Interpellation Flückiger. 700-Jahrfeier
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Cela étant, la Confédération, consciente des inconstestables avantages qu'offre l'existence de raffineries en Suisse, sou- haite que les installations de Collombey soient maintenues, cela est certain. Elle estime que l'avenir des raffineries et les in- vestissements nécessaires à leur compétitivité doivent être pris en charge par le secteur privé, par l'industrie pétrolière. Elle n'entend donc pas soutenir financièrement la raffinerie de Collombey ni s'immiscer dans le litige de nature privée qui op- pose GATOIL, société propriétaire, à son fournisseur.
Eu égard à notre système d'économie libérale, la contribution de la Confédération ne saurait aller dans cette direction. En re- vanche, ce que vous demandez, Monsieur le député, de la part de la Confédération, c'est autre chose. Il s'agit d'abord de faire en sorte que les conditions-cadres dans lesquelles opèrent nos raffineries, celle de Collombey en particulier, soient telles qu'elles permettent la compétitivité de ces entreprises. De ces conditions-cadres, la Confédération est partiellement maître; mais sachez en tout cas qu'elle aura la subtilité économique de ne pas imposer des conditions-cadres insupportables à la société, qu'elle jugera dans quel sens elle peut même les al- léger. En outre, les autorités fédérales sont prêtes à reposer le problème du tarif marchandises par chemin de fer, pour autant que cela ait une signification réelle sur l'avenir de Collombey. Enfin, il est bien évident que les efforts des entreprises suisses, sur le plan international, nous les comprenons et nous les sou- tenons et que, à cet égard, nos représentations à l'étranger peuvent jouer un rôle important, si nécessité s'en fait sentir et à la demande des vendeurs. Il est bien clair que, en l'occurence, nous sommes prêts à engager nos agents à l'étranger.
M. Delalay: Je remercie Monsieur le chef du Département de l'économie publique de sa réponse dans la mesure où il as- sure que son département prêtera son concours pour trouver une solution qui permette de remettre sur pied cette entreprise et de sauver les postes de travail qui s'y trouvent.
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Interpellation Fluckiger 700-Jahrfeier: Auch ein Konzept für die Zukunft Les 700 ans de la Confédération: aussi un concept pour l'avenir
Wortlaut der Interpellation vom 15. März 1989
Schon seit einiger Zeit häufen sich die Anzeichen, dass in der Bevölkerung angesichts der Entwicklung der Gesellschaft in unserem Land eine gewisse Desillusion vorhanden ist.
Die Gründe für dieses Missbehagen sind nur schwer auszu- machen, weil sie wahrscheinlich zum grossen Teil irrational sind. Schuld am Missbehagen könnte jedoch der Umstand sein, dass es an einem Gesellschaftsentwurf fehlt, der mehr als nur Wohlstand und soziale Sicherheit beinhaltet.
Die 700-Jahrfeier der Eidgenossenschaft sollte nicht nur er- möglichen, Bilanz zu ziehen über die Errungenschaften, Er- folge, Mängel und Misserfolge, sondern unbedingt auch - und zwar in noch vermehrtem Masse - Anlass sein, über die Zu- kunft der Schweiz nachzudenken.
Der Bundesrat wird nicht verfehlt haben, die nötigen Anwei- sungen zu erteilen, damit die 700-Jahrfeier der Eidgenossen- schaft zu einem eingehenden Nachdenken über die Zukunft der Schweiz genutzt wird.
Welche Themenkreise möchte er untersucht wissen? In wel- chem Rahmen soll dies geschehen, und welche Ziele will man damit anstreben?
Texte de l'interpellation du 15 mars 1989
Depuis quelque temps déjà, les signes se multiplient qui
révèlent l'existence d'un certain désenchantement de la popu- lation à l'égard de l'évolution de la société dans notre pays. Les causes du malaise, probablement parce qu'elles partici- pent de l'irrationnel, sont malaisées à identifier. L'une d'elle pourrait bien être, précisément, l'absence d'un projet de so- ciété autre que celui de la prospérité économique et de la sécurité sociale.
La célébration du 700e anniversaire de la Confédération doit permettre de dresser un bilan des acquis, des succès, des im- perfections et des échecs aussi, mais plus encore de réfléchir impérativement à l'avenir de la Suisse.
Le Conseil fédéral n'aura pas manqué de donner des instruc- tions pour que les 700 ans de la Confédération intègrent une réflexion prospective approfondie. Dans ce cas et concrète- ment, quels sujets souhaite-t-on en particulier voir analyser, dans quel cadre et pour quels objectifs?
Mitunterzeichner - Cosignataires: Béguin, Delalay, Ducret, Iten, Jaggi, Piller, Roth (7)
M. Flückiger: On ne contestera guère que l'image de la Suisse à la veille du 700e anniversaire de la Confédération ap- paraît contrastée, ce qui est normal. Certains médias, peu ou prou le miroir de nos réalités nationales, semblent parfois en- clins à mettre en exergue plutôt les ombres que les lumières de la vie du pays et des comportements collectifs de ses habi- tants. Au moins est-ce là un sentiment répandu dans le public qui ne s'en cache pas lorsqu'on l'interroge. L'impression do- mine, à tort ou à raison, que certains observateurs profession- nels perçoivent la Suisse comme une sorte d'île dont les insu- laires cultiveraient une forme d'introversion nationale, seraient motivés en priorité par le profit, donc portés à l'égoïsme et, dans tous les cas, réfractaires aux grandes idées: une autocri- tique un brin amère, dont on ne connaît pas d'exemple - il faut le dire - chez nos voisins, portés, eux, sur le chauvinisme. Est-ce un particularisme helvétique parmi d'autres que cette propension intellectuelle, ou un complexe? La question reste posée.
En fait nous savons bien que le tableau n'est de loin pas aussi déprimant qu'on veut bien le dire ici ou là, sciemment ou non. Les réalités de la Suisse contemporaine se situent probable- ment à mi-chemin de l'examen critique, pas forcément mal- sain, et de l'expression de confiance, et pourquoi pas de joie de vivre tout simplement, exprimée pas nos concitoyens et concitoyennes en réponse à une enquête récente de l'univer- sité de Genève consacrée justement aux états d'âme des hel- vètes. Alors agissons de telle sorte que la commémoration du 700e anniversaire de la Confédération soit l'occasion de faire le point, de savoir ce qu'il en est vraiment de nos convictions et de nos aspirations. Une réflexion approfondie, sereine et na- turellement constructive sur la place du pays dans le coeur de ses concitoyens, sur la fonction de la Suisse en Europe et dans le monde, sur la façon dont nous sommes perçus à l'in- térieur comme à l'extérieur seront - me semble-t-il - autant d'exercices à conduire dans le contexte d'un anniversaire his- torique, sans complaisance et sans excès non plus de blâme et d'humilité; mettons à profit l'événement surtout à des fins prospectives.
Qu'à la faveur d'un bilan l'on en vienne à admettre que notre réussite économique, notre stabilité politique, le bien-être quasi général qu'ensemble elles engendrent et la sécurité so- ciale toujours perfectible qu'elles assurent aboutissent - est-ce paradoxal - à une sorte de vide idéologique et l'on con- viendra de rechercher quel idéal pourrait motiver les Suisses à l'aube du XXIme siècle. Anticiper l'avenir en termes d'actions susceptibles de réduire la fracture perceptible entre ceux que la bonne conscience helvétique agace et la majorité dite silen- cieuse, la Suisse profonde, sans autre ambition - parfaitement légitime d'ailleurs - qu'une prospérité tranquille. A cet égard, il faut relever que les projets élaborés par le délégué du Conseil fédéral aux Fêtes du 700e et ses collaborateurs apparaissent opportuns, imaginatifs et prometteurs. Ils s'inscrivent dans un esprit d'ouverture, compatible avec les mutations en cours, singulièrement celles qui transforment l'Europe.
Demain, précisément, verra l'Europe de la CEE achever son
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Interpellation Flückiger. Les 700 ans de la Confédération
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programme de marché intérieur. Déjà les Communautés euro- péennes s'interrogent sur les difficultés inhérentes aux boule- versements qui résulteront de l'application des accords entre elles. Parallèlement, les pays non membres, sur l'ensemble du continent, commencent à rêver de la maison européenne commune. Alors, l'heure de la Suisse ne serait-elle pas venue si notre pays prenait, dans les prochaines années, la tête d'un mouvement engagé pour la construction de véritables Etats- Unis d'Europe, de l'Atlantique à l'Oural - pour reprendre la for- mule consacrée - à l'image de notre Confédération, de nature à éviter que de nouvelles barrières ne viennent diviser, ne se- rait-ce qu'économiquement les Européens? N'y a-t-il pas là matière à un projet susceptible de motiver, sinon d'enthou- siasmer les Suisses, projet à même de faire que s'estompe la ligne de démarcation subtile qui court entre ceux que l'immo- bilisme et le conformisme irritent et tous les autres, contents de leur sort?
Sur un autre plan, moins spectaculaire et plus prosaïque, peut-être pourquoi ne pas reprendre, à l'occasion du 700e anniversaire de la Confédération, le dossier de la révision to- tale de notre Constitution fédérale, hors de toute contrainte de délai, dans un climat exempt d'éléments émotionnels ou pas- sionnels? En outre, ce ne sont pas les problèmes qui font défaut à la recherche de solutions à long terme après les- quelles nous courons. Nous pourrions consacrer une réflexion exhaustive à l'utilisation rationnelle du sol, l'immigra- tion et pourquoi pas - permettez-moi de la dire - à la question jurassienne, dont on ne peut ignorer qu'elle perdure, pro- blèmes qui appellent une attention que les ordres du jour quo- tidiens qui sont les nôtres ne permettent guère.
C'est pourquoi, au thème bien choisi de l'utopie, cher à M. So- lari, je souhaiterais que l'on adjoigne celui de l'audace pour que la Fête du 700e marque plus qu'une étape, qu'elle per- mette de puiser de nouvelles convictions stimulantes et soit l'affirmation de la cohésion nationale dans notre vocation tra- ditionnelle de dialogue, par conséquent d'ouverture au monde.
Je serais reconnaissant, Monsieur le Président de la Confé- dération, au Conseil fédéral s'il pouvait me dire qu'il partage globalement l'idée que le 700e anniversaire de la Confédéra- tion doit être en même temps qu'une commémoration l'occa- sion de nous forger un concept pour l'avenir du pays.
M. Delamuraz, président de la Confédération: J'observe en effet, avec M. Flückiger, dans les réactions de nos concitoyens d'aujourd'hui, de l'autoculpabilisation pesante d'un côté, du triomphalisme exclusif, insulaire et arrogant, d'un autre côté, en passant par toutes les notes de la gamme, je constate des indifférences confortables à l'égard du pays et de ses relations avec ses citoyens ainsi que de l'activisme forcené pour telle ou telle cause, en général partielle. Bref, il y a des relations infini- ment variées de l'individu avec son pays et des idées que l'in- dividu se fait de son pays, de son présent et de son futur dans le panorama helvétique d'aujourd'hui.
Je partage l'opinion de M. Flückiger selon laquelle il serait in- dispensable de faire le point à l'occasion du 700e anniversaire de la Confédération. Ainsi que nous l'avons dit lors du débat sur le 700e au sein de ce conseil ou lorsque nous avons ac- cepté le postulat Ott au Conseil national, il est exclu de faire de cette manifestation la rétrospective enjouée et toute de rose peinte de notre passé glorieux. Nous ne le renions pas du tout, mais au-delà de la contemplation historique et légitime, il y a la nécessité d'apporter un message d'avenir.
Entre autres, nous avons donné notre accord, le 24 mai der- nier, à l'élaboration d'un rapport sur l'avenir de la Suisse au seuil du troisième millénaire par la commission d'experts qui porte le nom «Suisse de demain» et où, Dieu merci, les fem- mes sont plus largement représentées maintenant qu'elles ne l'étaient à l'origine. Ce texte contiendra des scénarios pour l'évolution de notre pays, l'accent étant mis sur la qualité de la vie. Outre les sujets mentionnés par l'auteur de l'interpellation, à savoir la prospérité économique et la sécurité sociale, les scénarios aborderont également des aspects de développe- ment culturel, politique, sanitaire, démographique et concer- nant l'aménagement du territoire.
A côté des festivités de tous genres qui auront lieu en 1991, un regard sur notre système politique et sur son avenir dans un environnement mondial et européen en véloce mutation aura toute son importance. Nous en espérons des impulsions dans les domaines que je viens de mentionner et dans l'optique aussi, à plus court terme, de la prochaine législature.
Ce rapport ne livrera en revanche pas de projets de société. Dans un Etat libéral, démocratique et fédéraliste tel que le nôtre, l'avenir n'est pas fait par l'autorité centrale, il est dans les mains des citoyens.
Dans ce contexte, nous mentionnerons encore le symposium prévu au Tessin, durant l'automne 1991, consacré à la Suisse au seuil du prochain millénaire. Ce symposium, organisé dans le cadre des festivités marquant les 700 ans de la Confédéra- tion, sera consacré à des questions qui prendront une impor- tance particulière ces prochaines années dans le contexte des relations internationales. Une rencontre des jeunes dans le canton des Grisons aura lieu sur le thème «L'Europe de la jeu- nesse face à l'Europe des défis». Enfin, le forum culturel suisse, une manifestation qui devrait encourager la réflexion sur notre système politique, abordera le phénomène de la plu- ralité culturelle de la Suisse.
Vous le voyez, Monsieur l'interpellateur, l'ambition ne manque pas. Qu'il me soit permis de dire que toutes ces contributions intellectuelles apportées à des réflexions sur notre situation à l'égard du pays, sur la situation du pays envers l'Europe et le monde, resteront académiques si elles ne déclenchent pas des réflexions profondes chez chacun de nos compatriotes et si elles ne débouchent pas sur des prises en responsabilité de notre futur. Ce qui sera sans doute le plus difficile à réaliser, c'est passer d'une contemplation quelque peu passive de ces choses à une réflexion personnelle de chacun des Suisses pour un engagement plus fort et de plus grande substance s'agissant de l'avenir du pays dont nous avons tous la charge. Le défi est important, il est beau et il marque la volonté de 1991 d'un sceau qui est justement ambitieux.
M. Flückiger: Je suis satisfait et je remercie M. le président de la Confédération de la réponse complète et du catalogue quasi exhaustif qu'il nous a apporté des projets du Conseil fédéral en matière du 700e anniversaire. En outre, j'adhère également à ses conclusions en forme d'appel à la participa- tion du peuple suisse à l'effort de réflexion que cet anniversaire comprend et nécessite.
Schluss der Sitzung um 10.45 Uhr La séance est levée à 10 h 45
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Conseil
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Consiglio
Consiglio degli Stati
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03
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Seduta
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20.09.1989 - 08:00
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