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TRIBUNAL CANTONAL
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PE14.012264-DBT
C H A M B R E D E S R E C O U R S P E N A L E
Arrêt du 8 juillet 2016
Composition : M. M A I L L A R D , président
MM. Krieger et Perrot, juges
Greffier :M.Addor
Art. 221 al. 1 let. a, 229, 393 al. 1 let. c CPP
Statuant sur le recours interjeté le 2 juillet 2016 par T.________
contre l’ordonnance de détention pour des motifs de sûreté rendue le 26
juin 2016 par le Tribunal des mesures de contrainte dans la cause
n° PE14.012264-DBT, la Chambre des recours pénale considère :
E n f a i t :
A.Par acte du 29 janvier 2016, le Ministère public de
l’arrondissement de La Côte a engagé l’accusation devant le Tribunal
correctionnel de l’arrondissement de Lausanne contre X.________ pour
tentative de meurtre, subsidiairement mise en danger de la vie d’autrui,
lésions corporelles graves, lésions corporelles simples et contravention à
la LStup (Loi fédérale sur les stupéfiants ; RS 812.121) et contre T.________
pour agression et obtention frauduleuse d’une constatation fausse,
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2 -
subsidiairement contravention à la LTV (Loi fédérale sur le transport de
voyageurs du 20 mars 2009 ; RS 745.1), et infraction à la LEtr (Loi fédérale
sur les étrangers ; RS 142.20). Il est en substance reproché à T.________
d’avoir, le 14 juin 2014 à Lausanne, en compagnie d’ [...], agressé
X., lequel aurait reçu des coups de pied et des coups de poing à
l’abdomen. T. est également mis en cause pour avoir circulé dans
un train sans titre de transport valable, le 8 avril 2014, et pour avoir, entre
le 10 octobre 2013 et le 2 octobre 2015, séjourné en Suisse sans titre de
séjour valable ni la moindre autorisation.
T., qui faisait l’objet d’un mandat d’arrêt depuis le 12
mai 2016, a été appréhendé le 24 juin 2016 et a été entendu le même jour
par la Présidente du Tribunal d’arrondissement de Lausanne lors d’une
audition d’arrestation.
B.Par ordonnance du 26 juin 2016, le Tribunal des mesures de
contrainte, déférant à la requête de la Présidente du Tribunal
d’arrondissement de Lausanne du 24 juin 2016, a ordonné la détention
pour des motifs de sûreté de T. jusqu’au 28 juillet 2016.
C.Le 2 juillet 2016, T.________ a recouru contre cette ordonnance
en demandant sa mise en liberté provisoire.
Il n’a pas été ordonné d’échange d’écritures.
E n d r o i t :
1.Interjeté dans le délai légal (art. 396 al. 1 CPP [Code de
procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 ; RS 312.0]) contre une
décision du Tribunal des mesures de contrainte dans un cas prévu par le
CPP (art. 393 al. 1 let. c CPP), par le détenu qui a qualité pour recourir (art.
222 et 382 al. 1 CPP) et dans les formes prescrites (art. 385 al. 1 CPP), le
recours est recevable.
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2.1Selon l’art. 221 al. 1 CPP, la détention provisoire et la
détention pour des motifs de sûreté ne peuvent être ordonnées que
lorsque le prévenu est fortement soupçonné d’avoir commis un crime ou
un délit et qu’il y a sérieusement lieu de craindre qu’il se soustraie à la
procédure pénale ou à la sanction prévisible en prenant la fuite (let. a),
qu’il compromette la recherche de la vérité en exerçant une influence sur
des personnes ou en altérant des moyens de preuve (let. b) ou qu’il
compromette sérieusement la sécurité d’autrui par des crimes ou des
délits graves après avoir déjà commis des infractions du même genre (let.
c).
2.2En l’espèce, le recourant reconnaît séjourner illégalement en
Suisse, mais il minimise son implication dans l’altercation survenue le 14
juin 2014 rue [...] à Lausanne, affirmant n’avoir frappé personne et s’être
limité à séparer X.________ de son antagoniste. Toutefois, plusieurs
témoins entendus par la police le mettent en cause pour avoir également
porté des coups à X.________ et avoir maintenu celui-ci tandis que le
dénommé [...] le frappait. Par ailleurs, comme le relève le Tribunal des
mesures de contrainte, l’extrait du casier judiciaire du recourant, entre
juin 2012 et octobre 2014, comporte sept condamnations, notamment le
13 juin 2012 pour tentative de lésions corporelles graves et agression et le
1
er
juillet 2013 pour lésions corporelles simples, entre autres.
Au vu de ce qui précède, il existe des présomptions de
culpabilité suffisantes contre le recourant au regard de l’art. 221 al. 1 CPP.
3.Le Tribunal des mesures de contrainte a ordonné la détention
pour des motifs de sûreté de T.________ en raison du risque de fuite.
3.1Selon la jurisprudence, le risque de fuite doit s'analyser en
fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa
moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses
contacts à l'étranger, qui font apparaître le risque de fuite non seulement
possible, mais également probable (ATF 138 IV 81, c. 3.1 non publié). La
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gravité de l’infraction ne peut pas, à elle seule, justifier la prolongation de
la détention, même si elle permet souvent de présumer un danger de fuite
en raison de l’importance de la peine dont le prévenu est menacé
(ibidem).
3.2En l’espèce, le recourant, ressortissant d’Algérie, n’a pas de
statut légal en Suisse et son domicile est pour le moins incertain, puisqu’il
a déclaré au cours de l’instruction demeurer tantôt chez une personne à
Fribourg, tantôt chez une autre à Lausanne. Le temps qui s’est écoulé
entre l’émission du mandat d’arrêt et l’appréhension du recourant
démontre qu’il est très mobile et qu’il est difficile pour les autorités de
s’assurer de sa présence. Le risque de le voir disparaître dans la
clandestinité pour échapper à ses juges est ainsi bien réel et justifie son
placement en détention pour des motifs de sûreté jusqu’à ce que l’affaire
ait été jugée. Il y a lieu de relever d’ailleurs que le recourant ne s’est pas
présenté à l’audience de jugement du 11 mai 2016 devant le Tribunal
correctionnel de l’arrondissement de Lausanne, sans explications, ce qui
confirme qu’il n’est pas décidé à venir s’expliquer sur ses actes et préfère
ne pas comparaître, à moins d’y être contraint.
4.Le recourant est détenu depuis le 24 juin 2016, soit depuis
moins de trois semaines. Compte tenu de ses antécédents et de la gravité
des faits qui lui sont reprochés, la détention provisoire demeure
proportionnée au regard de la peine qui est susceptible d’être prononcée
contre lui en cas de condamnation (art. 212 al. 3 CPP). L’intéressé, qui
allègue la nécessité de suivre un traitement médical, pourra recevoir des
soins appropriés en détention.
5.Il résulte de ce qui précède que le recours, manifestement mal
fondé, doit être rejeté, sans autre échanges d’écritures (art. 390 al. 2
CPP), et l’ordonnance du 26 juin 2016 confirmée.
Les frais de la procédure de recours, constitués en l'espèce du
seul émolument d'arrêt (art. 422 al. 1 CPP), par 550 fr. (art. 20 al. 1 TFIP
[Tarif des frais de procédure et indemnités en matière pénale du 28
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septembre 2010 ; RSV 312.03.1]), seront mis à la charge du recourant, qui
succombe (art. 428 al. 1 CPP).
Par ces motifs,
la Chambre des recours pénale
prononce :
I. Le recours est rejeté.
II. L’ordonnance du 26 juin 2016 est confirmée.
III. Les frais d’arrêt, par 550 fr. (cinq cent cinquante francs), sont
mis à la charge de T..
IV. L’arrêt est exécutoire.
Le président : Le greffier :
Du
Le présent arrêt, dont la rédaction a été approuvée à huis clos,
est notifié, par l'envoi d'une copie complète, à :
-Me Christophe Tafelmacher, avocat (pour T.),
-Ministère public central,
et communiqué à :
-Mme la Présidente du Tribunal des mesures de contrainte,
-Mme la Présidente du Tribunal d’arrondissement de Lausanne,
-M. le Procureur de l’arrondissement de La Côte.
par l’envoi de photocopies.
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière
pénale devant le Tribunal fédéral au sens des art. 78 ss LTF (loi du 17 juin
2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110). Ce recours doit être déposé
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devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la notification
de l'expédition complète (art. 100 al. 1
LTF).
Le greffier :