Conférence internationale du travail. 76e et 77e sessions
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général ce que je tire comme conclusion des innombrables discours qu'on me tient à ce sujet.
Je constate qu'il s'agissait d'une recommandation de M. Schiesser, Conseiller aux Etats, et d'un groupe de ses col- lègues. Nous l'avons reçue, mais le Conseil fédéral a décidé, le 15 janvier, de reconnaître ces deux républiques. Nous l'avons fait en toute connaissance de cause et en parfaite conscience. Personne ne m'a dit aujourd'hui que j'avais re- connu trop vite les douze communautés des Etats indépen- dants, où il y a douze républiques, et pourtant, là, nous étions un peu en avance.
Dès le mois d'octobre, nous avons déclaré clairement que la Suisse, qui était prête à reconnaître des Etats qui avaient déter- miné librement leur indépendance, ne le ferait dans un état de crise comme celui dans lequel se trouvait la Croatie en particu- lier qu'en même temps qu'un groupe significatif d'Etats. Or, au mois de décembre, nous avions encore dans ce pays une dé- légation internationale conduite par un Suisse qui tentait d'éta- blir un rapport sur les droits de l'homme. Nous avions besoin, Communauté ou non, de connaître les derniers prolonge- ments des négociations à La Haye. Nous avions besoin de connaître le rapport du président de la Cour du Conseil consti- tutionnel français, M. Badinter, qui était allé établir un rapport sur les possibilités de reconnaissance. Dès le moment où nous avons obtenu ces renseignements, en même temps que la Communauté et avant beaucoup de pays communau- taires - qui se sont décidés après coup - le Conseil fédéral a reconnu ces deux républiques.
Telles sont les leçons à tirer de ces expériences. Nous devons nous appuyer sur d'autres. Le risque est trop grand, si nous nous engageons seuls, de nous faire attirer dans un groupe d'Etats qui sera jugé politiquement ensuite, ou alors d'attirer sur les Etats que nous reconnaissons - et que nous ne pou- vons pas défendre - des incidents ou des représailles qui se- raient très douloureuses. Voilà pourquoi c'est au moment où l'ensemble des Etats européens reconnaissait ces deux répu- bliques que nous l'avons fait. Nous avions d'ailleurs rencontré les présidents de ces républiques, qui connaissaient exacte- ment notre point de vue.
Schiesser: Ich bin selbstverständlich damit einverstanden, dass diese Empfehlung als erfüllt abgeschrieben wird. Ueber die Praxis der Anerkennung werden wir vielleicht in anderen Fällen Gelegenheit haben, den Meinungsaustausch fortzuset- zen.
Ich nehme gerne zur Kenntnis, dass die Schweiz im Zusam- mengang mit der EG die beiden Republiken anerkannt hat, möchte aber doch die Eigenständigkeit unserer Aussenpolitik hochhalten und betonen.
Abgeschrieben - Classé
Präsidentin: Zum nächsten Geschäft heisse ich Herrn Bun- desrat Delamuraz ganz besonders herzlich willkommen. Es freut uns alle, dass er wieder gesund unter uns weilt. Ich wün- sche ihm viel Kraft und gute Gesundheit (Beifall)
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Internationale Arbeitskonferenz. 76. und 77. Tagung Conférence internationale du travail. 76e et 77e sessions
Bericht, Botschaft und Beschlussentwurf vom 3. Juni 1991 (BBI III 869)
Rapport, message et projet d'arrêté du 3 juin 1991 (FF III 898)
Beschluss des Nationalrates vom 24. September 1991 Décision du Conseil national du 24 septembre 1991
Antrag der Kommission Eintreten Proposition de la commission Entrer en matière
M. Delalay, rapporteur: Le Conseil fédéral nous soumet un rapport présentant les conventions et les recommandations adoptées lors des 76e et 77e sessions de la Conférence inter- nationale du travail. Ce rapport expose d'une part cinq conventions présentées au Parlement pour qu'il en prenne connaissance et d'autre part trois conventions soumises à la ratification par le Conseil fédéral avec l'autorisation des Cham- bres.
Voici en premier lieu une courte présentation des cinq conven- tions dont le Parlement doit prendre connaissance.
Convention No 169. Elle porte révision de normes antérieures de l'Organisation internationale du travail que la Suisse n'a pas ratifiées jusqu'ici. Cette convention vise avant tout les Etats membres de l'OIT sur le territoire desquels vivent des peuples indigènes et elle ne touche pas la Suisse. Notre politi- que dans le domaine des droits de l'homme suppose la ratifi- cation et la mise en oeuvre d'instruments plus généraux de l'organisation des Nations Unies avant d'entrer en matière sur une convention aussi spécialisée.
Convention No 170 et Recommandation No 177. Ces deux documents visent à prévenir les maladies et les lésions profes- sionnelles dues aux produits chimiques ou à en réduire les in- cidences. Si la Suisse est en mesure de s'associer aux objec- tifs de cette convention, sa législation, essentiellement canto- nale dans ce domaine, ne remplit pas toutes les conditions né- cessaires à son application.
La Convention No 171 a pour but de protéger les travailleurs des deux sexes qui accomplissent leur activité la nuit par des mesures permettant de protéger leur santé, de faciliter l'exer- cice de leurs responsabilités familiales et sociales, de leur as- surer des chances de développement de carrière et de leur ac- corder les compensations appropriées. Le Conseil fédéral, en parfait accord avec cette démarche, est prêt à accepter un postulat du Conseil national le priant d'examiner les modifica- tions législatives permettant d'éliminer les obstacles à la ratifi- cation des Conventions No 170 et 171, s'agissant particulière- ment de la protection contre les licenciements, des droits de la participation et de la protection de la maternité.
Le protocole additionnel à la Convention No 89 porte sur l'interdiction du travail de nuit des femmes dans l'industrie. Le droit suisse en vigueur ne répond pas à toutes les exigences de ce protocole. Sa ratification dépend de facteurs nationaux autant qu'internationaux susceptibles d'influencer l'adapta- tion des droits suisses et de nécessiter la prise en compte des évolutions du droit communautaire. Cette convention est contestée par plusieurs nations voisines de la Suisse, le débat portant sur l'interdiction du travail de nuit des femmes, par rap- port avec le principe de l'égalité des sexes.
Le Conseil fédéral doit examiner s'il entend dénoncer la convention dans le délai légal, soit avant la fin février 1992, à défaut de quoi nous serons engagés pour une nouvelle pé- riode de dix ans. Les consultations ont été entreprises à l'initia-
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tive de l'OFIAMT, notamment dans les milieux féminins, pour évaluer la situation dans ce domaine du travail de nuit des fem- mes. L'attitude de pays voisins membres de la Communauté européenne est importante car cette question doit être certes appréciée en termes juridiques et sociaux, mais aussi sous l'aspect économique, nos voisins étant aussi nos concurrents les plus directs.
Etant donné qu'il s'agit d'un sujet sensible, qui a fait l'objet d'un large débat dans notre pays et même de manifestations récentes, je prie le chef du Département de l'économie publi- que de nous donner connaissance des considérations les plus récentes du Conseil fédéral en rapport avec la dénoncia- tion éventuelle de cette Convention No 89. La Commission du commerce extérieur de notre conseil ayant traité de cette question le 6 novembre 1991 déjà, des faits nouveaux sont sans doute apparus ou, en tout cas, la décision du Conseil fé- déral aura suffisamment mûri pour que le chef du Départe- ment de l'économie publique soit en mesure aujourd'hui de nous renseigner de façon plus complète sur les intentions de notre pays en rapport avec l'interdiction du travail de nuit des femmes dans l'industrie.
Les trois conventions soumises à la ratification du Parlement sont les suivantes:
La Convention No 119 concernant la protection des machines préconise des mesures spécifiques lors de la mise en circula- tion et de l'utilisation de machines. Ces mesures relèvent tant de notre législation sur la prévention des accidents que de celle sur la sécurité des installations et des appareils techni- ques. Depuis l'adoption de la Convention No 119 en 1963, no- tre législation a accusé des progrès substantiels en la matière, autorisant ainsi aujourd'hui une ratification.
Convention No 132 sur les congés annuels payés. Cette convention porte révision d'anciennes normes de l'OIT et fixe la durée minimale des congés annuels payés à trois semai- nes. L'étendue du droit aux vacances accordé par la conven- tion, les récentes améliorations de notre législation et notre pratique en ce domaine permettent de proposer l'approbation de cette convention.
Enfin, la Convention No 132 concerne la sécurité dans l'utilisa- tion de l'amiante. Cette convention déjà présentée dans le rap- port du 15 juin 1987 ne pouvait être ratifiée à l'époque. Depuis, notre droit positif a été complété de façon à répondre aux exi- gences de la convention, rendant désormais possible sa ratifi- cation.
Proposition de la commission: la commission propose à l'una- nimité et sans abstention de prendre acte des Conventions No 169, 170, 171 ainsi que du protocole additionnel à la Convention No 89. Par ailleurs, elle propose à l'unanimité et sans abstention d'approuver l'arrêté fédéral autorisant le Conseil fédéral à ratifier trois conventions internationales du travail, à savoir les Conventions No 119, 132 et 162.
Frau Simmen: Die Frage der Nachtarbeit für Frauen, die Herr Delalay vorhin aufgeworfen hat, bzw. eine Aufhebung des Ver- bots für Nachtarbeit haben in der Vergangenheit auch diesen Rat schon beschäftigt. Die Forderungen und Bedürfnisse auf diesem Gebiet sind sehr kontrovers. Einerseits ist die Schwei- zer Wirtschaft, ganz besonders in einer Zeit, in der ihr ein stei- fer Wind ins Gesicht bläst, daran interessiert, ihre Produktions- anlagen optimal, d. h in einem 24-Stunden-Betrieb, betreiben zu können. Andererseits ist Nachtarbeit unbestrittenermassen mit vermehrtem Stress für die Arbeitnehmer verbunden, und dies ganz besonders für solche, die noch andere Verpflichtun- gen haben, in den meisten Fällen sind dies Frauen mit Kin- dern.
Diese Ueberzeugung lag auch einem Vorstoss Jaggi vom De- zember 1990 zugrunde, der sich gegen eine Aufhebung des Nachtarbeitsverbotes für Frauen in der Industrie aussprach. In Anbetracht von veränderten gesellschaftlichen Verhältnis- sen, im Lichte von Artikel 4 der Bundesverfassung und mit Blick auf Europa wird sich in Zukunft das Kriterium für eine sehr restriktive Regelung bei der Nachtarbeit wohl vermehrt von der Trennungslinie Mann/Frau weg zu den Umständen verschieben, unter denen diese Frauen und Männer arbeiten. Es wird in Zukunft vermehrt auf Familienverpflichtungen, die
eine grosse Mehrarbeit und Mehrbelastung bedeuten, Rück- sicht genommen werden müssen. In diesem Sinne werden es nach wie vor in den weitaus meisten Fällen Frauen sein, die von diesem Verbot geschützt werden. Aber vermehrt wird es in Zukunft auch Männern, z. B. alleinerziehenden Vätern, zugute kommen, die ebenfalls eine Doppelbelastung von Beruf und Erziehungsarbeit auf sich nehmen.
Eine junge, kinderlose Informatikerin wird weit eher Nachtar- beit leisten können und wollen - auch wenn sie eine Frau ist - als ein Vater, der Familienpflichten zu erfüllen hat.
Auch wenn der Bundesrat zum Vorschlag käme, das Nachtar- beitsverbot für Frauen aufzuheben, kann es sich nicht darum handeln, hier eine large Haltung einzunehmen; vielmehr geht es darum, ein sehr sinnvolles Gebot bzw. Verbot den moder- nen Gegebenheiten anzupassen. Ich sehe mit Interesse den Ausführungen von Herrn Bundesrat Delamuraz entgegen, was der Bundesrat in bezug auf die Aufhebung zu unterneh- men gedenkt.
M. Delamuraz, conseiller fédéral: Permettez-moi tout d'abord un mot personnel de gratitude pour l'accueil amical et chaleu- reux que vous avez bien voulu me réserver dans le club des Etats toujours si aimable.
J'aimerais préciser que le Conseil fédéral n'a pas encore pris de position définitive à propos de la Convention No 89 de l'Or- ganisation internationale du travail. Il l'a enregistrée depuis le moment où - M. Delalay le rappelait - nous discutions de ce problème devant votre commission. C'est à ce moment que le Conseil fédéral a pris acte des résultats de la consultation complémentaire qui a été conduite dans notre pays et qui n'a en réalité pas dévoilé de prise de position parfaitement inédite. D'un côté, l'ensemble d'organisations et de milieux sont convaincus que la Convention No 89 est obsolète, qu'elle est contraire à un règlement global des affaires, en ce sens d'abord qu'elle vise uniquement les femmes travaillant dans le secteur industriel et non celles travaillant dans le secteur des services. Le maintien de la Convention No 89 perpétue une première inégalité de traitement selon les secteurs économi- ques où travaillent les femmes. La deuxième inégalité de traite- ment réside dans le fait qu'elle ne vise précisément que les femmes et, par conséquent, on se trouve en opposition avec le principe d'égalité entre hommes et femmes. Comme cette convention, selon les milieux favorables à son abrogation, pèse anormalement lourd contre les intérêts économiques de la Suisse, qu'elle rend l'économie suisse moins compétitive et moins performante à l'égard et par rapport à ses concurrents européens notamment, il en résulte que l'abrogation reparaît être la seule solution possible.
De l'autre côté, un certain nombre de milieux et de représen- tants des travailleurs, ainsi que certains milieux féminins ont confirmé leur volonté farouche que nous maintenions cette convention car, pensent-ils, a contrario, en cas d'abandon, les éléments de droit intérieur qui pourraient continuer de fournir quelque protection sociale et humaine ne seraient pas forcé- ment garantis et on risquerait dès lors de déboucher sur un certain vide juridique dans ce domaine, ce qui serait préjudi- ciable aux intérêts bien compris des femmes, depuis 40 ans que ces intérêts sont inscrits dans la Convention No 89 à la- quelle nous avons adhéré avec beaucoup d'autres pays en 1951. Rien de nouveau donc dans les opinions enregistrées au cours des dernières consultations, sinon - permettez-moi d'utiliser le terme, pas forcément dans le bon sens où peut l'entendre un membre du Parti radical suisse - (Hilarité) une radicalisation des opinions pour ou contre qui s'est dégagée de la consultation.
Où les choses ont quelque peu changé et constituent pour nous un élément nouveau d'appréciation dont nous n'avons pas encore tiré les ultimes conséquences, c'est dans le cadre tout d'abord de la Communauté économique européenne.
En date du 19 décembre, la Commission de la Communauté a adressé une mise en demeure aux Douze, c'est-à-dire à ceux des pays membres qui sont encore liés par la Convention No 89, pour qu'ils la dénoncent dans le seul délai utile, celui du 27 février 1992. Il s'agit d'une bonne partie des Douze, mais il y a de notables exceptions, l'Allemagne - je vous en parlerai
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tout à l'heure - n'est pas partie à la Convention No 89. A notre connaissance, qui n'est pas définitivement acquise, la France et la Belgique ont entrepris des démarches et des consulta- tions internes qui leur permettraient d'entamer la procédure de dénonciation dans les délais prescrits. J'ajoute que, pour ces deux pays comme pour tous les autres liés à la Convention No 89, les gouvernements sont placés devant le choix suivant: ils peuvent dénoncer la Convention No 89 avant la fin du mois de février en les formes respectées auprès de l'Organisation internationale du travail à Genève; cette convention est encore applicable pendant le délai d'une année et elle tombe en fé- vrier 1993. Il y aurait encore la possibilité théorique, et je l'ex- pose clairement au cas où la convention serait dénoncée par l'un ou l'autre de ces pays, à fin février 1992, de revenir sur cette décision dans un délai d'une année et de dire par exem- ple, en février 1993: toute réflexion faite, l'appréciation de la si- tuation que nous faisons aujourd'hui nous conduit à adresser à l'Organisation internationale du travail une lettre selon la- quelle nous revenons sur notre décision de dénonciation et nous maintenons purement et simplement l'usage de la Convention No 89 dans le pays considéré. Auquel cas la convention serait repartie pour neuf ans, c'est-à-dire pour un délai irrévocable contre lequel il ne peut rien se produire.
Vous me permettrez de remarquer qu'à l'époque, dans les an- nées cinquante, lorsque l'on a retenu ce délai de dix ans, on avait sans doute en tête, à titre tout à fait légitime, une certaine sécurité du droit international. Et l'on ne voulait pas que les conventions soient un peu des auberges espagnoles dont on peut sortir ou rentrer à peu près quand on veut, ce qui aurait créé des situations disparates au plan du droit du travail inter- national, et aurait amené toutes sortes de distorsions, entre autres, des principes sociaux et économiques sur lesquels re- posent les politiques des Etats membres de l'OIT.
Cette période de dix ans et la limite de fin février 1992, qui va- lent non seulement pour la Suisse mais pour tous les pays, no- tamment ceux de la Communauté qui y sont engagés, avaient donc pour elles d'assurer une certaine stabilité de la situation économique. Mais nous devons bien considérer que cette pé- riode n'est plus tellement compatible avec le rythme du renou- vellement technologique et de l'évolution économique d'au- jourd'hui. Il se passe des choses dans l'unité de temps, à la fin de notre siècle, beaucoup plus nombreuses et intenses que ce n'était le cas dans les années cinquante. On est aussi cer- tainement en présence d'un instrument juridique international qui mériterait révision, au moins sur la procédure des adapta- tions et sur les durées nécessaires à la modification de cet ins- trument. Pour le moment, il existe en tant que tel. Par consé- quent, si un Etat décide une fois pour toutes de dénoncer cette Convention No 89, il ne peut le faire que maintenant. Passé la fin du mois de février, irrévocablement, on sera engagé pour une période de dix ans.
Les tenants de l'abrogation spéculent en particulier sur cet ar- gument de la durée de la procédure, c'est la première attitude possible. La seconde, c'est que, désireux de maintenir la tradi- tion solidement établie en 1948, le gouvernement suisse, ainsi peut-être que d'autres gouvernements des pays de la Com- munauté, décide au contraire qu'il faut maintenir la conven- tion. Là, je l'ai déjà déclaré à votre conseil, et aussi au Conseil national, au nom du Conseil fédéral, si tel devait être le cas et si telle devait être la décision que nous prendrons au niveau du Conseil fédéral, à coup sûr le Conseil fédéral présenterait au Parlement la proposition de ratifier le protocole à la Conven- tion No 89 qui enlèverait quelque rigueur et donnerait un peu plus de souplesse à ce domaine du droit, sans que les princi- pes contenus dans la Convention No 89 ne soient abandon- nés. Mais en prenant une telle décision, à savoir le maintien de la convention, le Conseil fédéral, passant allègrement la date de fin février, lâche en quelque sorte la proie pour l'ombre, car il n'est pas du tout sûr que le Parlement soit d'accord avec la convention additionnelle que nous pourrions lui proposer avec tous les délais inhérents. Le Parlement pourrait prendre une décision en cette matière au plus tôt en automne ou en hi- ver de cette année, avec délai référendaire à la clef peut-être, de sorte que, de toute façon, nous nous trouverions bien après le délai ultime pour la dénonciation de la convention. Le
Conseil fédéral prendrait donc là un risque et, honnêtement, il n'a pas encore pleinement apprécié la valeur et la portée de ce risque, car quelques éléments d'information de dernière ana- lyse lui font encore défaut. Il enregistre en particulier que, dans certains milieux favorables au maintien de la Convention No 89, il y a des groupes qui, eux, ne sont pas favorables à l'introduction de cette convention et de ce protocole addition- nel. Nous craindrions que cette impossibilité de faire passer le protocole additionnel en cas de maintien, pour la Suisse, de la Convention Nº 89 ne nous place vraiment devant une situa- tion de disparité, par rapport à la plupart de nos voisins, qui nous serait défavorable. Mais c'est un risque politique que le Conseil fédéral appréciera encore.
Je vous ai donc dit de quoi il retourne en ce qui concerne la France et la Belgique - dont on connaîtra naturellement les décisions définitives avant la fin du mois de février. En ce qui concerne d'autres Etats Membres, les renseignements en no- tre possession sont encore fragmentaires, mais nous avons reçu aujourd'hui une information concernant l'Allemagne qui nous éclaire tout de même quelque peu sur les démarches al- lemandes. Je le répète, l'Allemagne n'est pas liée à la Conven- tion No 89, mais à une vieille convention de 1906 qui, grosso modo, vise les mêmes objectifs. Aujourd'hui, le Tribunal fédé- ral constitutionnel de Karlsruhe a jugé que l'interdiction du tra- vail de nuit pour les ouvrières, en vigueur en Allemagne depuis un siècle, est une interdiction illégale car elle est discrimina- toire à l'égard des femmes. Le Tribunal constitutionnel alle- mand a estimé que cette loi défavorisait les ouvrières de l'indu- strie par rapport à leurs collègues masculins, mais aussi par rapport aux employées des services qui ont le droit de travail- ler la nuit. C'est une situation doublement comparable à la si- tuation suisse. Lorsque j'ai parlé tout à l'heure des deux discri- minations actuelles, il s'agit bien d'une discrimination des fem- mes entre elles, selon le secteur économique, et d'une discri- mination des femmes par rapport aux hommes, ou inverse- ment si vous préférez. Cela va certainement confirmer les in- tentions de décision que nous avions enregistrées de la part des Allemands, et cela va sans doute aussi accélérer un cer- tain mouvement à l'intérieur de la Communauté.
Certes ne sommes-nous pas pour un alignement pur et simple de la Suisse à tout propos et sur tous les points avec la Com- munauté. Nous avons notre libre arbitre et nous sommes un Etat souverain qui, jusqu'à plus ample informé, ne fait pas par- tie de la Communauté, même si l'on en a l'intention un jour. Il me paraît intéressant de constater que les arguments dévelop- pés par la commission le 19 décembre vont dans un sens très clair et très net d'un abandon de la Convention No 89; c'est un élément intéressant tant du point de vue juridique que politi- que. L'élément économique doit tout de même être pris en compte - ce n'est pas le seul: l'argument social, l'argument humain doivent l'être aussi, mais l'argument économique pèse d'un certain poids.
Cela signifie que l'on s'achemine très vraisemblablement du côté des pays de la Communauté ou d'une majorité d'entre eux, et en tout cas des pays économiquement les plus signifi- catifs pour nous, vers un allègement de leurs conditions, par conséquent, dans ce domaine, vers une ouverture qui, par rapport à nos conditions, pourrait nous mettre en situation économique plus défavorable. C'est un des éléments qui va être apprécié par le Conseil fédéral, dont la décision ne sera prise qu'à la lumière des derniers développements que nous aurons sur cette question.
Je m'empresse de préciser que, si le Conseil fédéral venait à décider de l'abandon de la Convention No 89 dans un délai qui prendrait effet en février 1993, la législation intérieure, aussi longtemps que vous, parlementaires, n'en demandiez pas le démantèlement, continuerait de s'appliquer à notre marché du travail, dans le respect de la Convention No 89. Mais sans doute faudrait-il, pour des raisons d'obsolescence de cette législation et de la Convention No 89, transformer cette législation et, par une nouvelle loi du travail, qui a été mise en chantier et dont les premières consultations internes ont eu lieu, l'on pourrait maintenir une procédure de protec- tion du travail nocturne, une procédure de contrôle de celui-ci, ainsi qu'une analyse rigoureuse des conditions dans les-
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Postulat Gadient
quelles il peut s'exercer, avec notamment une observation mé- dicale et une observation sociale du cas des travailleurs noc- turnes, d'après les côtés positifs de la Convention No 89, mais avec un éclairage plus moderne qui permette de ne plus tom- ber sous le coup des caractéristiques dépassées, là où elles existent, de ladite convention.
Par conséquent, le Parlement sera de toute façon, quelle que soit la décision que le Conseil fédéral prenne à fin février, conduit à légiférer sur cette question. Si le Conseil fédéral dé- cide de ne rien abroger, n'écrit rien à l'OIT avant la fin du mois de février, cela signifie que nous maintenons la Convention No 89. Mais je l'ai dit, et je l'annonce en toute clarté, ce sera pour vous proposer, dans le courant de l'année, la ratification du protocole additionnel qui permet un certain assouplisse- ment intelligent, une modernisation de la convention, ce qui incombe au Parlement. Au contraire, si le Conseil fédéral abroge, il s'ensuivra de toute façon, à votre intention, une pro- position de modification de la législation sur le travail et, là en- core, le Parlement aura le dernier mot quant à savoir comment il adapte les protections légitimes et nécessaires de la désor- mais défunte, au sens de la Suisse, Convention No 89. Le pro- blème c'est que le Conseil fédéral, s'il est maître de la décision d'abandon de la Convention No 89 pour le mois de février, n'est pas maître des décisions que, dans les cas a) ou b), le Parlement aura à prendre dans le courant de l'année, éven- tuellement encore au début de l'année 1993. Telle est la don- née et telle est, par conséquent, l'appréciation encore plus affi- née que le Conseil fédéral veut entreprendre dans ce domaine jusqu'au délai ultime de fin février, pour aviser l'Organisation internationale du travail.
Voilà ce que je pouvais vous dire de l'actualisation de ce dos- sier, des éléments nouveaux qui sont venus le constituer de l'intérieur et de l'extérieur par rapport à ce que nous avions dit en commission au mois de novembre dernier. Voilà des appré- ciations plus fines mais encore ni complètes ni définitives sur lesquelles le Conseil fédéral va trancher et voilà surtout, de manière claire et nette, les conséquences qui résulteront pour la Suisse, mais particulièrement pour les Chambres fédérales, d'une solution d'abandon ou d'une solution de maintien de la Suisse dans la Convention No 89.
Eintreten wird ohne Gegenantrag beschlossen Le conseil décide sans opposition d'entrer en matière
Detailberatung - Discussion par articles
Titel und Ingress, Art. 1, 2 Antrag der Kommission Zustimmung zum Beschluss des Nationalrates
Titre et préambule, art. 1, 2 Proposition de la commission Adhérer à la décision du Conseil national
Angenommen - Adopté
Gesamtabstimmung - Vote sur l'ensemble Für Annahme des Entwurfes
34 Stimmen (Einstimmigkeit)
An den Bundesrat - Au Conseil fédéral
91.3321
Postulat Gadient Verlegung von Arbeitsplätzen ins Ausland. Sicherung der Arbeitsplätze
Transfert d'emplois à l'étranger, maintien d'emplois en Suisse
Wortlaut des Postulates vom 26. September 1991
Bereits drei aufeinanderfolgende Quartale weisen in der Schweiz ein negatives wirtschaftliches Wachstum auf. In der Sprache der Wirtschaftswissenschaft bedeutet das Rezes- sion.
Ursachen dafür sind insbesondere die hohen Inflationsraten infolge seinerzeit verfehlter Geldpolitik, administrierte Preise und strukturelle, durch zu starke Kartellierung der Wirtschaft bewirkte Verhärtungen.
Täglich gehen Arbeitsplätze verloren. Die Schweiz läuft zudem Gefahr, wirtschaftlich ins Abseits zu geraten und ihre bisher bedeutende Stellung auf den internationalen Märkten einzu- büssen. Der Produktionsstandort Schweiz scheint weiterhin an Attraktivität zu verlieren, denn die Verlegung von Produk- tionsstätten und Arbeitsplätzen ins Ausland dauert an und hat inzwischen ein alarmierendes Ausmass erreicht
Der Bundesrat wird deshalb ersucht, einen Bericht vorzule- gen, der über Umfang, Art und Ursachen der in den letzten fünf Jahren ins Ausland verlegten Arbeitsplätze und Produktions- stätten Aufschluss gibt, und gleichzeitig Massnahmen zu er- greifen und vorzuschlagen, welche die bestmögliche Siche- rung und die Erhaltung der Arbeitsplätze in der Schweiz ge- währleisten.
Texte du postulat du 26 septembre 1991
Depuis trois trimestres successifs, la croissance économique en Suisse est négative. Dans le langage des sciences écono- miques, c'est ce qu'on appelle une récession.
Les causes en sont notamment le taux d'inflation élevé, dû à des mesures malencontreuses de politique monétaire, les prix fixés par l'Etat et une certaine sclérose des structures provo- quée par une cartellisation excessive de l'économie.
Chaque jour, des emplois sont supprimés. La Suisse court en outre le danger de se trouver hors-jeu dans le domaine écono- mique et de perdre son importance sur les marchés internatio- naux. Les producteurs semblent de moins en moins attirés par la Suisse pour implanter leur production, puisqu'on ne cesse de transférer les centres de production et les emplois à l'étran- ger, phénomène qui a atteint une ampleur alarmante.
Le Conseil fédéral est donc invité à présenter un rapport sur l'ampleur, la forme et les causes du transfert de la production (usines et emplois) à l'étranger pendant les cinq dernières années, à prendre et à proposer des mesures propres à garan- tir et à maintenir les emplois en Suisse dans la mesure du pos- sible.
Mitunterzeichner - Cosignataires: Seiler Bernhard, Uhlmann, Zimmerli (3)
Gadient: In meinem bereits in der Herbstsession eingereich- ten Postulat habe ich auf die Gefahr hingewiesen, dass unser Land wirtschaftlich ins Abseits geraten und die bisher bedeu- tende Stellung auf den internationalen Märkten verlieren könnte. Die Kurzarbeit nimmt rapid zu. Täglich gehen Arbeits- plätze verloren, und die Verlegung von Produktionsstätten und Arbeitsplätzen ins Ausland dauert an; sie hat inzwischen alarmierende Ausmasse erreicht.
Im November waren 34 109 Personen von Kurzarbeit betrof- fen, 6062 oder 21,6 Prozent mehr als im Vormonat. Die Zahl der Ausfallstunden erhöhte sich um 278 992 auf 1 528 814, jene der kurzarbeitenden Betriebe um 25,2 Prozent auf 1154.
Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali
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1992
Anno
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I
Volume
Session
Session
Januarsession Session de janvier
Sessione
Sessione di gennaio
Rat
Ständerat
Conseil
Conseil des Etats
Consiglio
Consiglio degli Stati
Sitzung
01
Séance Seduta
Geschäftsnummer 91.039
Numéro d'objet
Numero dell'oggetto
Datum
28.01.1992 - 17:00
Date
Data
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12-15
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