87.077
Message concernant les mesures exceptionnelles à prendre, afin de remédier aux dégâts dus aux intempéries de 1987
du 14 décembre 1987
Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs,
Nous vous soumettons les projets suivants:
un arrêté fédéral concernant la participation financière de la Confédération, à la réparation des dégâts causés par les intempéries de 1987;
un arrêté fédéral concernant le financement des frais non couverts, occasionnés . par les intempéries de 1987.
Nous vous proposons d'adopter ces projets.
Veuillez agréer, Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs, l'assurance de notre haute considération.
14 décembre 1987
Au nom du Conseil fédéral suisse: Le président de la Confédération, Aubert Le chancelier de la Confédération, Buser
1988 - 3 12 Feuille fédérale. 140e année. Vol. I
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Condensé
L'année 1987 restera dans les mémoires comme celle des intempéries et des catastrophes naturelles. De vastes régions de notre pays ont été touchées, cet été et cet automne, d'inondations qui les ont plongées dans la détresse. Des dégâts évalués à des centaines de millions de francs ont été causés aux habitations, aux voies de communication, aux forêts, aux cultures et aux cours d'eau. Les populations des régions touchées et les autorités, avec l'assistance de l'armée et de volontaires, ont maîtrisé de façon exemplaire cette grave situation. Dans toute la Suisse, la solidarité envers les victimes des intempéries a été impressionnante. En effet, la population, les communes, les entreprises, les associations et les particuliers ont offert spontanément une aide pécuniaire de plus de 40 millions de francs.
Dans le présent message, les événements principaux sont relatés chronologiquement. On expose ensuite l'étendue des dégâts, la démarche adoptée pour les réparations, les mesures à prendre pour éviter que de tels dommages ne se reproduisent ainsi que les conséquences financières qui en découlent. Les dégâts causés par ces intempéries exigent d'importantes mesures de remise en état; les cantons et les communes ne peuvent pas affronter seuls ces tâches. C'est pourquoi il est indispensable que la Confédération prenne en l'occurrence des mesures exceptionnelles.
Il importe en premier lieu d'utiliser pleinement les possibilités légales pour accorder des subventions à un taux maximum. On propose en outre, à titre d'aide unique et immédiate, d'accorder des contributions fédérales pour la réparation des dégâts subis par le réseau routier et pour le financement des frais non couverts occasionnés aux six cantons les plus touchés, par la remise en état de bâtiments, d'installations et de cultures.
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Message
1
Partie générale
11 Les intempéries
111 Chronologie des événements
22 et 23 avril Glissement de terrain / torrents de boue et de pierres au- dessus de Wattenwil BE.
Environ 40 000 m3 de matériaux se détachent, puis glissent en un torrent de boue et de pierres, suite à l'imbibition du sol. 20 ha de forêts sont détruits ou menacés.
28 juin
Glissement de terrain près de Lauterbrunnen-Isenfluh BE. La route est coupée pour des mois, voire des années. 500 000 m3 de matériaux sont en mouvement.
1er juillet
Premiers orages estivaux violents, avec inondations. Plusieurs routes et lignes de chemin de fer sont coupées. Des maisons, des caves et des cultures sont envahies par les flots. Deux morts sont à déplorer.
I
Quant aux dégâts, les plus importants sont enregistrés dans l'Emmental (haut et bas), à Arth-Goldau (flanc nord du Rigi) et à Frauenkirch, Glaris (région de Davos).
2 juillet 3 juillet
Nouveaux orages importants en Suisse centrale.
Des orages violents se produisent encore dans les cantons de Berne, des Grisons, de Vaud, de Neuchâtel et de Saint-Gall, provocant des dégâts importants dans l'Oberland bernois et, pour la seconde fois, dans l'Emmental.
6 juillet
La série d'orages dévastateurs continue: la région de Berne et la Suisse centrale sont à nouveau touchées.
7 juillet
La cinquième série d'orages en une semaine cause pour des millions de francs de dégâts. Les dommages les plus impor- tants se sont produits dans la région du pied du Jura (cantons de Vaud et de Berne). D'autres sont à signaler dans les cantons de Neuchâtel, de Schwyz, du Valais, de Fribourg et d'Argovie.
14 juillet
Nouveaux orages au nord du canton de Vaud, dans l'Ober- land bernois et en Valais.
18 et 19 juillet
Orages catastrophiques dans les Grisons (Poschiavo, Ober- land) et au Tessin (Val Blenio et Leventine). Des dégâts sont aussi à déplorer dans les cantons de Saint-Gall, de Glaris et du Valais. Il s'agit d'orages dévastateurs, caractérisés par des
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.
/
pluies diluviennes et continuelles. Des vallées entières sont coupées ainsi que de nombreuses voies de communication. Des lignes téléphoniques et des lignes électriques sont rom- pues. Beaucoup de cultures, de forêts et de ponts sont détruits. 150 personnes doivent être évacuées. Des quartiers de certains villages sont entièrement ravagés. Un mort est à déplorer à Poschiavo.
24 et 25 août
Deuxième série d'orages catastrophiques en l'espace d'un mois dans de vastes régions des Alpes. Les cantons d'Uri, du Valais, du Tessin et des Grisons sont touchés.
Les plus fortes précipitations dans la région du Saint-Go- thard ont entraîné des crues de la Reuss encore jamais vues. Le canton d'Uri a été pratiquement coupé du reste du pays. Les régions les plus touchées sont Attinghausen, Flüelen et Seedorf dans la basse vallée de la Reuss, Gurtnellen, Wassen, Göschenen, les gorges de Schöllenen et la vallée d'Urseren. En certains endroits, les réseaux ferroviaire et routier ont été complètement coupés. Les lignes téléphoniques et élec- triques se sont effondrées. Les biens privés ont été très affectés. Plus de 800 animaux domestiques (vaches, moutons et cochons) ont été noyés. Des centaines de personnes ont dû être évacuées. 180 ha de terres cultivées ont été immergées et de nombreuses exploitations ravagées. 450 personnes ont provisoirement perdu leur travail. Certaines maisons sont immergées dans des mètres d'eau. L'endiguement le long de la Reuss a été détruit sur plus d'un kilomètre et plusieurs ponts ont été démolis.
En Valais, ce sont avant tout la vallée de Conches (Münster), Obergesteln, la centrale électrique de Massaboden et, dans la vallée du Rhône, la centrale de Naters et la région de Salquenen (un mort) qui ont le plus souffert. Le bas du village de Münster a été ravagé. Plusieurs ponts ont été emportés par les eaux.
Dans le Tessin, les dégâts sont localisés dans le val Bedretto, la Leventine (Ambri-Piotta, Faido) et le val Bavona. D'im- portants dégâts aux routes, aux voies de chemin de fer, aux usines électriques, aux cultures et aux maisons sont à déplo- rer.
Dans le canton des Grisons, le village de Poschiavo est frappé à nouveau et coupé du reste du canton.
25 au 27 septembre
Précipitations records en Suisse occidentale. Les cantons de Fribourg, de Neuchâtal, de Vaud, du Jura et des Grisons sont touchés. Dans les zones les plus sinistrées, presque toutes les rivières ont débordé, inondant des cultures maraîchères, des routes et des agglomérations.
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La carte figurant à l'annexe 1 donne une vue d'ensemble des régions touchées en 1987. A titre de comparaison, une carte synoptique des régions touchées entre les années 1972 à 1981 est reproduite à l'annexe 2.
112 Situations météorologiques
Evolution météorologique en relation avec les précipitations marquantes des mois de juillet, août et septembre 1987.
1er au 9 juillet
Durant ces jours, la Suisse est située en bordure sud-est d'une crête de l'anticyclone des Açores. Des fronts traversent la Suisse. Leur activité est d'abord amoindrie par l'influence dynamique de la zone de haute pression. Simultanément, la situation de haute pression, peu nuageuse, entraîne chaque jour des températures élevées à proximité du sol (souvent supérieures à 25° C, localement 29° C). L'action conjointe du système réchauffé sol/air, correspondant à l'augmentation de l'évaporation et aux propriétés des fronts (p. ex. le champ d'humidité associé) permettent le développement de gros orages avec de violentes averses dans la deuxième partie des journées du 1er et 3 juillet et du 6 au 9 juillet. Au nord des Alpes, les conditions décrites sont propices au développe- ment de précipitations, sans pour autant être exceptionnelles. Il faut toutefois souligner une persistance de cette situation, accompagnée d'une répétition des intempéries.
13 au 20 juillet
Les 13 et 14 juillet, quelques averses orageuses modérées se produisent encore sporadiquement, sur un front en train de se dissoudre. A partir du 15 juillet, de l'air plus frais traverse la Suisse à des altitudes moyennes. Du 15 au 17 juillet, de part et d'autre des Alpes, l'évolution de la pression, déstabilisante de par son dynamisme (étant proche d'un système de basse pression) conduit à la formation de petits centres de basse pression qui déclenchent des averses.
Du point de vue dynamique, d'autres facteurs sont à l'origine des fortes précipitations des 17 et 18 juillet. Cette situation devient évidente si l'on considère leur développement spatio- temporel et leur intensité assez régulière. Dans l'après-midi du 17 juillet, un front froid venant de l'ouest occasionne des précipitations se propageant vers l'est. Vers la fin de la journée, à cause de courants tridimensionnels, un tourbillon actif bien délimité commence à se former sur la Suisse orientale. De ce fait il se produit des précipitations très importantes sur le nord-est du pays et catastrophiques au sud des Alpes.
23 au 25 août
L'origine des précipitations est similaire à celle qui prévalait les 17 et 18 juillet.
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De telles répétitions de phénomènes ne sont pas rares dans nos régions. Un cas semblable s'est produit les 7 et 8 août 1978, provoquant des dégâts tant au nord qu'au sud des Alpes (inondations au Tessin et dans la vallée de la Thur). Etant donné l'étendue limitée de ces tourbillons, leur diverse pro- venance (Suisse orientale, Italie du nord, Autriche de l'ouest) ainsi que leur vitesse de déplacement généralement élevée, on ne leur prête pas toujours l'attention voulue. Or lorsqu'ils sont stationnaires, ces tourbillons peuvent occasionner de fortes précipitations.
23 au 27 septembre
Les précipitations qui ont eu lieu entre le 23 septembre (20 h.) et le 24 septembre (3 h.), ainsi que celles qui ont été enregistrées entre le 25 septembre (15 h.) et le 27 septembre (9 h.) sont typiques d'une situation de fronts. Un front froid venant du nord-ouest traverse la Suisse entre le 23 et le 24 septembre accompagné d'un champ de précipitations dense. Les températures relativement élevées, surtout au nord des Alpes, ainsi que le contraste marqué avec l'air froid, déclenchent une pluviosité au-dessus de la moyenne.
Le 25 septembre, ce même front, après s'être réchauffé, réintègre la région des Alpes et s'installe parallèlement à leur flanc nord. Dans le courant dominant, un air chaud et très humide en provenance de la Méditerranée glisse sur l'air froid du nord des Alpes. En raison de la forte concentration d'humidité et de la position stationnaire du régime favorisant la formation de précipitations, la durée et la quantité de celles-ci sont nettement supérieures à la moyenne.
La Suisse occidentale se trouve alors à proximité de cette zone de basse pression. Une telle conjonction dynamique ne peut qu'entraîner d'importantes précipitations.
Il ressort de cette récapitulation qu'à une exception près, les phénomènes météorologiques à l'origine des intempéries étaient chaque fois différents. On ne saurait dès lors parler de récurrence d'une situation déterminée propice au développement de fortes précipitations. D'une manière générale, il faut noter qu'à partir de mai 1987, le nombre de jours de pluie a été anormalement élevé. Les périodes de temps sec de l'été ayant donc été plus courtes, le sol n'a pu absorber et, en d'autres termes, retenir qu'une faible quantité des eaux de pluie tombant en abondance sur un espace relativement restreint.
113 Les crues
Les débits des rivières et des fleuves enflés par les précipitations ont été déterminants quant aux dégâts causés aux ouvrages, constructions et cultures. C'est pourquoi on a enregistré des crues extrêmes surtout là où les dégâts ont été les plus importants. Certaines stations de mesures ont même été détruites. Seuls
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les crues catastrophiques des 18/19 juillet et des 24/25 août 1987 sont récapitulées dans les tableaux suivants:
Crues des 18 et 19 juillet
Station
Débits (en m3/s)
Ampleur semblable déja atteinte
Quand pour la dernière fois
Début des mesures
Somvixerrhein-Somvix
82.5
1932
Ferrerabach-Trun
24.2
jamais jamais 1 jamais
sept. 1927
1914
Hinterrhein-Hinterrhein
154
1945
Rhein-Felsberg
1990
2
août 1954
1912
Rhein-Bad Ragaz
2150
1
août 1954
1930
Rhein-Diepoldsau
2650
1
août 1954
1919
Brenno-Loderio
480
jamais
1904
Moesa-Mesocco
82
1
août 1978 août 1978
1911
Poschiavino-La Rösa
15
jamais
1970
Poschiavino-Le Prese
130
1
sept. 1960
1931
Inn-St. Moritz-Bad
61
1
sept. 1920
1907
Berninabach-Pontresina
180
jamais 3
sept. 1960
1904
Crues des 24 et 25 août
Station
Débits (en m3/s)
Ampleur semblable déja atteinte
Quand pour la dernière fois
Début des mesures
Rhone-Gletsch
27.1
1956
Rhone-Brig
500
1916
Rhône-Sion
770
sept. 1948
1916
Furkareuss-Realp
station détruite
Reuss-Andermatt
260
2
août 1939
1910 1910
Reuss-Seedorf
660
jamais
(sans tenir compte des débordements)
Ticino-Piotta
240
jamais 2
1925
Aare-Brienzwiler
360
juillet 1977
1905
Mesures provisoires des débits d'après des données du service hydrologique et géologique national.
A titre d'exemple, on a analysé plus en détail les variations de débits de la Reuss, près de Seedorf, et du Rhône près de Brigue (voir annexes 3 et 4).
Si l'on se réfère aux statistiques, les crues de l'été 1987 sont parmi les plus importantes de ce siècle. En revanche, les précipitations proprement dites n'avaient rien d'exceptionnel. La fonte des neiges tardive ainsi que les précipita- tions précoces ont contribué à accroître les débits des cours d'eau. Les précipita- tions s'étant produites au-dessus de la limite de la forêt, on peut exclure dans les deux cas en question, que le dépérissement de celle-ci ait joué un rôle quelconque.
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1954
Inn-Martinsbruck
480
1962
Vorderrhein-Ilanz
930
1970
Ticino-Bellinzona
1410
3
jamais jamais 2
tions précoces ont contribué à accroître les débits des cours d'eau. Les précipita- tions s'étant produites au-dessus de la limite de la forêt, on peut exclure dans les deux cas en question, que le dépérissement de celle-ci ait joué un rôle quelconque. La répartition géographique des intempéries relève purement du hasard. Ainsi, dans le même canton, la commune de Vechigen a été touchée trois fois en l'espace de quatorze mois, alors que celle de Wilderswil n'a été frappée qu'une seule fois · en 150 ans.
114 Hautes eaux des lacs
Étant donné le temps froid et humide du printemps et du début de l'été, plusieurs lacs du Plateau avaient atteint des cotes élevées dès le mois de juin. Les lacs du pied du Jura, par exemple, ont atteint un niveau jamais enregistré depuis la deuxième correction des eaux du Jura. Par la suite, le temps beau et chaud de la première quinzaine de juillet a entraîné une rapide fonte des neiges, dont les effets ont été particulièrement prononcés dans les lacs du pied des Alpes, voire extrêmes dans celui de Constance, qui ne présente aucune installation de régularisation. Comme ce dernier avait déjà un niveau élevé au mois de juin, la limite des hautes eaux a été dépassée dans la première moitié de juillet. Les crues des 18 et 19 juillet ont encore aggravé la situation; le lac a en effet atteint la cote de 397,60 m, chose qui ne s'est produite que deux fois pendant ce siècle. Le lac des Quatre-Cantons, en revanche, a absorbé les crues de la Reuss des 24 et 25 août, sans même atteindre la limite des hautes eaux.
12 Dégâts
121 Récapitulation
Un premier tour d'horizon des dégâts a été fait le 24 septembre, lors d'un entretien entre une délégation du Conseil fédéral et des représentants des cantons touchés.
A ce moment-là, on a estimé à 1,1 milliard de francs le total des dégâts dans les dix cantons représentés.
Depuis lors, des chiffres plus précis ont été établis pour divers secteurs. Ainsi, les entreprises de transport concessionnaires ont subi des dégâts s'élevant à 67 millions de francs. Les chemins de fer fédéraux, pour leur part, estiment à quelque 56 millions de francs les dommages sur leur réseau. Quant aux dégâts subis par le réseau routier, ils sont évalués à plus de 420 millions de francs. Pour les constructions hydrauliques, les dégâts s'élèvent à plus de 300 millions de francs. Les assurances privées prévoient qu'elles devront verser pour plus de 180 millions de francs en prestation. Mais l'ampleur des dégâts n'est pourtant pas encore entièrement connue. En effet, il manque des informations notamment sur les dommages causés aux biens privés, sur les prestations des assurances immobilières et sur les dégâts non assurables.
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122 Dégâts causés par les intempéries dans le secteur des transports publics
122.1 Entreprises de transport concessionnaires
Onze entreprises de transport concessionnaires (ETC) ont subi des dégâts dus aux intempéries. La ligne de Chemin de fer Furka-Oberalp (FO) et le Chemin de fer rhétique (RhB) ont été les plus sérieusement touchés.
Les 24 et 25 août 1987, les installations du FO ont été gravement endommagées dans la vallée de Conches, dans celle d'Urseren et dans les Schollenen. La voie a été affouillée à divers endroits. Le tracé s'est partiellement effondré ou a été emporté par les eaux. A Andermatt, la gare a été entièrement inondée, la ligne passant par le col de l'Oberalp étant plus ou moins épargnée. L'interruption du trafic sur l'ensemble du réseau du FO a duré plusieurs jours. Alors que la liaison ouest-est a été rétablie en octobre, les travaux de réparation dans les Schöllenen se sont révélés difficiles et ont retardé l'ouverture de l'exploitation. Les dégâts non couverts du FO atteindraient la somme de 37,52 millions de francs.
Au mois de juillet 1987, le réseau du Chemin de fer rhétique a été touché deux fois par les intempéries. Les 1er, 2 et 3 juillet, de violents orages ont fait déborder les torrents de la vallée de la Landwasser, ce qui a entraîné plusieurs interruptions de la ligne. Durant la nuit du 18 au 19 juillet, les pluies ont provoqué des crues et des glissements de terrain. De très gros dégâts ont notamment été causés dans l'Oberland grison et sur la ligne de la Bernina. Les lignes ferroviaires du Domleschg et du val Schanfigg ont également été touchées. Des glissements de terrain y ont provoqué des interruptions d'exploitation et des cours d'eau en crue ont détruit le tracé ferroviaire qui les suit. Le tronçon mis hors service le plus longtemps est situé entre Reichenau et Disentis. Le Chemin de fer rhétique évalue les dégâts non couverts à 22 millions de francs.
D'autres dommages ferroviaires de moindre importance ont été annoncés dans les cantons de Berne, de Fribourg, de Schwyz, de Vaud et du Valais.
122.2 Chemins de fer fédéraux
Les CFF estiment à 55,6 millions de francs les dégâts imputables aux intempéries. Sur cette somme, 52,2 millions concernent la région du Saint-Gothard et le Valais. L'exploitation des CFF a été entravée notamment sur la rampe nord du Saint- Gothard. Le trafic y a été interrompu pendant 18 jours, ce qui est dû principale- ment à la destruction du tracé en aval de Wassen. Le trafic régional a été assuré par un service d'autobus. Les trains directs ont circulé jusqu'à Brunnen/Flüelen et jusqu'à Airolo/Göschenen. Par ailleurs, les CFF ont offert une solution de remplacement en faisant circuler des autobus par le San Bernardino. Les convois internationaux (voyageurs et marchandises) ont emprunté l'itinéraire du Lötsch- berg et/ou du Simplon. Les intempéries ont aussi entravé considérablement l'alimentation des CFF en courant. D'importants dégâts ont notamment été constatés à l'usine électrique de Massaboden.
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123 Dégâts causés par les intempéries au secteur des télécommunications
Les PTT eurent à déplorer des dégâts aux installations de télécommunications relevant des directions d'arrondissement suivantes: Bellinzone, Coire, Lucerne et Sion. L'ensemble des dépenses occasionnées par la remise en état des installations se monte à 9,25 millions de francs. Quant aux dommages causés aux services de la radio et de la télévision, ils sont nettement moins importants. L'émetteur OUC d'Hospenthal et la ligne électrique desservant la station du Pizzo Castello, au .
Tessin, ont subi des dégâts d'eau. A Poschiavo, il a fallu recourir temporairement à une liaison à ondes dirigées. La coupure des télécommunications et des moyens d'information radiophoniques dans les régions touchées ont causé de notables difficultés, malgré des réparations rapides.
13 Réparation des dégâts
On distingue les étapes suivantes:
Protection immédiate contre des dégâts imminents ou croissants, à titre de mesure préventive (p. ex. suppression d'obstacles, etc.). Ces travaux sont pour la plupart achevés.
Rétablissement de l'état initial (p. ex. restauration du profil de lits, réparation de voies de communication, etc.). Ces travaux représentent actuellement l'essentiel des efforts. A certains endroits, ils vont encore durer des années.
Les graves intempéries ont mis en évidence des besoins de mesures de protection qu'il s'agit d'analyser minutieusement. Il importe de déterminer les points faibles et les mesures de protection qui s'imposent.
Les travaux urgents et de remise en état ont exigé de très gros efforts à tous les échelons. Ainsi l'armée a participé activement aux travaux de déblaiement. 10 600 hommes ont fourni plus de 77 000 jours de travail, des machines de chantier ont été utilisées pendant plus de 25 000 heures et les missions héliportées ont atteint plus de 200 heures. Le 15 octobre 1987, le Département fédéral de justice et police a annoncé qu'à cette date, les unités de protection civile avaient fourni plus de 20 000 jours de travail. Notons que ces unités provenaient non seulement des communes touchées, mais encore des régions limitrophes. A cela s'ajoute le travail bénévole de nombreux particuliers.
14 Enseignements à tirer
Après les événements catastrophiques de cet été, il est évident que nous devons en approfondir les causes et en tirer des enseignements. Bien que l'on ne puisse
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garantir une sécurité absolue face à une catastrophe naturelle, il n'en faut pas moins chercher des solutions qui permettent d'éviter que de tels événements ne se reproduisent, ou du moins de limiter les dégâts. L'Office fédéral de l'économie des eaux (OFEE) s'est chargé de coordonner les activités à ce sujet. Au titre de l'étude des causes, divers travaux sont en cours, notamment le programme commun de l'OFEE et du service hydrologique et géologique national (pro- gramme national sur les crues). L'influence des forêts sur le régime des hautes eaux y sera aussi étudié. Ce programme sera encore complété par d'autres objets. Enfin, on dresse actuellement un catalogue des besoins en collaboration avec d'autres offices fédéraux, des instituts des Hautes écoles et avec les cantons sinistrés.
15 Financement de la répartition des dégâts
151 Dégâts occasionnés aux particuliers
D'une manière générale, on peut admettre que les particuliers règlent eux-mêmes le problème de leur indemnisation. A cet effet, ils doivent conclure une assurance qui couvre les risques dépassant leur capacité financière. Pour les dégâts non assurables, causés par les forces naturelles, il existe un fonds spécial à l'échelle nationale. Cela étant, le Conseil fédéral estime que les dégâts subis par les particuliers doivent en premier chef être couverts par les assurances. En outre, on ne saurait ignorer les dons réunis lors de campagnes d'entraide. Au surplus, s'il subsiste des cas de rigueur, les communes et, éventuellement les cantons, qui sont proches des intéressés et connaissent bien la situation, sont en mesure de leur apporter le soutien nécessaire. La Confédération peut toutefois apporter une aide indirecte en soulageant les cantons et les communes d'autres obligations finan- cières.
Dans toute la Suisse, les intempéries ont soulevé un élan de solidarité sans précédent. La Chaîne du bonheur (en collabortion avec la Croix-Rouge Suisse, Caritas suisse, l'entraide protestante suisse et l'œuvre suisse d'entraide ouvrière) a rassemblé plus de 42 millions de francs pour les sinistrés, dont 37,5 millions sont destinés à la Suisse. A cette somme s'ajoutent 10 millions de francs provenant de la vente d'un timbre spécial, que les PTT ont édité avec l'assentiment du Conseil fédéral. D'autre part, plus de 350 collectivités publiques, de nombreuses entre- prises et associations ainsi que de nombreux particuliers ont fourni une aide directe sous forme de dons. Cet argent sera distribué, en premier lieu aux particuliers.
152 Dégâts occasionnés au domaine public
Souvent, les pouvoirs publics ne concluent pas d'assurances pour couvrir les risques de dégâts matériels, ils garantissent le financement des coûts des travaux nécessaires à la réparation des dégâts de la même manière qu'ils se sont assuré les montants requis pour la construction des ouvrages. En général, lors de grands projets, les communes sont appuyées par les cantons et les cantons eux-mêmes sont aidés par la Confédération.
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C'est ici qu'interviennent les aides financières et les indemnités prévues par le droit fédéral pour des domaines aussi divers que les chemins de fer, les routes nationales et principales, les corrections de cours d'eau, l'entretien des forêts ainsi que les améliorations foncières et l'aide aux investissements dans les régions de montagne. Dans quelques-uns de ces domaines, il est possible, lorsque des circonstances exceptionnelles le justifient, d'accorder des suppléments (p. ex. jusqu'à 20 % pour les corrections de cours d'eau) ou de dépasser les taux usuels (p. ex. pour les prêts accordés au titre de l'aide à l'investissement).
16 Conception à la base des mesures exceptionnelles
161 Rétrospectives
Le 12 août, le Conseil fédéral a pris connaissance d'un rapport du Département fédéral des transports, des communications et de l'énergie (DFTCE), consacré aux importants dégâts dus aux intempéries des mois de juin et de juillet.
A cette date, ce sont surtout les cantons de Berne, des Grisons et du Tessin qui étaient touchés. Dans la lettre qu'il a adressée aux gouvernements de ces cantons, le Conseil fédéral exprimait sa sympathie aux populations et collectivités victimes des intempéries. Il donnait l'assurance que la Confédération allait utiliser tous les moyens disponibles pour venir efficacement en aide aux populations éprouvées.
Simultanément, les offices fédéraux ont été appelés à entreprendre sans tarder les enquêtes nécessaires à l'évaluation des dommages, et à mettre au point avec les cantons la manière selon laquelle on allait procéder. Ils devaient également analyser les bases légales auxquelles on pourrait se référer et tout mettre en œuvre pour que l'aide fédérale soit apportée le plus tôt possible.
Les 24 et 25 août, de nouvelles intempéries ont frappé d'importantes régions des Alpes, semant en maints endroits la désolation. Le 25 août, le chef du DFTCE s'est rendu sur les lieux les plus touchés dans les cantons d'Uri et du Valais, puis il a fait rapport sur la situation au Conseil fédéral. De la lecture des rapports établis par les gouvernements cantonaux, on s'est aperçu que les moyens ordinaires ne suffiraient pas pour venir à bout des énormes dégâts causés.
Au vu des frais non couverts des cantons et des communes, qui ne sont ni pris en charge par les assurances, ni compensés par les moyens légaux de la Confédéra- tion, le Conseil fédéral a décidé, le 26 août, de présenter au Parlement un message sur les mesures exceptionnelles. Il s'agissait notamment de créer une base légale permettant à la Confédération de participer également à la couverture des frais susmentionnés. Aux fins de déterminer l'ordre de grandeur de cette aide et les besoins financiers des cantons, une entrevue était envisagée entre une délégation du Conseil fédéral et les représentants des douze cantons sinistrés (BE, LU, SZ, OW, UR, ZG, SG, GR, TI, VD, VS, NE).
Cette entrevue a eu lieu le 24 septembre et dix cantons ont envoyé une délégation; ceux de Lucerne et de Zoug avaient déclaré n'avoir pas subi de dégâts majeurs. Les participants ont donné des informations sur les zones sinistrées et fait part de premières estimations quant au montant des dommages causés sur leur territoire. Les délégués des cantons se sont félicités de la promptitude avec laquelle la
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Confédération s'est déclarée prête à prendre en charge une partie des coûts non couverts. On est également convenu de créer un groupe de travail chargé de déterminer les besoins financiers des cantons à ce titre. Les cantons de Berne, d'Uri, de Schwyz, des Grisons, du Tessin et du Valais se mirent dès lors à l'ouvrage et présentèrent dès novembre des récapitulatifs détaillés des coûts de remise en état.
162 Possibilités offertes par les bases légales existantes
Comme on l'a déjà vu, plusieurs bases légales permettent l'octroi d'aides finan- cières et d'indemnités. Il s'agit donc au premier chef d'en tirer le meilleur parti possible et d'user notamment des possibilités d'étendre leur application aux situations extraordinaires. En conséquence, nous proposerons l'octroi de crédits supplémentaires et additionnels en nous fondant sur les résultats des enquêtes en cours, relatives aux besoins de financement des prochaines années. Dans ce contexte, nous demanderons également l'ouverture de crédits d'engagement supplémentaires, pour les ETC, car la réserve pour dégâts dus aux intempéries, incorporée dans le crédit-cadre, n'est de loin pas suffisante.
163 Création de nouvelles bases légales
Il ressort des études auxquelles les six cantons les plus touchés ont procédé que dans plusieurs secteurs les frais non couverts, qui subsistent après déduction de toutes les subventions et toutes les prestations de tiers, constituent pour les cantons et les communes une charge intolérable.
Le Conseil fédéral estime que ces cantons et communes ne devraient pas supporter un endettement accru à cause des intempéries de 1987. Voilà pouquoi il propose des mesures supplémentaires pour alléger les charges des cantons.
S'agissant de la remise en état des routes nationales, en particulier de la N 2 dans le canton d'Uri, pour l'essentiel, et dans celui du Tessin, nous proposons une prise en charge de la totalité des coûts par la Confédération. Cela vaut tant pour les travaux de déblaiement que pour les réparations.
Ainsi donc, la réglementation est claire pour ces importantes voies de communica- tion nationales et internationales. L'ancienne route du Saint-Gothard, qui ne figure plus dans le réseau des routes principales aménageables avec l'aide fédérale, a été complètement détruite en trois endroits dans le canton d'Uri. Là comme au Tessin, cette route sert de voie de rechange à la N 2. En effet, lorsque l'autoroute doit être fermée, le trafic s'écoule par l'ancienne route. Ces deux liaisons routières représentent donc une entité. Aussi se justifie-t-il que les travaux de remise en état de l'ancienne route du Saint-Gothard soient eux aussi pris en charge intégralement par la Confédération.
Il en va de même des autres routes principales, voies de communication d'impor- tance nationale. Les dégâts relevés à Münster VS et à Poschiavo GR sont d'une telle ampleur que la charge financière ne saurait être supportée par les seuls cantons concernés. Dans ces cas également, une aide fédérale de 100 pour cent des coûts effectifs doit être octroyée.
169
La route du col du Nufenen, dans les cantons du Valais et du Tessin, a été aménagée jadis avec des subsides de la Confédération en vertu de l'article 23 cst. (taux 75 %). Mais aujourd'hui, elle ne fait partie ni du réseau des routes nationales, ni de celui des routes principales. Elle est donc une simple route cantonale. Dans le val Bedretto, elle est totalement détruite en maints endroits et sa reconstruction sera très onéreuse.
La Confédération participera aux coûts de remise en état de cette route par une subvention de 75 pour cent. Une aide fédérale de la même ampleur sera accordée pour la réparation des dégâts occasionnés à des routes d'autres régions par les intempéries de l'été 1987, qui n'ont pas été citées explicitement dans ce message. L'arrêté fédéral prévoit en conséquence une réglementation générale; celle-ci laisse une marge de manœuvre suffisante pour régler les cas concrets. Ce qui est essentiel, c'est que le champ d'application soit limité aux grands dégâts de l'année 1987. Il ne s'agit pas d'un texte applicable à l'ensemble des catastrophes. Les représentants des cantons au sein du groupe de travail ont désigné sept secteurs dans lesquels, à leur avis, une aide supplémentaire de la Confédération au titre de l'indemnisation des frais non couverts est nécessaire: il s'agit de la police des eaux, de la police des forêts, des améliorations foncières, des routes, des canalisations, des interventions (déblaiements, secours et mesures de sécurité, etc.) et des pertes de récoltes fourragères. Dans ce contexte, le secteur des routes peut être laissé de côté, étant donné que la Confédération a prévu de prendre à sa charge la totalité · ou presque des frais de réparation. Les pertes de récoltes fourragères, qui relèvent du secteur privé, sont exclues de l'aide fédérale directe; la Chaîne du bonheur en a déjà été informée, de telle sorte qu'elle puisse prendre les dispositions qui s'imposent.
Pour les cinq secteurs restants, on a calculé à combien s'élèveraient les coûts non couverts, sans l'aide fédérale. La méthode adoptée a été la suivante: les cantons ont estimé les coûts totaux dans chacun de ces secteurs; de ces coûts, on a retranché les indemnités et aides financières de la Confédération, une participa- tion équitable du canton (en règle générale le maximum autorisé par la législa- tion) et les prestations de tiers (assurances, dons, etc.).
Il en est résulté les coûts non couverts que voici:
En mio. de fr.
Berne
3,7
Uri
13,4
Schwyz
2,6
Grisons
15,0
Tessin
9,7
Valais
11,6
Total
56,0
L'appendice 5 reflète sous forme de tableau synoptique la manière dont les mesures exceptionnelles ont été conçues.
170
2 Partie spéciale
Les explications suivantes se réfèrent à l'arrêté fédéral concernant la participation financière de la Confédération en vue de remédier aux dégâts causés par les intempéries de 1987.
21 Contribution aux frais de réfection des routes
Article premier
Afin de circonscrire le champ d'application des mesures exceptionnelles, il convient de préciser qu'elles ne valent que pour les dégâts résultant des intempé- ries qui se sont produites entre le 1er avril et le 31 décembre 1987.
22 Contributions aux frais non couverts
Il n'existe pas de bases légales permettant à la Confédération de participer ou encore prendre en charge les frais non couverts des cantons ou des communes. Le projet d'arrêté qui vous est soumis a précisément pour but de combler cette lacune.
Article 4
Les explications concernant l'article premier valent également pour le champ d'application rationae temporis.
Les dégâts dus aux intempéries de 1987 ont atteint une ampleur telle qu'elle justifie des mesures exceptionnelles de la part de la Confédération. Compte tenu des dons récoltés et du montant des frais non couverts, il est judicieux que la Confédération prenne à sa charge la totalité de ces frais.
Article 5
La notion de «frais non couverts» s'applique exclusivement à la remise en état de constructions, d'installations et de cultures. En sont exclus les coûts de réalisation des projets qui visent à prévenir des dangers futurs. Ces coûts ne peuvent pas encore être chiffrés précisément puisque les projets eux-mêmes seront exécutés ces prochaines années, dans le cadre de la procédure normale.
Les notions de «constructions et installations» sont employées dans le même sens qu'à l'article 22 de la loi sur l'aménagement du territoire (RS 700). Par «construc- tions», on entend tout bâtiment ou objet analogue, qu'il soit souterrain ou en surface, de même que les constructions et logements provisoires. Sont considérées comme «installations», les réalisations qui servent aux transports et les altérations sensibles apportées au terrain. Quant aux «cultures», il s'agit de surfaces qui servent à l'agriculture et à l'horticulture.
Les aides financières et les indemnités versées par la Confédération, les presta- tions des assurances privées et publiques ainsi que les autres prestations de biens (fonds pour les dommages causés par les éléments naturels, dons et autres) doivent être déduits du total des coûts de la remise en état. Les cantons qui
171
bénéficient des contributions de la Confédération doivent fournir eux-mêmes une participation équitable, compte tenu de leur capacité financière et de la charge totale que leur occasionnent ces frais (let. b).
Article 6
Pour déterminer les frais non couverts, on se fonde sur les chiffres avancés par les six cantons les plus sinistrés. Souvent, il ne s'agit que d'estimations. Vouloir déterminer un montant précis prendrait encore des mois, voire des années.
Article 7
Le versement des prestations de la Confédération aux cantons doit se faire selon une procédure administrative simple.
3 Conséquences financières et effets sur l'état du personnel
La remise en état des routes coûtera quelque 420 millions de francs. En sus des prestations qu'elle peut fournir, en vertu des dispositions légales actuelles, la Confédération accordera une contribution d'une centaine de millions de francs sur la base de l'arrêté fédéral qui vous est soumis. Une somme de 56 millions de francs a été prévue au titre du financement des frais non couverts.
L'exécution des deux arrêtés fédéraux n'aura aucun effet sur l'état du personnel (Confédération et cantons).
4 Grandes lignes de la politique gouvernementale et plan financier
Pour des raisons évidentes, le présent projet ne figure ni dans les Grandes lignes de la politique gouvernementale, ni dans le plan financier.
5 Bases juridiques
51 Constitutionnalité
L'article 31bis, 3e alinéa, lettre b, cst., autorise la Confédération à édicter des dispositions pour assurer l'existence de l'agriculture nationale et pour conserver une forte population paysanne. Pour autant que les mesures prévues sont en faveur de l'agriculture, elles répondent aux objectifs de cette disposition.
Selon la lettre c de cet alinéa, la Confédération peut, si l'intérêt général l'exige, édicter des dispositions pour protéger des régions dont l'économie est menacée. Est notamment considérée comme menacée l'économie des régions qui, ayant été touchées par des catastrophes naturelles, ne parviennent pas à financer elles- mêmes les travaux de remise en état, de sorte que l'existence matérielle de leur population semble compromise. L'arrêté fédéral vise à fournir une aide unique et immédiate, limitée aux dégâts dus aux intempéries de 1987. En outre, il ne prévoit la prise en charge des frais non couverts que dans des domaines bien précis. Aussi ne s'applique-t-il qu'à titre subsidiaire, c'est-à-dire lorsque les autres prestations
172
de la Confédération, des cantons et des tiers sont épuisées. Les budgets cantonaux et communaux doivent être soulagés, afin que les moyens disponibles puissent être employés pour les tâches les plus urgentes. L'arrêté est donc l'instrument le mieux approprié pour soutenir les régions touchées par les intempéries.
L'article 36ter cst. réserve des moyens financiers provenant du produit net des droits d'entrée de base et d'une surtaxe sur les carburants, pour l'accomplissement de tâches en rapport avec le trafic routier. Même si ledit article ne parle que de participation et de contributions, il peut, en l'occurrence, vu le caractère excep- tionnel des circonstances, être interprété largement et s'appliquer à une couver- ture intégrale des frais. Cette interprétation généreuse n'est valable que pour le cas présent et ne saurait constituer un précédent.
Cet arrêté fédéral est aussi conforme au principe constitutionnel de l'égalité de traitement (art. 4 cst.). Certes, toutes les parties du territoire national qui ont été touchées d'une manière ou d'une autre par les intempéries ne sont pas prises en considération. Toutefois, l'ampleur des dégâts ayant varié notablement d'une région à l'autre, une différence de traitement se justifie. Le but de l'arrêté est donc de prévoir une action de solidarité nationale, là où les dommages ont été les plus graves. De plus, cet arrêté se limite aux dégâts substantiels de l'année 1987.
52 Forme de l'acte législatif
L'arrêté fédéral concernant la participation financière de la Confédération à la réparation des dégâts causés par les intempéries de 1987 contient des règles de droit au sens de l'article 5 de la loi fédérale sur les rapports entre les Conseils. En outre, toute contribution fédérale doit reposer sur une base légale. Comme il s'agit, en l'occurrence, d'un acte législatif qui porte exclusivement sur les intempé- . ries de 1987, il convient de lui donner la forme d'un arrêté fédéral de portée générale (art. 6 de la loi sur les rapports entre les conseils; RS 171.11).
L'arrêté fédéral concernant le financement des frais non couverts, occasionnés par les intempéries de 1987, est quant à lui un texte octroyant un crédit, c'est-à-dire un acte administratif du Parlement. Il convient donc de lui donner la forme d'un arrêté fédéral simple (art. 8 de la loi sur les rapports entre les conseils).
13 Feuille fédérale. 140° année. Vol. I
173
174
Intempéries 1987 - Régions principalement touchées
Carte synoptique
Régions touchées
Semaine 29.6 - 5.7
Semaine 6.7-12.7
Semaine 13.7 - 19.7
Semaine 24.8-30.8
0
25
50
100 km
Annexe 1
.C.
Intempéries 1972-1981 - Régions principalement touchées
Carte synoptique
·?
.. 2
Annexe 2
175
Annexe 3
Rhone - Brig
550
500
3
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0-
1910
1920
1930
1940
1950
1960
1970
1980
DÉBUT: 1916 FIN: 1984
HQ 87 = 500 m3/s
500
DÉBITS DE CRUES EN M3/S
450
400
350
300
25
20
150
10
50
0
1
2
5
10
20
50
100
200
Périodes de récurrence (En années) --- Courbe pour périodes de récurrence inférieures à 15 ans
176
550
Annexe 4
Reuss - Seedorf
600
550
DÉBITS DE CRUES EN M /s
500
450
400
350
300
250
200
150 -
100
50 -
0
1910
1920
1930
1940
1950
1960
1970
1980
DÉBUT: 1911 FIN: 1984
HQ
87
= 660 m3/s
700
600
DÉBITS DE CRUES EN M3/S
500
400
300
200
100
D
1
2
5
10
20
50
100
200
Périodes de récurrence (En années)
Courbe pour périodes de récurrence inférieures à 15 ans
177
Annexe 5
Réparation des dégâts dus aux intempéries 1987 Conception des mesures exceptionnelles
ETAT ACTUEL
BUT
financement par la Confédération des frais non couverts
majoration des subventions pour la construction des routes
contributions fédérales
contributions fédérales
Canton
assurances
assurances
fonds pour les dommages élé- mentaires
fonds pour les dommages élé- mentaires
dons
dons
militaire
TOTALITE DES FRAIS
militaire
frais non couvert
mesures exceptionnelles
.
178
31920
Canton
Arrêté fédéral concernant la participation financière de la Confédération à la réparation des dégâts causés par les intempéries de 1987
Projet
du
..
L'Assemblée fédérale de la Confédération suisse,
vu les articles 31 bis, 3e alinéa, lettres b et c, et 36ter, de la constitution; vu le message du Conseil fédéral du 14 décembre 19871), arrête:
Section 1: Contributions aux frais de réfection des routes
Article premier Principe
La Confédération participe financièrement à la réparation des dégâts subis par les routes ouvertes au trafic des véhicules à moteur, à la suite des intempéries exceptionnelles qui se sont produites entre le 1er avril et le 31 octobre 1987.
Art. 2 Contributions de la Confédération
La participation financière de la Confédération pour la remise en état des routes s'élève à:
a. 100 pour cent des coûts pour les routes nationales;
b. 100 pour cent des coûts pour les routes principales (selon l'annexe 1 de l'ordonnance du 8 avril 19872) sur les routes principales;
c. 100 pour cent des coûts pour la route du Saint-Gothard dans les cantons d'Uri et du Tessin, ainsi que
d. 75 pour cent des coûts pour les autres routes ouvertes au trafic des véhicules à moteur.
Art. 3 Financement
Les contributions de la Confédération définies aux articles 1er et 2 seront financées conformément à l'article 3 de la loi fédérale du 22 mars 19853) concernant l'utilisation du produit des droits d'entrée sur les carburants.
FF 1988 I 157
RS 725.116.23
RS 725.116.2
179
Participation financière à la réparation des dégâts causés par les intempéries
Section 2: Contributions aux frais non couverts des cantons
Art. 4 Principe
1 La Confédération prend à sa charge les frais non couverts qui ont été causés, aux cantons de Berne, d'Uri, de Schwyz, des Grisons, du Tessin et du Valais, et aux autres collectivités de droit public, par les intempéries qui se sont produites entre le 1er avril et le 31 octobre 1987.
2 L'Assemblée fédérale fixe le montant maximum par un arrêté fédéral simple.
Art. 5 Définition des frais non couverts
Les frais non couverts représentent le solde des coûts engendrés par la remise en état de constructions, d'installations et de cultures, après déduction:
a. De toutes les aides financières et indemnités de la Confédération;
b. D'une participation équitable du canton;
c. De toutes les prestations des assurances et
d. D'autres contributions de tiers.
Art. 6 Mode de calcul
Les contributions de la Confédération seront calculées sur la base des déclara- tions faites par les cantons. Les chiffres établis à fin novembre 1987 sont déterminants.
Art. 7 Paiement
Les contributions de la Confédération seront payées en une seule fois et pour tous les frais non couverts.
Section 3: Dispositions finales
Art. 8 Exécution
Le Conseil fédéral est chargé de l'exécution.
Art. 9 Référendum et entrée en vigueur
1 Le présent arrêté, qui est de portée générale, est sujet au référendum facultatif. 2 Il entre en vigueur le 1er août 1988. Le Conseil fédéral l'abrogera lorsque toutes les contributions auront été versées.
31920
180
Projet
Arrêté fédéral concernant le financement des frais non couverts, occasionnés par les intempéries de 1987
du
L'Assemblée fédérale de la Confédération suisse,
vu l'article 85, chiffre 10, de la constitution;
vu l'article 4, 2€ alinéa, de l'arrêté fédéral du ... 1) concernant la participation financière de la Confédération à la réparation des dégâts causés par les intempé- ries de 1987;
vu le message du Conseil fédéral du 14 décembre 19872),
arrête:
Article premier
Un montant maximum de 56 millions de francs est alloué en vue du versement de contributions fédérales visant à financer les frais occasionnés par les intempéries de 1987, selon l'article 4 de l'arrêté fédéral du ... concernant la participation financière de la Confédération à la réparation des dégâts causés par les intempé- ries de 1987.
Art. 2
Le présent arrêté, qui n'est pas de portée générale, n'est pas soumis au référen- dum.
31920
181
1
Recommandations concernant la lutte contre le smog hivernal
du 30 novembre 1987
182
1987 - 983
Préface
Des situations météorologiques défavorables à la dispersion des polluants atmosphériques (phénomène d'inversion des tempéra- tures) apparaissent sporadiquement en hiver. Durant ces situa- tions d'inversion, les gaz polluants rejetés par les chauffages, l'industrie et le trafic s'accumulent dans les couches d'air proches du sol. Dans les grands centres urbains surtout, il peut en résulter en quelques jours des concentrations de pol- luants dépassant largement les valeurs limites d'immission à court terme de l'ordonnance sur la protection de l'air; ces concentrations représentent en premier lieu un danger pour la santé des personnes appartenant à des groupes à risques tels les enfants, les malades et les personnes âgées. De telles si- tuations de smog hivernal ont aussi été constatées par le passé dans diverses villes et agglomérations de Suisse.
La Loi sur la protection de l'environnement (LPE) confère à l'autorité d'exécution non seulement le droit, mais l'obligation de prendre les mesures qui s'imposent pour combattre efficace- ment ces situations de smog. La LPE ne définit toutefois pas expressément les conditions qui permettent de conclure à une situation de smog. L'article 16, 4e al. de la LPE stipule sim- plement que les autorités se doivent d'intervenir sans retard "s'il y a urgence". Cela vaut aussi pour l'article 3, 6e al. de la Loi sur la circulation routière (LCR) qui confère à la police le droit, "dans des cas exceptionnels", de prendre les mesures qui s'avèrent nécessaires. Les mesures de protection ne sont aussi décrites que sommairement dans la LPE: les autorités sont chargées de prendre les mesures d'assainissement nécessaires; à ce propos, il ressort clairement qu'elles peuvent décider la fermeture d'une installation en "cas d'impérieuse nécessité". Par conséquent, les dispositions légales de la LPE et de la LCR doivent être précisées en vue des besoins pratiques d'exécution.
183
Divers cantons ainsi que la Conférence des directeurs cantonaux des affaires sanitaires ont prié le Département fédéral de l'intérieur de présenter suffisamment tôt, pour l'hiver 87/88, un commentaire relatif à l'interprétation des textes légaux. Les présentes recommandations satisfont à ce voeu. Elles re- posent sur des bases qui ont été élaborées par la Commission fédérale de l'hygiène de l'air (CHA) sur mandat du Département fédéral de l'intérieur.
La forme des recommandations a été choisie de telle sorte que les autorités disposent encore d'une flexibilité suffisante lors de l'exécution. A l'heure actuelle et compte tenu du peu d'expérience en la matière, cette démarche paraît judicieuse dans la mesure où la procédure à suivre lors de situations de smog dépend largement des particularités locales ou régionales.
En édictant ces recommandations, le Conseil fédéral aimerait indiquer aux autorités cantonales d'exécution comment doivent être comprises et appliquées, à son avis, les dispositions de la loi sur la protection de l'environnement traitant de la pro- tection contre les immissions excessives. Comme aide d'inter- prétation, il ne faut pas que les recommandations aient pour résultat d'engendrer en premier lieu une utilisation schémati- que et standardisée des dispositions légales, mais qu'elles permettent au contraire de tenir compte dans chaque cas d'espèce des conditions locales ou régionales.
Les recommandations se fondent sur la fonction de surveillance de la Confédération et sur la compétence du Conseil fédéral d'édicter des prescriptions d'exécution concernant la protec- tion de l'environnement (art. 38, ler al., LPE). Il est reconnu que dans la compétence d'édicter des ordonnances est incluse celle d'édicter des directives ou des recommandations ( Imboden/ Rhinow, Schweiz. Verwaltungsrechtsprechung 1976, p. 48 ss, p. 53 conc. une circulaire adressée aux cantons; Manfrini Pierre-Louis, Nature et effets juridiques des ordonnances administratives, Diss. Genève 1978, p. 85 ss; Müller Georg, Inhalt und Formen der Rechtsetzung als Problem der demokratischen Kompetenzord- nung, Bâle 1979, p. 206; Décisions du Tribunal fédéral 98 Ia 519
184
et 102 Ia 67). Qualifiées d'ordonnances administratives, ces recommandations s'adressent exclusivement aux autorités, de sorte qu'elles ne sont pas directement contraignantes pour des tiers. Les instances compétentes s'en serviront toutefois dans leurs décisions, pour autant que les circonstances particulières d'un cas d'espèce ne justifient pas une dérogation. En ce sens, elles visent à l'application uniforme du droit (Müller, passim p. 205, Steinlin Christoph, Eidgenössische und kantonale Raum- planungskompetenz, Diss. Zurich 1978, p. 374; cf aussi ATF 107 1b 125 ss).
185
1 Recommandations concernant la lutte contre le smog hivernal
du 30 novembre 1987
Le Conseil fédéral suisse,
vu les articles 39, 1 er alinéa, et 38, 1 er alinéa, de la loi fédérale du 7 octobre 19831) sur la protection de l'environnement,
édicte les recommandations suivantes:
11 Appréciation des situations de smog hivernal
Dans le cas idéal, l'appréciation de situations de smog hiver- nal devrait se faire à partir de la charge totale de l'ensem- ble des polluants atmosphériques. Mais comme les mesures des im- missions démontrent que pendant une période de smog hivernal on enregistre généralement aussi bien une augmentation de la con- centration d'anhydride sulfureux que de la teneur en pous- sières, en oxydes d'azote, en monoxyde de carbone et en hydro- carbures, il semble tout à fait indiqué et même judicieux dans la perspective d'une simplification de l'exécution des pres- criptions, qu'une appréciation effectuée dans le but de pres- crire des mesures et des recommandations se base en priorité sur des relevés de la concentration d'une substance de référence caractéristique. L'anhydride sulfureux, qui est mesuré en per- manence dans la plupart des villes, se prête particulièrement bien à cet effet. Il convient néanmoins de s'assurer que ces mesures donnent effectivement une image représentative de la pollution dans la région considérée.
Il y a lieu de prendre des mesures particulières pour réduire la charge totale de l'ensemble des polluants atmosphériques lorsque la concentration d'anhydride sulfureux (SO,) dépasse considérablement la valeur limite d'immission par 24 heures fixée par l'Ordonnance sur la protection de l'air (OPair), qu'il règne une situation météorologique défavorable à la dis-
186
1
persion de la pollution atmosphérique et que les prévisions météorologiques ne laissent entrevoir aucune amélioration.
On estime qu'il y a dépassement considérable:
· lorsque la concentration de SO, atteint ou dépasse le dou- ble de la valeur limite d'immission par 24 heures de l'oPair.
Il faut en plus que le critère météorologique suivant soit rem- pli:
· la situation météorologique est défavorable à la dispersion des polluants atmosphériques et les prévisions météorologi- ques faites par les organes compétents ne permettent pas d'exclure la possibilité que cette situation de stagnation se maintienne encore pendant 24 heures au moins.
12 Mesures recommandées
On recommande aux cantons et aux communes de faire face aux si- tuations de smog hivernal en prenant des mesures à deux niveaux:
121 Mesures prises par les autorités
Pour éviter des immissions élevées en cas de smog hivernal, il convient de prendre des mesures directement à la source des émissions de polluants. Cela implique de connaître au mieux la situation locale relative aux émissions. La plupart des admi- nistrations des villes disposent à cet effet de tableaux synop- tiques d'émissions (cadastres). Sur la base des principales sources d'émissions connues, les mesures suivantes sont jugées efficaces pour réduire la charge polluante totale:
Remplacement, dans les plus brefs délais, de l'huile de chauffage "lourde" par des combustibles à plus faible teneur en soufre dans l'industrie et l'artisanat en vue de réduire les émissions, en particulier celles de SO2.
Restriction temporaire et locale du trafic privé des véhicules à moteur dans les zones urbaines en vue de réduire les émis- sions, en particulier celles de NOx
187
Les cantons et communes sont naturellement libres d'envisager d'autres mesures jugées appropriées à leur territoire.
Sur le plan local et régional, les mesures sont à préparer de telle sorte qu'elles puissent être mises en oeuvre sitôt qu'ap- paraît une situation de smog hivernal.
Dans ce contexte, le Conseil fédéral recommande aux autorités cantonales d'exécution une procédure échelonnée :
La Confédération recommande aux cantons d'appeler à des limi- tations volontaires (telles la réduction des chauffages et du trafic motorisé privé) dès que les deux conditions suivantes apparaîtront : d'une part, une concentration de SO, atteignant une moyenne journalière représentant le double de la limite fixée dans l'ordonnance sur la protection de l'air, soit 200 microgrammes par mètre cube d'air (200 ug/m3); d'autre part, des prévisions météorologiques permettant de supposer que la situation d'inversion, phénomène à l'origine de la formation de smog, n'est pas près de toucher à sa fin.
188
des mesures plus radicales, telles la limitation du fonction- nement de certaines installations polluant fortement, ou l'interdiction du trafic routier privé, que ce soit à cer- taines périodes ou dans certaines zones.
Les mesures prescrites seront également levées de façon échelon- née, lorsque les immissions de la substance de référence SO, sont inférieures pendant un jour au moins aux valeurs d'inter- vention ou d'alerte et que, selon les prévisions météorologi- ques, il ne faut pas s'attendre à une nouvelle aggravation de la situation immédiatement après la levée des mesures.
122 Recommandations à la population
En plus des mesures destinées à réduire simplement les émis- sions, les autorités attireront de manière préventive - dès le moment où la valeur d'alerte (cf. chiffre 121) est atteinte - l'attention de la population, et surtout celle des groupes à risques (enfants en bas âge, asthmatiques, personnes âgées, personnes atteintes de maladies des poumons, de maladies du coeur ou de la circulation) sur le fait que l'impact du smog hivernal peut aussi être atténué par un comportement adéquat :
Dans la mesure du possible, les asthmatiques et les patients atteints d'affections pulmonaires devraient éviter de séjour- ner inutilement à l'air libre et renoncer à accomplir des activités physiques pénibles.
Les enfants en bas âge devraient si possible éviter de rester inutilement dehors.
Les gros efforts physiques lors de la pratique de sports d'endurance en plein air (p.ex. "jogging" intensif) devraient être évités.
Il va de soi que les asthmatiques, les patients atteints d'affections pulmonaires et les enfants en bas âge devraient éviter de séjourner dans des locaux où l'on fume.
14 Feuille fédérale. 140° année. Vol. I
189
Il convient de rédiger à l'avance le texte de ces recommanda- tions de telle sorte que l'on puisse les publier et les commu- niquer aux médias sitôt que la situation l'exige.
Les recommandations seront levées lorsque les immissions sont inférieures à la valeur d'alerte de la substance de référence SO2 (cf. chiffre 121) pendant 1 jour au moins et que les pré- visions météorologiques s'annoncent favorables.
Le tableau 1 donne un résumé des recommandations concernant la lutte contre le smog hivernal.
190
Tab. 1: Recommandations concernant la lutte contre le smog hivernal, à l'intention des cantons et des villes/communes
Valeurs d'immissions atteintes par la sub- stance de référence SO2 (moyenne jour- nalière)
Mesures destinées à limiter les émissions
Protection contre l'exposition
Valeur limite d'immission: 100 jug/m
Plan de mesures contre les immissions excessives selon OPair art. 31 à 34
Pas de recommandations particulières
Valeur d'alerte: 200 µg/m3
Appels à des limitations volontaires, telles la réduction du chauffage et du trafic motorisé.
Valeur d'intervention: 350 µg/m
Donner ordre que soient prises certaines mesures peu onéreuses, telles le rempla- cement de l'huile de chauffage "lourde" par des combustibles à plus faible teneur en soufre, ainsi que des mesures destinées à modérer la circulation.
Prendre des mesures plus radicales; en dernier recours, limiter le fonctionne- ment de certaines installations station- naires et interdire (partiellement ou non) la circulation du trafic routier privé, que ce soit à certaines périodes ou dans certaines zones.
Comportement recommandé aux personnes faisant partie de groupes à risques:
Les asthmatiques et les patients atteints d'affections pulmonaires devraient éviter de rester inutilement dehors et renoncer à des activités physiques pénibles.
Les enfants en bas âge ne devraient pas rester inutilement dehors.
Les gros efforts physiques lors de la pratique de sports d'endurance en plein air (p.ex. "jogging" intensif) devraient être évi tés.
Il va de soi que les asthmatiques, les patients atteints d'affections pulmonaires et les enfants en bas âge devraient éviter de séjourner dans des locaux où l'on fume.
Remarque: OPair = Ordonnance sur la protection de l'air
191
2 COMMENTAIRES RELATIFS AUX RECOMMANDATIONS
21 Situation actuelle
Les limites d'immissions fixées dans l'Ordonnance sur la pro- tection de l'air (OPair) sont dépassées en de nombreux endroits de notre pays. Ce que vise l'OPair mise en vigueur le ler mars 1986, c'est d'éliminer à moyen terme les immissions excessives pour l'homme et son environnement [1]. Les cantons disposent de 3 ans pour élaborer des plans de mesures destinés à atteindre ce but ; ces plans devront ensuite être réalisés dans un délai de 5 ans. Dans un certain sens, les limites d'immissions qui figurent dans l'OPair représentent donc des "valeurs cibles" de qualité de l'air qu'il faudra atteindre dans un délai donné.
Toutefois, on a pu constater à diverses reprises au cours des hivers précédents, notamment lors de conditions météorologiques dévaforables à la dispersion des polluants atmosphériques, des situations durant lesquelles les limites d'immissions à court terme de l'OPair étaient considérablement dépassées pendant plusieurs jours, et cela dans une mesure qui ne permet plus d'exclure la mise en danger relativement immédiate de l'homme et de son environnement. Au sens de la Loi sur la protection de l'environnement, il s'agit là de situations d'urgence auxquelles l'autorité est tenue de faire face en prescrivant sans retard des mesures d'assainissement [2].
Ainsi donc, il faut éviter l'apparition de situations où la. pollution de l'air pourrait mettre directement en danger la santé de l'homme, en prenant des mesures préventives appro- priées. Dans ce contexte, la question qui se pose avec acuité est de savoir à partir de quelles concentrations de polluants il est nécessaire, par des mesures particulières destinées à réduire les émissions, d'empêcher que la pollution ne s'ampli - fie encore.
192
Les commentaires qui suivent se proposent d'expliquer brièvement les mécanismes fondamentaux de la formation du smog en hiver, les charges polluantes que ce phénomène engendre dans notre pays et à l'étranger, les conséquences possibles que ce genre de pol- lution peut avoir pour l'homme et l'environnement, les seuils proposés dans les recommandations à partir desquels il y a lieu d'ordonner la mise en oeuvre de mesures particulières visant à réduire les émissions ainsi que les bases légales sur lesquelles s'appuyer pour prescrire les mesures recommandées.
22 Formation du smog en hiver
Le smog hivernal se forme toujours lorsque, pendant des pério- des de froid, il se produit ce que l'on appelle une inversion de température, c'est-à-dire lorsqu'une masse d'air froid proche du sol et située le plus souvent sous un plafond nuageux, est recouverte de couches d'air plus chaud qui l'empêchent de s'éle- ver (on parle dans ce cas de "lac d'air froid"). Si, parallèle- ment à cette inversion de température, les vents sont très fai- bles (de vitesse inférieure à 1-2 m/s) voire nuls, il ne peut pratiquement plus y avoir non plus d'échange horizontal d'air. Les polluants tels l'anhydride sulfureux, les poussières en suspension, les oxydes d'azote, le monoxyde de carbone et les hydrocarbures, rejetés par les chauffages, l'industrie et le trafic s'accumulent alors à proximité du sol et donnent lieu à une pollution de l'air extraordinairement élevée, en particulier dans les régions à forte population et les zones industrielles (voir figures 1 à 4 [3, 4, 5]). En l'absence de mesures visant à réduire les émissions, une telle situation ne peut s'améliorer que si de forts vents se lèvent ou si la température au sol aug- mente de manière sensible.
Outre ce smog de "stagnation" local ou régional, il peut par- fois arriver qu'en raison de déplacements de masses d'air une région plus ou moins éloignée soit soumise passagèrement à de fortes concentrations de polluants, lorsque des vents relative- ment forts et d'une certaine durée y ont amené de l'air très
193
pollué provenant d'une autre région source d'importantes émis- sions. C'est ce que l'on a par exemple observé en janvier 1985 dans le centre de l'Allemagne, à la frontière avec la RDA [6].
En Suisse en revanche, le smog que l'on a observé jusqu'ici est celui dit de "stagnation", par faible vent et inversion marquée de la température. On peut donc en conclure que le smog hivernal constaté dans notre pays est un smog d'origine indigène [7].
23 Pollution de l'air en Suisse en cas de smog hivernal
Les mesures de la pollution de l'air faites ces dernières années montrent que le smog hivernal qui se forme en Suisse lorsque les conditions météorologiques sont défavorables est en général un problème spécifique aux agglomérations d'une certaine importance et à leurs alentours. Il a donc un caractère local ou regional. C'est surtout pendant les grands froids de janvier que l'on a relevé les cas les plus aigus.
Dans les grandes agglomérations (p.ex. Zurich, Bale, Lausanne), on a mesure des concentrations d'anhydride sulfureux (SO ) qui atteignaient 200 à 450 jug/m' en moyenne journalière pendant plusieurs jours consécutifs (de 2 à 14 jours). Dans des locali- tés de moindre importance, les concentrations de SO, étaient généralement plus faibles pendant les mêmes périodes puisqu'on en mesurait 100 à 200 g/m en moyenne journalière, avec des pointes entre 200 et 300 µg/mº (fig. 3 et 4 [5]).
Dans les campagnes et les communes relativement éloignées des grandes agglomérations, la moyenne journalière de SO, est gé- néralement restée inférieure à 100 ug/m3. Ainsi par exemple, en janvier 1987, on a mesuré des moyennes journalières d'environ 40 jug/mº de SO, dans les communes de Langenthal et de Berthoud (canton de Berne) [8].
194
La pollution hivernale que connaissent épisodiquement les gran- des villes suisses est comparable à celle qui règne dans le sud de l'Allemagne (fig. 5 et 6 [6, 9]). Elle reste toutefois in- férieure aux charges maximales de SO, et de poussières en suspension que l'on a constatées dans les grandes zones indus- trielles telles que la Ruhr ou l'est de la RFA, dans les ré- gions proches de la frontière avec la RDA. En janvier 1985, diverses stations de mesure de ces régions ont par exemple me- suré pendant plusieurs jours des moyennes journalières supé- rieures à 500-600 ug/m3 de SO, avec des pointes de l'ordre de l'300 ug/m3 (fig. 5). La figure 6 montre quelle a été la distribution spatiale de la concentration de SO, (moyenne journalière) entre le 14 et le 21 janvier 1985 en République fédérale d'Allemagne [6]. A noter que la concentration des pol- luants diminue vers le sud de l'Allemagne en direction de la frontière helvétique.
Outre une augmentation de la concentration de SO,, les pério- des de smog hivernal s'accompagnent généralement d'une élévation de la teneur de l'air en poussières, en oxydes d'azote, en hy- drocarbures et en monoxyde de carbone. Suivant les endroits, on a mesuré en Suisse des valeurs moyennes journalières de l'ordre de 100 ug/m3 de dioxyde d'azote (NO ) et même de 200 ug/m3 cer- tains jours. Les concentrations de poussières en suspension atteignaient entre 100 et 250 ug/m' en moyenne journalière suivant les régions [5].
En RFA également, les moyennes journalières de NO, relevées en janvier 1985 n'ont jamais dépassé 200 ug/m3. En revanche, les concentrations maximales de poussières en suspension at- teignirent entre 300 et 560 ug/m3 en moyenne journalière, notamment dans la région de la Ruhr [6].
En résumé, on peut dire qu'actuellement, dans les agglomérations de notre pays, les concentrations de SO, et de NO, peuvent atteindre les valeurs indiquées ci-dessous, de façon épisodique pendant des périodes de 2 à 14 jours en saison d'hiver et lors- que les conditions météorologiques sont défavorables à la dis- persion des polluants atmosphériques :
195
Pour le SO2 : dépassement de 2 à 4 ou 5 fois au maximum de la limite d'immission de 100 ug/m3 par 24 heures fixée dans l'OPair.
Pour le NO. : dépassement au maximum de 2 à 2,5 fois de la limite d'immission de 80 g/m3 par 24 heures fixée dans l'OPair.
Dans des locaux, la pollution est généralement plus faible qu'à l'extérieur. Si cette différence est nette pour le SO , elle est en revanche moins marquée pour le NO2. La pollution des locaux ne sera pourtant inférieure que lorsque par exemple [10, 11] : - les locaux ne sont pas aérés trop fréquemment,
il n'y a pas d'échange d'air forcé par un système de climatisation,
aucune source de pollution ne se trouve à l'intérieur (p.ex. cuisinière à gaz, fumée du tabac) .
24 Effets sur la santé
La poussière en suspension dans l'air ainsi que le dioxyde d'azote représentent, pour la santé de l'être humain, un danger potentiel tout aussi élevé, sinon plus, que l'anhydride sulfu- reux. S'il semble donc opportun d'évaluer les effets d'une si- tuation de smog au moins en fonction de la concentration de SO2 et des poussières en suspension, il est toutefois préfé- rable de le faire en se basant sur la charge polluante totale.
Le tableau 2, qui repose sur des informations tirées de publi- cations spécialisées [12 à 22], montre quels sont les effets que peuvent avoir des expositions de brève durée au SO2, à la pous- sière et au NO2 sur la santé de l'homme. Parmi ces publica- tions figurent des ouvrages de référence élaborés dans la per- spective de l'évaluation des limites d'immissions et qui re- posent à leur tour sur de nombreuses autres publications indi- viduelles. On a considéré comme particulièrement importants les résultats d'études de nature épidémiologique du fait que ce sont
196
eux qui reflètent le mieux les effets de charges polluantes totales épisodiques sur la santé et tout spécialement leur im- pact sur les groupes à risques. Même une pollution de courte du- rée et dont le niveau se situe bien en dessous des cas les plus graves qui se produisent épisodiquement en Suisse peut affecter les personnes sensibles telles que les asthmatiques et les en- fants. On notera en l'occurrence que les effets de la pollution ne dépendent pas uniquement de l'intensité de celle-ci, mais également de sa durée.
La question centrale qui se pose lorsque l'on connaît les effets de charges polluantes de brève durée lors de situations de smog, est de savoir à partir de quel degré de pollution il y a lieu de prendre des mesures urgentes destinées à réduire les émis- sions afin d'empêcher que la situation ne continue à se dégra- der. Selon la Loi sur la protection de l'environnement, il ne faut pas se contenter d'intervenir lorsque le seuil critique est atteint, c'est-à-dire lorsque l'on peut s'attendre à des effets sérieux, sur les groupes à risques notamment, comme par exemple, une augmentation de la mortalité. Il est nettement plus judicieux d'intervenir sitôt que les limites d'immissions par 24 heures fixées par l'OPair sont nettement dépassées et que les prévisions météorologiques ne permettent pas d'exclure l'éventualité d'une dégradation de la situation. Étant donné qu'en règle générale la charge polluante de l'ensemble des pol- luants émis augmente lors de situations de smog hivernal, il est tout à fait indiqué et même judicieux dans la perspective d'une simplification de l'exécution, de se référer à une substance de référence caractéristique du smog hivernal. L'anhydride sulfu- reux se prête particulièrement bien à cet effet. On considère comme dépassement considérable de la limite à court terme, le fait que la concentration mesurée de SO, soit supérieure ou égale au double de la limite d'immission par 24 heures de 1'OPair. Les données des publications spécialisées démontrent en effet que lorsque ces valeurs sont atteintes ou dépassées et qu'elles se maintiennent pendant une période prolongée, on ne dispose plus d'une marge de sécurité suffisante par rapport à leurs effets connus et il faut s'attendre à ce que l'état de
197
santé des personnes sensibles se détériore (p. ex. enfants, malades). La Loi sur la protection de l'environnement précise à ce propos (LPE art. 13, 2e al.) qu'il convient de tenir tout particulièrement compte de ces groupes à risques.
25 Effets sur la végétation
C'est aussi d'un point de vue phytotoxicologique qu'il convient de considérer les fortes charges polluantes lors d'une situation de smog hivernal. Il est vrai que l'on manque de données expé- rimentales dans ce domaine, en particulier pour évaluer les effets de brèves périodes de smog sur la végétation. Il serait cependant tout à fait erroné de penser que les plantes ne sont pas sensibles en hiver. Ainsi, en exposant des feuillus et des résineux durant l'hiver à l'anhydride sulfureux, on a pu obser- ver de nombreuses réactions métaboliques pouvant conduire par la suite à des effets négatifs non négligeables sur la vie de ces arbres [23].
Une réduction des charges polluantes les plus fortes au cours de périodes de smog hivernal peut donc être considérée comme profitable non seulement à l'homme, mais également à la végéta- tion puisqu'il en résulterait également une diminution de la pollution hivernale moyenne.
26 Bases légales pour la prescription de mesures
Pour faire face à une forte élévation passagère de la pollution de l'air, les cantons ont la possibilité de mettre en oeuvre des mesures d'urgence en vue de réduire la charge polluante. Pour ce faire, ils peuvent s'appuyer sur les bases légales sui- vantes:
198
LPE art. 1, ler al .: "La presente loi a pour but de protéger les hommes, les animaux et les plantes, leurs biocénoses et leurs biotopes des atteintes nuisibles ou incommodantes, et de conserver la fertilité du sol." LPE art. 1, 2e al .: "Les atteintes qui pourraient devenir nuisibles ou incommodantes seront ré- duites à titre préventif et assez tôt." LPE art. 11, 3e al .: "Les émissions seront limitées plus sévèrement s'il appert ou s'il y a lieu de présumer que les atteintes, eu égard à la charge actuelle de l'environnement, seront nuisibles ou incommodantes."
LPE art. 16, 4e al .: "S'il y a urgence, les autorités ordon- nent l'assainissement à titre préventif. En cas d'impérieuse nécessité, elles peuvent décider la fermeture de l'ins- tallation."
OPair art. 31-33: Mesures contre les immissions excessives provenant d'installations stationnaires et du trafic.
LCR art. 3, 6e al .: "Dans des cas exceptionnels, la police peut prendre les mesures qui s'imposent, en particulier pour restreindre ou dé- tourner temporairement la circulation."
199
200
Fig. 1: Profil des moyennes journalières de SO2, NO2, de la température et de la vitesse du vent pendant la période de grand froid de janvier 1985 à Zurich [3]
3
Temp.
5 ℃
NO 2
......
500
0
400
5
300
200
100
0
Jan
m/ s
vent
2
7
0
27 Figures et tableaux relatifs aux commentaires
jug/m
SO2
Fig. 2: Profil des moyennes journalières de SO2, de poussières en suspension, de la température et de la vitesse du vent durant la période de grand froid de janvier 1985 à Aarau [4]
0℃
jug/m
502
......
300
Poussière en suspension
0
200
100
0
m/ s
vent
4
3
2 .
1
0
Temp.
F 10
201
Fig. 3: Moyennes journalières de SO, et de NO, dans diverses stations de mesure suisses en janvier 1985 [5] SO2: - NO _:
Mg/m3
Basel, NABEL
Hallau (Schaffhausen)
400
300 -
100
ug/m3
Winterthur, Altstadt (Obertor)
Tänikon, NABEL
400 -
300
200
100
Mg/m3
Dübendorf, NABEL
Zürich Stampfenbachstr.
400
300
200-
100
Mg/m3
Zürich, NABEL
400
300
200
Aarau, Alte Kantonsschule
202
Fig. 3: Moyennes journalières de SO_ et de NO, dans diverses stations de mesure suisses en janvier 1985 (suite) SO2: - NO2: ......
ug/m3
Payerne, NABEL
Lausanne, Pierre-de-Plan
400
300
200 -
100
ug/m3
Lausanne, Malley
Lausanne, La Tuilière
400
300
200
100
Mg/m3
Sion, NABEL
Lugano, NABEL
400 1
300
200
100
203
Fig. 4: Moyennes journalières de SO, et de NO, dans diverses stations de mesure suisses en janvier 1987 [5] SO2 : - NO : 2
Mg/m3
Basel, St. Johann
Schönenbuch, Basel
400
300 -
200 -
100
ug/m3
Winterthur, Altstadt
Dübendorf, NABEL
400
(Obertor)
300 -
200 -
100 -
Mg/m3
Zürich
Stampfenbachstr.
Zürich, NABEL
400 -
300 -
200
100 -
ug/m3
Aarau, Alte Kantonsschule
400
300 -
200 .
100
Lägern, NFP 14+- Waldstation
9
204
Fig. 4: Moyennes journalières de SO, et de NO_ dans diverses stations de mesure suisses en janvier 1987 (suite) SO 2: - NO2: ........
ug/m3
Flumenthal (Solothurn)
400 -
Davos, NFP 14+- Waldstation
300
200
100
µg/m3
Fribourg, Bourg
Payerne, NABEL
400
300
200
100
Mg/m3
Lausanne, Pierre-de-Plan
Lugano, NABEL
400
300
200
100
Jan.
15 Feuille fédérale. 140e année. Vol. I
205
Fig. 5: Moyennes journalières de SO, dans des stations de me- 2
sure allemandes en janvier 1985 [6. 9]
3
ug/m
1300
1200
1100
1000
900
800
700
600
500
400
300
200
100
0
Karlsruhe Centre (Baden-Württemberg)
Essen-Altendorf (Région de la Ruhr, Nordrhein-westfalen) Eggegebirge (Nordrhein-westfalen, station en forêt) Kassel (Nordhessen)
Grebenau (Nordhessen, station en forêt proche de la frontière avec la RDA)
206
.
Fig. 6: Distribution spatiale de la concentration de SO 2 (moyenne journalière) du 14 au 21 janvier 1985 en
République fédérale allemande. Interpolation entre les moyennes journalières des stations de mesure au sol. Les concentrations sont classées de la manière suivante:
Niveau 1: 0- 50 µg/m 3 Niveau 2: 50-150 mg/m 3
3
Niveau 3: 150-250 jug/m
3
Niveau 4: 250-350 µg/m
Niveau 5: 350-450 µg/m 3
Niveau 6: > 450 jug/m~ [6]
1.85
1.85
1.85
1.85
1.85
1.85
1.85
207
1
! :
208
Tab. 2: Effets sur la santé de charges polluantes de brève durée par le S02, la poussière (fumée ou TSP) et le NO2 [12-22]
Concentrations des polluants en ug/m 3
SO2
Fumée
TSP
NO2
Moyenne par 24 heures
Augmentation des décès et des hospitalisations, notamment dans les groupes à risques
300
250
150-240
Moyenne par 24 heures
Détérioration de l'état de patients atteints d'affections pulmonaires ainsi que prévalence aug- mentée de symptômes respiratoires aigus chez les adultes
200-250
200-250
83
Moyenne par 24 heures pendant 4 à 5 jours
Détérioration passagère, mais persistant pendant 2 à 3 semaines, de la fonction pulmonaire des enfants en âge de scolarité
200
150
Moyenne par 24 heures
Augmentation de la fréquence des crises chez les asthmatiques
200
100
75
Moyenne par 24 heures pendant 5 jours
Altération de la fonction pulmonaire des adultes par rapport à un épisode de charge plus faible (SO2 70 ug/m3, smoke 20 µg/m3, NO2 30 jug/m3)
100-150
100-150
37
Moyenne par 24 heures pendant 1 à 2 jours
Pas d'atteinte de la fonction pulmonaire chez les enfants en âge de scolarité
TSP = Total suspended particulates (taux de particules en suspension)
i
Durée de l'exposition
Effets
500
500
28 Références bibliographiques
[ 1] Ordonnance sur la protection de l'air (OPair) du 16 décembre 1985
[ 2] Loi fédérale sur la protection de l'environnement (Loi sur la protection de l'environnement [LPE] ) du 7 octobre 1983
[ 3] Selon renseignements de l'inspectorat de la santé de la ville de Zurich
[ 4] Selon renseignements de la station "Electricité atmos- phérique" de l'ancienne école cantonale d'Aarau
[ 5] Selon renseignements de l'EMPA (stations NABEL, NFP14+-stations forestières), de l'inspection de la santé de la ville de Zurich, du département de la santé publique de la ville de Winterthour, du laboratoire can- tonal du canton de Schaffhouse, de la station "Electricité atmosphérique de l'ancienne école cantonale de Aarau, de l'Institut de biologie végétale appliquée de Schönenbuch, de l'Office de l'hygiène de l'air des deux Bâle, de l'in- spection cantonal du travail de Soleure, de l'office can- tonal de la protection de l'environnement à Fribourg, du Service d'hygiène de la ville de Lausanne.
[ 6] Bruckmann P. et al .: Die Smog-Periode im Januar 1985. Synoptische Darstellung der Luftbelastung in der Bundes- republik. Staub Reinhaltung der Luft, 46, Nr. 7/8, 334-342 (1986)
[ 7] Neu. U., Wanner H .: Meteorologische und lufthygienische Charakterisierung der Smogperiode im Januar und Februar 1985 im Grossraum Zürich (insbesondere mit Untersuchungen zum grossräumigen Schadstofftransport). Universität Bern, Geographisches Institut (Wintersemester 1986/87)
[ 8] Selon renseignements de l'Office cantonal bernois de l'industrie, des arts et métiers et du travail (division de la protection de l'environnement )
[ 9] Schweizer G .: Die Smog-Lage im Januar 1985 - Auswirkungen in Mittelbaden. Staub Reinhaltung der Luft, 45, Nr. 12, 587-590 (1985)
[10] Yocom J. E .: Indoor - outdoor air quality relationships. A critical review. Journal of the Air Pollution Control Association, Vol. 3, No. 5, 500-520 . (1982)
[11 ] Seifert B .: Luftverunreinigungen in Wohnungen und anderen Innenräumen. Staub Reinhalt. Luft 44, Nr. 9, 377-382 (1984)
[12] Rall D. P. : Review of the Health Effects of Sulfur Oxides. Environmental Health Perspectives, Vol. 8, 97-121 (1974)
209
[13] Organisation mondiale de la santé (OMS) : Oxydes de soufre et particules en suspension. Critères d'hygiène de l'envi- ronnement 8, Genève (1979)
[14] Ware J.H., Thibodeau L.A., Speizer F.E. et al. : Assess- ment of the Health Effects of Atmospheric Sulfur Oxides and Particulate Matter: Evidence from Observational Stu- dies. Environmental Health Perspectives, Vol. 41, 255-276 (1981)
[15] Ericsson G. et al. : Health effects of sulfur oxides and particulate matter in ambient air. Scand. J. of Work, Environment and Health, Vol. 9, suppl. 3, (1983)
[16] Verein deutscher Ingenieure (VDI): Maximale Immissions- konzentrationen für Schwefeldioxid zum Schutze des Men- schen. VDI-Richtlinie 2310, Blatt 11 (1984)
[17] Dockery D.W., Ware J.H., Ferris B.G. et al .: Change in Pulmonary Function in Children Associated with Air Pollu- tion Episodes. Journal of the Air Pollution Control As- sociation Vol. 32, No. 9, 937-942 (1982)
[18] Loewenstein J.C., Bourdel M.C., Bertin M. : Influence de la pollution atmosphérique ($02-poussières) et des con- ditions météorologiques sur la mortalité à Paris entre 1969 et 1976. Rev. Epidem. et Santé Publique 31, 143-161 (1983)
[19] Ostro B. : A Search for a Threshold in the Relationship of Air Pollution to Mortality: A Reanalysis of Data on London Winters. Environmental Health Perspectives, Vol 58, 397-399 (1984)
[20] Jahn A .: Luftverunreinigungen und Mortalität: Ergebnisse einer Untersuchung in Berlin (West ) von 1976-1982. Schriftenreihe Verein Wasser, Boden, Luft 65, 81-90 (1985)
[21] Dassen W. et al. : Decline in Children's Pulmonary Func- tion during an Air Pollution Episode. Journal of the Air Pollution Control Association, Vol. 36, No. 11, 1223-1227 (1986)
[22] Wichmann H. E., Müller W., Allhoff P .: Untersuchung der gesundheitlichen Auswirkungen der Smog-Situation im Januar 1985 in Nordrhein-westfalen. Med. Inst. für Um- welthygiene Düsseldorf (1986)
[23] Keller Th .: Die Auswirkungen von Immissionen auf Wald- bäume. Eidg. Anstalt für das forstliche Versuchswesen. Bericht Nr. 255 (1984)
[24] Loi fédérale sur la circulation routière du 19 décembre 1958
0821V
31936
210
Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali
Message concernant les mesures exceptionnelles à prendre, afin de remédier aux dégâts dus aux intempéries de 1987 du 14 décembre 1987
In
Bundesblatt
Dans
Feuille fédérale
In
Foglio federale
Jahr
1988
Année
Anno
Band
1
Volume
Volume
Heft
04
Cahier
Numero
Geschäftsnummer
87.077
Numéro d'affaire
Numero dell'oggetto
Datum 02.02.1988
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Data
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10 105 337
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