CANTON DE VAUD
TRIBUNAL ADMINISTRATIF
Arrêt
du 27 août 2002
sur le recours interjeté par X.________ , à ********,
contre
la décision du Département de la sécurité et de l'environnement, Service des automobiles et de la navigation du 25 juillet 2002 , ordonnant le retrait de son permis de conduire, à titre préventif.
Composition de la section: M. Pierre Journot, président; MM. Jean-Claude Maire et Jean-Daniel Henchoz, assesseurs. Greffière: Mme Annick Blanc Imesch
Vu les faits suivants:
A. X.________, née en 1955, est titulaire d'un permis de conduire pour voitures depuis 1975. Le fichier des mesures administratives ne contient aucune inscription à son sujet.
B. Le lundi 15 juillet 2002, vers 17h00, X., qui se trouvait sous l'influence de l'alcool, a pris le volant de sa voiture, stationnée dans une case en épi en bordure du trottoir sur l'avenue Davel à Lausanne dans le but de la parquer sur une autre place de parc. Au cours de sa marche arrière, l'arrière gauche de sa voiture a légèrement heurté le retour droit du pare-chocs arrière de la voiture stationnée à sa gauche dans la case voisine. L'intéressée a alors avancé, de telle sorte que l'aile avant droite de sa voiture a accroché et endommagé le retour gauche du pare-chocs avant de la voiture stationnée à sa droite. Interpellée par la police, X. a été soumise à deux tests à l'éthylomètre (taux d'alcoolémie de 2,61 g.‰ à 17h45, respectivement de 2,51 g. ‰ à 18h15), puis à une prise de sang à 19h30 qui a révélé un taux d'alcoolémie de 2,42 g.‰ au minimum (taux moyen de 2,55 g. ‰). Son permis de conduire a été saisi immédiatement.
C. Par décision du 25 juillet 2002, le Service des automobiles a ordonné le retrait du permis de conduire ainsi que l'interdiction de piloter les cyclomoteurs à titre préventif.
D. Contre cette décision, X.________ a déposé un recours en date du 7 août 2002. Elle fait valoir que le jour de l'infraction elle n'était pas dans son état normal; en effet, suite à sa séparation d'avec son mari et à son déménagement, elle s'est trouvée seule dans son nouvel appartement où elle a perdu pied et bu de l'alcool, ce qu'elle regrette. Elle précise encore qu'elle est suivie actuellement par son médecin traitant et qu'elle prend des médicaments (Seresta selon le rapport de police). Elle conclut implicitement à l'annulation de la décision attaquée.
Par décision du 19 août 2002, le juge instructeur a refusé de suspendre l'exécution de la décision attaquée, de sorte que le permis de conduire de la recourante est resté au dossier.
La recourante a effectué une avance de frais de 600 francs. Pour sa part, l'autorité intimée a renoncé à répondre au recours.
Le tribunal a délibéré à huis clos à réception de l'avance de frais.
Considérant en droit:
Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, un retrait du permis à titre préventif peut être ordonné jusqu'à ce que les motifs d'exclusion aient été élucidés, dès qu'il existe des éléments objectifs qui font apparaître le conducteur comme une source particulière de danger pour les autres usagers de la route et suscitent de sérieux doutes quant à son aptitude à conduire (ATF 125 II 492; ATF 122 II 359).
En l'espèce, l'autorité intimée a considéré qu'au vu du taux d'alcoolémie élevé que présentait la recourante lors de son interpellation, il y avait lieu de craindre qu'elle ne souffre d'un penchant pour l'alcool qu'elle serait incapable de surmonter par sa propre volonté. La question qui se pose dès lors est celle de savoir si le taux d'alcoolémie de 2,42 gr.‰ constaté lors de l'infraction (soit plus de trois fois le taux limite), justifie des craintes telles qu'il convient d'écarter immédiatement la recourante de la circulation en raison du danger qu'elle représente pour la sécurité de la route.
En l'espèce, même si la recourante ne remplit pas tout à fait les conditions dans lesquelles la jurisprudence admet d'emblée l'existence d'un soupçon d'alcoolodépendance, justifiant un réexamen de son aptitude à conduire, force est de constater que, de toute manière, si la recourante ne devait finalement faire l'objet que d'un retrait d'admonestation, un tel taux d'alcoolémie entraînerait, selon la jurisprudence constante du Tribunal administratif, un retrait du permis de conduire d'une durée de l'ordre de six mois. Par conséquent, dans la mesure où le permis de conduire de la recourante n'est déposé que depuis le 15 juillet 2002, la recourante ne peut que rester privée de son permis de conduire pour plusieurs mois encore, ce qui laissera le temps à l'autorité intimée d'élucider le doute que suscite son aptitude à conduire un véhicule automobile en toute sécurité au moyen d'une expertise médicale.
Au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté aux frais de la recourante et la décision de retrait préventif maintenue, étant précisé qu'il appartient au Service des automobiles de poursuivre l'instruction au fond sans désemparer.
Par ces motifs
le Tribunal administratif
arrête:
I. Le recours est rejeté.
II. La décision du Département de la sécurité et de l'environnement, Service des automobiles du 25 juillet 2002 est confirmée.
III. Un émolument de 600 (six cents) francs est mis à la charge de la recourante.
Lausanne, le 27 août 2002
Le président: La greffière:
Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.
Le présent arrêt peut faire l'objet, dans les dix jours dès sa notification, d'un recours de droit administratif au Tribunal fédéral. Le recours s'exerce conformément aux articles 24 al. 2 et 6 LCR (RS 741.01) et 103 ss de la loi fédérale d'organisation judiciaire (RS 173.110).