Repeated military exemption tax convictions held admissible under ECHR

150001907Jurisprudence administrative des autorités fédérales (JAAC)5 mai 1993Inadmissible

Extrait par Omnilex

Résumé Omnilex

The applicant, a conscientious objector, complained that Swiss convictions for repeated non-payment of the military exemption tax violated Articles 9 and 10 ECHR and the ne bis in idem guarantee in Article 4 of Protocol No. 7. The Commission held that the convictions punished the refusal to pay, not the expression of beliefs, and that Article 9 did not imply a right to exemption from the tax. It further held that the prior and later convictions related to different offences, and that repeated failures to pay for different years were distinct acts. The application was therefore declared inadmissible as manifestly ill-founded.

Regeste Omnilex

Art. 9, 10 ECHR; Art. 4 Prot. No. 7 ECHR; conscientious objection and military exemption tax; admissibility. Article 9 protects the forum internum and, read with Article 4 § 3(b) ECHR, does not guarantee a right to conscientious objection or to exemption from military service or from a pecuniary substitute imposed in lieu thereof (consid. 3). A conviction for refusal to pay the military exemption tax does not, as such, interfere with freedom of expression where it sanctions the refusal to comply rather than the expression of beliefs. The ne bis in idem rule is not engaged where the earlier and later convictions concern legally distinct offences; successive refusals to pay tax for different years constitute separate punishable acts, even if motivated by the same conscientious opposition (consid. 4).

Texte intégral

JAAC 57.72

Dec. de la Comm. eur. DH du 5 mai 1993, déclarant irrecevable la req. Nº 17889/91, M.B. c/ Suisse

Non-paiement de la taxe militaire. Art. 9 et 10 CEDH. Art. 4 Prot. nº 7 à la CEDH.

Aucune violation dans le cas de plusieurs condamnations pénales infligées à un objecteur de conscience pour refus répétés de payer la taxe d'exemption du service militaire.

Nichtbezahlung der Militärersatzabgabe. Art. 9 und 10 EMRK. Art. 4 Prot. Nr. 7 zur EMRK.

Keine Verletzung im Fall mehrerer strafrechtlicher Verurteilungen eines Dienstverweigerers wegen wiederholter Nichtbezahlung der Militärersatzabgabe.

Non pagamento della tassa militare. Art. 9 e 10 CEDU. Art. 4 Prot. n. 7 alla CEDU.

Nessuna violazione nel caso di parecchie condanne penali inflitte a un obiettore di coscienza per ripetuto non pagamento della tassa per esenzione dal servizio militare.

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  1. Le requérant soutient ... que sa condamnation [pour non-paiement de la taxe militaire] constitue une ingérence injustifiée dans l'exercice de son droit à la liberté de pensée et de conscience et dans l'exercice de son droit à la liberté d'expression. Il invoque les art. 9 et 10 CEDH.

La Commission note qu'en l'espèce le requérant soutient avoir refusé de s'acquitter de la taxe militaire pour des raisons de conscience. Sa condamnation est le résultat de ce refus et non de l'expression de ses idées. La Commission estime que, dans ces conditions, aucune ingérence dans l'exercice du droit du requérant à la liberté d'expression ne peut être décelée.

Le grief du requérant doit être examiné sous l'angle de l'art. 9 CEDH qui «protège avant tout le domaine des convictions personnelles et des croyances religieuses, ce que l'on appelle parfois le for intérieur» (déc. du 15 décembre 1983 sur la req. Nº 10358/83, DR 37, p. 142).

La Commission rappelle que l'art. 9 CEDH doit être lu à la lumière de l'art. 4 § 3 let. b de celle-ci. Il en résulte que la convention laisse aux Etats Contractants la faculté de ne pas reconnaître un droit à l'objection de conscience et n'accorde pas aux objecteurs de conscience le droit d'être exemptés du service militaire ou d'un service civil de remplacement (déc. du 5 juillet 1977 sur la req. Nº 7705/76, DR 9, p. 196; déc. du 9 mai 1984 sur la req. Nº 10640/83, DR 38, p. 219).

Dans la mesure où le système des droits et libertés que les Etats Contractants se sont engagés de respecter aux termes de la convention ne comprend pas un droit d'être exempté de l'obligation d'effectuer un service militaire pour des raisons de conscience, la Commission n'aperçoit aucun motif permettant de tirer de l'art. 9 CEDH le droit d'être exempté de l'obligation de s'acquitter d'une contribution pécuniaire de remplacement, telle la taxe d'exemption du service militaire, due en lieu et place de la prestation en nature que représente ce service.

Dès lors, aucune violation de l'art. 9 CEDH ne peut être décelée en l'espèce.

Il s'ensuit que cette partie de la requête est manifestement mal fondée au sens de l'art. 27 § 2 CEDH.

  1. Le requérant se plaint, enfin, que sa condamnation viole le principe ne bis in idem, garanti à l'art. 4 du Prot. nº 7 à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, du 22 novembre 1984[13].

Sur ce point, le requérant soutient d'abord que cette condamnation sanctionne son refus de s'acquitter de ses devoirs militaires, refus qui comprend également celui de payer la taxe d'exemption. Or le requérant a déjà fait l'objet d'une condamnation par le tribunal militaire de ... en 1979 pour ce refus.

L'art. 4 Prot. Nº 7 dispose:

«Nul ne peut être poursuivi ou puni pénalement par les juridictions du même Etat en raison d'une infraction pour laquelle il a déjà été acquitté ou condamné par un jugement définitif conformément à la loi et à la procédure pénale de cet Etat.»

La Commission observe, toutefois, que le requérant a été condamné le 15 novembre 1979 pour refus de servir, alors que la condamnation dont il se plaint sanctionnait son refus de paiement de la taxe militaire. Elle constate que les délits faisant l'objet de ces condamnations n'étaient aucunement

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identiques. Le fait que les comportements reprochés au requérant et qui ont été sanctionnés dans le cadre des deux procédures aient été tous les deux motivés par son opposition à l'armée n'est pas de nature à rendre identiques les deux infractions.

Dès lors, aucune apparence de violation de la disposition invoquée ne peut être décelée sur le point considéré.

Le requérant soutient également que la condamnation en cause punit sa décision de ne plus payer la taxe militaire, décision pour laquelle il a déjà été condamné à plusieurs reprises auparavant. Il estime dès lors qu'il a été poursuivi et puni en raison d'une infraction pour laquelle il a déjà été condamné auparavant par les juridictions suisses.

La Commission observe que le comportement punissable du requérant était motivé par sa volonté de ne plus payer la taxe militaire. Toutefois, les condamnations successives de celui-ci ont sanctionné ses refus répétés et distincts de s'acquitter de la taxe militaire de plusieurs années, refus qui constituaient des infractions répétées mais distinctes à la législation relative à la taxe militaire.

Aucune atteinte au principe ne bis in idem ne peut, dès lors, être constatée sur ce point.

Il s'ensuit que cette partie de la requête est également manifestement mal fondée, au sens de l'art. 27 § 2 CEDH.

[13] RS 0.101.07.

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Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali

JAAC 57.72 - Dec. de la Comm. eur. DH du 5 mai 1993, déclarant irrecevable la req. Nº 17889/91, M.B. c/ Suisse

In

Verwaltungspraxis der Bundesbehörden

Dans In

Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération Giurisprudenza delle autorità amministrative della Confederazione

Jahr Année

1993

Anno

57

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Ref. No

150 001 907

Das Dokument wurde durch das Schweizerische Bundesarchiv und die Bundeskanzlei konvertiert. Le document a été digitalisé par les Archives Fédérales Suisses et la Chancellerie fédérale. Il documento è stato convertito dall'Archivio federale svizzero e della Cancelleria federale.

Mots-clés

freedom of consciencefreedom of expressionconscientious objectionmilitary exemption taxne bis in ideminadmissibilitymanifestly ill-founded

Extrait par Omnilex

Question juridique clé

Whether the conviction for non-payment of the military exemption tax violated Articles 9 and 10 ECHR.

Solution extraite

No interference with freedom of expression was shown; Article 9 did not confer a right to exemption from the military duty substitute tax.

Motifs extraits

The conviction punished the refusal to pay, not the expression of views. Article 9 protects inner convictions, but read with Article 4 § 3(b) it does not create a right to conscientious objection or to exemption from military service or its pecuniary substitute.

Question juridique clé

Whether the conviction breached ne bis in idem under Article 4 of Protocol No. 7 ECHR.

Solution extraite

No. The earlier conviction for refusing to serve and the later conviction for refusing to pay the tax concerned different offences; repeated non-payments for different years were distinct offences.

Motifs extraits

Although both conduct patterns stemmed from opposition to the army, the legal offences were not identical, and successive refusals to pay the tax for different years were separate punishable acts.

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