Présidence de M. C O L O M B I N I , président
Juges:MM Creux et Denys
Greffier :MmeGabaz
Art. 394 et 397 CP; 457 CPC
La Chambre des recours du Tribunal cantonal prend séance
pour s’occuper du recours interjeté par L., à St-Cergue, défendeur,
contre le jugement rendu le 30 mars 2009 par le Juge de paix du district
de Lausanne dans la cause divisant le recourant d’avec G., à
Lausanne, demandeur.
Délibérant en audience publique, la cour voit :
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2 -
E n f a i t :
A.Par jugement du 30 mars 2009, notifié le 3 avril 2009, et dont
les considérants écrits ont été adressés aux parties le 17 août 2009 pour
notification, le Juge de paix du district de Lausanne a dit que L.________
doit à G.________ la somme de 2'228 fr., plus intérêts à 5% l'an dès le 13
mai 2006 (I), arrêté les frais de justice du demandeur à 560 fr. et ceux du
défendeur à 670 fr. (II), dit que le défendeur versera au demandeur la
somme de 1'160 fr. à titre de dépens (III) et rejeté toutes autres ou plus
amples conclusions (IV).
La Chambre des recours fait sien dans son entier, sous réserve
des points développés au considérant 2 ci-dessous, l'état de fait du
jugement, dont il ressort ce qui suit:
"1. La partie défenderesse L.________ a été administrateur avec
signature individuelle, du 14 avril 2004 au 28 avril 2005, de la société
C.________ SA, dont le siège se trouvait à Vevey depuis le 11 octobre 2004,
et dont le but était l’achat, la vente et la location de tout commerce.
Selon contrat de bail à loyer pour locaux commerciaux daté du
16 septembre 2004, C.________ SA et le défendeur ont été dès le 15
octobre 2004 locataires conjointement et solidairement responsables d’un
magasin d’environ 313 mètres carrés à Vevey, dont les locaux ont été
utilisés à l’enseigne de la société précitée, pour un loyer mensuel de fr.
7’500.--, charges comprises.
Le bail était prévu pour durer du 15 octobre 2004 au 31
décembre 2004 et faisait l’objet d’une clause de reconduction qui paraît
avoir été annulée unilatéralement par les locataires.
Le 18 octobre 2004, une demande de garantie de loyer pour
l’objet du bail précité a été adressée à Swisscaution. Le formulaire de
demande portait la signature d’H., directeur de C. SA, pour
le compte de dite société, mais mentionnait trois locataires, à savoir
C.________ SA, L.________ et H..
Par courrier du 9 décembre 2004, D. SA, agence
immobilière représentante de la propriétaire R., partie bailleresse,
a informé C. SA qu’elle n’avait pas reçu le certificat concernant le
dépôt de garantie de loyer pour le magasin de Vevey et qu’un délai lui
était accordé au 15 décembre 2004 pour y remédier.
Après la restitution des locaux au 31 décembre 2004, la
bailleresse R.________ a intenté deux poursuites ordinaires contre
-
3 -
C.________ SA, réclamant le montant de la garantie-loyer par fr. 25’000.--
pour la première et les loyers de novembre 2004 à janvier 2005 par fr.
22'500.-- pour la seconde. Deux commandements de payer avaient
également été adressés à L.________ personnellement, mais ces derniers
ont été annulés par l’Office des poursuites suite à un courrier des
C., représentant la bailleresse, du 14 février 2005.
Au stade de la commination de failliteN.,
administrateur avec signature individuelle d'Y.________ SA, à Lausanne, et
associé-gérant avec signature individuelle de D.________ Sàrl, à Lausanne,
société se trouvant être l’organe de révision de C.________ SA, a consulté le
demandeur G., agent d’affaires breveté, pour le compte de
C. SA et de son administrateur L.________.
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4 -
C.________ SA a versé une provision de fr. 1800.— en date du
29 mars 2005.
Le même jour s’est déroulée l’audience de mesures
provisionnelles devant le Tribunal des baux. Ni le défendeur ni le directeur
de C.________ SA, H., ne se sont présentés à dite audience. Le
demandeur a alors dû requérir leur dispense de comparution personnelle
(L. en son nom propre ainsi que pour le compte de C.________ SA)
sur le siège. Seul était présent N., qui a finalement été entendu en
qualité de témoin.
Lors de l’audience, R. a produit un exemplaire du
contrat de bail passé entre sa représentante D.________ SA, gérance
immobilière, d’une part, et C.________ SA et son administrateur L.,
d’autre part, différent de celui qu’avait remis N. au demandeur.
La partie bailleresse a alors immédiatement dénoncé le cas sur
le plan pénal pour faux dans les titres et tentative d’escroquerie au
procès. Sa plainte a été transmise le 4 avril 2005 au Juge d’instruction
cantonal par l’intermédiaire de la Présidente du Tribunal des baux.
Le 1
er
avril 2005, le demandeur a fait parvenir un courrier à
N., en sa qualité d’administrateur d’Y. SA, par lequel il
requiert notamment le paiement du solde de la provision demandée, par
fr. 1'000.- ainsi qu’un complément de fr. 500.-- en vue de la procédure
devant le Tribunal d’arrondissement. Par cette correspondance, il l’informe
également du contenu de l’audience du 29 mars 2005 devant le Tribunal
des baux.
Le 5 avril 2005, le demandeur a obtenu une convocation
devant le Tribunal d’arrondissement de l’Est vaudois pour le 26 mai 2005,
afin de statuer sur sa demande en restitution de délai.
Par ordonnance de mesures provisionnelles du 6 avril 2005, la
Présidente du Tribunal des baux a rejeté les conclusions prises par les
requérants C.________ SA et L.________ à l’encontre de R., selon
requête du 16 mars 2005.
Par lettre signature du 21 avril 2005, le préposé de l’Office des
poursuites de Vevey a notamment informé le Président du Tribunal
d’arrondissement de l’Est vaudois que la commination de faillite n°
452530 avait été adressée à tort, et qu’il y avait donc lieu de l’annuler.
Le 27 avril 2005, Me [...], avocat à Lausanne, a informé le
demandeur qu’il avait été consulté par C. SA, qui lui demandait de
reprendre la défense de ses intérêts dans le litige l’opposant à R.________
Par courrier du 17 mai 2005 adressé à N., Y.
SA, le demandeur a alors requis le paiement, dans les dix jours, du solde
du décompte de ses honoraires et débours.
Sa liste d’opérations exposée est la suivante:
-
5 -
"- l’opposition tardive auprès de l’office dans les deux poursuites,
-
deux procédures d’opposition tardive auprès du Tribunal
d’arrondissement de l’Est vaudois,
-
requête de mesures provisionnelles dans les deux poursuites auprès du
Tribunal des baux,
-
bordereau et constitution du dossier,
-
obtenu l’effet suspensif par le Tribunal d’arrondissement,
-
obtenu une détermination de l’office des poursuites, notamment de
radiation d’une commination de faillite,
-
vacations,
-
audience devant le Tribunal des baux,
-
examen de sa décision,
-
requête de motivation,
-
reconstitution du dossier,
-
résiliation du mandat auprès des différentes instances,
-
transmission de l’entier du dossier à Me [...].”
Sa note d’honoraires y relative se présente ainsi:
“ Honoraires réduits sous réserve de modération et de
paiement dans les 10 jours dès la présente correspondance à fr.
2’800.00
Débours fr.
200.00
TVA 7,6% fr.
228.00
Coupon au Tribunal des baux fr.
800.00
Total fr.
4’028.00
dont à déduire provision reçue de votre part le 30.3.05 fr.
1’800.00
Redû en faveur de l’étudefr.
2'228.00”
Le demandeur a été informé par lettre signature du 30 août
2005 du préposé de l’Office des faillites de Vevey que le Président du
Tribunal d’arrondissement de l’Est vaudois avait prononcé la faillite de la
société C.________ SA en date du 18 août 2005.
Le 6 septembre 2005, le demandeur a fait valoir la production
de sa créance dans la faillite, détaillée comme suit:
Honoraires et débiteur au 17 mai 2005fr.
2'228.--
Intérêt 5%fr. 23.20
Frais des opérations subséquentes soit:
contacts, correspondance avec:
-
le conseil adverse
-
le conseil de C.________ SA, Me [...]
-
rappels et sommation
-
préparation d’une réquisition de poursuite fr. 200.--
-
6 -
TVA 7,6%fr. 15.20fr. 215.20
Total produitfr.
2’466.40
Le demandeur a obtenu cession des droits de la masse en
faillite, relatifs à l’action en responsabilité contre l’administrateur et le
réviseur dans une SA conformément aux articles 752 et suivants du Code
des obligations (CO), par décision de l’office des faillites du 12 avril 2006.
Le délai pour procéder contre les tiers a été fixé au 31 décembre 2006.
Aucun paiement n’étant intervenu, le demandeur a mis en
demeure L., par courrier du 1
er
mai 2006, de lui verser le montant
de fr. 3’542.40 dans un délai de dix jours au plus tard. Des honoraires
complémentaires à hauteur de fr. 900.--, ainsi que des débours par fr.
100.--, auxquels il faut ajouter une TVA de 7, 6%, soit un montant de fr.
76.--, ont été ajoutés à la somme produite dans la faillite de C. SA,
découlant de nouvelles opérations pour la reconstitution du dossier, sa
transmission à l’avocat de la société, l’engagement d’une procédure de
recouvrement contre C.________ SA pour le solde redû, la reconstitution du
dossier pour le juge pénal puis son audition par ce dernier.
Par courrier recommandé du 12 janvier 2007, l’Office des
faillites de Vevey a prolongé le délai pour ouvrir action en justice en faveur
du cessionnaire des droits de la masse au 30 juin 2007.
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7 -
a) N., administrateur d’Y. SA et associé-gérant
de D.________ Sàrl, qui était l’organe de révision de C.________ SA, a déclaré
qu’il s’occupait de la partie administrative dans la société C.________ SA.
Les associés de dite société lui ont fait part d’un problème de loyer. Il a
dès lors contacté l’agent d’affaires [...], qui l’a renvoyé vers son confrère
G.. Il s’est rendu une seule fois auprès de M. G. en
compagnie de P., associé de C. SA. A sa connaissance,
L.________ avait alors déjà démissionné de dite société.
M. N.________ a confirmé que M. G.________ avait établi deux
procurations, l’une au nom de la société, et l’autre au nom de
l’administrateur inscrit au Registre du commerce, soit L.. Il a
déclaré qu’il faisait alors entière confiance à l’agent d’affaires consulté et
qu’il ne s’était jamais posé la question de savoir pourquoi deux
procurations avaient été établies. Il reconnaît avoir demandé au défendeur
de signer l’une des procurations, mais uniquement dans le but selon lui
d’être représenté devant le Tribunal des baux.
Le témoin a indiqué qu’il avait connaissance du contrat de bail
litigieux ainsi que du contenu de la procédure ouverte devant le Tribunal
des baux. Il était persuadé que dite procédure avait été engagée
uniquement au nom de C. SA, et non pour le compte de L.________
personnellement. Celui-ci était pour lui convoqué à l’audience uniquement
en tant qu’administrateur de la société, et non en son nom propre.
M. N.________ a par ailleurs reconnu qu’au départ, R.________
avait pour intention d’avoir deux locataires solidaires et de faire signer en
conséquence le bail à la société C.________ SA et à L.________
personnellement. Toutefois, il a assuré que M. L.________ avait toujours
refusé de signer le contrat en son nom propre. Il a ajouté que c’est M.
P.________ qui a fourni les exemplaires litigieux du contrat de bail à M.
G..
N. a enfin déclaré qu’à sa connaissance, l’instruction
pénale pour faux dans les titres et tentative d’escroquerie au procès
ouverte suite à l’audience du 29 mars 2005 devant le Tribunal des baux
était toujours en cours. Lui- même n’a pas été accusé mais a reconnu
avoir été condamné à des jours-amende dans une autre procédure pour
avoir établi un faux bilan pour C.________ SA, en sa qualité de réviseur.
b) P.________ a déclaré qu’il n’avait aucune fonction au sein de
C.________ SA, mais que c’est lui qui avait aidé H., directeur de la
société, à trouver des locaux dans la région de la Riviera. Il connaissait
bien H.. Ce dernier étant domicilié en France, alors que lui vivait à
Montreux, il s’était proposé de l’aider dans la recherche de locaux.
M. P.________ a exposé qu’il s’était rendu auprès de l’agent
d’affaires breveté G.________ en compagnie de M. N.________ et sur
invitation de ce dernier, qui lui avait parlé d’un problème de bail. Lors de
cette entrevue, seul M. N.________ a pris la parole et ils n’ont à aucun
moment évoqué M. L.________. Lui-même n’a pas participé à la discussion
-
8 -
car il n’était pas au courant des détails du litige. Il n'a pas souvenir des
procurations qui auraient été remises par M. G.________ à M. N..
Par contre, il se rappelle que c’est N. qui était en possession des
contrats de bail, qu’il avait sur lui, et qu’il a modifié ces derniers sur le
bureau de M. G.________ en biffant les éléments relatifs à la durée du
contrat notamment.
S’agissant de l’instruction pénale, M. P.________ a indiqué que
deux procédures étaient en cours et que celles-ci avaient été jointes
auprès du Juge d’instruction de l’arrondissement de l’Est vaudois.
H., N. et lui-même y sont accusés de banqueroute
frauduleuse.
Le témoin a enfin expliqué que c’est lui qui a mis en contact
H.________ et N., lesquels sont à la base de la création de la société
C. SA. En ce qui concerne le contrat de bail, il a entrepris les
premiers pourparlers contractuels avec la gérance D.________ SA, mais le
contrat a été finalisé par H.________. Il n’était dès lors lui-même pas au
courant des conditions définitives du bail.
Obtenant gain de cause, la partie demanderesse s’est vue
allouer des dépens en remboursement de ses frais de justice et en
participation aux honoraires de son mandataire.
La partie défenderesse a requis la motivation de ce jugement
par courrier du 6 avril 2009, soit en temps utile."
En droit, le premier juge a considéré que le défendeur avait
mandaté le demandeur qui agissait en vertu de deux mandats distincts,
mais néanmoins solidaires, celui de la société C.________ SA et celui du
défendeur. C'était donc à bon droit que le demandeur avait agi contre le
défendeur en paiement de ses honoraires, dès lors que la faillite de la
société C.________ SA avait été prononcée. Le premier juge a ainsi admis
que le demandeur avait une créance d'honoraires à l'encontre du
défendeur d'un montant de 2'228 francs.
B.Par acte du 28 août 2009, L.________ a recouru contre ce
jugement concluant, avec dépens, à sa réforme en ce sens que la requête
déposée par G.________ est rejetée.
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La requête de mesures provisionnelles adressée le 16 mars 2005 par
G.________ au Tribunal des baux, fondée sur l'art. 85a LP (loi fédérale du 11
avril 1889 sur la poursuite pour dettes et la faillite; RS 281.1), ne portait
que sur des poursuites introduites par R.________ à l'encontre de C.________
SA (cf. pce 7 du demandeur et jgt, p. 3).
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10 -
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Le bordereau de pièces produit à l'appui de la requête de mesures
provisionnelles précitée comportait en pièce un, trois exemplaires du bail
à loyer de l'objet en cause, non signés par L.________ à titre personnel (cf.
pce 7 précitée).
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Les deux comminations de faillite dont il est fait mention dans la requête
en restitution du délai d'opposition adressée le 15 mars 2005 au Tribunal
d'arrondissement de l'Est vaudois n'étaient dirigées que contre la société
C.________ SA (cf. pces 24 et 25 du demandeur et jgt, p. 3).
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Dans un courrier à la bailleresse du 15 mars 2005, G.________ relève ce
qui suit: "(...) Vous semblez avoir poursuivi L.________ personnellement, qui
n'est pas le signataire à titre privé du bail, avant de retirer, à juste titre,
les poursuites dirigées contre lui (...)" (cf. pce 22 du demandeur).
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G.________ a requis une provision sur honoraires uniquement en mains de
N., agissant en qualité de représentant de la société C. SA
(cf. pces 11 et 29 du demandeur).
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G.________ a adressé sa note d'honoraires finale le 17 mai 2005
directement à Y.________ SA, à l'attention de N.________ (cf. pce 34 du
demandeur et 105 du défendeur).
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Par courrier du 6 septembre 2005, adressé à l'Office des faillites de
l'arrondissement de Vevey, G.________ a produit sa créance d'honoraires
dans la faillite de la société C.________ SA (cf. pce 34 du demandeur).
-
L.________ a démissionné de ses fonctions d'administrateur de la société
C.________ SA lors d'une assemblée générale qui s'est tenue le 1
er
mars
2005 (cf. pce 104 du défendeur).
Il n'y a pas lieu de procéder à d'autres compléments, l'état de
fait ainsi complété permettant à la cour de céans de statuer en réforme.
-
11 -
b) Les conclusions du recours ne sont ni nouvelles ni plus
amples que celles prises en première instance, de sorte qu'elles sont
recevables.
3.Il convient liminairement de s’interroger sur le point de savoir
en quelle qualité l'intimé a agi dans la présente procédure. En effet,
comme il ressort de l’aIlégué 20 de la requête adressée le 29 juin 2007 au
juge de paix, ainsi que des pièces 38 et 44 produites en annexe à dite
requête, la masse en faillite de la société C.________ SA, qui a admis la
créance de G.________ en 3
ème
classe à concurrence de 2'466 fr. 40, a cédé
au prénommé ses droits relatifs à l’action en responsabilité contre
l’administrateur et le réviseur conformément aux art. 752 ss CO (Code des
obligations du 30 novembre 1911; RS 220), avec fixation d’un délai pour
procéder contre les tiers au 31 décembre 2006, délai qui a été prolongé au
30 juin 2007. L'intimé paraît avoir ainsi agi tant à titre personnel (cf. la
lettre d’envoi accompagnant la requête du 29 juin 2007) qu’en qualité de
cessionnaire des droits de la masse (cf. aIl. 19 de la requête). Toutefois,
toute la procédure menée devant le juge de paix démontre que l'intimé
n’a agi nullement en qualité de cessionnaire des droits de la masse, mais
uniquement à titre personnel. Cela ressort expressément du libellé de la
requête, qui mentionne le nom de l'intimé sans autre précision.
Dès lors, quand bien même la requête du 29 juin 2007 a été
déposée dans le délai prolongé par la masse en faillite de C.________ SA
pour faire valoir les droits de celle-ci en qualité de cessionnaire, il apparaît
en réalité que l'intimé n’a pas usé de ce droit, mais a ouvert action en son
propre nom et pour son propre compte.
-
13 -
représentant et représenté, lesquels dépendent d’un rapport de droit —
légal ou contractuel — soubassement du pouvoir, mais distinct de lui
(Werro, Commentaire romand, n.10 ad art. 397 CO, p. 2041; Engel, Traité
des obligations, p. 382).
b) En l’espèce, il résulte du jugement que l’affaire confiée à
l'intimé l’a été par l’intermédiaire du dénommé N., administrateur
de la société qui fonctionnait comme organe de révision de la société
C. SA (cf. également pce 1 du demandeur et 105 du défendeur).
En charge de la partie administrative de cette dernière, c’est lui qui a
contacté l'intimé, par l’entremise d’un autre agent d'affaires breveté, au
sujet d’un problème de loyer et qui l’a rencontré en compagnie d’un
"associé" de la société. A cette occasion, l'intimé lui a remis deux
procurations, l’une établie au nom de la société, l’autre au nom du
recourant, administrateur inscrit au registre du commerce, sans que
N.________ ne se pose la question de savoir pourquoi deux procurations
avaient été établies. Il a ensuite remis cette procuration au recourant,
lequel l’a signée, mais apparemment pour être représenté devant le
tribunal des baux en tant qu’administrateur de la société (cf. jgt, pp. 3 et
8). A cela s’ajoute qu’apparemment, le recourant n’a jamais rencontré
l'intimé et qu’il n’était pas présent lors de l’audience de mesures
provisionnelles tenue par le président du tribunal des baux le 29 mai 2005
(cf. jgt, p. 4 et pce 18 du demandeur).
En outre, la requête de mesures provisionnelles déposée par
l'intimé devant le tribunal des baux et fondée sur l’art. 85a LP (cf. pce 7 du
demandeur) ne portait que sur les poursuites introduites par la bailleresse
contre la société C.________ SA. Il en allait de même de la requête de
restitution du délai d’opposition aux comminations de faillite déposée
auprès du Tribunal d'arrondissement de l’Est vaudois (cf. jgt, p. 3 et pces
24 et 25 du demandeur). Par ailleurs, comme il ressort expressément du
bordereau de pièces accompagnant la requête de mesures provisionnelles
précitées, les trois exemplaires du bail à loyer produits à son appui par
l'intimé n’étaient pas contresignés par le recourant à titre personnel. En
outre, dans sa lettre à la bailleresse du 15 mars 2005 précédant le dépôt
-
14 -
de ses procédés judiciaires (cf. pce 22 du demandeur), l'intimé a
également relevé que c’était à juste titre que les poursuites introduites
contre l'intimé personnellement avaient été retirées (en réalité annulées,
cf. jgt p. 3 et pce 103 du défendeur). De plus, la provision sur honoraires
n’a été requise que de N., agissant comme représentant de la
société (cf. pces 11 et 29 du demandeur) et la note d’honoraires finale n'a
été adressée qu'à lui également (cf. pce 105 du défendeur),
respectivement à la société C. SA dans la faillite de laquelle
l'intimé a du reste produit sa créance (cf. pces 33 et 34 du demandeur).
Enfin, on doit encore relever que le recourant a démissionné de ses
fonctions d’administrateur de la société C.________ SA lors d’une
assemblée générale extraordinaire tenue le 1
er
mars 2005 (cf. pce 104 du
défendeur).
Sur la base de ce qui précède, il paraît singulier que l'intimé ait
cru bon d’agir, dans les deux procédures qu’il a initiées, tant au nom de la
société qu’en celui de l’administrateur (le recourant était encore inscrit au
registre du commerce à l’époque), à titre personnel, et qu’il ait fait signer
deux procurations, l’une au directeur de la société au nom de cette
dernière, l’autre à l’administrateur, à savoir le recourant, en son nom
personnel. En effet, même si le nom du recourant apparaissait – précédé
de sa fonction d’administrateur – dans le bail à loyer pour locaux
commerciaux conclu avec R., sa signature soit ne figurait pas au
bas de ce document (cf. pce 5 du demandeur et pce 6/3 du dossier pénal
produit par le juge d'instruction le 29 avril 2008), soit figurait au bas de ce
document en qualité d’administrateur de la société locataire, laquelle était
la seule signataire (cf. pces 14 du demandeur et 101 du défendeur, ainsi
que pces 6/1 et 6/2 du dossier pénal précité). En outre, même si la formule
de demande de garantie de loyer du 18 octobre 2004 adressée à
Swisscaution était établie au nom de la société, de son directeur
H. et du recourant (cf. jgt, p. 2 et pce 15 du demandeur), celle-ci
était signée du seul directeur représentant la société locataire. A cela
s’ajoute que l'intimé, comme on l’a vu ci-dessus, savait, au moment
d’initier les procédures devant le tribunal d'arrondissement et le tribunal
des baux, que les poursuites engagées contre le recourant par la
-
15 -
bailleresse avaient été retirées, respectivement annulées par cette
dernière (cf. pces 22 du demandeur et 103 du défendeur). Autrement dit,
les requêtes en restitution de délai et en annulation des poursuites ne
pouvaient, à ce moment-là, plus concerner que les procédés engagés par
la bailleresse à l’encontre de la société.
Par ailleurs, contrairement à ce que retient le jugement (cf. p.
12), la signature d’une procuration par le recourant ne pouvait avoir pour
signification la ratification des "démarches entreprises jusqu’alors par
N.________ auprès du demandeur". D’une part, on sait que le mandat
confié à ce dernier a formellement débuté le 14 mars 2005 (cf. prononcé
de modération de la présidente du tribunal des baux du 18 novembre
2003, p. 3), tandis que ladite procuration a été signée par le recourant le
15 mars 2005 (cf. pce 4 du demandeur), soit le lendemain. D’autre part,
même s’il importait de ratifier le pouvoir de représentation de N.________
dans ses démarches antérieures auprès de l'intimé (cf. pce 6 du
demandeur), la signature de la procuration au nom de la société locataire
était en soi suffisante pour satisfaire à cette exigence.
Il découle de ce qui précède que le recourant n’était pas
concerné à titre personnel par le litige opposant la société C.________ SA à
la bailleresse R.________. Contrairement à ce que retient le premier juge
(cf. jgt, p. 12), la procuration qu’il a signée en faveur de l'intimé,
apparemment à l’instance de ce dernier et par tiers interposé, ne saurait à
elle seule valoir mandat. Elle pouvait tout au plus avoir pour but de
légitimer les pouvoirs de l’intimé dans ses relations avec les tiers. Il
apparaît au contraire qu’un tel contrat n’a jamais été conclu entre les
parties, le recourant n’ayant en particulier jamais donné d’instructions à
l'intimé et ce dernier ne lui ayant jamais promis ses services en vue
d’atteindre un résultat qui puisse être dans son intérêt personnel.
Au demeurant, comme le relève pertinemment le recourant, la
procuration litigieuse ne comporte nullement la mention d’un engagement
solidaire de sa part vis-à-vis de l'intimé. Or, la solidarité entre les
mandants telle que l’institue l’art. 403 al. 1 CO ne peut résulter que d’un
-
16 -
mandat donné conjointement au mandataire par plusieurs personnes. De
ce point de vue-là non plus, le recourant ne saurait devoir prendre en
charge à titre de débiteur solidaire les honoraires de l'intimé.