Appeal against residence assignment largely inadmissible

CREC jy16-027991-288/2016Tribunal cantonal / Chambre des recours civile25 juil. 2016Dismissed

Extrait par Omnilex

Résumé Omnilex

V.________ appealed a Vaud district justice order assigning her to residence nightly for two months to secure removal to Mongolia. She asked for release and compensation for unlawful coercive measures. The cantonal civil appeals chamber held that her submissions did not target the residence-assignment order but instead attacked earlier final asylum and removal decisions, so the appeal was largely inadmissible. It therefore rejected the appeal to the very limited extent it was receivable, refused any indemnity to appointed counsel, and decided the case without court costs.

Regeste Omnilex

Art. 30 and 31 LVLEtr; appeal against an order assigning a removed foreign national to a place of residence. The appeal must be directed against the challenged coercive measure itself and must contain reasoned objections within the scope of the appealed decision. Conclusions and arguments attacking earlier final and enforceable asylum or removal decisions, or seeking release from detention where no detention exists, fall outside the subject matter of the appeal and are inadmissible. Where the appeal is unnecessary and counsel's work is superfluous, no appointed-counsel indemnity is due; the proceedings may be left without court costs under Art. 50 LPA-VD.

Texte intégral

TRIBUNAL CANTONAL JY16.027991-161230 288 C H A M B R E D E S R E C O U R S C I V I L E


Arrêt du 25 juillet 2016


Composition : M. W I N Z A P , président M.Sauterel et Mme Giroud Walther, juges Greffière :Mme Bourqui


Art. 30 et 31 LVLEtr Statuant à huis clos sur le recours interjeté par V.________, [...], contre l’ordonnance rendue le 6 juillet 2016 par le Juge de paix du district de Lausanne dans la cause la concernant, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal considère :

  • 2 - E n f a i t : A.Par ordonnance du 6 juillet 2016, le Juge de paix du district de Lausanne (ci-après : le Juge de paix) a ordonné l’assignation à résidence dès le 6 juillet 2016 pour une durée de deux mois de V., née le [...] 1978, originaire de Mongolie, [...], tous les jours de 22 h 00 à 7 h 00 (I) et transmis le dossier au Président du Tribunal cantonal pour qu’il désigne un avocat d’office à l’intéressée (II). En droit, le Juge de paix a notamment considéré que V. faisait l’objet d’une décision définitive et exécutoire de renvoi de Suisse et qu’elle refusait de quitter le territoire, de sorte que les conditions de l’art. 74 al. 1 LEtr étaient réunies et qu’une assignation à résidence était proportionnée et adaptée en vue d’assurer son renvoi. Le 11 juillet 2016, le Président du Tribunal cantonal a désigné Me Christophe Borel en qualité de conseil d’office de V.. B.Par acte du 18 juillet 2016, V., par l’intermédiaire de son mandataire, a recouru contre cette ordonnance en concluant, avec suite de frais et dépens, à sa réforme en ce sens que la réquisition présentée le 17 juin 2016 par le SPOP (Service de la population) soit rejetée, sa mise en liberté immédiate étant ordonnée et à ce qu’une indemnité pour mesure de contrainte illicite lui soit accordée. C.La Chambre des recours civile fait sien dans son entier l'état de fait de l'ordonnance, complété par les pièces du dossier, dont il ressort notamment ce qui suit : 1.V.________ est née le [...] 1978 et est originaire de Mongolie. Elle est célibataire et a une fille restée au pays.

  • 3 - 2.Elle a déposé une demande d’asile le 15 février 2009. 3.Par décision du 10 avril 2009, le Secrétariat d’Etat aux Migrations (SEM, anciennement l’Office fédéral des migrations) a ordonné son renvoi de Suisse. Cette décision était assortie d’un délai de départ de l’intéressée au plus tard le jour suivant l’échéance du délai de recours, faute de quoi elle s’exposait à des moyens de contrainte. Cette décision a été confirmée par un arrêt du Tribunal adminstratif fédéral du 19 mai

Le 24 mai 2016, un plan de vol à destination d’Oulan Bator a été notifié à l’intéressée. Le 15 juin 2016, l’intéressée ne s’est pas présentée à l’aéroport. 4.Elle a été entendue le 6 juillet 2016 par le Juge de paix du district de Lausanne. Lors de cette audience, elle a déclaré qu’elle refusait de quitter la Suisse pour la Mongolie. En d r o i t : 1. 1.1Le recours au Tribunal cantonal est ouvert contre la décision du juge de paix ordonnant l’assignation à un lieu de résidence au sens de l’art. 13 LVLEtr (loi d’application dans le canton de Vaud de la législation fédérale sur les étrangers du 18 décembre 2007 ; RSV 142.11) (art. 74 al. 3 LEtr ; art. 30 al. 1 LVLEtr). Il est de la compétence de la Chambre des recours civile (art. 71 et 73 al. 1 LOJV [loi d’organisation judiciaire du 12 décembre 1979 ; RSV 173.01] et art. 18 al. 3 let. c ROTC [règlement organique du Tribunal cantonal du 13 novembre 2007 ; RSV 173.31.1]) et doit être déposé, signé et sommairement motivé, dans un délai de dix jours dès notification de la décision attaquée (art. 30 al. 2 LVLEtr).

  • 4 - 1.2En application de l’art. 31 al. 6 LVLEtr, la LPA-VD (loi vaudoise sur la procédure administrative du 28 octobre 2008 ; RSV 173.36) est applicable à titre supplétif aux décisions rendues en vertu de la LVLEtr, ainsi qu'aux recours contre ces décisions. L’art. 79 LPA-VD prévoit que l’acte de recours doit être signé et indiquer les conclusions et motifs de recours. La décision attaquée est jointe au recours (al. 1). Le recourant ne peut pas prendre des conclusions qui sortent du cadre fixé par la décision attaquée. Il peut en revanche présenter des allégués et moyens de preuve qui n’ont pas été invoqués jusque là (al. 2). 1.3En l’espèce, le recours a été formé en temps utile. La recourante, par l’intermédiaire de son mandataire, a conclu à sa mise en liberté, soit à la levée de la détention. Or, l’ordonnance entreprise ordonnait son assignation à résidence. Elle n’expose en outre en rien ce qu’elle conteste s’agissant de l’ordonnance entreprise, notamment pas pour quelle raison l’assignation à résidence serait éventuellement disproportionnée. La recourante a également conclu à l’octroi d’une indemnité pour mesure de contrainte illicite alors qu’elle n’a pas subi de détention. Par surabondance, l’argumentation de la recourante se bornant à contester le bien fondé des décisions entrées en force et exécutoires la concernant telles que le rejet de sa demande d’asile, son renvoi et son expulsion, n’est en rien relevante et ne peut être admise s’agissant d’un recours contre une décision d’assignation à résidence. Partant, force est de constater que la motivation et les conclusions formées dans le recours n’ont pas de lien avec la décision attaquée, de sorte que les griefs soulevés sont irrecevables.

  • 5 - 2.Il résulte des considérants qui précèdent que le recours doit être rejeté dans la très faible mesure de sa recevabilité. 3.L’arrêt peut être rendu sans frais judiciaires (art. 50 LPA-VD). 4.Le recours, inutile en l’espèce au vu des conclusions et des moyens formulés, n’a pas à être rémunéré. En effet, il est de jurisprudence constante que les opérations superflues n’entraînent aucune rémunération de l’avocat. Partant, aucune indemnité ne sera allouée à Me Borel en sa qualité de conseil d’office de V.. Par ces motifs, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal, p r o n o n c e : I. Le recours est rejeté dans la très faible mesure de sa recevabilité. II. Il n’est pas alloué d’indemnité à Me Christophe Borel en sa qualité de conseil d’office de V.. III. L'arrêt, rendu sans frais, est exécutoire. Le président : La greffière : Du L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est notifié à : -Me Christophe Borel (pour V.________), -Service de la population, Secteur départs et mesures.

  • 6 - Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière de droit public devant le Tribunal fédéral au sens des art. 82 ss LTF (loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 ; RS 173.110). Ce recours doit être déposé devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète (art. 100 al. 1 LTF). Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à : -M. le Juge de paix du district de Lausanne. La greffière :

Mots-clés

immigration detention alternativesresidence assignmentadmissibilityappeal scopelegal aidappointed counselproportionalityremoval enforcement

Extrait par Omnilex

Question juridique clé

Whether the appeal against the residence-assignment order was admissible and sufficiently related to the challenged decision.

Solution extraite

The appeal was only admissible in a very limited extent; the appellant's requests and arguments did not address the residence-assignment order and were therefore inadmissible.

Motifs extraits

Under the cantonal procedural rules, the appeal must target the content of the appealed decision. The appellant instead attacked earlier final decisions on asylum, removal and expulsion, and sought release from detention although no detention existed.

Question juridique clé

Whether the appellant was entitled to compensation for unlawful coercive measures.

Solution extraite

No compensation was awarded because the appellant had not been detained and the appeal work was unnecessary.

Motifs extraits

An indemnity for unlawful coercive measures presupposes an actual deprivation of liberty or comparable compensable measure; that was not the case here. Counsel's work was also considered superfluous.

Question juridique clé

Whether the first-instance residence-assignment order should be overturned.

Solution extraite

The appeal was rejected in the very small extent to which it was receivable, leaving the order in force.

Motifs extraits

Since the submissions were largely inadmissible and no substantiated challenge to proportionality or legality of the residence assignment was made, there was no basis to disturb the lower-court order.

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