Les recours de tiers contre l’expulsion étaient tardifs

CREC jx12-032483-327/2012Tribunal cantonal / Chambre des recours civile18 sept. 2012Droit civilIrrecevable

Extrait par Omnilex

Résumé Omnilex

La Chambre des recours civils du Tribunal cantonal a examiné deux recours de tiers contre une ordonnance d’expulsion et un avis d’exécution forcée rendus par la Justice de paix de Broye-Vully. Les recourants avaient appris l’expulsion par une lettre de la commune, mais n’ont déposé leurs recours que le 13 septembre 2012. Le tribunal a retenu que, pour eux, en tant que tiers au sens de l’Art. 346 CPC, le délai de recours avait commencé à courir dès qu’ils avaient eu connaissance de la décision. Comme ils en avaient eu connaissance avant le 4 septembre 2012, les recours étaient tardifs et donc irrecevables. Les requêtes d’effet suspensif sont devenues sans objet et la cause a été jugée sans frais.

Regeste Omnilex

Art. 321 al. 2 CPC, Art. 346 CPC ; délai de recours des tiers contre une ordonnance d’expulsion rendue en procédure sommaire et un avis d’exécution forcée. Le délai de recours contre les décisions rendues en procédure sommaire est de dix jours. Lorsque le recourant est un tiers qui n’a pas été formellement avisé parce qu’il n’était pas partie à la procédure initiale, le délai commence à courir dès que ce tiers a connaissance des éléments essentiels de la décision lui permettant de former recours. Le fait que la date exacte de réception ne soit pas établie n’empêche pas de constater la tardiveté lorsqu’il est établi que le tiers avait connaissance de la décision avant le dépôt du recours. L’irrecevabilité du recours rend sans objet la requête d’effet suspensif.

Texte intégral

856 TRIBUNAL CANTONAL JX12.032483-121689 327 C H A M B R E D E S R E C O U R S C I V I L E


Arrêt du 18 septembre 2012


Présidence de M. WINZAP, vice-président Juges:M.Pellet et Mme Crittin Dayen Greffier :M. Corpataux


Art. 321 al. 2 CPC Vu l’ordonnance d’expulsion rendue le 13 juin 2012, selon la procédure pour cas clairs, par le Juge de paix du district de la Broye-Vully dans la cause divisant I., p.a. à Yverdon-les-Bains, bailleur et requérant, d’avec J., à Im Fang, locataire et intimé, vu l’avis d’exécution forcée rendu le 15 août 2012 par le Juge de paix du district de la Broye-Vully dans la même cause, vu les recours déposés le 13 septembre 2012 par A.R.________ et B.R.________ contre l’ordonnance d’expulsion et contre l’avis d’exécution forcée précités,

  • 2 - vu la requête d’effet suspensif contenue dans ces recours, vu les autres pièces au dossier ; attendu que les ordonnances rendues selon la procédure pour cas clairs ainsi que les ordonnances d’exécution forcée sont rendues en procédure sommaire (art. 248 let. b et 339 al. 2 CPC [Code de procédure civile suisse du 19 décembre 2008, RS 272]),

que le recours contre les décisions rendues en procédure sommaire doit être formé dans les dix jours à compter de la notification de la décision motivée ou de la notification postérieure de la motivation (art. 321 al. 2 CPC), que, lorsque le recours est déposé par des tiers au sens de l’art. 346 CPC, le délai de dix jours court dès le moment où le tiers a eu connaissance de la décision, qui ne lui est pas notifiée, puisqu’il n’est pas partie à la procédure (Jeandin, in CPC commenté, Bâle 2011, n. 3 ad art. 346 CPC), qu’en l’espèce, les recours ont été déposés par des tiers au sens de l’art. 346 CPC, que, selon les explications qu’ils ont données, les recourants ont été informés par une lettre de la Municipalité de la Commune de Lucens du 21 août 2012 de l’ordonnance d’expulsion concernant l’appartement qu’ils occupent et de la date de l’exécution forcée fixée au 19 septembre 2012, que les recourants ont ainsi eu connaissance des éléments essentiels de la décision qui leur permettait d’agir, soit le prononcé d’expulsion et la date de l’exécution forcée, que, si l’on ignore la date exacte de la réception de la lettre de la municipalité, il est certain que les recourants en ont pris connaissance

  • 3 - avant le 4 septembre 2012, date du dies a quo selon le dépôt de leurs recours, que, déposés les 13 septembre 2012, les recours sont tardifs et, partant, irrecevables ; attendu qu’au vu de ce qui précède, les requêtes d’effet suspensif sont sans objet ; attendu que l’arrêt peut être rendu sans frais. Par ces motifs, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal, statuant à huis clos, p r o n o n c e : I. Les recours sont irrecevables. II. Les requêtes d’effet suspensif sont sans objet. III. L’arrêt est rendu sans frais. IV. L’arrêt est exécutoire. Le président : Le greffier :

  • 4 - Du L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est notifié à : -Me César Montalto (pour A.R.________ et B.R.) -M. Christophe Savoy (pour I.) Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF). Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à : -M. le Juge de paix du district de la Broye-Vully Le greffier :

Mots-clés

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No. The appellants, as third parties under Art. 346 CPC, learned of the decisive elements by a municipal letter before 4 September 2012, so the 10-day appeal period had already run when they filed on 13 September 2012.

For summary-procedure decisions, the appeal period is ten days. For third parties not formally notified, the period starts when they become aware of the decision. The appellants had sufficient knowledge of the eviction and execution date to act, making the appeals late.

No. Because the appeals were inadmissible, the requests for suspensive effect were moot.

Once the appeals are time-barred and therefore inadmissible, there is no pending appeal on which suspensive effect can operate.

No costs were awarded; the decision was issued without fees.

Given the procedural posture and outcome, the court ordered the judgment to be rendered without costs.

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