Présidence de M. D E N Y S , président
Juges:MM. Battistolo et Colombini
Greffier :M.Elsig
Art. 125, 138, 163, 206 CC; 452 al. 1 ter CPC
La Chambre des recours du Tribunal cantonal prend séance
pour s’occuper du recours interjeté par A.R., à Vevey,
demanderesse, contre le jugement rendu le 3 février 2009 par le Tribunal
civil de l'arrondissement de l'Est vaudois dans la cause divisant la
recourante d’avec B.R., à Corseaux, défendeur.
Délibérant à huis clos, la cour voit :
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2 -
E n f a i t :
A.Par jugement du 3 février 2009, le Tribunal civil de
l'arrondissement de l'Est vaudois a prononcé le divorce de la
demanderesse A.R.________ et du défendeur B.R.________ (I) dit que le
défendeur doit contribuer à l'entretien de la demanderesse par une
pension mensuelle de 1'000 fr., pendant trois ans dès décision définitive et
exécutoire (II), indexé dite pension (III), dit que le défendeur doit à la
demanderesse la somme de 506'622 fr. à titre de liquidation du régime
matrimonial (IV), dit que, moyennant exécution des modalités prévues
sous chiffre IV, le régime matrimonial est dissous et liquidé, les parties
étant reconnues propriétaires des meubles et objets en leur possession
(V), fixé les frais de la demanderesse à 7'920 fr. et ceux du défendeur à
7'115 fr. (VI), compensé les dépens (VI) et rejeté toutes autres ou plus
amples conclusions (VIII).
La Chambre des recours fait sien dans son entier, sous réserve
des points mentionnés au considérant 3 ci-dessous, l'état de fait du
jugement, dont il ressort ce qui suit :
"1.B.R., né le [...] 1955, et A.R. le [...] 1957,
ressortissants suisses, se sont mariés le [...] 1986 devant l'Officier de l'Etat
civil de Vevey.
Deux enfants sont issus de cette union :
-
C.R.________, née le [...] 1987,
-
D.R., née le [...] 1989.
2.Le 2 novembre 2005, A.R. a ouvert action en divorce par le
dépôt d'une demande devant le Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est
vaudois concluant à ce que le mariage des époux R.________ soit dissous
par le divorce (I), à ce que l'autorité parentale sur l'enfant D.R.________ soit
exercée conjointement par les parents, la garde de la jeune fille étant
confiée au défendeur (II), à ce qu'elle exerce un libre et large droit de
visite sur son enfant, moyennant entente avec cette dernière (III), à ce que
B.R.________ contribue à l'entretien de son épouse par le versement d'une
rente mensuelle, payable d'avance le premier de chaque mois en mains
de la demanderesse, de CHF 2'500.- (IV), à ce que la rente prévue sous
chiffre IV soit indexée sur l'indice suisse des prix à la consommation pour
autant que les revenus du défendeur le soient également, à charge pour
lui de faire la démonstration que tel n'est pas le cas (V), à ce que le
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3 -
défendeur soit reconnu débiteur de son épouse à titre d'indemnité au sens
de l'article 165 CC de CHF 100'000.- (VI) et à ce que le régime matrimonial
des époux R.________ soit dissous et liquidé, selon expertise notariale à
intervenir, la demanderesse se réservant de préciser cette conclusion en
cours d'instance (VII).
Par réponse du 2 février 2006, B.R.________ a conclu, avec suite de
frais et dépens, à ce que les conclusions I à VII de la demande soient
rejetées, dans la mesure où elles ne sont pas identiques aux conclusions
reconventionnelles formulées ci-dessous (I) et, reconventionnellement, à
ce que le mariage des époux A.R.________ et B.R.________ soit dissous par
le divorce (II), à ce que l'autorité parentale sur D.R.________ soit exercée
conjointement par les deux parents (III), à ce que la garde sur l'enfant
D.R.________ lui soit confiée (IV), à ce que A.R.________ bénéficie d'un libre
et large droit de visite sur sa fille D.R., exercé d'entente avec cette
dernière (V), à ce que A.R. contribue à l'entretien de sa fille
D.R.________ par le régulier versement d'avance le premier de chaque mois
d'une pension mensuelle fixée à dire de justice (VI), à ce que la
contribution d'entretien mentionnée sous chiffre VI ci-dessus soit indexée
le 1
er
janvier 2007, à l'indice suisse des prix à la consommation, l'indice de
base 100 étant celui du mois au cours duquel le jugement de divorce est
devenu définitif et exécutoire, pour autant et dans la mesure que les
revenus de la débirentière se soient accrus dans la même proportion, à
charge pour elle de démontrer que cela n'a pas été le cas (VII) et à ce que
les avoirs de prévoyance professionnelle acquis par A.R.________ au cours
du mariage soient partagés par deux (VIII).
Par détermination du 24 avril 2006, la demanderesse a conclu,
avec suite de frais et dépens, au rejet de toutes les conclusions
reconventionnelles de la réponse, à l'exception des conclusions II, III, IV et
V qui sont identiques aux conclusions I, II et III de la demande.
3.Les deux parties ont confirmé leur intention de divorcer à
l'audience préliminaire du 11 juillet 2006.
4.Lors de l'audience de jugement du 26 novembre 2008, A.R.________
a retiré la conclusion VI de sa demande et B.R.________ la conclusion VIII de
sa réponse.
La demanderesse ayant retiré sa conclusion relative à l'allocation
d'une indemnité équitable selon l'article 165 CC, les déclarations des
témoins sur les allégués en question ne seront pas reprises dans le cadre
de ce jugement.
A l'audience de jugement, trois témoins ont été entendus :
-
A.U.________, mère de la demanderesse, a déclaré que sa fille était
mère au foyer selon le souhait de son mari et s'occupait donc entièrement
des tâches ménagères ainsi que des enfants. Le couple n'avait
pratiquement aucune vie sociale et la plupart des voyages et sorties au
restaurant était généralement payé par les mères des parties. Sa fille a
beaucoup aidé à l'entretien et l'amélioration de la maison conjugale. Son
-
4 -
mari lui donnait de l'argent chaque mois pour l'entretien du ménage.
Selon elle, ce n'était pas beaucoup, mais elle ne connaît pas le montant
exact. Elle a fait une donation à sa fille de CHF 180'000.-, somme avec
laquelle cette dernière a notamment acheté un bateau pour un prix qu'elle
ignore et qu'elle a ensuite revendu pour la somme de CHF 43'000.-.
-
B.U.________, tante de la demanderesse, a déclaré que sa nièce
s'occupait de toutes les tâches ménagères, sans toutefois savoir si c'était
son mari qui le souhaitait. Le couple n'avait pas beaucoup d'amis et ne
sortait que très rarement. Sa nièce a beaucoup aidé à rénover le domicile
conjugal, notamment pour la réfection du carrelage des salles de bain.
Selon elle, sa nièce n'était pas heureuse.
-
E.R.________, mère du défendeur, a déclaré que son fils aidait sa
femme dans les tâches ménagères, essentiellement pour le jardin, et
s'occupait des enfants, notamment pour leurs devoirs. Son fils n'est pas
affilié à un fond de prévoyance professionnelle et n'a pas contracté
d'assurance-vie. Le bateau qu'ils avaient appartenait à sa belle-fille, mais
son fils s'en occupait beaucoup.
A la même audience, la notaire Sandra LAYDU MOLINARI a été
entendue et a confirmé les conclusions de son rapport rendu le 1
er
avril
5.La situation des parties a fait l'objet de nombreuses décisions
provisionnelles de première et seconde instance.
6.a) B.R.________ est physiothérapeute indépendant et exploite un
cabinet à Vevey. Selon les décisions de taxation du 23 juillet 2007 et 14
juillet 2008, le défendeur a réalisé des revenus annuels nets de CHF
122'655.- en 2005 et CHF 124'024.- en 2006. Selon sa déclaration d'impôt,
il a touché un revenu annuel net de CHF 94'320.- en 2007. Son revenu
mensuel moyen net est donc de CHF 9'472.20.
On doit encore y ajouter les revenus des titres, sous déduction des
frais d'administration, qui s'élèvent à CHF 1'324.- en 2005, à CHF 2'501.-
en 2006 et à CHF 1'192.- en 2007, soit une moyenne de CHF 139.- (en
chiffres ronds) par mois. Le revenu mensuel moyen net de B.R.________
s'élève donc finalement à CHF 9'611.20.
Son loyer s'élève à CHF 1'583.30, les primes d'assurance maladie
pour les enfants et lui-même à 1'378.- et les frais d'écolage à CHF 721.-.
Le défendeur n'est affilié à aucune institution de prévoyance.
b) A.R.________ travaille à 80 %, selon ses déclarations à l'audience
de jugement, pour le compte de X.________ à Montreux. Elle réalise un
revenu mensuel brut de CHF 4'000.-, soit CHF 3'366.60 net versé treize
fois l'an ce qui correspond à un montant mensuel net de CHF 3'647.15
treizième compris.
7.Le 1
er
avril 2008, Me Sandra LAYDU MOLINARI, notaire commis à la
liquidation du régime matrimonial, a déposé un rapport d'expertise duquel
il ressort que B.R.________ doit CHF 506'622.- à A.R.________ comme part
au bénéfice des acquêts pour la liquidation du régime matrimonial."
En droit, les premiers juges ont considéré que la
demanderesse avait droit sur le principe à une contribution d'entretien,
mais que la durée de celle-ci devait être limitée à trois ans afin de lui
permettre de trouver une activité à temps complet et d'acquérir ainsi
convenablement son indépendance économique. En ce qui concerne la
liquidation du régime matrimonial, ils se sont ralliés aux conclusions de
l'expert, en particulier au sujet des frais d'entretien du bateau, bien propre
de la demanderesse, qui n'entraient pas, selon l'expert, dans l'entretien
convenable de la famille.
B.A.R.________ a recouru contre ce jugement en concluant, avec
dépens, principalement à sa réforme en ce sens que la contribution
d'entretien mise à la charge du défendeur est fixée à 2'180 fr. par mois
jusqu'à ce que celui-ci atteigne l'âge de l'AVS, soit en juin 2020, et à 1'500
fr. pour le cas où elle trouverait un emploi rémunéré à 100 %, à charge
pour elle d'en informer immédiatement le défendeur, dite contribution
étant indexée dans la mesure où les revenus du défendeur le seraient, et
à ce que le défendeur soit déclaré son débiteur de la somme de 522'805
fr. 55 à titre de liquidation du régime matrimonial, des dépens de première
instance lui étant alloués. Subsidiairement, la recourante a conclu à
l'annulation du jugement.
Dans son mémoire, la recourante a développé ses moyens et
confirmé ses conclusions.
éd., 2004, n. 2 ad art. 327b CO, p. 137).
Ce moyen doit être rejeté.
bb) La recourante fait grief aux premiers juges d'avoir retenu,
dans le calcul de son minimum vital, un montant de 576 fr. de cotisation
d'assurance-maladie, sans prendre en compte, sur la base des pièces 61,
62 et 63, les primes d'assurance-maladie LCA, par 140 fr. 60. En vain, dès
lors qu'il ressort de la pièce n° 61 que c'est la mère de la recourante qui
est désignée comme débitrice de la prime.
Ce moyen doit être rejeté.
cc) La recourante fait grief aux premiers juges de n'avoir pas
pris en considération dans le calcul des revenus de l'intimé les
prélèvements privés de celui-ci.
Selon la jurisprudence, le revenu d'un indépendant est en
principe constitué par le bénéfice net de son activité, soit par la différence
entre les produits et les charges. Pour subvenir à ses besoins courants, un
indépendant opère généralement des prélèvements privés réguliers en
cours d'exercice, avant de connaître le bénéfice net de l'exercice qui
résulte des comptes établis après la fin de l'exercice. Des prélèvements
inférieurs au bénéfice net entraînent la constitution de réserves, tandis
que des prélèvements supérieurs impliquent la dissolution de réserves. On
ne retiendra pas que les revenus de l'intéressé ont baissé lorsqu'il a opéré
des prélèvements privés inférieurs au bénéfice net de l'exercice. On ne
saurait davantage retenir que ses revenus n'ont pas baissé entre deux
exercices de références parce que, indépendamment des bénéfices
réalisés, les prélèvements privés sont comparables (TF 5P.330/2006 du 12
mars 2007 c. 3.3).
-
10 -
Au vu de cette jurisprudence, on ne saurait considérer que les
prélèvements privés de l'intimé sont déterminants pour le calcul de ses
revenus.
Ce moyen doit être rejeté.
dd) La recourante fait grief aux premiers juges de n'avoir pas
pris en considération les cinq derniers exercices pour calculer les revenus
de l'intimé.
Selon la jurisprudence, en cas d'activité lucrative
indépendante, les finances du ménage de l'entrepreneur et de l'entreprise
sont fortement imbriquées et il est relativement aisé d'influencer
l'indication du bénéfice. Par conséquent, la détermination de la capacité
économique d'une personne indépendante peut se révéler extrêmement
difficile. Pour arriver à un résultat plus ou moins fiable, il convient de se
fonder sur le revenu moyen net sur plusieurs années – en règle générale
les trois ou quatre dernières années. Les bilans singuliers, c'est-à-dire
particulièrement bons ou mauvais, peuvent selon les circonstances être
ignorés. Ce n'est qu'en cas de revenus en baisse ou en hausse constante
que le bénéfice de la dernière année sera considéré comme déterminant;
il sera corrigé notamment en imputant les amortissement extraordinaires,
les provisions injustifiées et les retraits privés (TF 5D_167/2008 du 13
janvier 2009, publié in La Pratique du droit de la famille [FamPra.ch] 2009,
n° 44, p. 464; Bastons-Bulletti, L'entretien après divorce, SJ 2007 II 80 note
infrapaginale 19).
En l'espèce, les premiers juges ont pris en considération les
bénéfices de l'intimé pour les années 2005, par 122'655 fr., 2006, par
124'024 fr., et 2007, par 94'320 fr., soit un revenu mensuel moyen de
9'472 fr., auquel ils ont ajouté les revenus des titres, sous déduction des
frais d'administration, de 139 fr. par mois. Dès lors que le résultat de
l'année 2007 est nettement inférieur à ceux des exercices précédents,
sans que l'on puisse dire qu'il reflète une évolution constante des revenus
de l'intimé, il y a lieu de prendre en compte les revenus des quatre
-
11 -
dernières années. Il ressort de la pièce n° 51 produite le 20 juillet 2006 et
des comptes 2004 produits le 9 août 2006 que le bénéfice net de l'intimé
pour cette année s'est élevé à 137'764 fr. 65. Le revenu mensuel moyen
déterminant de l'intimé s'élève en conséquence à 9'974 fr. 25,
([137'764,65 + 122'655 + 124'024 + 94'320] : 4 : 12), montant auquel il
convient d'ajouter les revenus de titres, par 139 fr., ce qui donne au total
un revenu déterminant de 10'113 fr. 25.
Le recours doit être admis partiellement sur ce point.
c) Sous réserve du point développé au considérant b/dd ci-
dessus, l'état de fait du jugement est conforme aux pièces du dossier et
aux autres preuves administrées. Il convient toutefois de le compléter
comme il suit :
-Il ressort des comptes 2004 produits par l'intimé le 9 août
2006 qu'en 2003, le bénéfice du cabinet de celui-ci s'est élevé à 149'731
francs.
-Le 6 octobre 2004, la recourante a déposé auprès du Président
du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois une requête de
mesures protectrice de l'union conjugale tendant notamment à ce que les
époux soient autorisés à vivre séparés pour une durée indéterminée dès le
1
er
novembre 2004. A l'audience du 22 décembre 2004, les parties sont
notamment convenues de vivre séparée "pour une durée indéterminée
d'ici au 1
er
février 2005 (pièce n° 4 du bordereau I de la demanderesse).
-Le rapport notarial du 31 mars 2008 mentionne notamment
ceci à propos du bateau de la recourante.
" A.R.________ a vendu (CHF 43'000.00) en date du 30 mai 2005 un bateau qu'elle
avait acquis en 1994 (au prix de CHF 122'230.00) au moyen de fonds reçus de
sa mère.
-
12 -
Un bien qui échoit à un époux à titre gratuit pendant le mariage est un propre.
Un bien acquis en remploi d'un propre est un propre. La qualification du bateau
n'a pas été contestée.
Le bateau étant un propre de A.R., lorsqu'il a été vendu, le produit de la
vente (CHF 43'000.00) constitue un propre. Un montant de CHF 11'000.00 a été
dépensé; le solde de CHF 32'000.00 a été viré sur le compte ouvert auprès du
S. au nom de A.R.________ (acquêt). Les propres de A.R.________ ont donc
une créance contre ses acquêts à concurrence de CHF 32'000.00.
Selon pièces justificatives, B.R.________ a participé aux frais d'entretien de ce
bateau à raison de :
-
en 1998 : entretien pour CHF 962.00 et achat d'une bâche pour le cockpit à
595 US$ (au cours de 1.5145 soit CHF 901.15) + CHF 64.55 de frais de livraison,
soit un total de CHF 1'927.70
-
en 1999 : CHF 1'966.00
-
en 2000 : CHF 5'095.30
-
en 2001 : CHF 2'598.25
-
en 2002 : CHF 1'813.00
-
en 2003 : CHF 2'057.50
-
en 2004 : CHF 725.80
Les acquêts de B.R.________ ont contribué, sans contrepartie correspondante, à
la conservation d'un bien de l'épouse. Ses acquêts ont donc une créance contre
les propres de A.R.________ à concurrence du total de ses investissements, soit
CHF 16'183.55. L'existence de la créance en faveur des acquêts de B.R.________
est contestée par A.R.. Or, le bateau étant un propre de A.R., les
frais d'entretien de ce bien était en principe à la charge de ses propres; dès lors
la contribution de B.R.________ à cet entretien donne naissance à une créance
au sens de l'article 206 du Code civil. Le fait que la famille a profité de ce
bateau n'a aucun effet sur la qualification du bien et sur l'existence de la
créance. En effet, la prise en charge des frais d'entretien d'un bateau par les
acquêts ne peut être exigée au regard de l'obligation d'entretien découlant des
effets généraux du mariage, à moins peut-être que le bateau ne constitue le
logement de famille (ce qui n'est pas le cas en l'occurrence)."
-Dans son rapport, le notaire commis à la liquidation du régime
matrimonial a déduit le montant de 16'183 fr. 55 susmentionné des
propres de la recourante, par 32'000 fr., pour retenir un montant de
-
13 -
15'816 fr. 45, (p. 10) et l'a ajouté aux acquêts de l'intimé pour retenir un
montant net de 751'201 fr. 25, (pp. 10-11), aboutissant, compte tenu
d'acquêts nets de la recourante, par 539'076 fr. 60, à un bénéfice total
des acquêts à 1'290'277 fr. 85 (539'076,60 + 751'201,25), dont chacun
des époux avait droit à la moitié, par 645'138 fr. 90. Dans l'état final et la
répartition (p. 12), il a ajouté le montant de 16'183 fr. 55 à titre de
créance au montant que l'intimé était en droit de prendre à titre de
propres, de part au bénéfice des acquêts et autres créances, la part de
l'intimé étant fixée à 851'966 fr. 75. Il a déduit ce même montant de
16'183 fr. 55 à titre de dette de la somme que la recourante était en droit
de prendre à titre de propres et de part au bénéfice des acquêts, sous
déduction d'autres dettes, la part de la recourante étant fixée à 566'021
fr. 85. Compte tenu de la reprise par l'intimé d'éléments de fortune d'une
valeur totale de 1'358'588 fr. 75 et de 59'399 fr. 85 par la recourante, il a
fixé à 506'622 fr. (1'358'588, 75 – 851'966,75; 566'021,85 – 59'399,85) le
montant dû par l'intimé à la recourante à titre de liquidation du régime
matrimonial.
Il n'y a pas lieu de procéder à d'autre compléments ni à une
instruction complémentaire, la cour de céans étant à même de statuer en
réforme.
4.La recourante soutient qu'il n'y avait pas lieu de considérer les
frais d'entretien du bateau consentis par l'intimé comme une créance des
acquêts de l'intimé contre ses propres, dès lors que ce bateau a servi aux
loisirs de la famille, en particulier des enfants, et que le train de vie de la
famille était élevé.
Selon l'art. 206 al. 1 CC (Code civil du 10 décembre 1907; RS
210), lorsqu'un époux a contribué sans contrepartie correspondante à
l'acquisition, à l'amélioration ou à la conservation de biens de son conjoint
qui se retrouvent à la liquidation avec une plus value, sa créance est
proportionnelle à sa contribution et elle se calcule sur la valeur actuelle
des biens; en cas de moins-value, il peut en tous cas réclamer le montant
-
14 -
de ses investissements. Si l'un des biens considérés a été aliéné
auparavant, la créance est immédiatement exigible et elle se calcule sur la
valeur de réalisation du bien à l'époque de l'aliénation (art. 206 al. 2 CC).
La doctrine précise que toutes les contributions faites en vue
de la conservation d'un bien ne sont pas couvertes par l'art. 206 CC, qui
ne s'applique qu'aux frais de réparation dépassant les simples travaux
d'entretien. Constituent par exemple des travaux de conservation au sens
de l'art. 206 CC les grosses réparations comme le remplacement d'un toit,
la modernisation de toute l'installation électrique d'un bâtiment, le
remplacement des équipements sanitaires d'un immeuble ou la
restauration complète d'un meuble (Deschenaux/Steinauer/Baddeley, Les
effets du mariage, 2000, n° 1265, p. 516 et références; Haas, La créance
de plus value et la récompense variable dans le régime de la participation
aux acquêts, thèse Lausanne 2005, pp. 226-228 et références; Rumo
Jungo, Handkommentar zum Schweizer Privatrecht, 2007, n. 6 ad art. 206
CC, p. 272 et références).
En outre, lorsque la contribution d'un des époux entre dans le
cadre du devoir d'entretien de l'art. 163 CC, elle ne saurait donner lieu à
application de l'art. 206 CC (Haas, op. cit., pp. 27 et 37-38;
Deschenaux/Steinauer/Baddeley, op. cit. n° 1279, p. 520). L'entretien
prévu par l'art. 163 CC vise en premier lieu les besoins ordinaires de la vie
domestique, ainsi que les besoins personnels de chaque époux et des
enfants, soit le logement, les vêtements, la nourriture, l'hygiène ainsi que
les soins médicaux et pharmaceutiques (Deschenaux/Steinauer/Baddeley,
op. cit., n° 472, p. 219). Il comprend également la satisfaction des besoins
personnels des époux et des enfants, comme ceux de sociabilité et ceux
relatifs aux loisirs et aux distractions (Deschenaux/Steinauer/Baddeley, op.
cit., n° 475, pp. 220-221). L'entretien auquel les époux doivent pourvoir
est un entretien convenable (art. 163 al. 1 CC). Il est déterminé en premier
lieu par la situation de la famille, qui dépend essentiellement des
ressources des époux. Il est également fonction des besoins de la famille
ainsi que du train de vie que les époux décident d'adopter en commun
(Deschenaux/Steinauer/Baddeley, op. cit., n° 477, pp. 221-222).
-
15 -
En l'espèce, il n'est pas démontré que les frais relatifs au
bateau en cause dépassaient l'entretien courant de celui-ci et qu'ils
justifiaient donc l'application de l'art. 206 CC. En outre, au vu des
ressources de la famille, on doit admettre que ces frais visaient à assurer
les loisirs de celle-ci, de sorte qu'il y a lieu de considérer qu'ils entraient
dans l'entretien convenable de la famille au sens de l'art. 163 CC, de sorte
qu'une application de l'art. 206 CC est exclue.
Aussi le montant de 16'183 fr. 55 en cause ne doit pas être
déduit des propres de la recourante, qui s'élèvent donc à 32'000 fr., ni
être ajouté aux acquêts de l'intimé, qui s'élèvent donc à 735'017 fr. 70
nets (751'201,25 - 16'183,55). Le bénéfice de l'union conjugale s'élève
donc à 1'274'094 fr. 30 (735'017,70 + 539'076,60) et la part de chacun
des époux à 637'047 fr. 15. Dans l'état final et la répartition (cf. p. 12 du
rapport d'expertise), il convient de déduire de la part revenant à l'intimé le
montant de 16'183 fr. 55 porté comme créance et la somme de 8'091
francs 75 (645'138,90 - 637'047,15) découlant de la diminution du
bénéfice de l'union conjugale, ce qui aboutit à une part totale de l'intimé
de 827'691 fr. 45 (851'966 fr. 75 – 16'183,55 – 8'091,75). Compte tenu
d'une reprise par l'intimé d'éléments d'une valeur totale de 1'358'588 fr.
75, le montant dû par l'intimé à titre de liquidation du régime matrimonial
s'élève en conséquence à 530'897 fr. 30 (1'358'588,75 - 827'691,45). On
aboutit au même résultat, à 5 ct. près, en ajoutant à la part de la
recourante, par 566'021 fr. 85, l'augmentation de la valeur de ses propres,
par 16'183 fr. 55, en ajoutant le même montant découlant de la non-
existence de la dette envers l'intimé et en déduisant la somme de 8'091
fr. 75 découlant de la diminution du bénéfice du l'union conjugale. La
différence entre cette part et la reprise par la recourante d'éléments d'une
valeur totale de 59'399 fr. 85, aboutit à une créance de celle-ci de 530'897
fr. 35 (566'021,85 + 16'183, 55 + 16'183,55 – 8'091,75 – 59'399,85).
Toutefois, dès lors que la recourante a conclu au versement de
la somme de 522'805 fr. 55 à titre de liquidation du régime matrimonial,
c'est ce dernier montant qui lui sera alloué.
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16 -
Le recours doit être admis sur ce point.
5.a) La recourante fait valoir qu'après avoir cessé toute activité
lucrative après la naissance du premier enfant, elle n'est pas en mesure
d'augmenter son taux d'activité, actuellement fixé à 80 %, et que, même
exercée à 100 %, dite activité ne lui permettrait pas de subvenir à son
entretien convenable. Elle relève que l'arrêt sur appel de mesures
provisionnelles du 4 février 2009 a fixé la contribution d'entretien due par
l'intimé à 2'180 fr. et conteste que l'on puisse limiter dans le temps celle
accordée après divorce, au vu des circonstances.
b) Il n'est pas contesté en recours que la recourante a droit
sur le principe à une contribution d'entretien. Les considérations des
premiers juges sur ce point, complètes et convaincantes, peuvent être
confirmées par adoption de motifs (art. 471 al. 3 CPC). Demeurent litigieux
la quotité de cette contribution et sa durée.
c) Selon la jurisprudence, la méthode dite du minimum vital
avec répartition de l'excédent, développée dans le cadre de la fixation de
la contribution d'entretien des époux selon l'art. 163 CC, n'est en règle
générale pas adéquate pour déterminer la quotité de la contribution
d'entretien après divorce, sans que l'on doive exclure d'emblée son
application. En effet, dans le cadre d'un mariage ayant eu un impact sur la
situation des époux, cette méthode de calcul aurait pour conséquence
qu'il n'y aurait pas de différence entre l'entretien durant le mariage et
celui après divorce, les époux étant, nonobstant le prononcé du divorce,
placés financièrement dans la même situation que pendant le mariage,
égalité qui ne découle pas de l'art. 125 CC. Au contraire, les effets des art.
159 al. 3 CC et 163 al. 1 CC, qui fondent le devoir d'assistance et
d'entretien des époux, prennent fin au moment du divorce. A leur place,
peut se substituer le devoir d'entretien de l'art. 125 CC (ATF 134 III 145 c.
4 et références, JT 2009 I 153; ATF 134 III 577 c. 3, JT 2009 I 272).
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17 -
Aussi convient-il d'établir les conditions de vie déterminantes
des parties : pour un mariage ayant eu un impact sur la situation de
celles-ci, l'entretien convenable se mesure au regard du standard de vie
des époux durant la vie commune, en y ajoutant les coûts
supplémentaires découlant de la séparation; les parties ont droit au
maintien de ce standard en cas de moyens suffisants et celui-ci constitue
la limite supérieure de l'entretien convenable. Il convient ensuite de
déterminer si et dans quelle mesure chacun des ex-époux est en mesure
de financer son entretien convenable par ses propres ressources, priorité
qui découle directement de la lettre de l'art. 125 al. 1 CC. Si l'une des
parties ne le peut pas, respectivement si l'on ne peut raisonnablement
exiger qu'elle le fasse - ce qui entraîne sur le principe le droit à une
contribution - il convient, dans une troisième étape, de déterminer la
capacité contributive du débirentier et de fixer une contribution équitable,
celle-ci se fondant sur le principe de la solidarité qui est à la base de
l'obligation d'entretien prévue à l'art. 125 CC (ATF 134 III 145 précité).
Un conjoint – y compris le créancier d'aliments (ATF 127 III 136
c. 2c) – peut se voir imputer un revenu hypothétique supérieur, pour
autant qu'il puisse gagner plus que son revenu effectif en faisant preuve
de bonne volonté et en accomplissant l'effort que l'on peut
raisonnablement exiger de lui et que l'obtention d'un tel revenu soit
effectivement possible (ATF 128 III 4 c. 4a; ATF 127 III 136 c. 2a). Les
critères permettant de déterminer le montant du gain hypothétique sont
en particulier la qualification professionnelle, l'âge, l'état de santé et la
situation du marché du travail (ATF 128 III 4 c. 4c/cc; TF 5A_460/2008 du
30 octobre 2008 c. 4.1). Il existe en outre une présomption de fait selon
laquelle il est déraisonnable d'exiger la reprise d'une activité lucrative à
l'âge de quarante-cinq ans, mais cette limite d'âge ne doit pas être
considérée comme une règle stricte (TF 5A_11/2008 du 18 mars 2008 c.
4.1; TF 5 C.32/2001 c. 3b; Pichonnaz/Rumo-Jungo, in SJ 2004 II 47, spéc.
note 41, p. 56).
En l'espèce, la recourante n'a repris une activité lucrative
qu'après la séparation des parties. On se trouve donc dans un cas où la
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méthode du minimum vital avec répartition de l'excédent n'est pas
applicable (ATF 134 III 577 précité, c. 3) et la recourante se réfère dès lors
en vain au montant qui lui a été alloué par l'arrêt sur appel de mesures
provisionnelles du 4 février 2009 en application de cette méthode.
Le train de vie du couple au moment de la séparation à la fin
de l'année 2004 était déterminé par les seuls revenus de l'intimé, soit, sur
la base des exercices 2003 et 2004 de son cabinet, en moyenne 11'980 fr.
([149'731 + 137'764,65] : 2 : 12). On peut admettre que le minimum vital
du couple comprenait le montant de base pour un couple, par 1'550 fr., et
pour deux enfants âgés de plus de douze ans, par 1'000 fr., la charge de
loyer assumée aujourd'hui par l'intimé, à qui le logement conjugal a été
attribué, par 1'583 fr. 30, les primes d'assurances maladie assumées par
les deux parties, par 1'378 fr. et 576 fr., et les frais d'écolage par 721 fr.,
soit, au total, 6'808 fr. 30. Le disponible du couple s'élevait donc à 5'171
fr. 70.
Le minimum vital actuel de la recourante comprend le montant
de base pour une personne seule avec obligation de soutien, par 1'250 fr.,
le loyer, par 2'000 francs, les cotisations d'assurance-maladie, par 576 fr.
(cf. c. 3b/bb ci-dessus), et les frais de transport, par 350 fr. (cf. c. 3b/aa ci-
dessus); il s'élève en conséquence à 4'176 francs. Son revenu mensuel,
par 3'647 fr. 15, ne couvre pas ce minimum et l'on doit admettre qu'il ne
lui permet pas de subvenir à son entretien convenable au sens de l'art.
125 CC. La recourante a repris une activité professionnelle au mois de
septembre 2005. Rien n'indique qu'elle ne serait pas à même de mener
une activité à 100 %. Elle n'a pas de problème de santé, de sorte qu'il y a
lieu d'admettre que la présomption jurisprudentielle posée par l'arrêt du
Tribunal fédéral n° 5A_11/2008 et la doctrine précités est renversée. Il
convient donc de considérer que la recourante pourra trouver un emploi à
plein temps dans un délai de trois ans, qui devrait lui permettre d'obtenir
un revenu net de l'ordre de 4'500 fr. par mois, treizième salaire compris
(3'647 : 80 x 100), montant qui couvre son minimum vital, mais pas
l'entretien convenable au sens de l'art. 125 CC, vu le niveau de vie des
parties pendant la vie commune.
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Les revenus de l'intimé ont baissé depuis la séparation. Ils
s'élèvent en moyenne à 10'113 fr. 25 (cf. c. 3b/dd ci-dessus). Son
minimum vital comprend le montant de base pour une personne vivant
seule, par 1'100 fr., celui pour deux enfants âgés de plus de douze ans,
par 1'000 fr., le loyer, par 1'583 fr. 30, les cotisations d'assurance-maladie,
par 1'378 fr. et les frais d'écolage, par 721 francs; il s'élève en
conséquence à 5'782 fr. 30, ce qui laisse à l'intimé un disponible de 4'330
francs 95. Au vu de cet élément et compte tenu du fait que l'intimé a la
charge des deux enfants du couple, il y lieu de fixer la contribution
d'entretien en faveur de la recourante à 1'500 fr. par mois, ce qui lui
permettra de bénéficier d'un revenu global de l'ordre de 5'150 fr. par
mois, qui correspond environ à la moitié des revenus de l'intimé. Compte
tenu de la prise en compte d'un revenu hypothétique pour une activité à
100 % dans un délai de trois ans, dite contribution sera réduite à 700
francs.
Quant au montant que la recourante recevra à titre de
liquidation du régime matrimonial, il y a lieu de considérer que, dès lors
que la recourante a cessé de travailler à la naissance du premier enfant et
que l'intimé, en sa qualité d'indépendant, n'a pas accumulé d'avoir de
prévoyance LPP, ce montant servira à assurer à la recourante une
prévoyance appropriée.
Le recours doit être partiellement admis sur ce point.
d) Selon la jurisprudence, pour fixer la durée de la contribution
d'entretien, le juge doit tenir compte des critères énumérés non
exhaustivement à l'art. 125 al. 2 CC (ATF 132 III 598 c. 9.1). Aussi
longtemps qu'un époux n'a pas la capacité financière de pouvoir à son
entretien convenable ou qu'il ne peut le faire que partiellement, et dans
l'hypothèse où le mariage a influencé les conditions de vie, son conjoint
doit couvrir ce manque, au nom du principe de solidarité après le mariage
(ATF 132 III 593 c. 7.2, JT 2007 I 125). A certaines conditions, même sous
le nouveau droit du divorce, on peut aussi parler de rente à vie. Souvent,
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20 -
cependant, les moyens à dispositions disparaissent aussitôt que le
débiteur de la prestation atteint l'âge de la retraite, si bien que le train de
vie entretenu durant la période d'activité ne peut pas être maintenu; du
reste, il fléchirait également si le mariage perdurait. Il résulte de ce qui
précède qu'en pratique la fin de l'obligation d'entretien est liée à la
retraite du débiteur (ibidem). Il n'est toutefois pas exclu d'allouer une
rente sans limitation de durée, en particulier lorsque l'amélioration de la
situation financière du créancier n'est pas envisageable et que les moyens
du débiteur le permettent (TF 5A_508/2007 du 3 juin 2008 c. 4.1 et
références).
En l'espèce, comme on l'a vu au considérant précédent, le
revenu hypothétique de 4'500 fr. imputé à la recourante après trois ans ne
permet pas d'assurer à celle-ci un entretien convenable au sens de l'art.
125 CC. La contribution en cause ne saurait donc être limitée à trois ans.
Dès lors qu'il est prévisible que les revenus de l'intimé baisseront lorsqu'il
aura atteint l'âge de la retraite et que la prévoyance de la recourante est
assurée par le montant qu'elle percevra à titre de liquidation du régime
matrimonial, il convient de fixer la fin de la contribution en cause à la date
à laquelle l'intimé atteindra l'âge de la retraite, soit en juin 2020.
Le recours doit être admis sur ce point.
6.Vu l'issue du recours, il y a lieu de considérer que la
recourante obtient gain de cause sur la liquidation du régime matrimonial
et sur le principe de la contribution en sa faveur, ainsi qu'en partie sur la
quotité de celle-ci. Elle avait retiré sa conclusion tendant à l'octroi d'une
indemnité selon l'art. 165 CC. La problématique des enfants est devenue
sans objet à la suite de leur majorité. Ainsi, globalement, la recourante
gagne plus qu'elle ne perd, de sorte qu'elle a droit à des dépens de
première instance réduits de moitié, fixés à 8'960 fr. (art. 91 et 92 CPC).
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7.En conclusion, le recours doit être admis partiellement et le
jugement réformé en ce sens que le défendeur est le débiteur de la
demanderesse de la somme de 522'805 fr. 55 à titre de liquidation du
régime matrimonial et qu'il doit contribuer à l'entretien de celle-ci par le
versement d'une pension mensuelle de 1'500 francs pendant une durée de
trois ans dès décision définitive et exécutoire et de 700 francs dès lors et
jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de l'AVS, soit jusqu'en juin 2020, des
dépens, par 8'690 fr. étant alloués à la demanderesse.
Les frais de deuxième instance de la recourante sont arrêtés à
1'500 fr. (art. 233 al. 3 TFJC; tarif du 4 décembre 1984 des frais judiciaires
en matière civile; RSV 270.11.5).
Obtenant partiellement gain de cause, la recourante a droit à
des dépens réduits de moitié, par 2'000 fr. (art. 91 et 92 CPC; art. 2 al. 1
ch. 33, art. 3 et 5 ch. 2 TAv; tarif du 17 juin 1986 des honoraires d'avocat
dus à titre de dépens; RSV 177.11.3).
Par ces motifs,
la Chambre des recours du Tribunal cantonal,
statuant à huis clos,
p r o n o n c e :
I. Le recours est partiellement admis.
II. Le jugement est réformé aux chiffres II, IV et VII de son
dispositif comme il suit :
II. astreint B.R.________ à contribuer à l'entretien de
A.R.________, par le régulier versement d'une pension
mensuelle payable d'avance le premier de chaque mois de
1'500 fr. (mille cinq cents francs) pendant trois ans dès
décision définitive et exécutoire, puis de 700 fr. (sept cents
-
22 -
francs) depuis lors jusqu'à ce que B.R.________ atteigne
l'âge de l'AVS, soit jusqu'en juin 2020.
IV. dit que B.R.________ est le débiteur de A.R., de la
somme de 522'805 fr. 55 (cinq cent vingt-deux mille huit
cent cinq francs et cinquante-cinq centimes) à titre de
liquidation du régime matrimonial.
VII. dit que B.R. doit verser à A.R., la somme de
8'960 fr. (huit mille neuf cent soixante francs) à titre de
dépens.
Il est confirmé pour le surplus.
III. Les frais de deuxième instance de la recourante sont arrêtés à
1'500 francs (mille cinq cents francs).
IV. L'intimé B.R. doit verser à la recourante A.R.________, la
somme de 2'000 fr. (deux mille francs) à titre de dépens de
deuxième instance.
V. L'arrêt motivé est exécutoire.
Le président : Le greffier :
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Du 25 juin 2009
Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué par écrit
aux intéressés.
Le greffier :
Du
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies, à :
-Me Marcel Heider (pour A.R.),
-Me Véronique Loichat Mira (pour B.R.).
La Chambre des recours considère que la valeur litigieuse est
de 274'483 francs.
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière
civile devant le Tribunal fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin
2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours
constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Dans les affaires
pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de
droit du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la
contestation ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF).
Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).
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Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :
-Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois.
Le greffier :