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TRIBUNAL CANTONAL
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Exéc. PPL-VBK
C H A M B R E D E S R E C O U R S P E N A L E
Séance du 18 décembre 2013
Présidence de M. K R I E G E R, président
Juges:MM. Meylan et Abrecht
Greffière:MmeFritsché
Art. 31 al. 1 DPMin, 43 let. c PPMin
La Chambre des recours pénale prend séance à huis clos pour
statuer sur le recours interjeté le 9 décembre 2013 par X.________ contre
la décision de révocation de la libération conditionnelle rendue par la
Présidente du Tribunal des mineurs le 26 novembre 2013.
Elle considère :
En fait :
A.a) Par ordonnance pénale du 29 mars 2012, X.________ a été
condamné à huitante journées de prestations personnelles, sous déduction
de huit jours de détention avant jugement, pour abus de confiance, vol,
tentative de vol, brigandage, dommages à la propriété, violation de
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domicile, violence ou menace contre les autorités ou les fonctionnaires,
tentative de dérobade aux mesures visant à déterminer l’incapacité de
conduire, vol d’usage d’un motocycle léger et tentative de vol d’usage
d’un motocycle léger.
Par ordonnance pénale du 17 octobre 2012, la Présidente du
Tribunal des mineurs a ordonné la conversion de huitante journées de
prestations personnelles, sous déduction de huit jours de détention avant
jugement, en huitante jours de privation de liberté, sous déduction de huit
jours de détention avant jugement.
b) Par décision du 16 janvier 2013, la Présidente du Tribunal
des mineurs a accordé à X.________ la libération conditionnelle de la peine
de huitante jours de privation de liberté, sous déduction de huit jours de
détention avant jugement dès le 11 janvier 2013, et a fixé à l’intéressé un
délai d’épreuve de six mois durant lequel il était soumis à une mesure
d’accompagnement. Elle a fixé comme règle de conduite à X.________
l’obligation de se rendre aux rendez-vous fixés par son thérapeute dans le
cadre du traitement ambulatoire ordonné le 29 mars 2012 ainsi qu’aux
rendez-vous fixés par la Fondation vaudoise de probation (ci-après: FVP).
Le recourant n’ayant pas donné suite aux convocations de la
FVP, la Présidente du Tribunal des mineurs a, par décision du 16 juillet
2013, prolongé le délai d’épreuve au 11 janvier 2014 et fixé comme règle
de conduite à X.________ de se rendre aux rendez-vous de la FVP, ce que
celui-ci n’a pas fait.
c) Le 20 septembre 2013, X.________ ne s’est pas présenté à
l’audience de la Présidente du Tribunal des mineurs à laquelle il avait été
convoqué. Le 23 septembre 2013, il a reçu un avertissement formel de
cette autorité, l’enjoignant de respecter les règles de conduite ordonnées.
Il n’y a pas donné suite.
Le 23 novembre 2013, X.________ a finalement été entendu par
la Présidente du Tribunal des mineurs.
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d) Par décision du 26 novembre 2013, la Présidente du
Tribunal des mineurs a révoqué la libération conditionnelle accordée le 16
janvier 2013 à X.________ et a ordonné sa réintégration en détention pour
une durée de 36 jours de privation de liberté (I), a relevé Me Christian
Favre de son mandat de défenseur d’office (II), a fixé l’indemnité due à Me
Christian Favre à 781 fr. 90, TVA et débours inclus (III), et a laissé les frais
de cette décision à la charge de l’Etat (IV).
B.Par acte du 9 décembre 2013, X.________, par son défenseur
d’office, a interjeté recours contre cette décision, concluant
principalement à sa réforme en ce sens que la libération conditionnelle
accordée le 16 janvier 2013 ne soit pas révoquée; à titre subsidiaire, il a
conclu à l’annulation de la décision entreprise, le dossier de la cause étant
renvoyé à la Présidente du Tribunal des mineurs pour nouvelle décision
dans le sens des considérants.
Par courrier du 16 décembre 2013, la Présidente du Tribunal
des mineurs a informé la Chambre des recours pénale qu’elle renonçait à
déposer des déterminations.
En droit :
1.a) La loi fédérale sur la procédure pénale applicable aux
mineurs (PPMin; RS 312.1) régit la poursuite et le jugement des infractions
prévues par le droit fédéral commises par des mineurs au sens de l’art. 3
al. 1 de la loi fédérale régissant la condition pénale des mineurs (Droit
pénal des mineurs, DPMin; RS 311.1), ainsi que l’exécution des sanctions
prononcées à l’encontre de ceux-ci (art. 1 PPMin). Sauf dispositions
particulières de la PPMin, le code de procédure pénale suisse du 5 octobre
2007 (CPP; RS 312.0) est applicable (art. 3 al. 1 et 2 PPmin).
Selon l’art. 42 PPMin, l'exécution des peines et des mesures de
protection relève de l’autorité d’instruction, qui, dans le canton de Vaud,
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est le juge des mineurs (art. 3 al. 1 let. b et 39 PPMin-VD [loi vaudoise
d'introduction de la loi fédérale sur la procédure pénale applicable aux
mineurs; RSV 312.05]).
b) L'objet et les motifs du recours sont régis par l’art. 393 CPP
(art. 39 al. 1 PPMin).
En matière d'exécution de peines, le recours est recevable
contre (a) la modification d'une mesure, (b) le transfert dans un autre
établissement, (c) le refus ou la révocation de la libération conditionnelle,
(d) la fin de la mesure (art. 43 PPMin).
Ainsi, les décisions du Président du Tribunal des mineurs
révoquant la libération conditionnelle peuvent être attaquées par la voie
du recours à l’autorité de recours des mineurs (cf. art. 7 al. 1 let. c PPMin),
qui, dans le canton de Vaud, est la Chambre des recours pénale du
Tribunal cantonal (art. 39 al. 3 PPMin).
c) En l'espèce, le recours relève donc de la compétence de la
Chambre des recours pénale. Satisfaisant aux prescriptions de forme de
l'art. 385 al. 1 CPP et déposé dans le délai légal de dix jours (art. 396 al. 1
CPP), il est dès lors recevable.
2.a) Le recourant fait grief à la Présidente du Tribunal des
mineurs d’avoir méconnu les conditions légales présidant à la révocation
de sa libération conditionnelle.
b) Aux termes de l’art. 31 al. 1 DPMin, si, durant le délai
d’épreuve, le mineur libéré conditionnellement commet un crime ou un
délit ou s’il persiste, au mépris d’un avertissement formel, à violer les
règles de conduite qui lui ont été imposées et qu’il y a lieu de craindre
qu’il commette de nouvelles infractions, l’autorité qui connaît la nouvelle
infraction, ou l’autorité d’exécution s’il y a violation des règles de
conduite, ordonne l’exécution de tout ou partie du solde de la peine
(réintégration). L’exécution partielle ne peut être ordonnée qu’une fois.
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c) En l’espèce, X.________ a été libéré conditionnellement le
16 janvier 2013, à la condition notamment de se rendre aux rendez-vous
fixés par la FVP. Malgré cela, la FVP a signalé, dans son rapport du 15
juillet 2013, que X.________ n’avait répondu qu’à une seule convocation le
4 juin 2013 et qu’il avait manqué tous les autres rendez-vous, soit les 28
mars 2013, 25 avril 2013, 2 mai 2013, 2 juillet 2013 et 8 juillet 2013.
L’intéressé ayant violé les règles de conduites imposées par la Présidente
du Tribunal des mineurs, il a vu son délai d’épreuve prolongé jusqu’au 11
juillet 2014.
Malgré cela, X.________ a persisté à ignorer les convocations de
la FVP, et ne s’est à nouveau pas présenté aux rendez-vous des 30 juillet
2013 et 16 août 2013, sans excuses (cf. courrier de la FVP du 22 août
2013). X.________ n’a pas non plus jugé utile de se rendre à l’audience de
la Présidente du Tribunal des mineurs du 20 septembre 2013, bien que
régulièrement convoqué. Malgré l’avertissement formel qui lui a été
signifié le 23 septembre 2013 par la Présidente du Tribunal des mineurs,
l’enjoignant de respecter les règles de conduites imposées, il ne s’est à
nouveau pas présenté aux rendez-vous fixés par la FVP les 25 septembre
2013 et 22 octobre 2013, toujours sans excuses (cf. courrier de la FVP du
4 novembre 2013).
Vu ce qui précède, force est de constater que X.________ a violé
de manière persistante les règles de conduite qui lui avaient été fixées.
S’agissant du risque de réitération retenu dans la décision
attaquée et contesté par le recourant, la Chambre des recours pénale
constate que l’argumentation de la Présidente du Tribunal des mineurs est
pertinente à tout point de vue. En effet, l’attitude de X.________ est
significative. On en veut notamment pour preuve son comportement à
l’audience de la Présidente du Tribunal des mineurs du 20 novembre
2013, au cours de laquelle il a expliqué qu’il s’en fichait des rendez-vous
au Tribunal et à la FVP car il ne se sentait pas concerné et qu’il considérait
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cela comme une perte de temps. Manifestement, le recourant se place au-
dessus des règles et des contraintes. Il ne respecte pas les règles de
conduite qui lui sont imposées, ne regrette pas ses actes, allant ainsi
même jusqu’à indiquer qu’il aurait aimé faire pire. Enfin, il ne fait preuve
d’aucune empathie ni d’aucun amendement. Ces éléments suffisent à
admettre l’existence d’un risque de récidive.
d) Dans son recours, l’intéressé soutient qu’il serait
incompréhensible que la détermination qu’il met à se réinsérer soit
sanctionnée par l’exécution du solde de sa peine, soit 36 jours.
La Chambre des recours pénale prend acte des efforts fournis
par X.________ pour sortir définitivement de la délinquance, notamment du
fait qu’il a rapidement trouvé une place d’apprentissage dans laquelle il
s’investit pleinement. Toutefois, et s’il est vrai que la justice pénale des
mineurs ne doit pas compromettre la réinsertion d’un délinquant, son rôle
est aussi de lui faire comprendre qu’il existe des règles au-dessus
desquelles on ne peut pas se placer simplement parce qu’on estime
qu’elles ne sont pas utiles. Le recourant soutient qu’il entretient
d’excellentes relations avec son maître d’apprentissage. Il ne semble dès
lors pas déraisonnable d’imaginer qu’une solution satisfaisante puisse être
trouvée avec l’autorité d’exécution.
Au regard de cette situation, la réintégration du recourant ne
saurait dès lors être considérée comme choquante.
3.a) Il résulte de ce qui précède que le recours, mal fondé, doit
être rejeté.
b) Le défenseur du recourant a requis sa désignation d’office
dans le cadre de la procédure de recours. A cet égard, la décision de la
désignation d’un défenseur d’office rendue par la Présidente du Tribunal
des mineurs le 6 novembre 2013 concernant l’éventuelle révocation de la
libération conditionnelle accordée par décision du 16 janvier 2013 couvre
également les opérations effectuées en deuxième instance (CREP 27
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février 2013/107 c. 4b ; CREP 7 février 2013/10 c. 5b), nonobstant le
chiffre II du dispositif de la décision attaquée. Cette requête est par
conséquent sans objet.
c) Les frais de la procédure de recours, constitués en l’espèce
de l’émolument d'arrêt, par 385 fr. (art. 44 PPMin; art. 428 al. 4 CPP; art.
20 al. 2 TFJP [Tarif des frais judiciaires pénaux, RSV 312.03.1]), ainsi que
les frais imputables à la défense d’office (art. 422 al. 1 et al. 2 let. a CPP),
fixés à 450 fr., plus la TVA par 36 fr., soit un total de 486 fr., seront mis à
la charge du recourant, qui succombe (Hug/Schläfli, in:
Niggli/Heer/Wiprächtiger (éd.), Basler Kommentar, Schweizerische
Strafprozessordnung, Jugendstrafprozessordnung, Bâle 2011, nn. 4 et 5 ad
art. 44 PPMin).
Le remboursement à l'Etat de l'indemnité allouée au défenseur
d'office du recourant ne sera toutefois exigible que pour autant que la
situation économique de ce dernier se soit améliorée (art. 135 al. 4 CPP).
Par ces motifs,
la Chambre des recours pénale,
statuant à huis clos,
prononce :
I.Le recours est rejeté.
II.La décision du 26 novembre 2013 est confirmée.
III.L'indemnité allouée au défenseur d'office de X.________ est
fixée à 486 fr. (quatre cent huitante-six francs).
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IV.Les frais d'arrêt, par 385 fr. (trois cent huitante-cinq francs),
ainsi que l'indemnité due au défenseur d'office du recourant,
par 486 fr. (quatre cent huitante-six francs), sont mis à la
charge de ce dernier.
V.Le remboursement à l'Etat de l'indemnité allouée au chiffre III
ci-dessus sera exigible pour autant que la situation
économique de X.________ se soit améliorée.
VI.Le présent arrêt est exécutoire.
Le président : La greffière :
Du
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi d'une copie complète, à :
-Me Christian Favre, avocat (pour X.________),
-Ministère public central,
et communiqué à :
-Mme la Présidente du Tribunal des mineurs,
-Fondation vaudoise de probation,
par l’envoi de photocopies.
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Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière
pénale devant le Tribunal fédéral au sens des art. 78 ss LTF (loi du 17 juin
2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours
constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Ces recours doivent
être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la
notification de l'expédition complète (art. 100 al. 1
LTF).
La greffière :