N 23 juin 1989
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Motion Ziegler
TCS mitteilen müssen, weil wir nicht starr und stur nur den öf- fentlichen Verkehr im Auge haben, sondern als Teilnehmer des privaten Verkehrs auch seine Anliegen berücksichtigen. Aus diesem Grunde bitte ich Sie im Namen der Kommission, der Initiative Folge zu geben, damit wir weiterarbeiten und Ih- nen nachher eine Lösung vorschlagen können.
M. Cavadini, rapporteur: Le rapport qui vous a été distribué décrit assez complètement l'état des travaux au sein du Parle- ment et dans l'administration ainsi que les délibérations de la commission. J'attirerai simplement votre attention sur quel- ques éléments qui sont ressortis aujourd'hui dans la discus- sion.
Le problème du trafic dans les agglomérations existe et il est devenu encore plus aigu au cours de ces dernières années. Les communes urbaines se trouvent confrontées à des réali- sations techniques importantes et à des investissements con- sidérables. Au niveau des agglomérations, il faut essayer d'améliorer les possibilités de circulation par plusieurs moyens, dont l'encouragement des transports publics qui doi- vent devenir plus rapides et attrayants. Dans certains cas, il sera nécessaire de créer de nouvelles lignes, mais il faudra aussi améliorer la fluidité du trafic routier, avec l'élimination des obstacles à la circulation privée qui ne pourra jamais être supprimée à l'intérieur des agglomérations, et par une sépara- tion accrue des courants de trafic et la création de parkings suffisants.
Les transports publics et le trafic privé sont ainsi liés. Si on veut avoir des transports publics plus efficaces, on doit alléger le trafic privé et le rendre plus fluide. Pour cela des investisse- ments considérables en infrastructures sont nécessaires, qui ne seront pas seulement réalisés pour les transports publics mais aussi pour le trafic privé routier.
La commission a estimé que ce problème est bien réel et qu'il faut essayer de trouver des solutions aux problèmes financiers des communes dans des délais assez brefs. L'article constitu- tionnel actuel précise comment peuvent être utilisés les droits sur les carburants. L'interprétation de cet article a toujours été assez restrictive, en particulier en ce qui concerne le trafic dans les agglomérations.
Si le Conseil accepte la proposition de la commission de don- ner suite à l'initiative Béguelin, une commission sera chargée d'examiner des solutions concrètes à ces problèmes. La com- mission connaîtra alors les propositions définitives du Conseil fédéral qui tiendront compte des observations recueillies pen- dant la procédure de consultation. Elle pourra donc décider s'il faut donner suite immédiatement à certaines modifications de la loi concernant l'utilisation du produit des droits d'entrée sur les carburants, en faisant vérifier la constitutionnalité des mesures proposées, ou encore elle pourra étudier un amen- dement à la constitution s'il s'avère nécessaire pour réaliser d'autres objectifs. Les deux solutions pourraient ainsi re- présenter un contre-projet à l'initiative Béguelin, tout en tenant aussi compte des nécessités du trafic routier privé. Je souligne que le vote préliminaire d'aujourd'hui doit donc être considéré comme un vote d'entrée en matière sur ce sujet du finance- ment du trafic dans les agglomérations. La commission et le Conseil restent toutefois libres de chercher la solution qui leur semblera la meilleure dans l'examen de détail, une solution qui devra respecter les dispositions constitutionnelles.
Pour toutes ces raisons, je vous prie d'accepter l'initiative Béguelin.
Abstimmung - Vote
Für den Antrag der Kommission Für den Antrag Frey Walter
95 Stimmen 32 Stimmen
88.329
Motion Ziegler Sozialistische Republik Vietnam. Beziehungen République socialiste du Vietnam. Relations
Wortlaut der Motion vom 2. März 1989
Nach 31 Jahren Krieg und schrecklichen Verwüstungen und 13 Jahre nach der Befreiung von Saigon und der Wiederverei- nigung des Landes ist die Sozialistische Republik Vietnam immer noch der Blockade durch den Westen ausgesetzt. Die Schweiz folgt, anders als beispielsweise Schweden oder die Bundesrepublik Deutschland, passiv dem amerikanischen Boykott-Befehl.
Der Bundesrat wird eingeladen,
unverzüglich in Hanoi eine Botschaft und in Ho-Chi-Minh- Stadt (ehemals Saigon) ein Konsulat zu eröffnen.
Kredite für humanitäre Hilfe und Entwicklungszusammenar- beit den schweizerischen Hilfsorganisationen - der Centrale sanitaire, dem Hilfswerk der evangelischen Kirchen der Schweiz, Brot für Brüder, Terre des Hommes - zu gewähren, die mit konkreten Projekten besonders benachteiligten Bevöl- kerungsschichten des vietnamesischen Volkes Hilfe leisten wollen (invaliden Kindern, Kriegsverwundeten, Bauern, die Opfer der Entlaubungsmittel wurden, usw.)
den schweizerischen Unternehmen, die in Vietnam investie- ren oder mit diesem Land Handel treiben wollen, die Investi- tions- und Exportrisikogarantie des Bundes zu gewähren.
Texte de la motion du 2 mars 1989
Après 31 ans de guerre et des dévastations terribles, la Répu- blique socialiste du Vietnam continue - 13 ans après la libéra- tion de Saïgon et la réunification du pays - d'être soumise au blocus occidental. Contrairement à ce que font des pays comme la Suède, la République fédérale allemande par exem- ple, la Suisse se soumet passivement à l'ordre de boycottage américain.
Le Conseil fédéral est invité:
A procéder sans tarder à l'ouverture d'une ambassade à Hanoï et d'un consulat à Ho-Chi-Minh-Ville (ex-Saïgon).
A accorder des crédits d'aide humanitaire et de coopération technique aux organisations d'entraide suisses - Centrale sanitaire, HEKS, Pain pour le prochain, Terre des Hommes - désirant aider par des projets concrets certaines couches par- ticulièrement défavorisées du peuple vietnamien (enfants mutilés, blessés de guerre, paysans victimes des défoliants, etc.)
A mettre les entreprises suisses désireuses d'investir ou de commercer au Vietnam au bénéfice de la garantie fédérale à l'investissement et de la garantie fédérale à l'exportation.
Mitunterzeichner - Cosignataires: Ammann, Bäumlin Richard, Bundi, Hubacher, Leuenberger-Solothurn, Ott, Spielmann, Ulrich (8)
M. Ziegler: Ma motion concerne un des chapitres les plus sombres de la politique étrangère de la Confédération. Elle se rapporte au manque de relations avec la République socia- liste du Vietnam. J'émettrai trois séries de remarques. Le Viet- nam, qui compte 62 millions d'habitants sur un territoire d'une surface de 335 000 kilomètres carrés, est un des pays les plus éprouvés, les plus dévastés de cette planète. Il a vécu 31 ans de guerre. Le processus de décolonisation commencé en 1945 a avorté à la suite d'une agression française par voies de terre et de mer. La guerre avec les Français s'est terminée en 1954 avec la victoires des patriotes vietnamiens à Diên Biên Phu. C'était la première armée du tiers monde qui avait em-
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Motion Ziegler
porté une victoire sur une armée coloniale de race blanche et une puissance européenne.
Le conflit avec les Américains a suivi immédiatement. Il a causé quatre millions de morts et s'est terminé par la libération de Saigon en avril 1975. Après sa victoire sur deux colonisa- teurs successifs, 31 ans de guerre et 6 millions de morts, 11 millions d'invalides et une nature totalement détruite - j'ai per- sonnellement vu à Hô-Chi-Minh-Ville des enfants invalides vic- times de la dioxine - après un tel martyre, ce peuple vietna- mien a été mis en quarantaine par les puissances occidenta- les. Les Etats-Unis l'ont boycotté à l'échelon international, empêchant l'octroi de toute forme de crédits de reconstruction par la Banque mondiale ou les banques privées.
Hélas, notre pays a suivi le mouvement. La Suisse s'est sou- mise au diktat américain. Je m'empresse tout de suite de dire que ce n'est pas la faute de M. Felber. Il n'aurait jamais agi de cette façon, puisque c'est un homme indépendant, courageux et lucide. Je suis néanmoins forcé de dire que la Suisse a très mal agi dans cette situation. Elle a manqué de dignité et d'in- dépendance, elle s'est couchée devant le diktat américain.
Dans quelle situation absurde nous trouvons-nous? Le pays le plus puissant du sud-est asiatique qui a été martyrisé et a bénéficié, avant 1974, d'investissements suisses importants n'abrite ni un ambassadeur ni un consul ni même un agent consulaire. Nous n'avons aucun rapport avec la République socialiste du Vietnam. On peut dénombrer seulement deux Suisses sur son territoire; l'un qui représente le Haut Commis- sariat des Nations Unies pour les réfugiés et l'autre qui est délégué de la Croix-Rouge. Ils habitent tous deux Ho-Chi- Minh-Ville. Chaque fois que j'ai demandé au Département fédéral des affaires étrangères la raison de cette absurdité, de cette rupture et de cette mise à l'écart du Vietnam, on m'a répondu qu'il avait envahi le Cambodge, ce qui justifiait cette situation. Cette attitude est formidablement hypocrite.
Comme vous le savez, les Khmers rouges - cette organisation terroriste - ont pris en charge le Cambodge. En l'espace de dix-huit mois, le régime de Pol Pot a assassiné deux millions de Cambodgiens. Parmi ces derniers figuraient 600 000 Viet- namiens. Par conséquent, en janvier 1975, l'armée vietna- mienne a conquis Phnom Penh pour mettre fin à l'horreur causée par les Khmers rouges. La Suisse, comme tout le monde civilisé, a salué l'invasion vietnamienne et la chute de ces derniers comme un acte de salubrité publique. Enfin quelqu'un mettait fin au terrorisme des Khmers rouges. Tout le monde à Berne a fait la même réflexion.
Maintenant, le même Département fédéral des affaires étran- gères vient nous affirmer qu'il est impossible d'entretenir des rapports normaux avec le Vietnam parce qu'il a occupé le Cambodge. Je rétorque à cela que, premièrement, c'est une hypocrisie et deuxièmement le Vietnam se retire du Cam- bodge. Il ne reste donc plus aucun argument pour éviter une autocritique approfondie au Département fédéral des affaires étrangères et avouer qu'une erreur a été commise.
On a même cédé la maison de l'ambassade de Suisse qui est maintenant occupée par l'ambassade de la République fédérale d'Allemagne. C'est d'ailleurs un magnifique ambas- sadeur, Joachim Brouderé, qui la dirige, un jeune socialiste qui effectue un très bon travail. L'ambassadeur suisse qui transmet des rapports sur le Vietnam est domicilié à Bangkok. Lorsqu'il y a la mousson, les pluies, il ne peut même pas aller à Hanoi.
Dans ma motion, je demande trois choses très simples. Pour ne pas être cruel, je me suis limité à des problèmes purement techniques, bien qu'une autocritique et un réexamen de cette erreur fatale serait bienvenus. Premièrement, je souhaite que l'on ouvre sans tarder une ambassade à Hanoi, capitale de la république, et un consulat général à Hô-Chi-Minh-Ville. Deu- xièmement, je demande que l'on accorde des crédits d'aide humanitaire et des crédits d'aide au développement prélevés sur le crédit-cadre. Ils devraient êtres confiés à la Centrale sa- nitaire suisse, à Pain pour le prochain et à Terre des hommes qui ont des projets tout prêts pour venir en aide à cette popula- tion si horriblement martyrisée par les armées coloniales suc- cessives et qui souffre, aujourd'hui encore, de la destruction de la nature, des eaux empoisonnées et des séquelles de la
guerre. Troisièmement, je demande que la garantie des ris- ques à l'exportation soit accordée à la République socialiste du Vietnam car - je le répète - avant la libération de Saigon, sous le gouvernement impérialiste pro-américain des généraux au Vietnam du sud, il y avait une très forte présence de l'industrie suisse. J'ai moi-même vu l'usine Nestlé dans le Delta, totalement vide, avec toutes les machines intactes; j'ai également vu une usine d'engrais de Ciba-Geigy intacte, qui ne fonctionne pas et je sais - une délégation vietnamienne qui est venue en Suisse le sait encore mieux que moi - que dans l'industrie de la chimie, de l'agrochimie ainsi que chez Nestlé et chez Bühler-Uzwil - qui fabrique des moulins dont le Viet- nam aurait besoin - les projets sont prêts pour leur réalisation au Vietnam. L'industrie suisse voudrait investir dans ce pays mais ne peut malheureusement pas le faire aussi longtemps que Berne oppose son veto, qu'il y a absence de la garantie des risques à l'exportation.
C'est une décision de principe que je vous demande de pren- dre ce matin. Reconnaître que l'on a fait une erreur; recon- naître que l'on s'est couché devant les Américains sans au- cune raison; reconnaître que la dignité suisse exige de venir en aide au peuple vietnamien qui est si injustement boycotté par toutes les nations occidentales - quelques rares excep- tions mises à part - quinze ans après la fin de la guerre. Enfin, faire des démarches concrètes pour témoigner de notre soli- darité avec ce peuple. Vous savez que les réfugiés économi- ques sont nombreux. Hongkong et la Malaisie ne veulent plus tolérer les fameux boat people.
Une conférence s'est achevée la semaine dernière à Genève en présence de la Suisse, au cours de laquelle il a été décidé que les boat people devaient, en grande majorité, rentrer dans leur pays. On ne peut pas, d'une part, pousser au retour des réfugiés économiques et, d'autre part, refuser l'aide à la re- construction du Vietnam.
Il est donc urgent que le Conseil fédéral débloque, immédiate- ment, en faveur des organisations caritatives - M. Felber sait que ces projets peuvent être réalisés très rapidement - des crédits humanitaires, afin d'alléger la souffrance, la misère, la sous-alimentation du peuple, afin de reconstruire les hôpitaux et de pouvoir alimenter les orphelinats et enfin donner à l'industrie suisse - c'est tout aussi urgent et c'est quand même un comble que ce soit moi qui doive plaider la cause de Ciba- Geigy et de Nestlé - la possibilité d'investir, de participer à la reconstruction industrielle du Vietnam.
J'ai bon espoir qu'avec M. Felber au Département des affaires étrangères un peu de coeur, un peu d'âme reviennent à la ges- tion de notre politique étrangère. Je le prie d'accepter les trois points de ma motion.
Sager: Der Motionär verfügt über eine faszinierende Persön- lichkeit, vergleichbar einem Diamanten. Auch er schillert in manchen Farben. Er hat verschiedene grundsätzliche Gesin- nungswandel hinter sich, aber in bezug auf Vietnam möchte ich ihm attestieren, dass er sich treu geblieben ist. Schon vor zwanzig Jahren hat er unter der Flagge des Vietcong in Genf Vorträge gehalten, für Nordvietnam, gegen Südvietnam und gegen die Vereinigten Staaten von Amerika.
Seine Motion liegt genau auf dieser Linie, aber seine Erklärun- gen sind sehr unvollständig. Er weist auf die Toten hin in einem 31jährigen Krieg, der nicht in erster Linie von den Kolonial- mächten verursacht worden ist, sondern auf innervietnamesi- sche Schwierigkeiten und Unterschiede zurückgeht. Er weist auf die Toten des Krieges hin, nicht aber auf die tragische Kata- strophe der Flüchtlinge, nachdem Nordvietnam mit sowjeti- scher Hilfe Südvietnam überrannt hat. Es ist die grösste Flüchtlingskatastrophe - in so kurzer Zeit und so dramatisch verlaufen -, die wir in diesem Jahrhundert kennen.
Herr Ziegler hat nun die Stirn zu sagen, dass es sich um Wirt- schaftsflüchtlinge handle. Wirtschaftsflüchtlinge nehmen aber niemals das Risiko in Kauf, in Booten unterzugehen, von Pira- ten versenkt zu werden. Es ist eine der schlimmsten Katastro- phen, die wir haben.
Herr Ziegler hat nun die Stirn zu sagen, dass sich die viet- namesischen Truppen aus Kambodscha zurückziehen, dass sie Kambodscha befreit hätten. Und Laos? Laos bleibt uner-
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Motion Ziegler
wähnt, Laos ist geknechtet worden, und zwar genau im Sinne von Ho Chi Minh, der Indochina beherrschen wollte und nicht die Freiheit für Vietnam gesucht hat.
Ich bin nicht gegen wirtschaftliche Hilfe, wenn sie den Völkern zugute kommt, die ihrer bedürfen. Ich nenne ein Beispiel be- züglich Vietnam. Frankreich hat angesichts der herrschenden Hungersnot in Vietnam im Frühjahr 1987 tausend Tonnen Mehl geliefert. Diese sind auf dem Schwarzmarkt in Hanoi ver- sickert und gegen Devisen an Ausländer, meist aus Osteu- ropa, verkauft worden; dabei haben sich einige, und darunter viele Funktionäre an der richtigen Stelle, mit harten Dollars be- reichert. Selbst offizielle vietnamesische Gesprächspartner bestätigten, dass chronische Korruption und schamlose Aus- beutung von Machtpositionen durch Parteikader und Bürokra- ten alle Reformversuche zunichte machen, die den durch kommunistische Misswirtschaft, Korruption und Zwangspoli- tik verursachten Abwärtstrend aufhalten sollen.
Die Wahl des dogmatischen und für die katastrophale Zwangsenteignung von Handel und Gewerbe in Südvietnam nach 1975 berüchtigten Do Muoi zum Ministerpräsidenten am 22. Juni 1988 mag den erfolgreichen Widerstand vieler Kader gegen die dringend benötigten Reformen illustrieren. Unter solchen Umständen schweizerische Unternehmen durch die Gewährung von Investitions- und Exportrisikogarantie des Bundes zu unterstützen, ist verfrüht.
Wir sehen in den wichtigen Ländern Osteuropas, dass die Re- formbewegung eine Ueberwindung dieser unmenschlichen Planwirtschafthaft in die Wege leitet. Vietnam wird gezwungen sein - nicht aus der Haltung, die Herr Ziegler bisher angenom- men hat, sondern aus dem Widerstand, der geleistet worden ist -, ebenfalls auf diesen Reformweg einzuscheren. Dann wird der Zeitpunkt gekommen sein, dass wir eine Botschaft er- richten, dass die Hilfswerke sich stärker als bereits heute ein- setzen und dass die Industrie nach Vietnam zurückkehrt. Dann wird es zu begrüssen sein, vorher nicht. Ich beantrage Ihnen Ablehnung dieser Motion.
M. Pini: Si je ne fais erreur, nos relations diplomatiques, donc internationales, relèvent du principe de l'universalité. Elles ne sont donc pas le choix d'une sympathie particulière ou d'une antipathie vers un autre pays. J'insiste aujourd'hui sur le sens de mon intervention: il nous faut entretenir des relations avec le reste du monde qui connaît la violence, les massacres et surtout des actions liberticides comme ces derniers jours sur- tout, lors des événements dramatiques de Chine. Si les faits, tels qu'ils ont été présentés par notre collègue Jean Ziegler, sont confirmés par la réalité, je constate personnellement qu'il y a une lacune dans l'universalité des rapports diplomatiques de la Suisse avec le reste du monde. D'ailleurs, ce serait peut- être le deuxième ou le troisième cas après la non-reconnais- sance des relations réciproques entre la Suisse et l'Etat du Va- tican.
Si nous devions poursuivre la ligne des relations qui n'en sont pas avec le Vietnam, il aurait fallu tout simplement rompre avec la Chine il y a une semaine déjà. Il y a eu des exodes, des mi- grations, non seulement économiques mais politiques dans toutes les parties du monde, de l'est à l'ouest, ces dernières années. Soyons conséquents: on peut aimer ou ne pas aimer M. Ziegler et dire non à ce qu'il dit sous prétexte que c'est lui qui le dit. En ce qui me concerne, le cas de M. Ziegler m'in- téresse du point de vue de la «richtige Linie» (conformité) de nos relations envers l'extérieur. S'il y a une lacune, il faut la combler.
Pour ma part, je pense que cette lacune existe. C'est pour cette raison que j'appuie la motion de M. Jean Ziegler.
M. Cevey: Je ne me prononce pas sur le fond. Le problème est complexe et je suis sûr que M. le conseiller fédéral, chef du Département des affaires étrangères, saura en expliquer les données et peut-être les raisons de l'abstention, jusqu'à main- tenant, de notre pays quant à sa représentation au Vietnam.
Mais, si je ne me prononce pas sur le fond, j'aimerais dire à no- tre collègue Ziegler qu'une fois de plus, dans sa forme, son intervention est inacceptable. Si vous dénoncez l'hypocrisie de la Suisse dans cette affaire, Monsieur Ziegler, vous me per-
mettrez de dénoncer l'hypocrisie d'un parlementaire suisse, vous-même. Qui est hypocrite en effet dans cette affaire? Vous volez au secours de l'industrie suisse que vous passez votre temps à vilipender en toute circonstance; vous accusez et sa- lissez les Américains, les Français et d'autres avec eux; vous parlez de cette Suisse qui se couche devant la volonté de Washington. Mais, Monsieur Ziegler, pensez à tous les Cam- bodgiens, à tous les Vietnamiens aussi, qui ont été couchés par les mitraillettes et les mitrailleuses des Vietnamiens. Dans votre intervention, vous parlez beaucoup des Américains, vous ne dites pas un mot de l'URSS de Staline, de Khroucht- chev, de Brejnev, cette URSS que les dirigeants de ce pays au- jourd'hui renient, dénoncent à leur tour comme coupable d'exactions à l'échelle mondiale et que vous oubliez une fois de plus de mentionner dans votre partialité scandaleuse.
La Suisse ne s'est pas couchée devant Washington, elle a ap- pliqué une politique indépendante en cette circonstance comme en d'autres. Mais, vous devez aussi savoir que le Viet- nam joue dans le Sud-Est asiatique à peu près le rôle que Cuba, cher à votre coeur, joue en terre africaine. Nous ne pou- vons pas admettre sans autre que vous tressiez des couron- nes à ce gouvernement.
On a déjà parlé des «boat people», mais j'aimerais insister sur le fait qu'il est tout aussi scandaleux de vouloir laisser entendre que les «boat people» ont quitté ce pays uniquement pour des raisons économiques. Vous le savez bien, ce que fuyaient et ce que fuient encore les «boat people», c'est un régime qui n'est pas supportable pour eux, un régime contraire à tous les principes de liberté.
Hubacher: Ich habe etwas Mühe mit dieser Diskussion, und es ist offenbar die Rolle von Herrn Ziegler, Sie mit solchen Vor- stössen in enorme Aufregung zu versetzen. Man redet dann nicht mehr über das Problem, sondern über den unbequemen Jean Ziegler, mit dem man nicht mit allem und in allem ein- verstanden sein muss. Hier hat er aber eine Frage zur Diskus- sion gestellt, die man nicht so beantworten kann wie Sie, Herr Sager; das hält sicher der Geschichte nicht stand.
Sie haben frisch, fromm und frei erklärt, die vietnamesischen Kriegswirren seien auf innervietnamesische Ursachen zurück- zuführen. Vietnam war eine Kolonie. Der Krieg ist zuerst von Frankreich und dann von den USA geführt worden. Er ist die- sem Land aufoktroyiert, aufgezwungen worden, und das Flaggschiff des freien Westens, die USA, hat - und das ist eine geschichtliche Wahrheit - grosse Teile dieses Landes vergif- tet, vernichtet, kaputtgemacht mit allem, was die Chemie dazu liefern kann. Und von daher gibt es schon ein Regime, das nicht ganz die Qualität unseres Landes aufweist, Herr Sager. Es ist sehr einfach, solchen Ländern so einfache Rezepte, Mo- ralpredigten und Lehren zu erteilen, wie Sie das getan haben. Es ist vieles von unserer Sicht her nicht zu befürworten, was in Vietnam passiert, aber die grosse historische Schuld haben westliche Staaten. Sie haben dieses Land in einen Krieg hin- eingeführt und es fast kaputtgemacht. Deswegen gibt es nicht nur Flüchtlinge aufgrund des Mangels an Freiheit, sondern es gibt auch Flüchtlinge aufgrund der Armut. Sie können dort keine Existenz begründen und müssen das Land verlassen. Es gibt beides. Aber ich möchte nur festhalten: Herr Ziegler hat nicht immer unrecht, wenn er darauf hinweist, der Westen habe das Land Vietnam bisher miserabelst behandelt.
M. Felber, conseiller fédéral: J'aimerais d'emblée vous rassu- rer. Monsieur Ziegler, je regrette, mais je ne vais pas m'excu- ser des mesures qui ont été prises par le Conseil fédéral qui, comme j'espère vous le démontrer, nous paraissent encore aujourd'hui parfaitement justifiées. Je le ferai d'autant moins que, contrairement à votre affirmation, la Suisse n'a pas rompu ses relations avec le Vietnam. Elle a retiré son personnel diplo- matique à Hanoï et cela pour les raisons suivantes:
A fin 1985, le Conseil fédéral a décidé de fermer provisoire- ment son ambassade, ce qui indique bien la volonté d'analy- ser la situation dans son évolution. En effet, il existait un pro- blème de restrictions budgétaires, général sans doute, et de blocage du personnel qui a d'ailleurs été imposé par le Parle- ment et qui nous a obligés à réexaminer la totalité de la distri-
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Postulat Braunschweig
bution de notre personnel diplomatique dans les diverses re- présentations suisses à l'étranger. A la même époque, nous avons fermé notre ambassade à Kigali au Rwanda et celle d'Hanoï au Vietnam.
La décision concernant le Vietnam a surtout été justifiée par la quasi impossibilité qu'il y avait pour nos agents d'avoir accès aux personnalités importantes du régime alors en place. Ils étaient pratiquement condamnés à l'inactivité. Enfin, le niveau de nos relations bilatérales était extrêmement faible, tant sur le plan économique que culturel, et cela ne justifiait pas la présence d'agents diplomatiques vivant nécessairement, comme tout le monde au Vietnam, dans des conditions diffici- les. Nous avons donc chargé notre ambassadeur en Thaï- lande de représenter la Suisse à Hanoï. Certaines de ces rai- sons existent toujours, mais nous sommes aujourd'hui per- suadés que la situation évolue d'une manière positive. Plu- sieurs signes ont été perçus par le Conseil fédéral et cela nous encourage à réanalyser complètement ce problème.
En ce qui concerne l'aide humanitaire et la coopération au développement en faveur d'organisations d'entraide suisses, nous avons décidé en 1980 déjà de suspendre l'aide à des projets de coopération pour les motifs suivants: inobservation des droits de l'homme, internationalisation de la crise au Cam- bodge avec les conséquences que vous connaissez. Les moyens mis à disposition par la Confédération ne nous don- naient pas la possibilité d'analyser et de suivre les projets. Par conséquent, le contrôle de l'utilisation de nos moyens ne pou- vait pas être assuré. Les récentes demandes du gouverne- ment vietnamien nous laissent entendre que ces problèmes aussi pourraient être résolus.
Or, le seul fait, Monsieur Ziegler, que l'on nous dise qu'au- jourd'hui on est d'accord de reprendre la discussion et de réexaminer la façon dont la Suisse et ses organismes travail- lent dans la coopération au développement prouve bien que les Vietnamiens admettent également qu'ils nous ont particu- lièrement gênés dans ce problème.
Nous avons donc constaté un certain nombre de signes posi- tifs qui ont d'ailleurs été confirmés lors d'une première mission au Vietnam en avril 1987, mission à laquelle participaient des organismes suisses tels que Pain pour le prochain et l'En- traide protestante. Cette mission était conduite par l'ancien conseiller aux Etats de Bâle-Campagne, M. Belser. Nous avons reçu de cette mission un rapport; nous avons tenu compte de ses constatations, et les oeuvres d'entraide qui se sont rendues au Vietnam ont proposé à la DDA de reprendre le financement de leurs contributions. Nous avons, dès cette époque, répondu affirmativement et nous avons déjà com- mencé à accorder des contributions à des projets gérés par des partenaires locaux. Deux demandes avaient déjà été agréées et ont été faites à la fin de 1987. Nous attendons donc maintenant des propositions très précises concernant l'aide suisse à la coopération au développement de la part du gou- vernement vietnamien.
Je rappelle que j'ai personnellement rencontré, la semaine dernière à Genève, le ministre vietnamien des Affaires étran- gères, avec lequel j'ai pu m'entretenir précisément de ces pro- blèmes. Il n'y a pas de hâte dans le gouvernement vietnamien qui souhaite simplement l'établissement de relations un peu plus étroites.
En ce qui concerne la garantie des risques aux investisse- ments et à l'exportation, au cours des dernières années, plu- sieurs garanties pour des risques à l'exportation ont été accor- dées au Vietnam pour des montants que nous considérons toutefois comme modestes. Nous n'avons pas, pour le mo- ment, de demandes concernant des risques aux investisse- ments.
Ces raisons sont telles que notre département analyse de très près l'évolution de la situation et prend contact avec les autres pays se trouvant dans la même situation que nous.
Nous n'avons pas vendu notre ambassade, nous l'avons sim- plement quittée et d'autres ont pu la louer ou la racheter. Le Conseil fédéral discutera très prochainement, sur la base des informations qui lui seront fournies, de la possibilité de rouvrir une ambassade au Vietnam. Encore une fois, cette solution est liée à la possibilité d'un travail efficace de nos agents diplo-
matiques et des coopérateurs au développement ainsi que d'une évolution politique favorable telle qu'elle nous est an- noncée.
C'est pourquoi le Conseil fédéral est prêt à accepter la motion de M. Ziegler sous la forme d'un postulat, nous laissant ainsi, comme nous l'avons toujours déclaré, le soin de choisir le mo- ment où nous pourrons intervenir valablement.
M. Ziegler: Avant de me prononcer sur le postulat ou la mo- tion, je voudrais répondre aux attaques personnelles dont j'ai été l'objet de la part de deux éminents philanthropes de ce Conseil.
Tout d'abord, non, Monsieur Sager! Moi je n'ai pas manifesté il y a vingt ans sous le drapeau du Vietcong, je suis Suisse, je suis indépendant, et je ne manifeste pas sous des drapeaux étrangers. En revanche, comme M. Hubacher et la plupart de mes camarades socialistes ici présents, j'ai manifesté, j'ai or- ganisé, j'ai collecté de l'argent, j'ai essayé d'éveiller le peuple suisse en fonction des mots d'ordre d'une organisation qui s'appelait «Solidarité Vietnam», qui était d'ailleurs dirigée par un Américain, le professeur Noam Chomsky, grand linguiste et président de cette organisation. Olof Palme, premier minis- tre de Suède, Helmut Hubacher, André Chavanne, ont mani- festé à la tête de ces cortèges. Vos accusations relèvent donc du pur délire.
Monsieur Cevey, qui avez dit «Ziegler ne parle pas de Staline», je vous rappellerai simplement ceci - les minutes passent et le président est impitoyable: je ne peux pas, à chaque interven- tion parlementaire, faire la liste de mes aversions - j'ai lu Solje- nitsyne, je sais que Staline est une horreur, mais je n'aime pas non plus le Parti radical vaudois, c'est une de mes aversions. Après ces remarques préliminaires et personnelles, j'en viens à la question «postulat ou motion?». Je sais que M. Felber a rencontré à Genève M. Nguyen Co Thach, ministre des affai- res étrangères du Vietnam, que M. Felber connaît parfaite- ment la situation et qu'une phrase telle que «la situation évolue de façon positive .... » (Unruhe)
Präsident: Herr Ziegler, sind Sie mit der Umwandlung Ihrer Motion in der Form eines Postulats einverstanden?
M. Ziegler: Je prends M. le conseiller fédéral au mot: j'ac- cepte la transformation en postulat et j'attends qu'il tienne ses promesses.
Ueberwiesen als Postulat - Transmis comme postulat
88.775
Postulat Braunschweig Zahlungen schweizerischer Vertretungen im Ausland an Schweizer(innen)
Avances consenties à des ressortissants suisses par nos représentations à l'étranger
Wortlaut des Postulates vom 7. Oktober 1988
Wir laden den Bundesrat ein, die bestehenden Richtlinien und Weisungen zu überarbeiten, die Zahlungen und Vorschüsse schweizerischer Vertretungen im Ausland an Schweizerinnen und Schweizer regeln, die in Schwierigkeiten geraten oder gar Opfer eines Verbrechens geworden sind.
Unter dem Spar-Druck des Parlaments hat sich bedauerlicher- weise hin und wieder eine Praxis eingeschlichen, die als klein- lich, zugeknöpft und von Misstrauen getragen bezeichnet wer- den muss. Wenn Angehörige, die ohnehin schon schwer ge- prüft worden sind, durch finanzielle Forderungen vor den Kopf gestossen werden, so ist der gutgemeinte Sparwille zu einem Sparen am falschen Ort geworden. Zum Glück für unser Land
58-N
Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali
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Rat
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Consiglio nazionale
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16
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Seduta
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88.329
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Datum
23.06.1989 - 08:00
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Data
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