Réexamen accordé après qu’un dépôt erroné a préservé le délai

CREC pt08-004180-594i/2010Tribunal cantonal / Chambre des recours civile30 nov. 2010Droit civilAdmis

Extrait par Omnilex

Résumé Omnilex

Q.________ a fait appel d’un jugement civil du 30 November 2009. Après que la Chambre des recours a initialement déclaré l’appel irrecevable au motif que l’avance de frais n’avait pas été payée, le conseil a demandé le réexamen, expliquant qu’une demande de prolongation de délai et une décision relative à l’assistance judiciaire avaient été envoyées en temps utile, mais au mauvais tribunal. La Chambre a considéré que le dépôt en temps utile auprès d’une autorité incompétente préserve le délai et que l’Art. 472a CPC permet d’annuler une décision de non-entrée en matière manifestement erronée. Elle a retiré la décision du 28 October 2010, repris la procédure d’appel et n’a pas perçu de frais.

Regeste Omnilex

Art. 472a CPC; préservation du délai par le dépôt auprès d’une autorité incompétente; une décision de non-entrée en matière manifestement erronée peut être annulée sur réexamen. Un document déposé en temps utile auprès d’une autorité incompétente préserve néanmoins le délai de procédure lorsqu’il est transmis ou retourné sans délai; lorsqu’une décision de non-entrée en matière repose sur une telle erreur, la juridiction d’appel peut l’annuler et reprendre la procédure (consid. 2-3).

Texte intégral

809 TRIBUNAL CANTONAL 594/I C H A M B R E D E S R E C O U R S


Arrêt du 30 novembre 2010


Présidence de M. C O L O M B I N I , président Juges:MM. Giroud et Creux Greffier :M. Elsig


Art. 472a CPC Vu le jugement rendu le 30 novembre 2009 par le Tribunal civil de l'arrondissement de La Côte dans la cause divisant Q., à Moiry, d’avec A. ET B.B., à Prévonloup, vu le recours exercé le 2 août 2010 par l'avocat Marc Cheseaux, agissant au nom de Q.________, contre le jugement précité, vu la lettre du greffe de la cour de céans du 10 août 2010, invitant le recourant à effectuer l'avance des frais de recours jusqu'au 14 septembre 2010, faute de quoi le recours serait considéré comme non avenu,

  • 2 - vu l'arrêt rendu le 28 octobre 2010 par le Président de la Chambre des recours déclarant le recours non avenu faute de paiement de l'avance de frais, vu l'écriture du conseil du recourant du 1 er novembre 2010, requérant la reconsidération de l'arrêt du 28 octobre 2010, en faisant valoir qu'il a été désigné le 10 septembre 2010 comme conseil d'office, qu'il a requis le 13 septembre 2010 la prolongation de trente jours du délai pour verser l'avance de frais en cause et produit le 14 septembre 2010 une décision d'octroi de l'assistance judiciaire, ces plis ayant par erreur été adressés au greffe civil du Tribunal d'arrondissement de La Côte, vu les pièces transmises le 12 novembre 2010 par le greffe du Tribunal d'arrondissement de la Côte sur réquisition de la cour de céans du 8 novembre 2010, vu les autres pièces du dossier; attendu que le conseil du recourant a adressé le 13 septembre 2010 au greffe du Tribunal civil de l'arrondissement de La Côte une demande de prolongation du délai pour verser l'avance de frais et, le 14 septembre 2010, une décision accordant l'assistance judiciaire à son client, que ces documents ont été renvoyés à leur expéditeur par ledit greffe, que l'acte adressé à temps à une autorité incompétente suffit à sauvegarder le délai (Poudret/Haldy/Tappy, Procédure civile vaudoise, 3 ème éd., 2002, n. 1 ad art. 33 CPC, pp. 64-65), que l'arrêt du 28 octobre 2010 n'est ainsi pas justifié;

  • 3 - attendu que la Chambre des recours a admis que l'art. 472a CPC (Code de procédure civile du 14 décembre 1966; RSV 270.11) l'autorise à annuler entièrement un arrêt d'irrecevabilité en cas d'erreur ou d'omission manifestes (CREC I 8 juillet 2010/362 et référence), qu'il convient dès lors de rapporter l'arrêt du 28 octobre 2010 et de reprendre l'instruction du recours; attendu que le présent arrêt peut être rendu sans frais. Par ces motifs, la Chambre des recours du Tribunal cantonal, statuant à huis clos, p r o n o n c e : I. L'arrêt du Président de la Chambre des recours du 28 octobre 2010 est rapporté. II. L'instruction du recours est reprise. III. L'arrêt, rendu sans frais, est exécutoire. Le président : Le greffier : Du L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est notifié à : -Me Marc Cheseaux (pour Q.), -Me Laurent Trivelli (pour A. et B.B.).

  • 4 - Il prend date de ce jour. La Chambre des recours considère que la valeur litigieuse est de 99'999 francs. Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF). Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à : -Tribunal d'arrondissement de La Côte. Le greffier :

Mots-clés

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Yes. The court held that the previous inadmissibility order was unjustified because the documents were timely sent to an incompetent authority and thus preserved the deadline.

A document filed on time with an incompetent authority is sufficient to preserve the deadline; moreover, Art. 472a CPC allows the court to annul a non-entry order in case of manifest error or omission.

Yes. Once the non-entry order was withdrawn, the instruction of the appeal had to be resumed.

Because the previous order was reported/withdrawn, the appeal could proceed on the merits again.

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