, en fonction des débats parlementaires sur ce projet et des remar- ques que nous avons formulées. Elles devront notamment aussi te- nir compte de ces données dans leurs plans annuels de réparti- tion. 1438
En conclusion, nous tenons à souligner encore une fois que noua reconnaissons pleinement que la poursuite des activités des cinq institutions encourageant la recherche, fécondes à maints égards pour la recherche suisse, est d'un grand intérêt public. Bien que la nécessité de réduire les déficits du "budget fédéral restreigne considérablement notre marge de manoeuvre, nous nous sommes justement efforcés de tenir compte autant que possible des préoccupations exprimées par les institutions ' intéressées. Les crédits que prévoit ce projet pour financer les institutions encourageant la recherche représentent, à notre avis, un compro- mis raisonnable entre une volonté bien fondée d'encourager la recherche, ce qui est extrêmement important pour notre pays, et les nécessités de la politique financière qui rendent indispen-- sables des mesures d'économie. Ils devraient vraisemblablement suffire pour sauvegarder la haute qualité de la recherche suisse qui est reconnue sur le plan international. 12 la recherche sur le cancer en Suisse 121 L'évolution de la recherche sur le cancer en Suisse Depuis quelques années, la recherche sur le cancer fait l'objet de nombreuses critiques: organisation insuffisante, manque d'ou- verture des milieux scientifiques à l'égard des idées novatrices de chercheurs isolés, manque de collaboration internationale et, surtout, absence de progrès concrets en dépit des investisse- ments importants consentis dans le monde entier. Ces critiques sont souvent ponctuées par l'affirmation selon laquelle la mala- die cancéreuse prendrait de l'extension au 20 e siècle malgré les efforts énormes des chercheurs. En fait, la statistique épidémiologique donne une image quelque "peu différente de la situation. De nombreuses formes de cancer - on en connaît plus d'une centaine chez l'homme - ont tendance à régresser depuis le début du siècle: par exemple le cancer des organes génitaux chez la femme, le cancer de l'estomac et dans une moindre mesure quelques formes du cancer du colon. Pour d'autres formes de cancer comme celui de la vessie, du sein et les leucémies par exemple, la situation est restée plus ou moins stable. Ces faits réjouissants sont malheureusement assombris par l'augmentation dramatique du nombre des décès dus au cancer du poumon. La recherche ne saurait être rendue responsable de cette évolution. Celle-ci est bien davantage la conséquence du mode de vie malsain d'une grande partie de la population qui persiste à faire grande consommation de tabac et à ne pas tenir 1439
compte des mises en garde. Il ne faut pas oublier non plus un aspect démographique: l'espérance de vie plus longue s'accompa- gne d'une augmentation du risque de cancer. Malgré toutes les critiques on peut affirmer que des progrès considérables ont été réalisés au cours des deux dernières dé- cennies. Cela non seulement dans la recherche clinique, c'est-à- dire au lit du malade, mais tout autant dans la recherche fon- damentale. Les succès obtenus par la recherche clinique se tra- duisent par une amélioration significative des chances de survie dans différentes formes de cancer, notamment celui de la vessie, des organes génitaux féminins, des testicules, du colon et sur- tout les lymphomes malins, une maladie du système lymphatique, ainsi que la leucémie infantile. Quelques-unes des formes de cancer mentionnées, comme le cancer des testicules et du système lymphatique, sont dans de nombreux cas guérissables, ce qui était encore inimaginable à la fin de la deuxième guerre mondia- le. Les succès de la recherche clinique sur le cancer ne se me- surent toutefois pas uniquement par l'amélioration des chances de survie. Au cours des dernières années on a également mis en évidence des "marqueurs de tumeurs" qui permettent de déceler directement certaines tumeurs malignes. Le diagnostic s'en trou- ve amélioré, il peut être posé plus précocement, ce qui permet une mise en oeuvre optimale et coordonnée des différentes formes de traitement telles que la chirurgie, la radiothérapie et le traitement médicamenteux des tumeurs. En outre on a mis au point, au cours des quinze dernières années, de nombreux médica- ments ayant une action inhibitrice sur -les tumeurs. Ces médica- ments ont désormais leur place dans l'arsenal thérapeutique. En- fin on ne saurait omettre de mentionner les progrès techniques réalisés dans le domaine de la radiothérapie. La Suisse fait oeuvre de pionnier dans ce domaine, grâce à l'Institut suisse de recherches nucléaires qui a mis au point un appareillage comple- xe pour l'irradiation par pions. Ces installations sont les plus performantes du monde. Elles ouvrent de nouvelles perspectives pour le traitement des tumeurs profondes. La recherche fondamentale a fait des progrès remarquables dans la connaissance des mécanismes de l'apparition du cancer. On a identifié à ce jour plus de vingt substances cancérigènes. Cela a permis de prendre des mesures efficaces pour empêcher le con- tact direct. Les résultats des recherches sur les virus sont particulièrement intéressants. On a constaté que différents vi- rus pouvaient probablement favoriser de manière indirecte l'ap- parition du cancer par l'activation d'oncogènes. Ceux-ci sont largement répandus dans les cellules normales, en quelque sorte comme prédisposition congénitale au cancer. En outre la recher- 1440
che fondamentale, en caractérisant le système immun, a apporté des connaissances déterminantes sur les défenses naturelles de l'organisme. Les résultats les plus récents ont été acquis grâce à la possibilité de fabriquer presqu'à volonté des anticorps hautement spécifiques, appelés anticorps monoclonaux. Ces résul- ' tata pourront probablement trouver une application thérapeutique directe dans le proche avenir. Enfin il y a lieu de mentionner la recherche épidémiologique sur le cancer qui, par des enquêtes statistiques aussi complètes que possible, tente de mettre en évidence des différences de fré- quence du cancer d'après l'appartenance géographique de la popu- lation. Cela permet de dépister des indices de substances cancé- rigènes dans l'environnement, de les identifier et de les évi- ter. On peut citer en exemple l'action conjuguée de certains champignons vénéneux et du virus de l'hépatite dans l'apparition du cancer du foie. 122 Organisation de la recherche sur le cancer la recherche clinique sur le cancer en Suisse est décentralisée. Il n'existe pas d'hôpital national du cancer, comme c'est le cas dans d'autres pays. Les services d'oncologie des hôpitaux uni- versitaires et des hôpitaux cantonaux de notre pays sont réunis dans le Groupe suisse Ae recherche clinique sur le cancer (SAKK)• Ce groupe de travail supraregional a pour objectif de développer de nouvelles méthodes thérapeutiques plus efficaces par l'établissement de programmes communs de traitement. Depuis sa fondation vers le milieu des années soixante, ce groupe a prouvé son efficacité comme instrument de coordination. On l'a pris comme modèle pour les organisations semblables en Europe. La plus grande part de la recherche fondamentale est exécutée ,par l'Institut Cuisse de recherches expérimentales sur le cancer (ISREC) à Epalinges VD. Cet institut est considéré comme l'un des plus importants dans le monde. Il ne faut toutefois pas ou- blier de mentionner que les universités -et une partie de l'in- dustrie ont des laboratoires de recherches hautement spécialisés qui jouissent d'un grand renom à l'étranger. La recherche épidémiologique sur le cancer en Suisse a, compara- tivement à la recherche clinique et à la recherche fondamentale, un grand retard à rattraper. Un premier pas en ce sens a été fait il y a dix ans par la création des registres des tumeurs dans les cantons de Genève, Vaud, Neuchâtel, Baie, Zurich et Saint-Gall/Appenzell. Les travaux de ces registres sont arrivés 1441
à une phase où il est possible de comparer les données recueil- lies et de mettre en évidence d'éventuelles différences signifi- catives dans la fréquence du cancer. Ces travaux sont menés en collaboration étroite avec le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) à Lyon. L'échange international des données est ainsi assuré. Les groupes de chercheurs travaillant dans notre pays entretien- nent des contacts suivis avec leurs collègues étrangers. L'é- change des nouveaux résultats est intense et rapide, grâce à des contacts personnels et professionnels directs et réguliers. La collaboration internationale dans le domaine du cancer est très poussée." La Suisse a fourni ces dernières années une contribution remar- quable dans le domaine de la recherche sur le cancer. Le haut niveau de notre recherche est reconnu internationalement. La re- cherche sur le cancer a acquis au cours des deux dernières dé- cennies beaucoup plus de nouvelles connaissances que durant les cent années précédentes. On peut prévoir que dans le proche avenir ces connaissances vont continuer à s'accroître rapidement dans le domaine des mécanismes de l'apparition du cancer, de la prévention, du diagnostic et du traitement. Cette perspective ne doit cependant pas nous faire oublier que les succès s'obtien-- nent étape par étape. Les progrès sont le fruit de la collabo- ration internationale entre les différents centres de recher- ches. Dans ce domaine il ne faut pas s'attendre à ce qu'un cher- cheur isolé réalise une percée décisive. 12? Subventions fédérales allouées jusqu'ici aux dépenses d'infrastructure de la recherche sur le cancer La Confédération a alloué aux dépenses d'infrastructure de la recherche sur le cancer des subventions d'un montant de 20 mil- lions de francs pour la période allant de 1975 à 1979, en vertu de l'arrêté fédéral du 24 septembre 1974 et d'un montant de 21,4 millions pour la période allant de 1980 à 1983 en vertu de l'ar- rêté du 18 septembre 1979. Le tableau 3 indique l'évolution des subventions fédérales aux dépenses d'infrastructure de la re- cherche sur le cancer depuis 1975- II y a lieu de noter que les registres des tumeurs ainsi que le Centre international de re- cherche sur le cancer (CIRC) n'ont bénéficié de subventions qu'en vertu de l'arrêté fédéral du 18 septembre 1979, soit à partir de la deuxième période de subventionnement. En outre, à partir de 1981 la réduction linéaire de 10 pour cent des subven- tions est entrée en vigueur. 1442
Evolution des subventions fédérales aux dépenses d'infra-- structure de la recherche sur le cancer de 1975 à 1983 (en 1000 francs) Tableau 3 Année 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 Recherche clinique y compris les registres dea tumeurs 600 1 200 1 300 1 400 1 500 1 764 1 837 1 912 1 987 ISEEC 2 290 2 630 2 970 3 060 3 150 3 227 3 292 3 357 3 424 CIRC — 150 150 150 150 Total 2 890 3 830 4 270 4 460 4 650 5 H1 5 279 5 419 5 561 124 Requêtes de la recherche sur le cancer pour les années 1984 à 1987 Les différentes institutions ont présenté leurs requêtes par écrit au Conseil fédéral. Ces rapports figurent dans le supplé- ment n° 30 du journal "Politique de la science". On peut en ré- sumer les points principaux comme il suit: Dans le domaine de la recherche clinique sur le cancer, le SAKK, outre la poursuite des travaux de recherche sur les tumeurs - un secteur dans lequel il fournil; traditionnellement des résultats reconnus internationalement (cancer du sein, carcinome bronchi- que microcellulaire, leucémies) - planifie le développement de nouveaux procédés thérapeutiques pour des tumeurs jusqu'ici ré- fractaires au traitement, l'étude clinique de nouveaux médica- ments, le développement de l'oncologie diagnostique, la mise sur pied de laboratoires de référence dans le domaine de la patholo- gie et l'institution d'un contrôle de la qualité pour la radio- thérapie. La centralisation des données statistiques devra éga- lement être développée, afin de garantir le contrôle de la qua- lité, absolument indispensable dans le domaine de l'informatique et de la statistique. Environ 1/5 de la subvention demandée est prévu pour le Centre de coordination scientifique à Genève (sta-- tistique, traitement des données, évaluation des études, admi- nistration) ; le reste est réparti selon une clé déterminée entre les sept centres régionaux pour la réalisation des projets de 1443
recherche acceptés. La subvention revendiquée par le SAKK pour les années 1984 à 1987 se monte à 8,5 millions de francs au to- tal (voir tat. 4). le registre des tumeurs des os fait également partie de la re- cherche clinique sur le cancer. Tous les cas de tumeurs des os sont rassemblés, ce qui permet d'offrir l'assistance diagnosti- que et thérapeutique nécessaire. La subvention demandée est de 600'000 francs au total. La recherche fondamentale s'accomplit principalement à l'ISREC. L'Institut demande pour la prochaine période une subvention d'un montant de 20,5 millions de francs (y c. deuxième pilier, voir tab. 4). Ce montant permettra de couvrir 90 pour cent de ses frais d'exploitation. A côté de la poursuite des programmes de recherche en cours, des activités supplémentaires sont prévues, notamment l'étude des oncogènes humains et des membranes cellu- laires. L'activité de l'Association des registres suisses des tumeurs relève de la recherche épidémiologique sur le cancer. Cette as- sociation groupe les registres des tumeurs des régions de Genè- ve, Vaud, Neuchâtel, des deux Baie, de Saint-Gall, des deux Ap- penzell ainsi que de Zurich. Outre la consolidation du système de saisie des données et de l'harmonisation de la technique d'enquête, l'interprétation des données collectées est au pre- mier plan de l'activité de l'Association. Différentes études épidémiologiques sont prévues, notamment, pour n'en citer qu'u- ne, une analyse de la situation en ce qui concerne le cancer dans les régions urbaines et campagnardes. Pour couvrir ses dé- penses d'infrastructure, l'Association, qui reçoit également une aide financière de cantons, de ligues cantonales contre le can- cer et d'universités, demande pour la période 1984 à 1987 une subvention de 1,3 million de francs (voir tab. 4). Dans la catégorie des études pilotes à l'échelle nationale, il faut citer le projet de recherche sur la transplantation de moelle osseuse, budgeté à 464'000 francs pour les années 1984 à 1987 (voir tab. 4). Les études pilotes à l'échelle internationale sont les projets planifiés ou prévus en collaboration avec le CIRC. A relever le projet SEARCH (Surveillance of thé Environmental Aspect in Rela- tion to Cancer in Humans) qui consiste à examiner les habitants de régions de différents pays quant à la fréquence de certaines formes de cancer. L'objectif du SEARCH est d'étudier par des comparaisons entre les régions les causes environnementales de 1444
certaine cancers et d'en tirer les mesures préventives nécessai-- res. Une autre étude, planifiée avec l'aide du CIRC et la colla- boration de l'Association des registres suisses des tumeurs, permettra ensuite de calculer les taux d'incidence et de morta- lité de certains cancers, et de faire des comparaisons intercan- tonales ainsi qu'avec des données standardisées. On étudie actu- ellement si ces deux projets sont réalisables. Le montant des dépenses budgeté pour les études pilotes à l'échelle internatio- nale est de 1 ,2 million de francs au total (voir tab. 4) Requêtes pour les dépensée d'infrastructure de la recherche sur le cancer 1984 à 1987 (en milliers de francs) Tableau 4 Année 1984 1985 1986 1987 Total SAKK et registres cliniques 2 150 2 230 2 313 2 400 9 093 ISREC 4 5 5 5 20 814 004 202 406 426 Recherche épidémiolo- gique 240 334 356 381 1 311 Etudes natio- nales 109 . 114 118 123 464 pilotes inter- natio- nales 300 300 300 300 1 200 Total 7 7 8 8 32 613 982 289 610 494 125 Avis du Conseil de la science le Conseil de la science a examiné de son côté de manière appro- fondie les requêtes des chercheurs. Son avis sera publié in ex- tenso dans le Bulletin d'information des organes suisses de po- litique de la science (Supplément n.° 30, 1983). Nous rapportons ci-après les points principaux de cet avis: II est nécessaire de prévoir de nouvelles contributions dans le même ordre de grandeur que jusqu'ici afin de garantir la continuité de la recherche sur le cancer dans les institutions soutenues par la Confédération. Dès que la loi sur la recher- che actuellement en projet entrera en vigueur, il conviendra d'examiner si l'ISREC peut être repris par la Confédération. Il faudra en même temps trouver des solutions nouvelles pour les autres institutions soutenues en vertu de l'arrêté fédé-- ral. Il n'a pas été possible jusqu'ici d'instaurer une véritable coopération avec le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) à Lyon. De ce fait, il n'est plus question au- jourd'hui de l'imminente adhésion au CIRC qui était préconisée par le Conseil de la science. 1445
Le conseil recommande:
pas été compensées et que les subventions ne sont pas destinées au financement de travaux de recherches spécifiques, mais aux dépenses d'infrastructure de la recherche, en particulier les dépenses de salaires. Pour les institutions oeuvrant dans le domaine de la recherche, l'infrastructure est la base sur laquelle peuvent être réalisés les projets de recherche qui eux sont financés par les cantons, le Fonds national, les ligues contre le cancer, et d'autres or- ganismes. C'est là que réside la raison principale pour laquelle les dépenses d'infrastructure de la recherohe sur le cancer ne sont pas subventionnées par le Fonds national, le mandat de ce dernier étant précisément de financer les travaux de recherche. La modeste augmentation que nous proposons se justifie par le fait que la Confédération exerce une fonction stimulatrice in- dispensable, assurant à la fois la continuité du paiement des subventions à l'infrastructure de la recherche sur le cancer et favorisant la coordination. Subventions fédérales aux dépensée d'infrastructure de la recherche sur le cancer 1984 - 1987 (en milliers de francs) Tableau 5 AnnéeSAKK et ISEEC registres cliniques 1984 1985 1986 1987 Total 1 640 1 705 1 773 1 880 6 998 3 485 3 625 3 770 3 996 14 876 Recherche épidémio- logique 175 182 189 200 746 Etudes pilotes Total natio- inter- nales natio- 96 100 104 110 410 nales 144 150 156 165 615 5 540 5 762 5 992 6 351 23 645 Même dans le domaine de la recherche moderne sur le cancer, il faut penser à la protection de la personnalité et des données, la Confédération est consciente de 1'importance de ces questions et elle veille à ce que les subventions soient versées seulement lorsque les garanties sont suffisantes. 1447
2 Remarques concernant les arrêtés fédéraux; 21 Généralités Jusqu'ici, les Chambres fédérales fixaient pour une période de quatre ans, par arrêté fédéral ordinaire, les crédits destinés au Ponds national et à la recherche sur le cancer. Cette procé-, dure donnait au Ponds national la continuité qu'exige son acti- vité. Elle a fait ses preuves et c'est la raison pour laquelle elle a été reprise dans le projet de loi sur la recherche. A l'inverse des arrêtés antérieurs, le présent arrêté est uni- quement un arrêté de crédit. Les mesures d'organisation sont contenues dans la loi sur la recherche et seront précisées dans son ordonnance d'exécution. Ainsi, par exemple, les modifica- tions de statuts des institutions chargées d'encourager la re- cherche, dans la mesure où elles concernent les activités finan- cées par les deniers fédéraux, sont soumises à l'approbation du Conseil fédéral. En outre, les institutions encourageant la re- cherche sont tenues de fournir des informations complètes: la "base pour le versement des tranches annuelles de crédit par le Conseil fédéral est constituée par des plans de répartition mo- tivés qui sont soumis à l'approbation du Conseil fédéral. Elles doivent aussi renseigner périodiquement le Conseil fédéral sur leur activité et sur l'exécution des plans pluriannuels. le Con- seil fédéral informe ensuite les Chambres fédérales. Au cas où la loi sur la recherche n'entrerait pas en vigueur comme prévu au 1er janvier 1984, les présents arrêtés devraient être adaptés à la situation nouvelle. Il conviendrait en particulier de ré- examiner leur forme juridique. Le Conseil fédéral soumettrait, le cas échéant, les propositions nécessaires -aux Chambres fédé- rales lors des débats concernant les arrêtés qui font l'objet du présent message. 22 Arrêté fédéral subventionnant les institutions chargées d'encourager la recherche durant la période 1984 à 1987 Cet arrêté s'appuie sur l'article 10 du projet de loi sur la re- cherche. Les crédits demandés en faveur des diverses institu- tions chargées d'encourager la recherche pour les années 1984- 1987 ont le caractère d'un "cadre de paiement". Le cadre de paiement fixe.un plafond financier que le Conseil fédéral doit respecter pour les budgets de l'Etat qui seront présentés ulté- rieurement. Le Conseil fédéral peut inscrire, dans les budgets annuels, des crédits de paiement allant jusqu'à concurrence de 1448
ce montant maximum, mais il n'est pas tenu de le faire. Pour l'instant, nous envisageons de vous demander les subventions an- nuelles avec le budget, conformément à ce gué nous avons exposé au chiffre 114- Des six articles de l'arrêté fédéral, seul l'article premier doit être souligné. L'article ier ? 2e alinéa, vise à empêcher que le Ponde national suisse ne soit contraint à des coupes trop radicales dans ses mesures d'encouragement de la recherche lors de l'entrée en vigueur de la loi fédérale sur l'assurance-vieil-- lesse, survivants et invalidité (cf. nos remarques au ch. 114). lors de l'entrée en vigueur de cette loi, le Fonds national suisse s'attend à ce que les directeurs de projets doivent ver- ser, en leur qualité d'employeurs, près de 6 millions de francs par anauxr caisses de retraite. Comme la date de l'entrée en vigueur de la loi n'est pas encore fixée définitivement, nous avons renoncé à augmenter d'ores et déjà les crédits-annuels du coût de ces contributions. Toutefois, dans la prochaine période de subventionnement, ces moyens financiers, seront inclus d'em- blée dans les subventions de la Confédération, comme les autres prestations sociales. l'article premier, 3 e alinéa, statue expressément que le Conseil fédéral peut confier au Ponds national suisse l'exécution de programmes nationaux de recherche jusqu'à concurrence de 12 pour cent des moyens financiers qui sont mis à sa disposition. Les expériences de ces dernières années ont montré qu'une augmenta- tion de la part des programmes nationaux de recherche dans les dépenses totales du Fonds national ne serait pas supportable, ne serait-ce qu'en raison de l'infrastructure restreinte du Ponds national. 23 Arrêté fédéral subventionnant la recherche sur le cancer durant la période 1984 à 1987 L'article 16 du projet de loi sur la recherche prévoit notamment que le Conseil fédéral peut allouer, dans le cadre des crédits octroyés, des subventions aux établissements de recherche et à d'autres organismes servant à la recherche. Cette disposition a été inscrite dans la loi sur la recherche afin qu'il soit possi- ble par des subventions directes et d'autres mesures de l'ad- ministration fédérale (cf. art. 6, let. d de la loi sur la re- cherche), de soutenir des activités de recherche d'intérêt na- tional telles que, précisément, les recherches sur le cancer. La loi sur la recherche ne prévoit pas de cadre de paiement plu- riannuel pour les subventions selon l'article 16 (contrairement 1449
à l'art. 10 pour les subventions selon les art. 8 et 9). La pro- cédure usuelle consisterait donc à demander les fonds nécessai- res par la voie du "budget annuel. Toutefois, pour des raisons politiques, nous estimons qu'il convient que l'Assemblée fédéra- le donne son avis sur cette question et qu'elle fixe également un cadre- de paiement pour les années 1984 à 1987- La compétence de l'Assemblée fédérale à ce sujet découle de sa compétence en matière de budget définie par la constitution fédérale (art. 85, en. 10). L'article 1 er , 2 e alinéa, statue que les fonds destinés à la re- cherche sur le cancer doivent être utilisés pour subventionner les dépenses d'infrastructure de la recherche clinique (let. a), les frais d'exploitation de l'Institut suisse de recherches ex- périmentales sur le cancer (let. b) et les dépenses d'infra- structure de la recherche épidémiologique sur le cancer, ainsi que pour financer des études-pilotes de portée nationale et in- ternationale (let. c). En comparaison avec les arrêtés anté- rieurs, la formulation de la lettre c est nouvelle; ainsi, la disposition ne s'applique plus exclusivement au Centre interna- tional de recherche sur le cancer (CIRC). Cette formulation a été adoptée dans la perspective d'une plus grande flexibilité afin qu'il soit possible de 1'étendre à d'autres institutions internationales. Si l'on recourt à des données personnelles pour mener des re- cherches sur le cancer, il est nécessaire, selon le 3 e alinéa, que la Confédération fixe, en commun avec les services cantonaux intéressés et les milieux privés touchés» des conditions juridi- ques propres à garantir, lors de la récolte et de l'utilisation à long terme d'informations aussi confidentielles, la protection des données et plus particulièrement le secret médical. 3 Conséquences financières et effets sur l'état du personnel 31 Conséquences financières Comme nous l'avons exposé .en détail au chiffre 114, le montant maximum des dépenses prévues pour les institutions encourageant la recherche dans les années ..1984 à 1987 s'élève à 759,14 millions de francs. Ce calcul, e st fondé sur une augmentation réelle de 1 pour cent par an. Il appert que l'encouragement de la recherche reste une tâche prioritaire pour la Confédération, mais qu'il ne saurait échapper aux exigences d'une politique prudente en matière de dépenses. 1450
Les subventions pour 1984-et 1985 sont soumises à l'arrêté fédé- ral des 20 juin 1980/17 décembre 1982 réduisant certaines pres-- tations de la Confédération durant les années 1981 à 1985 (ES 611 .02; FF19822 III 1081), c'est-à-dire qu'elles serontdimi-i- nuées de 10 pour cent ces années-là. Il en résulte par exemple que le volume de l'encouragement par le Fonds national en 1984, malgré la hausse prévue, ne correspondra, en valeur réelle, qu'à celui de 1972. Pour l'instant, il n'est pas encore décidé de fa- çon définitive si les subventions de 1986 et de 1987 seront éga- lement incluses dans ce que l'on appelle le "programme complé- mentaire". Le total des montants prévus d'ici à 1986 s'en tient, de même que les crédits prévus pour l'aide aux universités, aux perspectives budgétaires pour les années 1984 à 1986 du 4 octo- bre 1982. Il en est de même pour la subvention pour la recherche sur le cancer de 23,645 millions que nous proposons pour la période 1984 à 1987. 32 Effets sur l'état du personnel La réalisation des mesures prévues par ces deux arrêtés n'exige pas de personnel supplémentaire. 4 Grandes lignes de la politique gouvernementale Nous avons annoncé les présentes mesures au chiffre 515 des Grandes lignes de la politique gouvernementale durant la légis-- lature 1979 à 1983 (FF 1980 I 586). 5 Constitutionnalité Les deux arrêtées fédéraux s'appuient sur l'article 10 de la loi sur la recherche (institutions chargées d'encourager la recher- che) et sur l'article 85, ch. 10, de la constitution fédérale (recherche sur le cancer). La loi sur la recherche est actuelle- ment traitée par les Chambres fédérales. Nous admettons qu'elle entrera en vigueur au début de 1984. - 1451
Arrêté fédéral Projet subventionnant les institutions chargées d'encourager la recherche durant la période 1984 à 1987 L'Assemblée fédérale de la Confédération suisse, vu l'article 10 de la loi sur la recherche du .. - 1 '; vu le message du Conseil fédéral du 16 février 1983 2) , arrête: Article premier Fonds national suisse de la recherche scientifique 1 Un montant maximum de 739 millions de francs est alloué pour les sub- ventions au Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNRS) dans les années 1984 à 1987. 2 Le Conseil fédéral est habilité à demander, en supplément au budget an- nuel, les fonds nécessaires pour couvrir l'excédent attesté des dépenses du Fonds national qui résultent de l'application de la loi fédérale sur la pré- voyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité (LPP) du 25 juin 1982 3
. 3 Le Conseil fédéral peut confier au Fonds national suisse de la recherche scientifique l'exécution de programmes de recherche jusqu'à concurrence de 12 pour cent du montant des subventions prévu au 1 er alinéa. Art. 2 Société helvétique des sciences naturelles Un montant maximum de 9,23 millions de francs est alloué pour les subventions à la Société helvétique des sciences naturelles dans les années 1984 à 1987. Art. 3 Société suisse des sciences humaines Un montant maximum de 7,710 millions de francs est alloué pour les subventions à la Société suisse des sciences humaines dans les années 1984 à 1987. Art. 4 Académie suisse des sciences médicales - Un montant maximum de 1,6 million de francs est alloué pour les subven- tions à l'Académie suisse des sciences médicales dans les années 1984 à
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FF 1983 1 1405 3 FF 1982 II 405 1452
Subventionnement de la recherche scientifique Art. 5 Académie suisse des sciences techniques Un montant maximum de 1,6 million de francs est alloué pour les subven- tions à l'Académie suisse des sciences techniques dans les années 1984 à 1987. Art. 6 Disposition finale Le présent arrêté n'est pas de portée générale; il n'est pas soumis au réfé- rendum. 28182 97 Feuille fédérale. 135 e année. Vol. 1 1453
Arrêté fédéra) Projet subventionnant la recherche sur le cancer durant la période 1984 à 1987 L'Assemblée fédérale de la Confédération suisse, vu l'article 85, chiffre 10, de la constitution; vu le message du Conseil fédéral du 16 février 1983", arrête: Article premier 1 La Confédération alloue un montant maximum de 23,645 millions de francs pour la recherche sur le cancer dans les années 1984 à 1987. 2 Ces moyens financiers sont utilisés pour subventionner: a. Les dépenses d'infrastructure de la recherche clinique sur le cancer (SAKK et registres cliniques); b. Les frais d'exploitation de l'Institut suisse de recherches expérimen- tales sur le cancer (ISREC); c. Les dépenses d'infrastructure de la recherche épidémiologique sur le cancer (registre des tumeurs) ainsi que des études pilotes de portée na- tionale et internationale. 3 Le Conseil fédéral veille à ce que ces subventions ne soient allouées que si le secret médical et la protection des données sont garantis. Art. 2 Le présent arrêté n'est pas de portée générale; il n'est pas soumis au réfé- rendum. 28182 ') FF 1983 I 1405 1454
Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali Message concernant l'encouragement de la recherche scientifique durant la période de 1984 à 1987 du 16 février 1983 In Bundesblatt Dans Feuille fédérale In Foglio federale Jahr 1983 Année Anno Band 1 Volume Volume Heft 14 Cahier Numero Geschäftsnummer 83.010 Numéro d'affaire Numero dell'oggetto Datum 12.04.1983 Date Data Seite 1405-1454 Page Pagina Ref. No 10 103 678 Das Dokument wurde durch das Schweizerische Bundesarchiv digitalisiert. Le document a été digitalisé par les. Archives Fédérales Suisses. Il documento è stato digitalizzato dell'Archivio federale svizzero.
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