Requête en interprétation rejetée faute de contradiction

CREC hn14-031042-352/2014Tribunal cantonal / Chambre des recours civile3 oct. 2014Droit civilRejeté

Extrait par Omnilex

Résumé Omnilex

A.F.________ a demandé à la chambre cantonale des recours civils d’interpréter ou de rectifier son précédent arrêt qui lui refusait un certificat d’héritier dans la succession de D.F.________. Le tribunal a considéré que le précédent arrêt ne comportait aucune contradiction: le requérant avait retiré sa contestation de la clause testamentaire et demeurait donc un simple usufruitier, et non un héritier. Il n’avait dès lors pas droit à un certificat d’héritier. La requête en interprétation a été rejetée et aucun frais judiciaires n’a été perçu.

Regeste Omnilex

Art. 334 CPC; l’interprétation d’un jugement n’est admissible que lorsque le dispositif et les considérants contiennent une véritable ambiguïté ou contradiction. Une requête ne peut servir à rouvrir le fond de la cause ni à obtenir un nouvel examen matériel de la décision antérieure. Lorsque les considérants, lus dans leur ensemble, permettent de comprendre le dispositif de manière cohérente, l’interprétation doit être refusée (consid. 5-6). L’absence de qualité d’héritier exclut le droit à un certificat d’héritier; un simple usufruitier ne peut être considéré comme tel. En vertu de l’Art. 107 al. 2 CPC, les frais judiciaires peuvent exceptionnellement être remis au vu des circonstances et de la rédaction de la décision antérieure (consid. 7).

Texte intégral

854 TRIBUNAL CANTONAL HN14.031042-141399 352 C H A M B R E D E S R E C O U R S C I V I L E


Arrêt du 3 octobre 2014


Présidence de M. W I N Z A P , président Juges:MM. Giroud et Pellet Greffier :M. Zbinden


Art. 334 CPC Statuant à huis clos sur la requête d’interprétation déposée par A.F.________ contre l’arrêt rendu le 31 juillet 2014 par la Chambre des recours civile dans le cadre de la succession de feue D.F.________, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal voit :

  • 2 - E n f a i t e t e n d r o i t : 1.Par décision du 17 juillet 2014, la Juge de paix du district de Nyon a refusé de délivrer un certificat d’héritier au de A.F.. 2.Le 24 juillet 2014, A.F. a formé recours contre la décision susmentionnée, concluant à ce que celle-ci soit annulée et à ce qu’ordre soit donné à la Justice de paix du district de Nyon de lui délivrer un certificat d’héritier en y mentionnant tous les autres héritiers légaux réservataires, subsidiairement au renvoi au premier juge pour nouvelle décision. 3.Par arrêt du 31 juillet 2014, la Chambre des recours civile a rejeté le recours formé par A.F.________ contre la décision précitée. En droit, la Chambre des recours civile a considéré que le recourant, au bénéfice d’un legs d’usufruit, n’avait pas la qualité d’héritier et ne pouvait dès lors pas prétendre recevoir un tel certificat. 4.Par lettre du 1 er octobre 2014, A.F.________ a requis la Chambre des recours civile de « préciser, respectivement rectifier l’arrêt rendu le 31 juillet 2014 ». 5.Le requérant prétend d’abord que les considérants de l’arrêt entrepris ne permettent pas de saisir pourquoi la qualité d’usufruitier lui a été reconnue, puisque l’attribution de l’usufruit était soumise à la condition que les époux vivent ensemble au moment du décès et que cette condition ne s’est manifestement pas réalisée. Il est vrai que le considérant 3b de l’arrêt entrepris est succinct à ce sujet mais on y lit toutefois clairement que la disposition pour cause de mort, en tant qu’elle supprimait tout droit de succession dans l’hypothèse d’une absence de vie commune au moment du décès, était sujette à contestation, que le requérant a formée puis retirée. On

  • 3 - comprend ainsi que, par ce retrait, le requérant est demeuré usufruitier, même si l’usufruit était soumis à une condition et que celle-ci ne s’était pas réalisée. N’étant pas héritier mais usufruitier, le requérant n’avait pas droit à un certificat d’héritier, de sorte qu’il n’y a pas là de contradiction entre les motifs et le dispositif. 6.Le requérant prétend encore que les motifs de l’arrêt sont contradictoires en tant qu’il est affirmé d’une part qu’il est usufruitier et d’autre part qu’il lui aurait été loisible d’agir en nullité et en pétition d’hérédité au sens de l’art. 559 al. 1 in fine CC (Code civil suisse du 10 décembre 1907 ; RS 210), alors que cette action n’appartient qu’à l’héritier. En réalité, même s’il était constaté que le requérant n’avait que la qualité d’usufruitier, rien n’empêchait d’ajouter que, soutenant qu’il était héritier, il aurait pu tenter de le démontrer en interjetant une action en pétition d’hérédité (cf. Steinauer, Les droits de succession, 2006, n. 1122a). Là encore, aucune contradiction ne fait jour entre les considérants et le dispositif de l’arrêt entrepris. 7.Au vu de ce qui précède, la requête d’interprétation doit être rejetée sans qu’il soit nécessaire d’interpeller les parties adverses (art. 330 CPC par renvoi de l’art. 334 al. 2 CPC). Vu la rédaction succincte de l’arrêt entrepris, il se justifie de statuer sans frais en application de l’art. 107 al. 2 CPC. Par ces motifs, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal, statuant à huis clos, en application de l'art. 334 al. 1 et 2 CPC, p r o n o n c e : I. La requête d’interprétation est rejetée.

  • 4 - II. Il n’est pas perçu de frais judiciaires. III. L’arrêt est exécutoire. Le président: Le greffier : Du L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies, à : -M. Franck-Olivier Karlen, avocat (pour A.F.), -M. B.F., -M. C.F.________. Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF). Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à : -Mme la Juge de paix du district de Nyon.

  • 5 - Le greffier :

Mots-clés

interpretation of judgmentheir certificateusufructcontradiction in reasoningcourt costssuccession

No. The reasons and operative part were not contradictory; the applicant remained an usufructuary, not an heir, and therefore had no entitlement to an heir certificate.

The court held that the challenged judgment sufficiently explained that the testamentary disposition had been contested and then withdrawn, so the applicant remained usufructuary even if the condition was not met. Because he was not an heir, refusal of the certificate followed consistently.

No costs were charged because of the succinct drafting of the challenged judgment.

Relying on Art. 107(2) CPC, the court exercised discretion to waive court fees in light of the brevity of the earlier ruling.

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