Défense obligatoire dans la procédure de libération conditionnelle d’un mineur

CREP pm08-001686-434/2011Tribunal cantonal / Chambre des recours pénale25 oct. 2011Droit pénalAdmis

Extrait par Omnilex

Résumé Omnilex

La Chambre des recours pénale vaudoise a admis le recours de B.________ contre le refus de la libération conditionnelle. À la suite du renvoi du Tribunal fédéral, elle a retenu que les règles de procédure pénale applicables aux mineurs régissent également la phase d’exécution, y compris la libération conditionnelle, de sorte qu’une défense obligatoire s’imposait et qu’un avocat d’office devait être désigné, B.________ ne disposant pas des ressources nécessaires. La chambre a annulé la décision du président du tribunal des mineurs du 6 July 2011, renvoyé la cause pour la désignation d’un avocat et une nouvelle décision, désigné Me Romain Jordan pour la procédure de recours, fixé ses honoraires et laissé les frais de recours à la charge de l’État.

Regeste Omnilex

Art. 24 let. b and 25 al. 1 let. c PPMin; application à la libération conditionnelle au stade de l’exécution. Le droit de procédure pénale applicable aux mineurs régit non seulement le jugement des infractions, mais également l’exécution des sanctions, y compris la libération conditionnelle (consid. 2). Par conséquent, les motifs imposant une défense obligatoire et la désignation d’office s’appliquent également à cette phase. Lorsque, dans les circonstances concrètes, la position de la personne prévenue requiert une défense et que celle-ci ne dispose pas des moyens financiers nécessaires, l’autorité doit désigner un avocat d’office; à défaut, la décision attaquée doit être annulée et la cause renvoyée pour nouvelle procédure. Les frais de recours et de la défense d’office peuvent être laissés à la charge de l’État.

Texte intégral

351 TRIBUNAL CANTONAL 434 PM08.001686-PHU L E J U G E D E L A C H A M B R E D E S R E C O U R S P E N A L E


Séance du 25 octobre 2011


Juge:Mme Epard Greffier :M.Addor


Art. 28 DPMin, 24, 39, 43 PPMin; 18 PPMin-VD Vu le jugement du 12 mars 2010, par lequel la IIIème Chambre du Tribunal des mineurs du canton de Vaud a notamment condamné B.________ à une privation de liberté de 4 ans sous déduction de 262 jours de détention avant jugement pour tentative de meurtre, assassinat, lésions corporelles simples, vol, dommages à la propriété, obtention frauduleuse d'une prestation, contrainte, violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires, infraction à la LArm (Loi fédérale sur les armes; RS 514.54) et contravention à la LTP (Loi fédérale sur les transports publics), révoqué le sursis qui lui avait été accordé le 25 janvier 2008 et ordonné l'exécution de la peine de 6 demi-journées de prestations personnelles à subir sous forme de travail,

  • 2 - vu le jugement du 6 juillet 2011, par lequel le Président du Tribunal des mineurs a refusé la libération conditionnelle à B.________ (I) et laissé les frais de la décision à la charge de l'Etat (II), vu l'arrêt du 29 juillet 2011, par lequel le Juge de la Chambre des recours pénale a notamment rejeté le recours formé par B.________ contre le jugement du 6 juillet 2011, qu'il a annulé (I et II), et désigné Me Romain Jordan comme défenseur d'office de B.________ pour la procédure de recours et fixé son indemnité à 583 fr. 20 (III), vu l'arrêt du 29 septembre 2011, par lequel la Cour de droit pénal du Tribunal fédéral a admis le recours formé par B.________ contre l'arrêt du 29 juillet 2011, annulé celui-ci et renvoyé la cause au Juge de la Chambre des recours pénale pour nouvelle décision dans le sens des considérants, vu les déterminations déposées par B.________ le 18 octobre 2011, vu les déterminations du Président du Tribunal des mineurs, vu les pièces du dossier; attendu que dans la procédure de recours fédérale, B.________ s'est plaint qu'un cas de défense obligatoire n'ait pas été reconnu en sa faveur, que le Tribunal fédéral, dans son arrêt du 29 septembre 2011, a relevé que la PPMin (loi fédérale sur la procédure pénale applicable aux mineurs; RS 312.1) régissait non seulement la poursuite et le jugement des infractions commises par des mineurs, mais aussi l'exécution des sanctions prononcées (art. 1 PPMin), que la phase d'exécution de la peine comprenant la libération conditionnelle, cette phase était régie par la PPMin, que les art. 24 let. b et 25 al. 1 let. c PPMin valaient donc aussi pour la procédure de libération conditionnelle, que le Tribunal fédéral a considéré que, compte tenu des circonstances du cas d'espèce, les conditions d'une défense obligatoire au sens de l'art. 24 let. b PPMin étaient réunies,

  • 3 - qu'en outre, comme le recourant n'avait aucune ressource financière, un défenseur d'office aurait dû lui être désigné (art. 25 al. 1 let. c PPMin), qu'il convient, dans ces conditions, d'admettre le recours, que les considérants de l'arrêt du Tribunal fédéral impliquent l'annulation du jugement du 6 juillet 2011, et le renvoi de la cause au Président du Tribunal des mineurs pour qu'il désigne un défenseur d'office au recourant (art. 133 al. 1 CPP, 3 al. 1 et 25 al. 1 PPMin), instruise la cause, puis statue de nouveau sur la libération conditionnelle, que l'indemnité due à Me Romain Jordan, désigné comme défenseur d'office de B.________ pour la procédure de recours, est fixée à 810 fr., plus la TVA par 64 fr. 80, soit 874 fr. 80, que les frais de la procédure de recours, constitués de l'émolument d'arrêt, par 165 fr. (art. 20 TFJP; RSV 312.03.1), ainsi que des frais imputables à la défense d'office (art. 422 al. 1 et 2 let. a CPP), sont laissés à la charge de l'Etat. Par ces motifs, le Juge de la Chambre des recours pénale, statuant à huis clos : I. Admet le recours. II. Annule le jugement du 6 juillet 2011. III. Renvoie le dossier de la cause au Président du Tribunal des mineurs pour qu'il procède dans le sens des considérants, puis rende une nouvelle décision. IV. Désigne Me Romain Jordan, avocat, comme défenseur d'office de B.________ pour la présente procédure de recours et fixe son indemnité à 874 fr. 80 (huit cent septante-quatre francs et huitante centimes). V. Dit que les frais d'arrêt, par 165 fr. (cent soixante-cinq francs), ainsi que l'indemnité due au défenseur d'office de B.________ pour la procédure de recours, par 874 fr. 80 (huit cent

  • 4 - septante-quatre francs et huitante centimes), sont laissés à la charge de l'Etat. VI. Déclare le présent arrêt exécutoire. Le juge : Le greffier : Du L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est notifié, par l'envoi d'une copie complète, à : -M. Romain Jordan, avocat (pour B.________), -Ministère public central, et communiqué à : -Etablissements de la plaine de l'Orbe, -Service de la population, Division asile, -Office fédéral des migrations, par l’envoi de photocopies. Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale devant le Tribunal fédéral au sens des art. 78 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète (art. 100 al. 1

LTF). Le greffier :

Mots-clés

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Yes. The execution phase, including conditional release, is governed by the juvenile criminal procedure rules, and the circumstances met the requirements for mandatory defense.

The Federal Supreme Court had already held that the juvenile procedure code applies to the execution of sanctions. Since conditional release forms part of execution, Arts. 24 let. b and 25 al. 1 let. c PPMin also apply there. Given the case circumstances, mandatory defense was required.

Yes. Because he had no financial resources, counsel should have been appointed ex officio.

Art. 25 al. 1 let. c PPMin applies in the conditional release phase as well, and indigence justified appointment of counsel.

Yes. The judgment was annulled and the file sent back so that counsel could be appointed, the case instructed, and a new decision issued.

The Federal Supreme Court's reasoning necessarily required annulment of the prior judgment and remand to the juvenile court president for further proceedings.

The appeal costs, including the court fee and appointed-counsel compensation, were left to the State.

Because the appeal was admitted and counsel had to be appointed ex officio, the procedural costs were borne by the State.

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