808 TRIBUNAL CANTONAL 581/I C H A M B R E D E S R E C O U R S
Arrêt du 8 novembre 2010
Présidence de M. C O L O M B I N I , président Juges:MM. Creux et Krieger Greffière :Mme Cardinaux
Art. 257d CO; 23, 24 LPEBL; 457 CPC La Chambre des recours du Tribunal cantonal prend séance pour s’occuper du recours interjeté par G., locataire, à Lausanne, contre l’ordonnance d’expulsion rendue le 19 août 2010 par le Juge de paix du district de l'Ouest lausannois dans la cause divisant le recourant d’avec V., bailleresse, à Lausanne. Délibérant à huis clos, la cour voit :
2 - E n f a i t : A.Par ordonnance du 19 août 2010 et notifiée le 31 août 2010 au recourant, le Juge de paix du district de l'Ouest lausannois a ordonné à G.________ de quitter et rendre libres pour le mercredi 15 septembre 2010, à midi, les locaux occupés dans l’immeuble sis au chemin des Pépinières 7 (appartement n° 015 de 2 pièces au 3 ème étage et cave), à Renens (I); dit qu’à défaut de quitter volontairement ces locaux, G.________ y sera contraint par la force, selon les règles prévues aux art. 508 et ss CPC (II); fixé les frais de justice à 300 fr. pour la requérante V.________ (III); dit que G.________ versera à la requérante la somme de 600 fr. à titre de dépens, comprenant 300 fr. en remboursement de ses frais de justice et 300 fr. à titre de participation aux honoraires, débours et frais de vacation de son mandataire (IV); dit que l'ordonnance est immédiatement exécutoire, nonobstant recours (V). Les faits suivants ressortent de cette ordonnance complétée par les pièces du dossier (art. 457 al. 1 CPC [Code de procédure civile vaudoise du 14 décembre 1966; RSV 270.11]) : Par contrat de bail à loyer du 21 janvier 2008, la V.________ a donné en location à G.________ des locaux dans l'immeuble sis au chemin des Pépinières 7, à Renens. Le loyer mensuel s'élevait à 1'000 fr. (comprenant 80 fr. d'acompte de chauffage et d'eau chaude, plus frais accessoires). Par lettre recommandée du 1 er avril 2010, la bailleresse a mis en demeure le locataire de s'acquitter, dans un délai de trente jours dès réception, des arriérés de loyer de 4'027 fr. 40 pour la période de janvier à avril 2010, comprenant un solde de 400 fr. pour janvier 2010, 3'000 fr. d'arriérés de loyer du 1 er février au 30 avril 2010 (à raison de 1'000 fr. par
3 - mois), 228 fr. 30 de supplément de chauffage ouvert et 399 fr. 10 d'intérêts de retard et participation aux frais d'intervention, sous peine de résiliation du bail, au sens de l'art. 257d CO (Code des obligations du 30 mars 1911; RS 220). Par avis du 17 mai 2010, la bailleresse a résilié le bail de G.________ pour le 30 juin 2010 faute de paiement dans le délai comminatoire. Par requête du 7 juillet 2010, la bailleresse a requis du juge de paix l'expulsion du locataire des locaux sis au chemin des Pépinières 7, à Renens. Le juge de paix a considéré que la résiliation du bail était justifiée pour le motif que le locataire ne s'était pas acquitté des arriérés de loyer dans le délai de trente jours qui lui avait été imparti. B.Par acte daté du 3 septembre 2010, déposé le 7 septembre 2010 par porteur au greffe du juge de paix, G.________ a recouru contre cette ordonnance, concluant implicitement à sa réforme, en ce sens qu’il n’est pas expulsé. L’intimée n'a pas procédé en deuxième instance. E n d r o i t :
4 - recours au Tribunal cantonal pour déni de justice, celui-ci pouvant aboutir soit à la réforme soit à l'annulation de la décision attaquée (JT 2004 III 43 c. 1a). Toutefois, l'art. 23 LPEBL, qui confère un pouvoir d'examen limité à la Chambre des recours, ne saurait s'appliquer lorsque la validité du congé a été contestée en vertu de l'art. 274g al. 1 let. a CO. En pareil cas, la Chambre des recours, pour répondre aux exigences du droit fédéral, doit disposer d'un libre pouvoir d'examen du droit fédéral (JT 2008 III 12; JT 2004 III 79; Guignard in Ducret et alii, Procédures spéciales vaudoises, n. 4 ad art. 23 LPEBL, p. 212). En l'espèce, le recourant n’a pas contesté le congé devant la commission de conciliation. La Chambre des recours dispose donc d’un pouvoir d’examen en droit limité à l’arbitraire (Guignard, op. cit., n. 3 ad art. 23 LPEBL, p. 210; Poudret/Haldy/Tappy, Procédure civile vaudoise, 3 ème éd., 2002, n. 4 i.f. et 5 ad art. 356 CPC, pp. 537-538 et les réf. citées). b)D'un point de vue factuel, la cour de céans dispose d'un pouvoir d'examen défini par l'art. 457 CPC (applicable en vertu du renvoi de l'art. 29 LPEBL) de telle sorte qu'elle doit admettre comme constants les faits constatés par le jugement, sauf contradiction avec les pièces du dossier et sous réserve du complètement sur la base de celui-ci (art. 457 al. 1 CPC; JT 1993 III 88 c. 3). En l'espèce, l'état de fait de l'ordonnance, qui a été complété, est conforme aux pièces du dossier. c)Le recours, interjeté en temps utile, par une partie qui y a intérêt, comporte une conclusion implicite en réforme. Contrairement à ce que prescrit l’art. 24 LPEBL, l’acte de recours n’est pas motivé. Toutefois, on comprend, de l’annexe qui y est jointe (lettre du 3 septembre 2010 à la gérance Bernard Nicod SA), que le recourant conteste son expulsion, estimant être à jour avec les loyers arriérés depuis le 30 juillet 2010. Le recours est ainsi formellement recevable
5 - 2.L’art. 257d CO prévoit que, lorsque, après la réception de la chose, le locataire a du retard pour s’acquitter d’un terme, le bailleur peut lui fixer par écrit un délai de paiement et lui signifier qu’à défaut de paiement dans ce délai, il résiliera le bail. Ce délai est de 30 jours au moins pour les baux d’habitations (al. 1). Faute de paiement dans le délai fixé, le bailleur peut résilier les baux d’habitations, moyennant un délai de congé minimum de 30 jours pour la fin d’un mois (al. 2). Comme l’admet le recourant lui-même dans la lettre à la gérance Bernard Nicod SA précitée, il est « à jour » depuis le 30 juillet
En l'espèce, à supposer que l’on considère le montant total réclamé par la bailleresse dans son avis comminatoire comme disproportionné, le recourant n'a pas contesté le congé litigieux auprès de la commission de conciliation dans le délai de l'art. 273 al. 1 CO. Il ne se prévaut pas non plus d’une irrégularité à ce sujet dans le présent recours. Le montant réclamé n’ayant pas été acquitté en totalité dans le délai fixé, force est de constater que la résiliation du bail ne souffre d’aucune irrégularité. C’est dès lors sans arbitraire que le premier juge a ordonné l’expulsion du recourant et sa décision doit être confirmée.
7 - 3.En conclusion, le recours doit être rejeté et l'ordonnance confirmée. Les frais de deuxième instance du recourant sont arrêtés à 300 francs. Par ces motifs, la Chambre des recours du Tribunal cantonal, statuant à huis clos, p r o n o n c e : I. Le recours est rejeté. II. L'ordonnance est confirmée. III. Les frais de deuxième instance du recourant G.________ sont arrêtés à 300 fr. (trois cents francs). IV. L'arrêt motivé est exécutoire. Le président : La greffière :
8 - Du 8 novembre 2010 Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué par écrit aux intéressés. La greffière : Du L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est notifié à : -M. G., -M. Daniel Schwab (pour V.). La Chambre des recours considère que la valeur litigieuse est de 3'628 francs 30. Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).
9 - Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à : -M. le Juge de paix du district de l'Ouest lausannois. La greffière :