CANTON DE VAUD
TRIBUNAL ADMINISTRATIF
Arrêt
du 15 avril 2003
sur le recours interjeté par X.________ , à Y.________, dont le conseil est l'avocat Alexandre Curchod, case postale 2673, à 1002 Lausanne,
contre
la décision du Département de la sécurité et de l'environnement, Service des automobiles , du 2 décembre 2002, ordonnant le retrait de son permis de conduire pour une durée d'un mois.
Composition de la section: M. Pierre Journot, président; M. Jean-Claude Maire et M. Cyril Jaques, assesseurs. Greffière: Mme Annick Blanc Imesch.
Vu les faits suivants:
A. X.________, né en 1956, est titulaire d'un permis de conduire pour voitures depuis 1979. Le fichier des mesures administratives ne contient aucune inscription à son sujet.
B. Le 15 mars 2002, à 22h20, X.________ a circulé en direction de Lausanne sur l'av. C.-F. Ramuz, à Y.________, à la hauteur de l'intersection de cette avenue avec le chemin du Préau, à une vitesse de 73 km/h (marge de sécurité déduite), alors que la vitesse maximale autorisée à cet endroit est limitée à 50 km/h, commettant ainsi un excès de vitesse de 23 km/h.
Par préavis du 18 août 2002, le Service des automobiles a informé l'intéressé qu'il allait certainement ordonner à son encontre une mesure de retrait du permis de conduire d'une durée d'un mois et l'a invité à faire valoir ses éventuelles observations sur la mesure envisagée.
Par lettre du 4 septembre 2002, X.________ a expliqué qu'il n'avait pas pris garde au changement de limitation de vitesse entre l'avenue de Lavaux et l'avenue C.-F. Ramuz car, depuis le giratoire, il n'y a aucune signalisation indiquant une limitation à 50 km/h.
Le Service des automobiles a versé au dossier une copie du prononcé préfectoral du 20 août 2002 prononçant à l'encontre de l'intéressé une amende de 360 francs pour avoir dépassé la vitesse maximum autorisée de 23 km/h.
C. Après avoir adressé à l'intéressé un nouveau préavis en date du 24 octobre 2002, le Service des automobiles a, par décision du 2 décembre 2002, ordonné le retrait du permis de conduire de X.________ pour une durée d'un mois, dès le 24 avril 2003.
D. Contre cette décision, X.________ a déposé un recours en date du 18 décembre 2002. Il explique qu'il arrivait de l'avenue de Lavaux, artère parallèle à l'avenue C.-F. Ramuz et dont la configuration est comparable, sur laquelle la vitesse est limitée à 60 km/h; pour rejoindre l'avenue C.-F. Ramuz, il a emprunté l'avenue du Tirage limitée à 50 km/h. Il fait valoir qu'une fois sur l'avenue C.-F. Ramuz, après le giratoire, il n'a pas pris garde au changement de vitesse car, depuis le giratoire, il n'y a aucune signalisation indiquant une limitation de vitesse à 50 km/h. Il fait valoir en outre que, vu l'heure tardive, il n'y avait ni piétons, ni véhicules à proximité du sien au moment de l'infraction. Il soutient dès lors que l'importance de la faute commise doit être relativisée et que, compte tenu de sa bonne réputation en tant que conducteur et de l'utilité professionnelle qu'il a de son permis de conduire, seul un avertissement doit être prononcé à son encontre.
Le recourant a été mis au bénéfice de l'effet suspensif; par ailleurs, il a effectué une avance de frais de 600 francs. Pour sa part, l'autorité intimée a renoncé à répondre au recours.
D'office, le tribunal a tenu une audience en date du 10 avril 2003 en présence du recourant personnellement, assisté de son conseil. Le Service des automobiles n'était pas représenté. Le recourant a expliqué que, bien qu'habitant Y.________, il empruntait rarement l'avenue C.-F. Ramuz et qu'il était persuadé que la limite de vitesse y était fixée à 60 km/h, comme sur l'avenue de Lavaux. Le tribunal a procédé à une inspection locale et constaté qu'un panneau limitant la vitesse à 50 km/h est installé sur l'avenue C.-F. Ramuz à la hauteur de l'ancien hôtel Oasis, quelques dizaines de mètres avant l'emplacement du radar fixe qui a enregistré l'infraction commise par le recourant. Ce dernier a dès lors admis la présence de ce panneau tout en relevant qu'il était de petite taille et assez haut placé par rapport à la route; il a ajouté qu'il ne l'avait pas vu le soir de l'infraction.
Considérant en droit:
Selon l'art. 31 al. 2 OAC, l'avertissement peut remplacer un retrait de permis facultatif. Seul un avertissement peut être décidé, bien que les conditions d'un retrait facultatif soient remplies, si le cas semble être de peu de gravité, compte tenu de la faute commise et de la réputation du contrevenant en tant que conducteur de véhicules automobiles.
Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, lorsque la vitesse maximale générale de 50 km/h autorisée dans les localités est dépassée de 21 à 24 km/h, il y a lieu d'admettre qu'il s'agit objectivement, c'est-à-dire sans égards aux circonstances concrètes, d'un cas de gravité moyenne au moins, qui entraîne le retrait du permis de conduire en application de l'art. 16. al. 2, 1ère phrase, LCR; un tel dépassement de la vitesse autorisée dans une localité crée en effet une mise en danger importante impliquant une faute correspondante, de sorte que, même en présence d'éléments favorables, il ne peut être renoncé qu'exceptionnellement à un retrait du permis de conduire, qui doit donc être prononcé sauf circonstances particulières (ATF 124 II 97 consid. 2b et 126 II 196 consid. 2a). Cette jurisprudence ne dispense toutefois pas l'autorité de tout examen des circonstances du cas concret; d'une part, l'importance de la mise en danger et celle de la faute doivent être appréciées, afin de déterminer quelle doit être la durée du retrait; d'autre part, il y a lieu de rechercher si des circonstances particulières ne justifient pas de considérer néanmoins le cas comme grave ou, inversement, comme de peu de gravité, cette dernière hypothèse pouvant notamment être réalisée lorsque le conducteur avait des motifs sérieux de penser qu'il ne se trouvait plus dans la zone de limitation de vitesse; dans cette mesure, une appréciation purement schématique du cas, fondée exclusivement sur le dépassement de vitesse constaté, violerait le droit fédéral (ATF 124 II 97 consid. 2c; ATF 126 II 196 consid. 2a).
Le recourant fait valoir comme circonstances particulières qu'il croyait que la vitesse y était limitée à 60 km/h et qu'il n'a pas vu le panneau limitant la vitesse à 50 km/h installé peu avant l'emplacement du radar. Ces arguments ne sont pas pertinents. En effet, même si le panneau limitant la vitesse à 50 km/h est d'un format plus petit et qu'il est placé plus haut par rapport à la route que ceux que l'on voit habituellement, il n'en demeure pas moins qu'il est parfaitement visible depuis la route lorsqu'on circule sur l'avenue C.-F. Ramuz en arrivant de l'avenue du Tirage : le recourant se devait donc de le voir et de s'y conformer, ce qu'il n'a pas fait, commettant ainsi une faute. Au surplus, ayant constaté que la vitesse sur l'avenue du Tirage était limitée à 50 km/h, le recourant ne pouvait pas se croire autorisé à circuler à une vitesse supérieure tant qu'il n'avait pas vu de panneau indiquant la fin de la limitation générale de vitesse. Par ailleurs, même si le recourant peut se prévaloir d'excellents antécédents en tant que conducteur, la faute commise est trop importante (en effet, comme on l'a vu, un dépassement de 21 à 24 km/h de la vitesse autorisée dans une localité crée objectivement une mise en danger importante impliquant une faute correspondante) pour que l'on puisse considérer le cas comme étant un cas de peu de gravité au sens de l'art. 31 al. 2 OAC susceptible d'un simple avertissement. Une mesure de retrait du permis de conduire s'impose donc en l'espèce.
Au vu de ce qui précède, la décision attaquée doit être confirmée et le recours rejeté aux frais du recourant qui n'a pas droit à des dépens.
Par ces motifs
le Tribunal administratif
arrête:
I. Le recours est rejeté.
II. La décision du Département de la sécurité et de l'environnement, Service des automobiles du 2 décembre 2002 est confirmée.
III. Un émolument de 600 (six cents) francs est mis à la charge du recourant.
IV. Il n'est pas alloué de dépens.
Lausanne, le 15 avril 2003
Le président: La greffière:
Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.
Le présent arrêt peut faire l'objet, dans les trente jours dès sa notification, d'un recours de droit administratif au Tribunal fédéral. Le recours s'exerce conformément aux articles 24 al. 2 et 6 LCR (RS 741.01) et 103 ss de la loi fédérale d'organisation judiciaire (RS 173.110).