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TRIBUNAL CANTONAL
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PE10.029730-VFE
C H A M B R E D E S R E C O U R S P E N A L E
Présidence de M. K R I E G E R , président
Juges:MmesEpard et Byrde
Greffière:MmeMirus
Art. 310 al. 1 let. a, 393 al. 1 let. a CPP
Vu la plainte déposée le 28 octobre 2010 par A.________ contre
W.________ pour voies de fait et contravention contre l'intégrité sexuelle,
et contre K.________ pour injure,
vu l'ordonnance du 16 février 2011, par laquelle la procureure
n'est pas entrée en matière,
vu le recours interjeté en temps utile par A.________ contre
cette décision,
vu les déterminations du Ministère public,
vu les pièces du dossier;
attendu qu'interjeté dans le délai légal (art. 396 al. 1 CPP
[Code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007, RS 312.0]) contre
une décision du ministère public (art. 393 al. 1 let. a CPP), par la
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plaignante qui a qualité pour recourir (art. 382 al. 1 CPP), le recours est
recevable;
attendu que le 28 octobre 2010, A.________ a déposé plainte
contre W., masseur,
qu'elle a expliqué que le 30 mars 2010, suite à d'importants
problèmes de dos, elle s'était rendue à l'institut [...], à [...], pour une
séance de massage prodiguée par W.,
que celui-ci lui aurait demandé d'enlever l'entier de ses
vêtements, avant de lui recouvrir les seins et le sexe d'un linge,
qu'à un moment donné, il lui aurait retiré le linge posé sur sa
poitrine en lui disant "on fait ça aussi aux hommes" et il aurait rapidement
passé ses mains sur ses seins,
qu'il aurait ensuite posé sa main droite sur le sexe d'A.________
et l'aurait agitée rapidement,
que quelques jours plus tard, elle aurait dénoncé ces faits à la
police, mais n'aurait pas formellement déposé plainte,
qu'A.________ a en outre expliqué que le 28 juin 2010,
W.________ l'avait frappée, saisie par les épaules, bousculée, puis faite
tomber en arrière,
que sa tête aurait dès lors heurté le sol,
que suite à cet événement, A.________ a consulté l'Unité de
Médecine des Violences du Centre Universitaire Romand de Médecine
Légale,
qu'une tuméfaction temporo-occipitale droite de 2 cm de
diamètre et deux dermabrasions au coude droit de 3 et 2 cm ont été
constatées le 3 juillet 2010 par le Dr [...] et l'infirmière [...] (P. 4/3),
que la procureure a rendu une ordonnance de non-entrée en
matière,
qu'en effet, elle a retenu que les faits décrits ci-dessus
pouvaient être envisagés sous l'angle de l'art. 198 al. 2 CP (désagréments
causés par la confrontation à un acte d'ordre sexuel) et de l'art. 126 al. 1
CP (voies de fait), infractions punies sur plainte uniquement,
qu'elle a donc considéré que la plainte d'A.________ était
tardive, dès lors qu'elle avait été déposée plus de trois mois après la
connaissance de l'auteur des faits,
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qu'A.________ conteste cette décision;
attendu qu'en vertu de l'art. 310 al. 1 let. a CPP, le ministère
public rend immédiatement une ordonnance de non-entrée en matière s'il
ressort de la dénonciation ou du rapport de police que les éléments
constitutifs de l'infraction ou les conditions d'ouverture de l'action pénale
ne sont manifestement pas réunis;
attendu que s'agissant de l'incident du 28 juin 2010, lors
duquel la recourante a été légèrement blessée, l'ordonnance de non-
entrée en matière est fondée,
qu'en effet, même à supposer qu'il s'agisse de lésions
corporelles simples au sens de l'art. 123 CP, l'infraction n'est punissable
que sur plainte,
que selon l'art. 31 CP, le droit de porter plainte se prescrit par
trois mois,
qu'en l'occurrence, ce délai n'a pas été respecté,
que la plainte doit dès lors être considérée comme irrecevable
pour cause de tardiveté,
qu'au surplus, on ne saurait suivre la recourante, qui fait valoir
une tentative de lésions corporelles graves par dol éventuel, soit une
infraction poursuivie d'office,
qu'en effet, l'intéressée n'apporte aucun élément dans ce
sens;
attendu que s'agissant des faits relatifs à l'incident du 30 mars
2010, on ne saurait d'emblée exclure que W.________ ait pu se rendre
coupable de contrainte sexuelle au sens de l'art. 189 CP,
que la recourante soutient en effet avoir été masturbée,
que l'infraction précitée se poursuit d'office,
qu'il était dès lors prématuré de considérer que les conditions
d'ouverture de l'action pénale n'étaient manifestement pas réunies,
qu'en conséquence, il appartiendra au Ministère public d'ouvrir
une enquête;
attendu, en définitive, que le recours est admis et
l'ordonnance annulée,
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que le dossier de la cause est renvoyé à la Procureure de
l'arrondissement de Lausanne pour qu'elle procède dans le sens des
considérants, puis rende une nouvelle décision,
que Me Elisabeth Chappuis doit être désignée comme conseil
d'office dans le cadre du présent recours,
que les frais de la procédure de recours, constitués en l'espèce
de l'émolument du présent arrêt (art. 422 al. 1 CPP), par 440 fr. (art. 20 al.
1 TFJP, RSV 312.03.01), et des frais imputables à l'assistance judiciaire
(art. 422 al. 1 et 2 let. a CPP), fixés à 540 fr., plus la TVA, soit un total de
583 fr. 20, sont laissés à la charge de l'Etat.
Par ces motifs,
la Chambre des recours pénale,
statuant à huis clos :
I. Admet le recours.
II. Annule l'ordonnance.
III. Renvoie le dossier à la Procureure de l'arrondissement de
Lausanne pour qu'elle procède dans le sens des considérants,
puis rende une nouvelle décision.
IV. Désigne Me Elisabeth Chappuis comme conseil d'office
d'A.________ pour la procédure de recours.
V. Fixe à 583 fr. 20 (cinq cent huitante-trois francs et vingt
centimes) l'indemnité allouée au conseil d'office.
VI. Dit que l'émolument d'arrêt, par 440 fr. (quatre cent quarante
francs), ainsi que l'indemnité due au conseil d'office
d'A.________, par 583 fr. 20 (cinq cent huitante-trois francs et
vingt centimes), sont laissés à la charge de l'Etat.
VII. Déclare le présent arrêt exécutoire.
Le président : La greffière :
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5 -
Du
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi d'une copie complète, à :
-Mme Elisabeth Chappuis, avocate (pour A.________),
-Ministère public central;
et communiqué à :
-Procureure de l'arrondissement de Lausanne,
par l'envoi de photocopies.
La présente décision peut faire l'objet d'un recours en matière
pénale devant le Tribunal fédéral au sens des art. 78 ss LTF (loi du 17 juin
2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours
constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Ces recours doivent
être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la
notification de l'expédition complète (art. 100 al. 1