Mandat de perquisition confirmé dans une enquête sur les stupéfiants

CREP pe14-025060-125/2015Tribunal cantonal / Chambre des recours pénale16 févr. 2015Droit pénalRejeté

Extrait par Omnilex

Résumé Omnilex

M.________ a recouru contre un mandat de perquisition délivré par le ministère public vaudois dans le cadre d’une enquête sur le trafic de stupéfiants. La chambre pénale de recours a considéré que les rapports de police et la déclaration de P.________ fondaient des soupçons suffisants d’une infraction à la législation sur les stupéfiants et que la perquisition était justifiée à des fins d’enquête. Elle a donc rejeté le recours dans la mesure où il était recevable et confirmé le mandat. La cour a également retenu qu’elle n’était pas compétente, dans le cadre de ce recours, pour allouer des dommages-intérêts ou une indemnité au sens de l’Art. 429 ff. CPP. Les frais de recours, arrêtés à CHF 440, ont été mis à la charge de M.________.

Regeste Omnilex

Art. 197 CPP, 198 al. 1 let. a CPP, 309 al. 1 let. b CPP; perquisition en tant que mesure de contrainte et conditions relatives aux soupçons et à la nécessité. Le ministère public peut ordonner une perquisition dès l’ouverture d’une instruction pénale, pour autant que les informations disponibles fondent des soupçons suffisants d’une infraction, que des mesures moins incisives ne suffisent pas et que la mesure soit proportionnée à la gravité de l’infraction. Des rapports des autorités de police et la déclaration corroborante d’un témoin peuvent établir les soupçons requis. Les prétentions en indemnisation au sens de l’Art. 429 ff. CPP ne sont pas examinées dans le cadre du recours contre le mandat de perquisition et doivent être soumises à l’autorité compétente.

Texte intégral

351 TRIBUNAL CANTONAL 125 PE14.025060-HNI C H A M B R E D E S R E C O U R S P E N A L E


Arrêt du 16 février 2015


Composition : M. A B R E C H T , président M.Maillard, juge, et Mme Epard, juge suppléant, Greffier :M. Valentino


Art. 197 al. 1 CPP Statuant sur le recours interjeté le 3 février 2015 par M.________ contre le mandat de perquisition rendu le 21 janvier 2015 par le Ministère public de l’arrondissement de l’Est vaudois dans la cause n° PE14.025060-HNI, la Chambre des recours pénale considère : E n f a i t : A.a) Par rapport du 6 août 2014, la gendarmerie fribourgeoise a informé la Police cantonale vaudoise que M.________ était soupçonné d’avoir, dans le cadre d’un trafic de stupéfiants impliquant plusieurs personnes dans les cantons de Fribourg et Berne notamment, vendu, à

  • 2 - Château-d’Oex, 100 pilules d’ecstasy pour 1'300 fr. à P.________ en automne 2013. Par rapport d’investigation du 20 novembre 2014, la Police cantonale vaudoise a informé le Ministère public de l’arrondissement de l’Est vaudois de ces faits. b) Dès réception de ce rapport, le Procureur a décidé de l’ouverture d’une instruction pénale contre M.________ pour infraction à la Loi fédérale sur les stupéfiants (RS 812.121, ci-après LStup ; cf. PV des opérations, p. 2). B.Par mandat du 21 janvier 2015, notifié à M.________ en main propre par la police, le Ministère public a ordonné qu'une perquisition soit opérée chez le prévenu, y compris dans les greniers, caves, archives, dépendances et autres, quel que soit leur lieu de situation, pour constater l'infraction, en découvrir les auteurs et saisir tout objet et tout document utiles aux investigations en cours (P. 8). Ensuite de la perquisition, menée au domicile du prévenu le 27 janvier 2015, plusieurs objets, dont un téléphone portable, une clé USB et un ordinateur portable ont été saisis (P. 9). Le prévenu a été entendu le jour même (PV aud. 1). C.Par acte du 3 février 2015, remis à la poste le lendemain, M.________ a recouru auprès de la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal contre le mandat de perquisition précité. E n d r o i t :

  • 3 - 1.Les parties peuvent attaquer un mandat de perquisition rendu par le ministère public (art. 241 et 393 al. 1 let. a CPP [Code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007; RS 312.0] ; Chirazi, in Kuhn/Jeanneret (éd.), Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, Bâle 2011, n. 53 ad art. 241 CPP ; CREP 29 août 2014/626) dans les dix jours devant l’autorité de recours (art. 396 al. 1 CPP ; cf. art. 20 al. 1 let. b CPP), qui est dans le canton de Vaud la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal (art. 13 LVCPP [loi vaudoise d’introduction du Code de procédure pénale suisse; RSV 312.01]; art. 80 LOJV [loi vaudoise d’organisation judiciaire; RSV 173.01]). Interjeté dans le délai légal auprès de l’autorité compétente, le recours est recevable (art. 382 al. 1 CPP).

2.1Le recourant soutient que la perquisition serait illégale. 2.2En tant que mesure de contrainte au sens de l’art. 196 CPP, la perquisition ne peut être ordonnée que lorsqu’elle est prévue par la loi, que des soupçons suffisants laissent présumer une infraction, que les buts poursuivis ne peuvent pas être atteints par des mesures moins sévères et que la mesure apparaît justifiée au regard de la gravité de l'infraction (art. 197 al. 1 CPP). Une telle mesure peut être prononcée par le ministère public (art. 198 al. 1 let. a CPP) et suppose en outre qu’une instruction pénale soit ouverte, conformément à l’art. 309 al. 1 let. b CPP (Chirazi, op. cit., nn. 2, 19 et 20 ad art. 241 CPP). 2.3En l’espèce, le Procureur a été informé par la Police cantonale vaudoise que M.________ était soupçonné d’être impliqué dans un trafic d’ecstasy. La police a remis à cet effet une copie du rapport de la gendarmerie fribourgeoise au Procureur, dans lequel il était mentionné que le prénommé avait été mis en cause par P.________ pour lui avoir vendu, en automne 2013, à Château-d’Oex, 100 ecstasy pour 1'300 fr. (P. 5, p. 3). Le procès-verbal d’audition de P.________ était en outre joint au rapport (PV aud. du 27 février 2014, lignes 138 ss). Dès lors, il existait une

  • 4 - présomption d’infraction à la LStup. Au vu de ces éléments laissant présumer une infraction, le Procureur a décidé de l’ouverture d’une instruction pénale contre le recourant pour infraction à la LStup et a ordonné qu’une perquisition soit opérée à son domicile (cf. PV des opérations, p. 2). Le mandat de perquisition se justifiait donc pour les besoins de l’instruction. Ce moyen est ainsi mal fondé.

3.1Pour le reste, le recourant demande à la Cour de céans « de bien vouloir prendre en compte les préjudices et dommages résultant de cet événement à l’égard de [s]a fiancée et témoin des faits, Madame [...], ainsi qu’à l’égard de [s]a personne ». 3.2Toutefois, la Chambre des recours pénale n’est pas compétente pour octroyer, à ce stade, des indemnités basées sur les art. 429 ss CPP. Par conséquent, il appartiendra, le cas échéant, au recourant de formuler ses prétentions en dédommagement auprès de l’autorité compétente le moment venu. Ce moyen est dès lors irrecevable. 4. En conclusion, le recours doit être rejeté dans la mesure où il est recevable. Les frais de la procédure de recours, constitués en l’espèce du seul émolument d’arrêt, par 440 fr. (art. 20 al. 1 TFIP [Tarif des frais de procédure et indemnités en matière pénale du 28 septembre 2010, RSV 312.03.1]), seront mis à la charge du recourant, qui succombe (art. 428 al. 1 CPP).

  • 5 - Par ces motifs, la Chambre des recours pénale prononce : I. Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable. II. Le mandat de perquisition est confirmé. III. Les frais de la procédure de recours, par 440 fr. (quatre cent quarante francs), sont mis à la charge de M.. IV. Le présent arrêt est exécutoire. Le président : Le greffier : Du Le présent arrêt, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est notifié, par l'envoi d'une copie complète, à : -M. M., -Ministère public central, et communiqué à : -M. le Procureur de l’arrondissement de l’Est vaudois, par l’envoi de photocopies. Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale devant le Tribunal fédéral au sens des art. 78 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110). Ce recours doit être déposé devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète (art. 100 al. 1

LTF). Le greffier :

Mots-clés

search warrantcoercive measuresufficient suspicionnarcoticsevidence seizureadmissibilityappeal costs

The warrant was lawful because sufficient suspicion of a drug offence existed, the measure was necessary for the investigation, and the prosecutor could order it after opening the criminal investigation.

Police and investigation reports, including a statement by P.________, gave rise to a sufficient presumption of a narcotics offence. The prosecutor had opened an instruction and ordered the search to secure evidence, so the conditions for a coercive measure were met.

The court was not competent to award compensation at this stage; any claims must be raised later before the competent authority.

Claims under Art. 429 ff. CPP cannot be decided by the appellate court in these proceedings.

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